Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Lu pour vous. «Hold-up sur la mairie de Neuilly», de Jean-François Minne.

Posté par alaindumait le 01/02/2010

C’est amusant et instructif d’avoir un récit précis et documenté sur le vaudeville politique que fut, en mars 2008, l’élection municipale de Neuilly-sur-Seine. Pièce à la distribution exceptionnelle : Nicolas Sarkozy, dans le rôle de l’ancien maire ; son fils Jean, 22 ans au moment des faits, dans celui de successeur et conseiller général potentiel ; David Martinon, énarque et chouchou de Cécilia ; Arnaud Teullé, également membre de l’équipe élyséenne, en charge des dossiers des Hauts–de-Seine ; Jean-Christophe Fromentin, actuel maire de Neuilly…

L’auteur de ce petit livre *, Jean-François Minne, neuilléen de souche, publicitaire, ex-président de l’agence TBWA, a vécu ce psychodrame de l’intérieur puisqu’il était en numéro 5, sur la liste Fromentin (dont il avait fait la connaissance 20 ans plus tôt) avec l’assurance d’un poste d’adjoint, jusqu’au moment où, peu de temps avant le dépôt officiel de la liste, vers le milieu de février 2008, Jean-François, constatant une mésentente grandissante, préfère prendre ses distances et laisser son champion jouer sans lui…

C’est l’occasion de découvrir Neuilly : ses bistrots («Chez Livio» en tête), ses réseaux (en particulier basés sur les cours et écoles privés), ses chapelles (y compris temples et synagogues).

On vérifie que l’UMP tient la ville. Mais aussi, qu’à condition d’accepter son enseigne et de porter sa marque, réussir une OPA sur l’un de ses bastions n’est pas impossible.

Un livre qui intéresse non seulement les Neuilléens, par extension les électeurs des Hauts-de-Seine et de l’ouest parisien, mais aussi les amateurs de récits politiques «de terrain», et même les amateurs de «bonnes histoires».

*148 pages, 17€, Pascal Galodé éditeurs (18, rue de Toulouse, 35400 Saint Malo)

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Déficits publics : Les contribuables n’étaient pas invités !

Posté par alaindumait le 28/01/2010

On disait que les Français ne s’intéressaient pas à l’économie, qu’ils n’y comprenaient rien, et qu’en cette matière ils faisaient plutôt confiance à leurs dirigeants.

Le sondage publié ce jeudi matin par « Le Figaro » administre l’éclatante preuve contraire. L’opinion a en effet une idée très précise de ce qu’il convient de faire pour mieux gérer la France : 75% sont inquiets de la dette et des déficits ; 92% pensent que dans la situation présente, il faut réduire les dépenses, alors que 8% seulement des personnes interrogées disent qu’il faut augmenter impôts, taxes ou cotisations.

La gauche a donc tout faux, qui pense qu’il faut augmenter impôts, taxes ou cotisations.

Mais la droite façon UMP se trompe également, en reportant sans cesse la cure nécessaire, et en comptant sur la croissance pour combler la moitié du terrain à parcourir.

En effet, si les déficits plombent la reprise, ce n’est pas celle-ci qui permettra de les rembourser, mais exactement l’inverse : c’est leur comblement qui conforterait la reprise.

On remarquera que la Conférence sur les déficits s’est tenu à l’Elysée, portes fermées. Aucun représentant des contribuables n’y avait été convié. Pourtant le sondage du Figaro démontre une fois de plus que nous sommes en phase avec l’opinion, et que la classe politique ne l’est pas !

Les Français sont mûrs pour un grand débat sur la meilleure politique économique. Un débat ouvert qui serait autrement plus utile que celui sur l’identité nationale…

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Contribuables associés a 20 ans !

Posté par alaindumait le 27/01/2010

Le 9 février 2010, nous fêtons les vingt ans de Contribuables Associés, dont les statuts ont été déposés à la Préfecture de police de Paris le 7 février 1990. C’est l’occasion de faire un bilan de notre action et d’envisager de nouvelles perspectives.

En 1994, j’étais reçu officiellement, comme président de Contribuables Associés, par le jeune ministre du budget, un certain Nicolas Sarkozy (voir page …). Il m’accueillit en me disant : «mes collaborateurs m’ont déconseillé de vous recevoir, mais je le fais quand même parce que je crois que votre action est importante et que vous avez raison !» Il m’a dit ce jour-là adhérer personnellement pleinement à notre ligne : il faut commencer par réduire la dépense publique avant de parler de diminuer les impôts.

Nous n’avons pas changé d’un pouce sur ce point.

Pour ce qui est du bilan, constatons tout d’abord que notre association, et surtout les thèmes qu’elle porte, n’ont jamais été aussi présents dans l’opinion, dans les médias et même au Parlement (où nos «Rendez-vous» sont devenus des événements incontournables, suivis avec assiduité par des dizaines de députés). Or, il en est pour les associations comme pour les entreprises, créer c’est bien, durer et prospérer c’est mieux !… Et c’est ce que nous avons fait !

Certes, la schizophrénie du discours politique est toujours là, qui fait que dans les propos la dette et les excès de la dépense sont dénoncés, en même temps que de nouvelles dépenses et de nouvelles subventions sont annoncées. Mais cette dérive touche à sa fin, car, comme toujours, le mur des réalités, et du bon sens – que nous représentons – va obliger nos dirigeants, de droite comme de gauche, à devenir plus sérieux.

Dans ces conditions, notre programme d’actions pour les dix prochaines années s’impose : investir les cabinets ministériels et tous les centres de décision du pouvoir exécutif, de l’Elysée au moindre secrétariat d’Etat, comme nous avons depuis dix ans, sensibiliser les parlementaires à notre combat pour la réduction des dépenses publiques. Tout en poursuivant notre développement. En restant fidèles à nos principes fondateurs. Car l’argent public, c’est notre argent !

Nous sommes aujourd’hui la principale association civique française non-subventionnée. Nous nous appuyons sur les principes constitutionnels les moins contestés («chaque citoyen à le droit de vérifier le bien fondé de la contribution publique» ; «tout agent public doit rendre compte de son action» ; «un pays dont le gouvernement ne respecte pas ces principes n’a pas de constitution»…). Le droit est avec nous. Nous sommes en phase avec l’opinion. Dans le silence de leur conscience, et dans l’anonymat de nos entretiens avec eux, une majorité de parlementaires nous approuve.

Toutes les conditions sont donc réunies pour que nous touchions bientôt au but. A la seule condition que nous soyons demain encore plus nombreux et plus fort qu’aujourd’hui.

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« taxe professionnelle : la réforme va-t-elle trop loin ou pas assez ? »

Posté par alaindumait le 21/01/2010

Le Journal « Le Cri du Contribuable », dont je suis le responsable, organise, chaque mois, le 2ème mercredi (à la Brasserie L’Assemblée, 13 rue de Bourgogne, 75007 Paris, 2ème étage), un petit déjeuner-débat contradictoire.

Le thème choisi pour cette troisième réunion, le 10 février 2010, de 8:30 à 10:00* est : « taxe professionnelle : la réforme va-t-elle trop loin ou pas assez ? »

Je serais ravi de compter quelques correspondants de ce blog parmi nos invités.

Le nombre de participants étant strictement limité à 30 personnes, les inscriptions sont prises dans l’ordre où elles me parviennent (sur mon adresse <alain.dumait@me.com>
NB. Le petit déjeuner est servi à partir de 8:00 (et jusqu’à 8:30)
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Nos débats sont enregistrés, et font l’objet d’un compte rendu dans le magazine ‘Le Cri du Contribuable » et sur le site « www.lecri.fr » (cf <http://www.lecri.fr/2010/01/14/les-niches-fiscales-pour-ou-contre/9564>)

PS
- Notre premier petit -déjeuner débat s’est tenu le mercredi 9 décembre 2009, sur le thème « pour ou contre le grand emprunt, avec la participation des députés Jean-Michel Fourgous et François Goulard.

- Notre second  petit -déjeuner débat s’est tenu le mercredi 13 janvier 2010, sur le thème « pour ou contre les niches fiscales », avec la participation du sénateur Philippe Marini, des députés Lionnel Tardy et Alain Moyne-Bressand

voir aussi : http://www.dailymotion.com/video/xbjxqy_debat-sur-le-grand-emprunt-sarkozy_news

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Reconstruire Haïti. Le bon exemple … irakien…

Posté par alaindumait le 20/01/2010

Il n’y aura plus d’autres rescapés de la catastrophe qui a frappé Haïti le mardi 12 janvier 2010 à 16 h 53  (22 h 53 à Paris). Et il faudra encore plusieurs semaines pour que le nombre des victimes, des blessés et des sans-abri puisse être donné avec une certaine précision.

En tout cas, ce pays très pauvre de 8,5 millions d’habitants ne pourra pas se reconstruire sans une aide internationale importante. On parle d’une somme nécessaire comprise entre 10 et 15 milliards de dollars (soit 1000 euros par habitant…).

Un tel effort est certainement possible et à la portée de la communauté internationale.

Mais, comme ce pays est aussi l’un des plus corrompus du monde, son sous-développement n’étant que l’autre face de l’absence de tout état de droit, il est certain que toute aide internationale sera pour l’essentiel détourné et n’atteindra ni les populations visées, ni les objectifs déterminés. Et l’on ne sache pas qu’un tremblement de terre aurait la vertu miraculeuse de faire naître, comme par miracle, un état de droit digne de ce nom.

Sans doute, cette absente de règles sociales efficaces, seul fondement du développement économique, renvoie à l’histoire de ce pays, dont les habitants, tous issus du système colonial – d’ailleurs prospère, à cet endroit – ont toujours associé, depuis la fin du XVIIIe siècle, la liberté et la violence.

(Imaginons ce que serait notre culture si l’histoire de France avait commencé avec notre sanglante Révolution française, sans les 2000 années précédentes…)

Ce qui ne veut pas dire que l’homme haïtien ne puisse pas se sortir de ce cercle infernal. Et en vérité il le fait et il le prouve, tous les jours, en particulier au sein des communautés qui se sont constitué hors de l’île, à New York, Montréal ou Paris.

Par ailleurs, la diversité des cultures des pays qui ont fait le choix du développement économique et du progrès matériel (Japon, Chine, Inde, Chili…) démontre, s’il en était besoin, que les recettes de celui-ci sont librement à la disposition de tous les peuples. Elles peuvent être copiées ou adaptées. Aucun pays au monde n’est voué, par le destin, à la pauvreté.

Comment donc instaurer un état de droit constitutionnel et réel à Haïti ? C’est-à-dire, concrètement, établir des institutions permettant d’assurer la sécurité des biens, des personnes et des contrats ; la liberté d’entreprendre ; et le respect des droits de propriété.

Il ne faut surtout pas confier cette mission à l’ONU, qui a démontré qu’elle n’était en rien concernée, où que ce soit, par l’établissement de tels fondements éthiques.

Cette tache relève plutôt d’une coopération d’un genre nouveau.

Le bénéficiaire doit être le peuple haïtien. Et non pas les corps intermédiaires parasites.

L’opérateur coopérant ne peut être qu’une coalition de pays, emmenée par les Etats-Unis. Avec un mandat – comportant, ça serait mieux, l’aval de l’ONU – de longue durée (au moins dix ans).

Le financement ne peut-être que volontaire et international.

On dira qu’un tel dispositif ressemble un peu/beaucoup à la « troisième guerre d’Irak », engagée depuis le 20 mars 2003.

Mais justement : qui ne doute que sans Al Qaïda, l’Irak serait déjà reconstruit ? Qui peut nier que, malgré tout, l’Irak est un peu plus démocratique aujourd’hui et un peu moins belliciste ?

Quand on a pu dépenser 1 000 milliards de dollars en Irak, Ne peut-on pas en consacrer cinquante ou 100 fois moins pour une mission de paix ?

Profitons donc du fait qu’Al Qaïda n’est pas encore installé à Haïti. Avec les 10 000 hommes déjà déployés sur place (des Américains pour 95%), faisons la chasse aux chefs de bande locaux. Envoyons des juristes et des juges. Faisons de cette île un paradis fiscal sur et stable. Et Haïti retrouvera la prospérité qui fut longtemps la sienne. Qui, haïtien ou pas, voudra s’y opposer ?

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Renault : chantage à la re nationalisation !

Posté par alaindumait le 15/01/2010

Nicolas Sarkozy réfléchit donc à l’idée d’accroitre la participation de l’Etat dans le capital de Renault. Afin de peser davantage sur les choix stratégiques de l’entreprise. C’est ce qu’a dit le ministre de l’industrie, Christian Estrosi.

Le chef de l’Etat doit prendre sa décision demain samedi. Après un entretien qu’il aura eu avec le président du groupe automobile, Carlos Ghosn.

On devine qu’il ne s’agit que d’un chantage : l’Etat, pour préserver l’emploi en France, plutôt qu’en Turquie, fait pression sur l’entreprise pour qu’elle mette la pédale douce sur les délocalisations. Nous faisons déjà le pari que les deux hommes sauront trouver un compromis : pour ne pas désespérer Flins, sans fâcher la Commission de Bruxelles, tout en faisant tourner le site turc, plus adapté et plus performant pour produire la Clio 4.

En tout cas, la bourse de Paris – où le titre Renault est coté – ne s’affole en rien. La perspective d’un ramassage public pour que l’Etat monte au capital devrait pourtant faire monter le cours. L’interférence de l’Etat dans la conduite d’une entreprise industrielle concurrentielle le fait baisser, un peu pus que l’indice…

Une nouvelle fois, le gouvernement est sujet à la tentation dirigiste. Il dit, ou en tout cas il pense : «les entreprises françaises doivent obéir au gouvernement français. Surtout quand elles ont reçu des aides publiques».

Les entreprises en question, pour faire face à une compétition de plus en plus féroce (avec l’émergence de la Chine, en quête d’emplettes, comme nouvel acteur du marché mondial sur ce secteur) plaident qu’il leur faut le maximum de souplesse, pour continuer à abaisser leurs coûts…

L‘histoire économique contemporaine nous enseigne que la nationalisation, ou la re nationalisation, même partielle en l’occurrence, n’est pas la meilleure façon de sauvegarder l’emploi ! Ce sont au contraire des groupes 100% privés qui sont à la fois, dans le monde, les champions de la croissance économique et de la création d’emplois.

Pouvons-nous ajouter le point de vue des contribuables ? Ils n’ont strictement rien à faire dans cette galère ! Sauf à devoir une fois de plus payer la facture de ces parties de Meccano …

« Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l’accent de la vérité » (George Orwell).



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Carte musique : Sarkozy tente de corrompre les artistes avec l’argent des contribuables !

Posté par alaindumait le 09/01/2010

Jeudi dernier, présentant ses vœux au « monde de la culture », Nicolas Sarkozy a annoncé à ses interlocuteurs qu’il avait bien l’intention de mettre en œuvre sans tarder, dès cet été, l’une des propositions du « rapport Zelnick », à lui remis la veille, qui préconise la création d’une « carte musique », pour les « jeunes », permettant de télécharger sur Internet de la musique, en la payant, la carte d’une valeur de 200€ étant vendue 100, et subventionnée à 50% par les contribuables. L’idée étant de favoriser le téléchargement payant au détriment du téléchargement illégal. Pour permettre aux artistes et à leurs producteurs de se refaire une meilleure santé. À noter : M. Patrick Zelnick – qui avait à ses cotés M.Jacques Toubon – est par ailleurs le producteur de Carla Bruni Sarkozy…

On connaissait les subventions aux produits de première nécessité, d’ailleurs toujours en vigueur dans certains pays sous-développés. On savait que certaines subventions, en particulier dans le domaine culturel, ne profitaient pas toujours aux plus pauvres, telles les aides (massives) à la musique et aux spectacles d’opéra. Mais on n’était encore jamais allé si loin dans le subventionnement à une catégorie professionnelle.

Bien sûr, il faut tenir compte qu’il ne s’agit pas de n’importe quelle catégorie professionnelle. Il ne s’agit pas de marins pêcheurs ou d’éleveurs laitiers. Nous sommes au cœur de la culture, citadelle du pouvoir des idées, coffre-fort du pouvoir politique de demain. Car, comme ses prédécesseurs, Sarkozy fait siennes les idées de Gramsci selon lesquelles le pouvoir politique se conquière par l’investissement culturel. D’où le fil d’Ariane de la politique culturelle française, depuis André Malraux à nos jours, en passant par Jack Lang (auquel le chef de l’Etat ne manque jamais de rendre un hommage appuyé).

Mêmes les tickets restaurant ou les chèques-vacances ne sont pas subventionnés à 50% par les contribuables !

Heureusement, cette « carte musique » ne fonctionnera pas davantage que la loi HADOPI. Pour  ceux qui payent pour télécharger, ce sera une aubaine. Pour les autres, même après subvention, la carte sera encore trop chère.

Bien sûr qu’Internet pose un grave problème aux auteurs en général et aux musiciens en particulier. Mais ils n’ont pas d’autre  solution que d’inventer pour vivre de nouveaux modèles économiques, qui d’ailleurs commencent à émerger. Prendre les contribuables en otage n’est pas la solution. Même avec la bénédiction du chef de l’Etat !

Celui-ci, tel un ayatollah, se fait le défenseur d’un droit d’auteur absolu. Il est probable que, par les temps qui courent, l’administration, la justice et la police ont mieux à faire…

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Taxe carbone : un impôt faustien !

Posté par alaindumait le 01/01/2010

la plan de table du Conseil constitutionnel

Au départ de l’instauration en France d’une taxe additionnelle sur la consommation de produits énergétiques d’origine fossile, dite « taxe carbone », il y a une idée simple mais juste : taxer empêchera. Car toujours l’impôt décourage…

La taxe carbone allait donc permettre de réduire, en la renchérissant, la consommation de produits pétroliers et gaziers (pour ne rien dire du charbon, devenu chez nous résiduel). Allait-elle pour autant, par substitution, encourager la consommation d’énergie « propre » ? C’est moins sûr, sauf à aller encore plus loin dans le subventionnement des éoliennes et du photovoltaïque, dont on sait que le bilan environnemental global est encore plus mauvais que celui du pétrole brut, quand on tient compte de ce que coûte, en gaz carbonique, la fabrication des équipements… Sauf à pousser sur le nucléaire, qui n’est ni propre, ni sûr, ni spécialement « convivial »…

L’idée de cette taxe carbone remonte à la campagne pour les élections présidentielles de 2007. On la doit à un animateur télé, Nicolas Hulot. Comme on doit les « Restos du cœur » à un amuseur public, Coluche. Autant dire que la promesse présidentielle de Nicolas Sarkozy, faite au peuple aussi bien qu’à son icône médiatique, à une valeur d’engagement supérieure à tout autre.

L’ennui est que, depuis lors, l’opinion publique, sur le sujet du réchauffement climatique, s’est heureusement un peu ressaisie. Les annonciateurs de l’Apocalypse y étaient allés, en effet, un peu fort…

Il ne s’agit pas du tout, ici, de nier l’influence de l’activité humaine sur l’évolution du climat comme de l’environnement. Bien au contraire : il convient même de multiplier sur le sujet les études sérieuses et contradictoires (c’est ce que réclame Claude Allègre). Sans laisser au GIEC onusien le monopole d’une soi disante vérité. En attendant, force est de constater qu’il n’y a en réalité aucun consensus scientifique, ni pour prévoir un quelconque réchauffement (depuis quinze ans, ce serait plutôt un refroidissement…), ni pour apprécier les conséquences d’une telle évolution incertaine, ni pour mesurer la part des activités humaines dans cette affaire. L’activité du soleil, apparemment très changeante, étant évidemment autrement plus puissante, à elle seule, pour modifier notre climat que toutes les usines polluantes du monde terrestre !

Donc, quand l’idée de la taxe carbone est avancée, par Nicolas Sarkozy, dans le sillage de Nicolas Hulot, sa contestation n’est pas encore organisée. Mais aujourd’hui elle l’est ! On voit bien qu’il y a d’un côté les « pour » et de l’autre les « contre » !

Serait-elle une bonne idée en soi, qu’elle devient absurde si elle n’est appliquée qu’au seul niveau de l’hexagone. Le comble étant le dispositif retenu par la loi de finances pour 2010, avec une discrimination entre, d’une part 1140 sites industriels déjà soumis, depuis 2005, au marché européen des « droits à polluer », et d’autre part les autres consommateurs, particuliers, petites entreprises et collectivités locales, qui, n’étant pas assujettis au système précédent, aurait eu droit à la nouvelle taxe. C’est cette évidente inégalité que le Conseil Constitutionnel vient de retoquer.

Dare-dare, le gouvernement a remis sa copie sur le chantier. Il va concocter une nouvelle version de sa taxe carbone. Les grands pollueurs n’y échapperont plus et seront donc soumis à la fois à la taxe et au marché européen des droits (lesquels seront payants dès 2013…)

Si l’on voulait faire fuir hors d’Europe ce qui nous reste d’industrie lourde, s’y prendrait-on autrement ?

Si l’on voulait handicaper en Europe les entreprises françaises, faudrait-il faire différemment ?

Il fut un temps où les impôts avaient pour objet de financer la dépense publique. Puis, avec le développement des cotisations sociales, l’impôt se vit fixer comme objectif de lutter contre les inégalités. Aujourd’hui, avec la taxe carbone, nous en sommes à une troisième période : celle de l’impôt comme instrument de modification des comportements.

On m’objectera que ce n’est pas vraiment nouveau. Les allocations familiales n’avaient-t-elles pas pour objectif faustien de favoriser le développement de familles françaises plus nombreuses ?

De même que la politique pro nataliste est devenue, dans les faits, cinquante ans après, une politique pro immigrationniste, de même la fiscalité environnementale deviendra, dans les faits, une fiscalité anti-croissance. Et aussi anti-française…

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« Au nom du fisc » (enquête au pays de l’impôt)

Posté par alaindumait le 30/12/2009

Olivier Bertaux, juriste-fiscaliste, chroniqueur régulier du journal « Le Cri du Contribuable », a eu l’idée de faire un bref (236 pages) état des lieux de la fiscalité française. En partant de l’idée que, quoi qu’on fasse, le fisc prétend toujours en prendre sa part. D’où le plan de la première partie de son ouvrage : « Ce que l’on vous prend : Sur ce que vous gagnez… Sur ce que vous possédez… Quand vous vendez… Quand vous dépensez…Là où vous habitez… »

L’opus se terminait par un chapitre sur la taxe carbone que l’auteur va devoir remanier. Ce qui lui donnera sans doute l’occasion d’une mise à jour générale, car, en matière d’impôts, taxes et cotisations, il est évidemment difficile d’être exhaustif.

(Il me semble que l’auteur ne parle pas de la taxe sur les billets d’avions.Et, si je me trompe, c’est la preuve qu’un index serait fort utile pour une prochaine édition…)

L’exploit d’Olivier Bertaux est d’avoir su rendre plaisante – et même drôle, grâce aux illustrations de Miège – une matière intrinsèquement aride.

Car quoi de plus absurde que notre fiscalité et quoi de plus drôle que l’absurde ?

Deux exemples relevés par Olivier Bertaux.

-     Vous n’ignorez pas que les cigarettes sont taxées à 64% et que les cigares le sont à 27,57%. Mais savez-vous (voir page 130) que le tabac « coupe fine » destiné à rouler soi-même ses cigarettes l’est à 58,57%, tandis que les autres tabacs à fumer le sont à 52,42% ? Que les douanes frappent le tabac à priser à 45,57% et le tabac à mâcher à 32,17% ?… Logique, non ?

-     On sait qu’avant le bouclier fiscal l’ISF pouvait aboutir à des cotisations supérieures aux revenus des personnes concernées. Décortiquant la fiscalité immobilière, l’auteur aboutit au résultat selon lequel, en deux générations, et 40 ans de détention, une famille peu très bien payer en impôts et taxes davantage que la valeur du bien ! (page 101)

On se fait plumer comme des oies. Pour ne pas devenir une autruche, il faut donc lire et offrir le livre d’Olivier Bertaux.*

*

A mettre entre toutes les mains !

Les Editions du CRI. 236 pages.

En vente chez l’éditeur, 42 rue des Jeuneurs (téléphone 01 42 21 16 24). Dans toutes les bonnes librairies (sur commande). Au prix de 15,90€, et même 15,11€ seulement sur Chapitre.com (http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/bertaux-olivier/au-nom-du-fisc-enquete-au-pays-de-l-impot,25230975.aspx)

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2009-2010 : bilan et perspectives

Posté par alaindumait le 29/12/2009

L’année qui s’achève a été marquée par une grave crise économique, résultant directement de l’éclatement, l’année précédente, d’une bulle immobilière, aux Etats-Unis et à peu près partout dans les pays développés. Et, indirectement, d’un laxisme monétaire, qui avait amené l’ensemble des agents économiques à trop s’endetter, pour acheter à bon compte des actifs, réels ou financiers, dont la valeur ne pouvait pas monter jusqu’au ciel.

Il en est résulté, inévitablement, une diminution générale de la production et des revenus.

Dans ces circonstances, l’Etat a cru non seulement devoir maintenir le niveau général de ses dépenses, mais même l’augmenter, pour « aider » différentes catégories d’entreprises et de ménages.

Ce qui s’est traduit, en 2009, par une augmentation générale de la fiscalité (par la création d’une quinzaine de nouveaux impôts, frappant principalement l’énergie et l’épargne), mais surtout, par un déficit-record des finances publiques, et une dette qui atteindra bientôt 100% du revenu national.

Les augmentations d’impôts, souvent sournoises, annoncées en 2009 sont donc peu de choses par rapport à ce que le remboursement de la dette, un jour ou l’autre, forcément, impliquera comme nouveaux impôts (le déficit n’étant jamais qu’un impôt reporté)

Il faut néanmoins féliciter Nicolas Sarkozy de s’en tenir à sa promesse de ne pas augmenter les impôts. Mais, en période de moindres rentrées fiscales, cette position n’est tenable qu’à la condition de baisser globalement les dépenses publiques.

C’est la grande question des finances publiques pour les deux prochaines années. Soit on continue de dépenser beaucoup plus que l’on prélève par l’impôt, et nos enfants paieront la note ; soit on réduit la voilure et l’on revient à l’équilibre, sans augmenter les impôts.

C’est évidemment la voie de la bonne gestion.

Plusieurs études, réalisées depuis moins de cinq ans, montrent qu’il est possible d’économiser entre 100 et 150 milliards d’euros par an, et ainsi revenir à l’équilibre du budget de l’Etat comme de celui de la Sécurité sociale.

C’est d’ailleurs ce que font couramment les grands groupes industriels, qui cette année, pour plusieurs d’entre eux, ont mis en œuvre des plans de réductions de dépenses allant jusqu’à 10% de leur budget.

C’est ce qu’ont fait plusieurs pays étrangers.

On objecte que la réduction de la dépense publique compromettrait la reprise économique. Mais c’est exactement l’inverse : c’est son excès qui empêchera son prolongement !

Au niveau de l’opinion publique, il y a un large consensus, vérifié par plusieurs études d’opinion, pour aller dans ce sens de la réduction des dépenses.

Mais il y a un consensus inverse, au niveau des castes dirigeantes et des corps intermédiaires, pour justifier déficits, dettes et dépenses publiques toujours plus élevées.

Dans ce domaine comme dans d’autres la question est posée de savoir qui l’emportera : le peuple, ou ses dirigeants, qui font l’inverse de ce qu’il veut ?

Est-il besoin de préciser que Contribuables Associés, aujourd’hui association de masse, se réjouit d’être en phase avec l’expression populaire ? Et fera tout, en 2010 et les années suivantes, pour en convaincre nos dirigeants…

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