Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Marine Le Pen et Éric Brunet, sur un tabou français

Posted by alaindumait sur 26/04/2006

 

Philippe Grancher, des éditions éponymes, a eu la bonne idée de m’envoyer, en service de presse, le livre de Marine Le Pen, « A contre flots », dont la sortie en librairie était annoncée pour ce mardi 25 avril.
Je viens de lire attentivement, dans le train pour St-Malo, ce livre de Marine Le Pen. Je l’ai trouvé très bon. Elle parle d’elle, essentiellement, avec le naturel et l’aisance qu’on lui connaît à la télévision, où elle est souvent invitée, en tout cas depuis quatre ans.

Le récit de sa vie de jeune femme de 37 ans commence avec l’attentat à la bombe, jamais élucidé, visant sa famille qui vivait alors près de la rue Lecourbe, dans le 15e arrondissement de Paris, et qui éventra littéralement un immeuble où demeuraient douze familles. Marine a huit ans. Elle découvre la peur, la haine dont on poursuit son père, la difficulté qu’elle aura toute sa vie à avoir une existence « normale ».

Elle raconte plus loin comment et à quel point, au lycée à Saint-Cloud puis à la fac de droit, elle a eu affaire à des enseignants souvent haineux, dont la tolérance laïque n’allait pas jusqu’à ne pas humilier une jeune fille qui ne demandait pourtant rien d’autre que d’être regardée comme une autre.
Marine nous parle d’elle, de ses deux sœurs, de sa mère, mais évidemment surtout de son père. Et ceux qui ne connaissent pas personnellement Jean-Marie Le Pen découvriront, avec lui aussi, une personnalité très attachante, fidèle en amitié et toujours prêt à dépanner un ami (tel Jean-Edern Hallier…).

On comprend que c’est Jean-Marie qui lui a transmis cette passion de la France, cet amour de la nation, qui vibre à plusieurs chapitres. On voit bien que son père (comme elle l’appelle dans son livre) ne lui a pas transmis les principes de l’individualisme méthodologique, si chers aux libéraux… Du coup, certaines de ses propositions ne me conviennent pas du tout. Ni le salaire familial, ni la réévaluation du Smic (que JMLP est beaucoup plus réticent à défendre)… Mais cette jeune femme, au-delà de légitimes divergences, est très attachante. Je lui vois un grand avenir politique.

Ai-je besoin d’ajouter que, pour tous ceux qui s’intéressent aussi à la vie politique au jour le jour, l’ouvrage comporte des témoignages intéressants, comme ceux qui concernent la période de la scission d’avec Bruno Mégret ? Ou ceux qui touchent à sa rivalité, loyale, avec Bruno Gollnisch…

Au retour de ce petit voyage, j’ai achevé de lire l’ouvrage d’Éric Brunet, « Être de droite, un tabou français ». Je ne connais pas son auteur, journaliste à France 3, mais, autant que je puisse en juger, cette investigation m’a parue honnête. Les intitulés des cinq chapitres sont explicites : « être de droite dans l’histoire », « dans la culture », « dans les médias », « à l’école », « au travail ».
En plus, il puise aux meilleures sources : la cinquième partie s’appuie sur les travaux de l’iFRAP, et lesContribuables Associés, dont je suis administrateur (et président d’honneur) sont cités à la page 126 ! Le pitch, comme on dit à la télé, est à peu près le suivant : la gauche, quoique minoritaire dans le pays est dominante dans les médias et dans l’ensemble de la sphère intellectuelle. C’est la guerre civile dans les écoles, les facs et les rédactions. On s’étonne que, dans ces conditions, la France ne soit pas clairement une démocratie populaire. La dernière du nom…

Marine Le Pen a mal à la République laïque. Éric Brunet nous démontre que même la droite républicaine ne peut déjà plus s’exprimer normalement dans les médias ou dans les salles des profs des lycées et collèges.
Ma conclusion est la suivante : la fausse droite a cru devoir participer à l’ostracisme de la soi-disant extrême droite, qui n’est qu’une droite nationale ; évidemment les gages qu’elle donne à la gauche intolérante sont et seront toujours insuffisants aux yeux de ses détracteurs.

Il n’y a pas d’autre solution que de revenir dare dare au bon vieux clivage droite/gauche. Un clivage 100 % républicain.41sn6fe2chl_sl110_

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