Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Archive for novembre 2006

Influence des émeutes sur la campagne présidentielle

Posted by alaindumait sur 29/11/2006

Nous sommes sur une poudrière. Le fait que notre pays ne soit pas, à cet égard, un cas isolé, n’est qu’une piètre consolation.
Comme nous l’avons souvent fait remarquer dans ces colonnes, le risque terroriste lié au développement de l’islamisme, s’accroît chaque jour. D’ailleurs, nous nous attendons tous, sans l’avouer toujours, à un nouvel attentat majeur, ici ou ailleurs. Ce que confirment tous les spécialistes, ainsi que tous les services officiels ayant pour mission le renseignement.

Il y a d’autre part les risques qui découlent de la déliquescence de la « société française ». Au point que cette notion, classique, et encore couramment utilisée, n’a plus grand sens. La France est devenue un pays où différentes communautés s’affrontent, où des centaines de quartiers, de cités, échappent à l’ordre républicain, tandis que plusieurs de nos libertés fondamentales sont constamment bafouées, que ce soit celle d’aller et de venir, ou celle de pouvoir s’exprimer sans forcément répéter les conventions du politiquement correct…

Les faits isolés qui résultent de cette situation se comptent chaque jour par milliers. La nuit, les voitures continuent à brûler. Et le jour, les agressions presque toujours gratuites, par exemple dans la rue ou dans les transports en commun, sont de plus en plus nombreuses. Et de moins en moins souvent enregistrées par les services de police.

Nous en avons connaissance parce qu’ils nous concernent directement, ou parce qu’ils ont touché des personnes proches. Par contre, les faits collectifs ne peuvent pas nous être tous cachés.

Ainsi, les émeutes – car ce n’était pas de simples échauffourées – qui ont émaillé, le jeudi 23 novembre, la sortie du match qui opposait, au Parc des Princes, l’équipe du Paris Saint-Germain au club israélien Hapoël de Tel Aviv. On ne fera ici qu’évoquer les faits. De même que ceux qui l’ignoraient ont découvert, à l’occasion de la finale du championnat du monde, avec le désormais coup de tête de Zidane, que les joueurs, sur le terrain, passaient une bonne partie de leur temps à s’insulter, de même, ils ont appris qu’une bonne partie des supporters de plusieurs clubs, en particulier ceux du PSG, sont des voyous qui viennent aux matchs imbibés de bière, avec la ferme intention d’en découdre dès le coup de sifflet final. Un supporter parisien a cru pouvoir faire remarquer, devant une caméra de télévision, que si son club avait mieux joué, les violences eussent été moindres… Vive le sport !…

Vu les circonstances de la cause, ce soir-là, l’antisémitisme s’est donné libre court. Un policier de 32 ans en civil, d’origine antillaise, a heureusement, au péril de sa vie, protégé un jeune de 23 ans, mais en blessant d’une seule balle deux autres jeunes de 25 et 26 ans, dont un mortellement.

« On voudrait être certain que, dans des circonstances similaires, mais avec des protagonistes différents – à savoir une horde de voyous de banlieue se ruant, au cri de “mort aux Français”, sur un policier blanc réagissant comme son collègue – la réaction des médias et des responsables politiques serait de même nature » (Pierre Deguignet, Garches (92), courrier du 25/11/2006).

En effet, dans le même temps, on sait que le ministre de l’Intérieur maintient les consignes données aux policiers intervenant dans les cités de non droit : ne sortir son arme de service qu’à la toute extrême limite. Et on a vu, à différentes reprises, des policiers en tenue se faire quasiment lyncher, sans riposter…

Sans être devin, on peut parier que les cinq mois qui vont s’écouler à partir de maintenant, jusqu’aux deux tours de l’élection présidentielle de 2007, les 22 avril et 6 mai, seront ponctués de violences et de drames comme nous venons d’en vivre au cours des cinq mois précédents.

Ce ne sont pas seulement sur leurs programmes, leurs images, leurs rêves, que les candidats à l’élection présidentielle seront jugés et appréciés par les électeurs, ce sera aussi par rapport à ces inévitables drames. On peut s’attendre à ce que Ségolène Royal poursuive sur son registre, où le mot « autorité » figure, mais rien d’autre, dans un flou irénique… Nicolas Sarkozy, tel un pompier face à un incendie de forêt, ne peut que prendre à témoin l’opinion à la fois de sa bonne volonté et de son impuissance… 

C’est dans ces conditions que Jean-Marie Le Pen, le seul à avoir fait preuve de clairvoyance sur les causes intérieures de cette situation, depuis bientôt 30 ans, malgré une présence médiatique toujours réduite, est aujourd’hui, au plus haut dans les sondages.

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Influence des émeutes sur la campagne présidentielle

Posted by alaindumait sur 11/11/2006

Nous sommes sur une poudrière. Le fait que notre pays ne soit pas, à cet égard, un cas isolé, n’est qu’une piètre consolation.
Comme nous l’avons souvent fait remarquer dans ces colonnes, le risque terroriste lié au développement de l’islamisme, s’accroît chaque jour. D’ailleurs, nous nous attendons tous, sans l’avouer toujours, à un nouvel attentat majeur, ici ou ailleurs. Ce que confirment tous les spécialistes, ainsi que tous les services officiels ayant pour mission le renseignement.

Il y a d’autre part les risques qui découlent de la déliquescence de la « société française ». Au point que cette notion, classique, et encore couramment utilisée, n’a plus grand sens. La France est devenue un pays où différentes communautés s’affrontent, où des centaines de quartiers, de cités, échappent à l’ordre républicain, tandis que plusieurs de nos libertés fondamentales sont constamment bafouées, que ce soit celle d’aller et de venir, ou celle de pouvoir s’exprimer sans forcément répéter les conventions du politiquement correct…

Les faits isolés qui résultent de cette situation se comptent chaque jour par milliers. La nuit, les voitures continuent à brûler. Et le jour, les agressions presque toujours gratuites, par exemple dans la rue ou dans les transports en commun, sont de plus en plus nombreuses. Et de moins en moins souvent enregistrées par les services de police.

Nous en avons connaissance parce qu’ils nous concernent directement, ou parce qu’ils ont touché des personnes proches. Par contre, les faits collectifs ne peuvent pas nous être tous cachés.

Ainsi, les émeutes – car ce n’était pas de simples échauffourées – qui ont émaillé, le jeudi 23 novembre, la sortie du match qui opposait, au Parc des Princes, l’équipe du Paris Saint-Germain au club israélien Hapoël de Tel Aviv. On ne fera ici qu’évoquer les faits. De même que ceux qui l’ignoraient ont découvert, à l’occasion de la finale du championnat du monde, avec le désormais coup de tête de Zidane, que les joueurs, sur le terrain, passaient une bonne partie de leur temps à s’insulter, de même, ils ont appris qu’une bonne partie des supporters de plusieurs clubs, en particulier ceux du PSG, sont des voyous qui viennent aux matchs imbibés de bière, avec la ferme intention d’en découdre dès le coup de sifflet final. Un supporter parisien a cru pouvoir faire remarquer, devant une caméra de télévision, que si son club avait mieux joué, les violences eussent été moindres… Vive le sport !…

Vu les circonstances de la cause, ce soir-là, l’antisémitisme s’est donné libre court. Un policier de 32 ans en civil, d’origine antillaise, a heureusement, au péril de sa vie, protégé un jeune de 23 ans, mais en blessant d’une seule balle deux autres jeunes de 25 et 26 ans, dont un mortellement.

« On voudrait être certain que, dans des circonstances similaires, mais avec des protagonistes différents – à savoir une horde de voyous de banlieue se ruant, au cri de “mort aux Français”, sur un policier blanc réagissant comme son collègue – la réaction des médias et des responsables politiques serait de même nature » (Pierre Deguignet, Garches (92), courrier du 25/11/2006).

En effet, dans le même temps, on sait que le ministre de l’Intérieur maintient les consignes données aux policiers intervenant dans les cités de non droit : ne sortir son arme de service qu’à la toute extrême limite. Et on a vu, à différentes reprises, des policiers en tenue se faire quasiment lyncher, sans riposter…

Sans être devin, on peut parier que les cinq mois qui vont s’écouler à partir de maintenant, jusqu’aux deux tours de l’élection présidentielle de 2007, les 22 avril et 6 mai, seront ponctués de violences et de drames comme nous venons d’en vivre au cours des cinq mois précédents.

Ce ne sont pas seulement sur leurs programmes, leurs images, leurs rêves, que les candidats à l’élection présidentielle seront jugés et appréciés par les électeurs, ce sera aussi par rapport à ces inévitables drames. On peut s’attendre à ce que Ségolène Royal poursuive sur son registre, où le mot « autorité » figure, mais rien d’autre, dans un flou irénique… Nicolas Sarkozy, tel un pompier face à un incendie de forêt, ne peut que prendre à témoin l’opinion à la fois de sa bonne volonté et de son impuissance… 

C’est dans ces conditions que Jean-Marie Le Pen, le seul à avoir fait preuve de clairvoyance sur les causes intérieures de cette situation, depuis bientôt 30 ans, malgré une présence médiatique toujours réduite, est aujourd’hui, au plus haut dans les sondages.

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Les jurys populaires de Ségolène Royal

Posted by alaindumait sur 01/11/2006

L’abondant courrier que nous recevons chaque jour – par La Poste, par télécopie, et, de plus en plus, par courriel – nous permet de sentir, en permanence, l’opinion de nos lecteurs sur presque tous les sujets que l’actualité propose. Une forme de consensus qui forge notre ligne éditoriale.

S’agissant de l’idée d’instaurer des jurys populaires, avancée par la candidate à l’investiture du parti socialiste, tous les messages reçus ici, depuis dix jours, vont dans le même sens : la proposition de Ségolène Royal n’est que de la pure et simple démagogie !

En effet, à ce jour, toutes les structures mises en place afin que se fasse entendre, soi-disant, entre les consultations électorales, l’opinion directe des citoyens, se sont révélées presque totalement inefficaces, que l’on considère le très dispendieux « Conseil économique et social » ou bien, au niveau des villes de plus de 50 000 habitants, les très décoratifs « Conseils de quartiers ». En tout cas, ces structures et quelques autres, ont été incapables de contrecarrer la tendance irrépressible des élus à obéir à leurs administrations plutôt qu’à leurs électeurs.

Quant à Ségolène Royal en particulier, ni au niveau national, puisqu’elle est parlementaire depuis 1988, ni au niveau régional, puisqu’elle est présidente de la région Poitou-Charentes depuis 2004, elle n’a, à ce jour, montré la moindre velléité de se soumettre à quelque contrôle citoyen que ce soit. À l’Assemblée nationale, elle ne fait que le strict minimum (aucun rapport, aucune proposition de loi, seulement quelques questions écrites) et, à la tête de la région Poitou-Charentes, son autoritarisme lui a valu d’être condamnée, le 25 septembre 2006, par le Tribunal de grande instance de Poitiers, pour avoir oublié de convoquer au Comité régional du tourisme une élue de l’opposition, pourtant vice-présidente de cette instance…

Une bonne idée : rendre le pouvoir et la parole au peuple !

Certains font mine de s’inquiéter d’une éventuelle dérive populiste que symboliserait la proposition de Ségolène Royal. Ils disent craindre la mise en place d’une forme de terreur, comme en France en 1791, en Chine sous Mao, ou au Cambodge sous Pol Pot. N’exagérons pas ! Connaissant la dame, il y a plus à craindre que ce ne soit que simples paroles verbales…
Pourtant, même inconséquente, sans doute, la proposition de la prétendante socialiste m’intéresse. Je la trouve pertinente et utile.

Elle a compris que le problème politique majeur, et propre à la France, réside dans l’écart sans cesse croissant entre ce que l’opinion veut et ce que le gouvernement fait. Elle appartient, sans doute, à ces élus qui conviennent que, sur la Constitution européenne par exemple, comme sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, même s’ils y étaient personnellement favorables, il sera difficile de désobéir au peuple. Faudrait-il pour autant lui obéir en tout ? Sur l’immigration et le fiscalisme ? Il faudrait alors que les élus républicains acceptent l’idée du référendum d’initiative populaire (cf. la proposition du mouvement pour l’initiative citoyenne, <http://mic.rmcinfo.fr>), et la possibilité, pour le peuple, comme en Suisse, de s’opposer à des textes pourtant déjà votés, et même, de légiférer sur des questions dont le législateur ne voulait pas le saisir.

Dans un système représentatif, selon les canons démocratiques, le peuple ne peut jamais abdiquer sa souveraineté naturelle pour la raison qu’elle prend sa source dans la souveraineté de chaque individu sur lui-même. Un citoyen ne peut rien faire d’autre que de simplement déléguer cette souveraineté à un représentant. Mais à la stricte condition que celui-ci fasse réellement et efficacement son travail de contrôleur. C’est ce qu’expriment, avec clarté, les articles 14 et 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (« Les citoyens ont le doit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement… » ; « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration »), et c’est précisément ce qu’ils ne font plus. D’où le fossé qui s’est creusé, sous la ve République, entre un pouvoir de plus en plus technocratique et des élus de plus en plus asservis à celui-ci.
La proposition parfaitement démocratique de Ségolène Royal a l’immense intérêt de le souligner. Et d’obliger ses propres amis, et les autres, à accepter d’en faire un objet de débat.

Que voulez-vous, en France, par les temps qui courent, on a les petites satisfactions qu’on peut.

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