Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Notre Mur de Berlin c’est la Sécu !

Posté par alaindumait le 09/11/2009

L’unathe-berlin-wall.1257371725nimité avec laquelle a été célébrée ce jour la chute du Mur de Berlin, il y a 20 ans, peut paraître très hypocrite, puisque qu’on y retrouve toutes sortes de personnages, dont une bonne partie était radicalement hostile à ce changement (aux Etats-Unis, en France, en Grande-Bretagne…), Et même n’y croyaient pas quelques jours auparavant (en Allemagne de l’ouest…). Même M. Gorbatchev peut bien dire aujourd’hui qu’il n’a jamais imaginé un seul instant d’utiliser la force pour empêcher les débordements populaires, il y a heureusement des témoins pour nous rappeler qu’en vérité, il hésitait entre les deux possibilités…

L’histoire devrait sur ce point donner raison aux anti-communistes les plus résolus. Mais comme ils sont réputés être de droite, voire d’extrême droite, on profite de l’événement pour les mêler à une prétendue défaite de tous les régimes autoritaires.

On dira : « la victoire vole vers la victoire ! ». Ou bien « les vainqueurs ont toujours raison ! ». « L’histoire a tranché ! »…

Tous les événements de l’histoire sont constitués d’un grand nombre d’éléments qu’il est difficile de peser. Il semble néanmoins que l’Allemagne de l’Est avait plutôt un problème économique que politique.

Chaque année la RDA augmentait son retard de production par rapport à la RFA. Pendant dix ans l’URSS, qui n’allait pourtant pas si bien que ça, à fait ses fins de mois. D’un côté du Mur, il y avait une insolente prospérité capitaliste, et de l’autre une effrayante misère socialiste. Ce qui n’empêchait pas la RDA d’avoir fait croire le contraire, presque jusqu’à la fin, à grands renforts de publi-reportages…

Karl Marx, bon économiste, avait raison de dire que l’économie est au coeur de l’histoire. Celle de l’Allemagne de l’Est était pourrie. Elle s’est abattue comme un chêne. Parce qu’elle était pourrie.

Protégée par son mur, l’Allemagne de l’Est aurait pu durer 1000 ans. Mais il aurait fallu pour cela que son économie soit prospère. Ce qui est strictement impossible dans un système collectiviste, sans liberté d’entreprendre, sans concurrence, sans appropriation des profits par des individus…

Comme le Mur de Berlin, tous les systèmes économiquement foireux ont vocation à s’écouler.

Ainsi le système monétaire international basé sur l’émission de fausse monnaie, fournie gratuitement aux banques.

Ainsi notre sécurité sociale, qui présentement bat de l’aile et qui demain devra se déclarer en faillite. Car, au train où vont les choses, le déficit des comptes sociaux sera bientôt plus important que celui du budget de l’Etat, ce qui n’est pas peu dire !…

Nos dirigeants, telle la nomenclature est-allemande, continuent à défendre « le modèle français », « que tout le monde nous envie ». (En vérité, surtout les Afghans et les Tchétchènes, demandeurs d’un « droit d’asile »…). Mais il nous mène à la ruine. Et toute personne sensée et informée le sait.

Bien sûr on ignore la date de la chute de la Sécu comme on ignorait celle du Mur.

Elle est pourtant tout aussi inéluctable

“L’effarante idée que le pouvoir politique devrait déterminer la position matérielle de chaque individu…” (Friederich A. Hayek).

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« Grand emprunt » : le temps des « nanars » !

Posté par alaindumait le 08/11/2009

commission_jupp_rocardLe débat sur le « grand emprunt » voulu par Nicolas Sarkozy a quelque chose de surréaliste.

Chacun convient que le principal problème de la France, du côté de ses finances publiques, est celui du déficit de ses comptes et de la dette qui en résulte. C’est aussi devenu la principale préoccupation des Français, à égalité avec le chômage. Ils souhaitent que l’Etat, les collectivités locales et les organismes de sécurité sociale réduisent leurs dépenses, équilibrent leurs comptes et commencent, au moins, à rembourser leurs dettes.

On aurait pu croire que, dans une démocratie d’opinion, le gouvernement en tiendrait compte. Que nenni ! Les déficits ne cessent d’augmenter et aussi la dette, de ce fait…

C’est dans ce contexte que, le 22 juin 2009, devant le Congrès, réuni pour la première fois à Versailles pour écouter une déclaration solennelle du président de la République, celui-ci a lancé l’idée d’un « grand emprunt ». Puis il a installé une commission, coprésidée par MM Alain Juppé et Michel Rocard, dont on attend le rapport d’un jour à l’autre.

Comme l’opinion y est majoritairement hostile (82% des Français disent même ne pas avoir l’intention d’y souscrire !), cette affaire ne serait défendable qu’à la condition que des arguments d’ordre technique viennent l’étayer. On n’en voit aucun…

Pour mériter son nom, le « grand emprunt » doit en effet être souscrit par les particuliers. S’il était réservé aux acteurs professionnels du marché du financement de la dette, ce ne serait qu’une opération de plus, parmi d’autres. Comme la dernière en date, le 5 novembre 2009, quand l’Etat, via son Agence France Trésor, a levé 7,7 milliards d’euros, au taux moyen de 3,25%, en émettant des OAT (obligations assimilables du Trésor) à échéances des 25 avril 2016, 25 avril 2017 et 25 octobre 2019.

Or, le taux moyen des obligations privées à cinq ans et plus, étant de l’ordre de 5%, il n’est pas certain que ce « grand emprunt » soit si facilement souscrit par les particuliers si le rendement proposé est du même ordre que celui qu’accepte les professionnels (moins de 3% sur 5/7 ans). Et si le taux offert est plus élevé, ce sera alors une mauvaise affaire pour l’Etat, et donc pour les contribuables…

Au plan économique, l’emprunt peut, en théorie, se justifier de deux façons.

La première renvoie au comportement familial.

Emprunter permet d’anticiper sur des rentrées futures. Dans le cas de l’Etat Français, cela voudrait dire que le « grand emprunt » ne serait rien d’autre qu’une anticipation des futures augmentations d’impôts. Après 2012 ?…

La seconde renvoie au comportement des entreprises : elles empruntent pour financer des projets dont la rentabilité attendue est supérieure au taux d’intérêt du moment. Si la rentabilité attendue est par exemple de 10%, il n’est pas idiot d’emprunter à 5%. C’est ce qu’on appelle l’effet de levier.

Mais l’Etat est-il crédible quand il prétend, avec son « grand emprunt », financer des investissements d’avenir à forte valeur ajoutée ?

Le passé ne plaide pas pour sa future bonne conduite… Les 1 520 milliards d’euros de dettes publiques accumulées depuis 35 ans n’ont jamais financé que des trous et des fins de mois.

Alain Juppé déclarait, il y a quelques jours que l’argent du « grand emprunt » irait principalement à la recherche et à l’innovation. C’est évidemment mieux que de dire qu’il servira à combler une petite partie du déficit de la sécu. Mais, pour qu’on en soit certain, encore faudrait-il que l’équilibre de la sécu soit assuré, alors qu’il recule de jour en jour.Dans ces conditions une opération de compensation, sorte de tour de passe-passe, est à craindre.

Quand bien même l’argent irait-il effectivement à la recherche et l’innovation, encore faudrait-il que ce soit en faveur d’une recherche qui trouve et d’une innovation qui paye. Rien n’indique que nos structures publiques soient pour cela les plus qualifiées.

Rien n’indique d’ailleurs non plus qu’un seul projet rentable soit actuellement en souffrance faute de financement.

C’est même l’inverse qui est à craindre : quand les taux d’intérêt sont bas – très bas, artificiellement bas, comme c’est le cas actuellement – des projets qui n’auraient pas pu êtres financés au taux d’intérêt naturel, dont on peut simplement dire qu’il serait plus élevé, peuvent l’être. Mais ces projets-là, souvent des « nanars », qui en fait n’auraient pas dû être financés, ne résisteront pas à la remontée des taux d’intérêt qui s’annonce. Ils ne sont constitutifs que d’une nouvelle bulle…

« Toutes les turpitudes de notre régime, j’en ai toujours trouvé la source dans des interventions de l’État. Les systèmes malthusiens donnent à leurs auteurs toutes les apparences de l’action généreuse, alors qu’ils organisent la misère et la ruine »(Jacques Rueff).

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Grand débat sur l’identité nationale.

Posté par alaindumait le 03/11/2009

chaque_anneeJe viens d’apporter ma contribution au “grand débat sur l’identité nationale” lancé depuis le 2 novembre 2009 par le ministre Eric Besson. <http://www.debatidentitenationale.fr/>

Il s’agit de répondre à la question “Pour vous, qu’est-ce qu’être Français”

Voici ma contribution en question :

“Pour moi être Français c’est pouvoir mettre mes enfants ou mes petits-enfants dans une école publique qui ne soit pas fréquentée à 95% par des enfants d’origine étrangère dont la moitié de non-francophones”

Les contributions faisant l’objet d’une “modération”, et n’étant pas sûr que la mienne était très correcte, j’ai préféré l’indiquer directement aux lecteurs de ce blog…

“Ce qui constitue une nation ce n’est pas de parler la même langue, ou d’appartenir à un groupe ethnographique commun, c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses de dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir” (Ernest Renan).

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Taxe professionnelle : pas de réforme fiscale sans baisse des dépenses.

Posté par alaindumait le 03/11/2009

COLLECTIVITES-SENAT-FISCALITE-PARTIS-UMP-CENTRISTES-RAFFARINLa réforme de la taxe professionnelle, qui pèse actuellement sur les entreprises qui investissent et qui emploient, est une nécessité si l’on veut favoriser (un peu) la compétitivité des entreprises françaises. Le gouvernement a donc raison  d ‘engager cette réforme et de s’y tenir.

Mais, en période de déficit  budgétaire abyssal, il est difficile de ne pas compenser cette recette importante des collectivités locales. Soit par de nouvelles charges, sur le dos des ménages ; soit par d’autres impôts sur les entreprises ; soit par un mélange des deux.

C’est ce que propose le gouvernement : la « taxe carbone », payée par les ménages et les entreprises + une taxe additionnelle sur la TVA.

L’administration fait valoir que ce sera neutre pour les ménages et favorable aux entreprises.

Comme il manque au bout quelque chose pour faire le compte, il faudrait, pour équilibrer les conséquences de la réforme, que celle-ci s’accompagne d’une réduction des dépenses publiques, aussi bien celles de l’Etat que celles des collectivités territoriales.

La taxe professionnelle étant un impôt local, dont l’assiette est fixée par l’Etat, mais dont le taux est fixé par les communes et les départements, il aurait fallu le remplacer par un impôt librement voté par les collectivités locales pour que celles-ci n’y perdent pas en termes de pouvoirs.

Un tel exercice n’aurait été possible que concomitamment avec une vigoureuse réduction des dépenses publiques, d’abord au niveau de l’Etat, puis à celui des autres collectivités.

En faisant le choix de la réforme fiscale (partielle) sans faire celui de la réduction des dépenses, le gouvernement a pris le risque de l’augmentation du déficit. Et aussi celui de la fronde des parlementaires de sa majorité…

“Nous vivons actuellement la fin de l’exception française” (Denis Kessler).

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Les dépenses nouvelles doivent être financées à 100% par redéploiement des crédits budgétaires !

Posté par alaindumait le 02/11/2009

budget_~WDWO19Tandis que les collectivités locales continuent à dépenser sans compter (quintuplement des dépenses entre 1980 et 2006, selon la Cour des comptes ! l’Etat ne faisant « que » tripler les siennes sur la même période…) , le chef de l’Etat annonce chaque semaine de nouvelles dépenses : 2 milliards d’euros le 27 octobre pour l’agriculture, 750 millions d’euros aujourd’hui pour la lutte contre le cancer.

L’utilité, voire la nécessité de ces nouvelles dépenses n’est pas en cause. Mais, sur un total de 290 milliards d’euros de dépenses de l’Etat pour l’an prochain, ne serait-il pas possible de financer ces besoins nouveaux par un redéploiement ? Serait-ce trop demander que de suggérer qu’en cette période de crise économique aucune dépense nouvelle ne soit annoncée sans l’indication précise de son financement à 100% par redéploiement budgétaire ? Tout autre comportement est une offense faite aux contribuables dont les budgets sont au régime minceur !

Un millionnaire  est un milliardaire qui vient de payer ses impôts” (Jean Rigaux).

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Interview pour le mensuel “Le Cri du Contribuable”

Posté par alaindumait le 27/10/2009

emprunt-deficitIl est souvent question de « bons » déficits publics et de « mauvais » déficits publics. Pensez-vous qu’un déficit public puisse être bon pour la croissance ?

1- En général

Le déficit permanent des finances publiques, pratiqué par l’Etat français depuis 35 ans, ne figure pas parmi les facteurs reconnus et répertoriés comme tels de la croissance économique. C’est même un facteur de stagnation. Tout simplement parce que  le gonflement de la sphère publique, que le déficit permet, réduit d’autant la sphère de l’économie privée, qui concentre – personne ne le conteste – l’essentiel du progrès technique, et garantit une concurrence, qui est le meilleur aiguillon de la productivité.

Sans déficit public, on peut en effet penser que les dépenses inscrites au budget de l’Etat seraient moindres. Car augmenter  les impôts et taxes à due concurrence de ce déficit serait autrement plus douloureux, que de les faire payer plus tard, à nos enfants, par l’endettement !

L’idée d’un « bon déficit » relève du mythe. Comme si, dans une économie libre, où l’épargne n’est pas découragée, il pouvait exister des gisements d’investissements très rentables – suffisamment au moins pour rembourser les sommes empruntées – qui puissent échapper aux investisseurs privés et aux entrepreneurs !

La vérité historique est que, au nom d’un bon déficit imaginaire, on accumule les mauvais déficits bien réels ! Les 1 500 milliards de dettes de la France n’ont rien financé d’autre que des déficits de fonctionnements.

Un autre point est rarement souligné : le déficit est à la fois un prélèvement sur les revenus à venir des générations suivantes, mais aussi, dans l’immédiat, un prélèvement sur l’épargne disponible. L’argent qui finance le déficit n’est évidemment pas disponible pour autre chose. Il fait aussi monter les taux d’intérêt. De ce fait, et pour toutes ces raisons, le déficit est un puissant réducteur de croissance.

2- Dans la situation actuelle de la France

Le déficit du budget de l’Etat, mauvais pour la croissance en général, sans pouvoir être « bon » par exception dans la situation présente, pourrait être en effet supportable, voire inévitable, si, un peu comme une drogue ou un verre d’alcool administré à un blessé avant une opération, le malade en question n’était pas déjà complètement dépendant à cet euphorisant !

Qu’on ne puisse pas faire autrement, présentement, pour des raisons politiques, touchant à l’ordre public, et donc à la sécurité des citoyens, est une autre affaire, tout à fait hors du champ de l’économiste…

“La finance est l’art de faire passer l’argent de mains en mains jusqu’à ce qu’il ait disparu” (Robert W. Sarnoff).

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Note de lecture. Paul Claudel : La Crise. Amérique 1927-1932. Correspondance diplomatique

Posté par alaindumait le 26/10/2009

44Les Editions Métailié ont eu la bonne idée d’éditer une partie de la correspondance diplomatique de notre ambassadeur aux Etats-Unis de 1927 à 1933, son excellence Paul Claudel.

On  y découvre tout d’abord que le poète était un observateur hors pair, attentif à la vie des affaires, à la situation économique et financière du pays où il est en poste, déjà le plus puissant du monde. Les analyses qu’il envoie régulièrement à son ministre des affaires étrangères forment un ensemble à la fois clair, lucide et concret. On ignore s’il existe, en langue française, un journal de la crise économique mondiale de cette qualité.

En 1927, il voit venir l’éclatement de la bulle. En novembre 1929 il confesse que la catastrophe a dépassé par son étendue ce qu’aucun expert – profession comparée à celle des astrologues…- n’avait prévu. 3000 banques sont au tapis. La bourse plonge. Mais elle se reprend. Pour dévisser à nouveau avant l’élection de Roosevelt. À noter : notre ambassadeur a une piètre opinion de ce démocrate. Mais son prédécesseur républicain n’est pas plus estimé… Pas davantage que les institutions américaines d’un pays « ou la banqueroute a été élevée à la valeur d’un principe constitutionnel » !

Le lecteur attentif relèvera les ressemblances et les différences entre les situations respectives résultant des cracks de 1929 et de 2008. On sera frappé par les atermoiements des gouvernements, ne sachant pas s’il convient d’augmenter les dépenses ou de les réduire. Les hésitations des banques centrales sur les politiques à suivre. Mais une leçon et une seule a été retenue d’une fois sur l’autre : globalement, et contrairement à la fois précédente, on a sauvé les banques. Mais était-ce ce qu’il y avait de plus judicieux ? Notre poète qui était aussi un moraliste ne nous dit rien sur ce que nous appelons aujourd’hui l’alea moral…

“Il n’y a de société vivante que celle qui est animée par l’inégalité et l’injustice» (Paul Claudel).
[ Paul Claudel ]

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L’impôt «intelligent» n’existe pas !

Posté par alaindumait le 25/10/2009

trous-impot-formulaire_~x25207470Débat budgétaire.

Les députés examinent actuellement la partie «recettes» du budget de l’Etat pour 2010, donc les impôts et taxes que nous paierons l’an prochain.

L’opposition dépose des amendements, tendant à augmenter certains prélèvements et à en réduire d’autres.

La majorité essaye de modifier le projet de loi fiscale, à la marge. Et parfois fait chorus avec l’opposition sur certaines mesures, comme on vient de le voir le vendredi 23 octobre avec un  amendement socialiste adopté en séance, concernant une taxation supplémentaire et générale sur les banques, destinée à leur faire payer la garantie de l’Etat dont elles bénéficient, de fait.

Mais le gouvernement a toujours le dernier mot, car ne pas voter le budget présenté a toujours été un casus belli pour un député de la majorité. Il signe alors sa relégation politique. Et c’est comme ça depuis 50 ans, sous la Cinquième République.

Ce qui n’empêche pas le gouvernement de négocier avec le Parlement, quand celui-ci a derrière lui des lobbies puissants, comme on l’a vu avec l’affaire de la suppression de la taxe professionnelle.

Ministres et technocrates, parlementaires et spécialistes, sont tous à la recherche de l’impôt «intelligent» : celui qui non seulement induirait des comportements vertueux ou désirables, mais encore favoriserait la croissance, la prospérité, l’exportation, l’investissement, l’environnement … et même le «bonheur national brut».

Mais est-ce possible ?

Il faut savoir tout d’abord que l’impôt peut prendre beaucoup de formes différentes. Et même ne pas se voir !

Dans un pays à économie dirigée, où les prix sont fixés par le pouvoir central, tandis que les entreprises appartiennent à l’Etat, rien n’est plus simple que de faire en sorte que le système productif génère un surplus, et que celui-ci soit affecté à tel où tel type de dépenses. Rappelons qu’il n’y avait pas d’impôt sur le revenu en URSS, ce qui n’empêchait pas l’Armée Rouge de prospérer !…

L’impôt au sens large, n’est jamais rien d’autre que la saisie, par les hommes de la sphère publique, de richesses produites par des personnes physiques.

L’impot est payé comptant ou à crédit, par l’endettement.

Il peut être payé par les personnes ou par les entreprises, mais celles-ci ne sont jamais que des collecteurs.

Il peut se calculer sur la consommation, sur les revenus ou sur l’épargne. C’est toujours au détriment des personnes physiques.

L’impot sur les sociétés, la taxe professionnelle, la TVA ou la taxe carbone, impôts payés par les entreprises, sont autant de sommes d’argent qui n’iront pas dans les poches de personnes physiques, salariés, actionnaires ou consommateurs.

Non pas que taxer comme ceci ou comme cela, celui-ci ou celui-là soit indifférent. Au contraire !

Taxez la richesse et elle fuira. Taxez les entreprises et elles se délocalisent. Taxer le travail  et vous subventionnez des robots. Taxez le tabac ou l’alcool et vous créez le marché noir… Aucun impôt n’est «neutre».

Certes, certaines activités qui semblent échapper à la concurrence ou être partiellement protégées, par des numerus clausus ou des conditions d’accès restrictives, sont plus résistantes que d’autres.

Qui paierait au final une taxe sur les banques. Peut-être pas les salariés, protégés par un statut. Sans doute à la fois les clients, par le biais d’un renchérissement des conditions bancaires, et les actionnaires, dont les dividendes seraient rabotés. Toujours des personnes physiques. Et, pour l’essentiel, les classes les plus nombreuses et les plus laborieuses. (Jimmy Goldsmith disait : «dans ma famille seuls les pauvres payent des impôts !»…)

C’est pourquoi il faut relativiser le débat sur la taxe carbone. Les entreprises collecteront moins, du fait de la suppression de la TP, mais pour les Français, globalement considérés la charge fiscale sera la même.

On dit que certaines activités seront favorisées. Sans doute l’usage de la bicyclette ou de la marche à pied…Mais ce ne sera qu’un transfert.

On connaît des impôts plus ou moins destructeurs, plus ou moins douloureux, plus ou moins stupides, mais on ne peut en citer un seul «intelligent». Ce serait d’ailleurs un parfait oxymore…

Mon propos n’est pas de minimiser l’intérêt du débat fiscal. Il est au coeur de la fonction politique. La gauche prétend taxer les riches. La droite préfère les prélèvements proportionnels plutôt que progressifs… Mais ce débat-là sera toujours moins important que celui sur les dépenses. Car c’est de leur réduction en volume que dépend à court terme notre survie économique. Et pas de la taxation des banques ou de la compensation départementale prélevée sur la TVA.

Même les voleurs de grand chemin ont disparu : les uns, habitués au plein air, excercent la profession de pickpocket sur les champs de course ; les autres se sont adonnés à la haute banque” (Alphonse Allais).

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L’occasion manquée d’un budget de salut public en 2010

Posté par alaindumait le 20/10/2009

reprise-economiqueLongtemps, le discours de présentation du ministre de l’économie du budget de l’Etat pour l’année suivante a constitué l’un des moments les plus forts et les plus attendus de la vie parlementaire française. Valery Giscard d’Estaing, parlant sans notes, s’illustra tout spécialement dans cet exercice.

Le discours délivré ce jour par le ministre «du budget, des comptes publics, de la fonction publique et de la réforme de l’Etat» ne restera pas dans les annales.

Ni pour sa forme (<http://www.budget.gouv.fr/discours-presse/discours-communiques_budget.php?type=discours&id=624&rub=501>) ni pour son fonds.

Eric Woerth dit avoir placé ce budget sous le double signe de la «vérité» et de «l’action».

Reconnaître que l’environnement économique demeure plein d’incertitudes relève d’une lucidité minimum. Quand au volontarisme de l’action du gouvernement, illustré par la mise en oeuvre des grands messes de la RGPP (révision générale des politiques publiques), il accouche de petites souris. On est content d’apprendre que «l’organisation des fonctions de soutien du ministère de la Défense va être profondément modifiée» ; et que «les subventions versées aux fonctionnaires allant s’installer outre-mer pour leur retraite vont être réformées»…

En vérité, ce budget, est une occasion manquée.

La crise économique que nous vivons justifiait une accélération des réformes et un plan de réduction massive des dépenses publiques. Le budget pour 2010 est bati sur une augmentation des dépenses de 1%, supérieur à la croissance attendu, de 0,75%. Il vient après une exécution 2009 à +5%. Une diminution générale de 5% aurait constitué un signal significatif.

L’opinion l’aurait compris. Elle aurait sans doute soutenu un budget de salut public, comportant des mesures fortes, s’inspirant des expériences réussies déjà menées à l’étranger.

La réduction du nombre des fonctionnaires est insuffisante. Un gel provisoire de toute embauche et de tous les salaires eut été plus adapté.

Un rabotage uniforme des crédits publics, par  exemple de 3% eut été  raisonnable.

La suppression de charges qui pèsent sur les entreprises française et pas sur leurs concurrents étrangers, comme la formation, le logement et le transport eut été judicieux.

On pouvait tailler dans les subventions, aux associations ou aux entreprises.

On pouvait plafonner les allocations familiales, au delà de cinq enfants, qui ne profitent qu’aux familles immigrées.

On pouvait relancer les privatisations. A quoi ça sert de garder 42% du capital de France Télecom ?

On pouvait obliger les organismes HLM à vendre 5%/an de leur patrimoine, comme le recommandait le rapport Attali…

Bref, en tenant en particulier les promesses du candidat Sarkozy, il fallait rétablir l’équilibre du budget, non seulement pour ne pas augmenter la dette, mais aussi pour assurer la compétitivité de la France.

On sait bien que ce sont principalement des raisons électorales, liées au calendrier et à l’échéance présidentielle de 2012 qui ont persuadé le chef de l’Etat de temporiser.

Et c’est là qu’il à tord !

N’ayant pas engagé les réformes en 2007, le budget pour 2010 était la dernière fenêtre de tir, avant le lancement de la campagne fin 2011.

Le délai était encore suffisant pour qu’elles portent leurs fruits.

Après, ce sera trop tard…

La gauche entraînera le président de la République vers de nouvelles et fortes augmentations des impôts. Le programme que vient de présenter François Hollande ouvre le bal.

Quant aux électeurs du Front National, comme ils s’estiment aujourd’hui trahis, ils ne revoteront certainement pas pour le président sortant, dont le populisme n’aura pas duré très lonftemps…

C’est une idée recue, mais fausse, que les réformes font perdre les élections à ceux qui les engagent. Et de toute façon, mieux vaut être un artisan du renouveau que du déclin ! …

En 2010, avec le budget dont le Parlement a commencé l’examen, la France figurera parmi les mauvais éléves. Le débat sur le plafonnement des niches fiscales – passionnant mais byzantin – n’est certainement pas à la hauteur des enjeux économiques du moment.

“Le passé n’éclairant plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres” (Alexis de Tocqueville).

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Sarkozy en clair : «vous pouvez compter sur moi pour faire exploser la dette ! »

Posté par alaindumait le 17/10/2009

Charlie_Hebdo_08022006_SarkozyDans une longue interview publiée par Le Figaro daté du vendredi 16 octobre, le président de la République déclare notamment : «Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts et je ne les augmenterai donc pas»

Ca semble clair et net…

On pourrait néanmoins chipoter. Quand il accepte la remise en cause de certaines niches fiscales, il s’agit d’une augmentation des recettes, même si les fonctionnaires de Bercy parlent, dans leur jargon, d’une «diminution de la dépense fiscale»…

Mais donnons acte, globalement, au chef de l’Etat de sa volonté et de son engagement.

Comme il se dit une nouvelle fois partisan de continuer de «soutenir» l’activité avec des déficits élevés, cela veut dire que la France va s’enfoncer dans l’endettement, qui sera remboursé plus tard, par nous ou par nos enfants, soit par  l’augmentation des impots, taxes ou cotisations, soit par l’inflation, cet impôt sournois sur l’épargne.

Au compteur, la dette de l’Etat vient de franchir en octobre 2009 le cap des 1500 milliards €. Au rythme de 60 milliards de plus par trimestre, bientôt 80 puis 100, nous serons à plus de 2000 milliards en 2011, et bien au delà du taux fatidique de 100% du PIB. Voilà une pollution autrement plus grave que le CO2 que nous laissons aux générations futures !…

Nicolas Sarkozy dit : les autres en font autant, ou pire.

Non seulement, en vérité, beaucoup font mieux, mais encore la plupart  commencent à prendre des mesures sérieuses pour rétablir leur équilibre budgétaire. Chez plusieurs de nos voisins les salaires des fonctionnaires sont soit plafonnés soit réduits de 7,5%, comme  en Irlande ! Les coupes sombres   sont partout à l’ordre du jour…

Il dit, «on aura réduit le nombre de fonctionnaires de 100 000». Il s’agit d’une hypothèse à fin 2010. Et, à cette  vitesse, il faudra 150 ans pour revenir au niveau d’il y a 20 ans, sans parler du contrepoids exercé dans l’autre  sens par les collectivités locales !…

Il dit surtout : «il faut continuer à soutenir la croissance».

C’est le point crucial.

Que les économistes qui soutiennent que le déficit est bon pour la croissance lèvent la main !…

En fait ce n’est vrai ni en principe, ni par exception dans les circonstances actuelles.

Le bon sens l’indique.

L’histoire le démontre : aux Etats-Unis,  dans les années 30, le New Deal a eu pour effet de prolonger la crise, et donc de faire durer le chômage.

Et la théorie économique l’explique.

Une crise comme celle-ci, ou celle de 1929, s’analyse d’abord comme une destruction d’épargne privée. Quand les marchés financiers plongent, les épargnants trinquent. On a avancé le chiffre de 30 000 milliards de $ de valeur détruite…

La bonne réponse économique à un tel séisme consiste à favoriser le plus rapidement possible la reconstitution de cette épargne, et pas seulement les fonds propres de banques qui vivent sous assurance et sous perfusion publiques !

Si l’Etat capte l’épargne disponible, avec ses titres de dettes disposant d’un avantage exorbitant – contrepartie de son pouvoir de prélever l’impôt -  il empêche l’investissement privé et l’activité de repartir. Il crée littéralement le chômage.

Loin de favoriser la reprise, le déficit prolonge la crise.

Même le FMI étudie, parait-il, des «stratégies de sortie de crise». En tout cas le G20 lui a demandé, pour rassurer les marchés, de bâtir un scénario au terme duquel la course folle de tout les Etats vers toujours plus de dette serait ralentie puis stoppée. C’est la tache essentielle – et sans doute impossible… – qui a été confiée par les chefs d’Etat et de gouvernement, lors de leur dernier sommet  à Pittsburgh, à Dominique Stauss-Kahn.

Tous les chefs d’Etat s’efforcent de donner à croire qu’ils ont dans l’idée de maîtriser les déficits et la dette. Tous sauf un : le notre !

Nicolas Sarkozy, sans doute, veut attendre 2012. Il est vrai qu’il est meilleur politicien qu’économiste.

Mais attention : les échéances économiques et financières, qui sont mondiales, n’ont aucune raison de se plier pas au calendrier électoral français.

Ce qui ne veut pas dire que la bonne réponse à une crise mondiale ne peut pas être nationale.

L’Allemagne, qui aura bientôt rétabli à la fois ses finances publique et sa compétitivité internationale, même avec un euro à 1,50$, nous le démontre cruellement.

Une fois de plus, le gouvernement de notre pays, aux ordres d’une idéologie pourtant morte, attend, sans courage, son salut de l’extérieur.

Espérons pour lui qu’une nouvelle dépression – due par exemple à une remontée des taux d’intérêt à long terme, dans six mois – ne vienne pas emporter ses illusions…

“Les mots ne payent pas les dettes” (William Shakespeare).

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