Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Archive for février 2007

Ségolène Royal : une grave erreur de positionnement

Posted by alaindumait sur 21/02/2007

A soixante jours du premier tour de l’élection présidentielle, rien n’est joué. La campagne peut nous réserver de nombreux rebondissements. Et on n’a jamais vu que le résultat sorti des urnes soit, même de loin, ressemblant aux sondages publiés deux mois auparavant.

Jean-Marie Le Pen n’est toujours pas assuré d’avoir les fatidiques 500 signatures de parrainage. C’est un scandale qui insulte les principes démocratiques les plus élémentaires, et, qui plus est, parfaitement contraire à l’opinion du fondateur de la ve République, le Général de Gaulle (comme le rappelle opportunément Pierre Lance page 6). S’il advenait que le leader du Front national ne puisse se présenter, comme ce fut d’ailleurs le cas en 1981, la face du scrutin en serait évidemment changée.

Pour le reste, on ne peut faire que des hypothèses et des prévisions. Quelles seraient par exemple les conséquences d’une attaque américaine contre l’Iran déclenchée avant le premier tour de l’élection présidentielle en France ? Chirac en profiterait-il pour se représenter ? Personnellement, je ne le pense pas car il me semble inimaginable que la machine électorale UMP puisse encore, à cette date, changer de champion.

Les péripéties de cette campagne ne sont pas susceptibles de faire bouger les lignes. Quand la course est engagée – et elle l’est – deux considérations l’emportent sur toutes les autres : la solidité personnelle du candidat et son positionnement.

Sur le premier point, l’électeur parfait chaque jour son opinion. Aujourd’hui, c’est un fait, Nicolas Sarkozy est un candidat plus crédible que Ségolène Royal. Ce qui était strictement impossible à deviner deux mois plus tôt…

Le positionnement du candidat, avec son programme ou ses propositions, est un élément fondamental. On a d’abord vu la présidente de la région Poitou-Charentes très hésitante à employer le terme même de socialisme. C’était l’époque, il y a encore six mois, où elle allait à Londres prendre des leçons de blairisme. Mais il lui fallait, avant de se présenter devant le peuple, l’emporter sur ses concurrents du parti, et en particulier, sur Laurent Fabius. À ce moment-là, elle a été comme récupérée par le parti socialiste. Puis elle s’est laissée convaincre qu’il lui fallait aussi séduire les camarades, les troupes vieillies mais incontournables des syndicats de la fonction publique et du corps enseignant plus particulièrement. Finie la nouvelle gauche. Retour à la case du socialisme ringard, ce modèle collectiviste qui a échoué partout.

On peut aussi situer les candidats sur l’axe classique droite-gauche. En déplaçant le curseur de son positionnement sur la gauche, afin de plaire à ses amis, aux hiérarques du parti, aux médias… Ségolène Royal a pris le risque, sans doute fatal, de laisser le champ libre du centre gauche à François Bayrou et même à Nicolas Sarkozy. Car l’immense majorité des électeurs socialistes sont sans doute des gens raisonnables, plus nombreux à pencher au centre gauche qu’à l’extrême gauche.

En effet, comme nous le disons souvent dans ces colonnes, le corps électoral français est très majoritairement à droite. Tout simplement parce qu’il ne croit plus aux billevesées collectivistes ou même simplement étatistes. Même des intellectuels qui furent en leur temps de bons compagnons de route de telle ou telle variante du marxisme-léninisme virent leur cuti et l’affichent. André Glucksmann, ex-maoïste, vote Sarkozy. Idem pour Pascal Bruckner, ex-guévariste. Autant pour Max Gallo, ancien porte-parole du gouvernement de Pierre Mauroy. Même l’ancien critique littéraire de l’hebdomadaire culturel branché « Les inrockuptibles », Marc Weitzmann, acclame le discours du Président de l’UMP. Comme les hommes politiques, les intellectuels doivent savoir s’adapter à leur marché. Et l’avenir n’est plus à gauche…

Sur l’axe droite-gauche, Nicolas Sarkozy laisse, sur sa droite, une place d’autant plus importante à Jean-Marie Le Pen que ce dernier capitalise également la quasi-totalité des intentions de vote qui résultent du discrédit général qui affecte l’ensemble de la classe politique française, et qui fut encore vérifié à l’occasion du référendum qui s’est soldé par le rejet de la Constitution européenne à laquelle étaient favorables aussi bien Nicolas Sarkozy que Ségolène Royal et François Bayrou. C’est pourquoi, ce dernier, s’il a jusqu’à maintenant, profité de l’espace politique laissé vacant par la candidate socialiste, peut difficilement entrer en compétition avec le leader du Front national pour capter les voix des électeurs mécont

Posted in France | Leave a Comment »

Présidentielles : les électeurs expatriés feront la différence.

Posted by alaindumait sur 07/02/2007

Comme le péché, le mensonge, surtout en politique, peut prendre bien des formes.

Depuis cinq ans, et a fortiori depuis douze (les années Chirac), la situation de notre pays s’est dégradée. Nous sommes, pour notre compétitivité économique, à la 35e place dans le classement IMD International. Nous sommes l’un des mauvais élèves européens. Notre commerce extérieur est redevenu structurellement déficitaire. Et les responsables du budget de l’État en ont été réduits à appeler avant le 31 décembre 2006 l’impôt sur les sociétés payables en 2007 afin de réduire un peu le déficit du Trésor public au regard des critères du Traité de Maastricht.

La situation démographique est toujours la résultante ultime de l’évolution économique. On ne sera pas surpris que ce soit sur ce terrain que l’on mente le plus effrontément aux Français.

La population vivant en France, y compris les départements, régions et collectivités d’outre-mer, était estimée par l’INED à quelque 64,1 millions de personnes au 1er janvier 2007. En fait, c’est certainement davantage, à cause de la sous-évaluation constante de l’immigration clandestine. Le même Institut avance le chiffre de 210 000 nouveaux immigrés en 2004. C’est quand même le double qu’en 1996… Mais la réalité est sans doute de l’ordre de 400 000 par an. Dans le seul département de la Seine-Saint-Denis, le préfet lui-même évalue le nombre des immigrés clandestins à quelque 150 000 personnes…

On nous ment par omission sur les vrais chiffres de l’immigration. Mais, dans le même temps, on passe quasiment sous silence le phénomène majeur de l’émigration.

Combien sont-ils ces Français qui sont allés s’installer ailleurs pour échapper au fiscalisme hexagonal ?

Si l’on en croit les statistiques officielles, le nombre de Français installés en Belgique aurait augmenté de 50 % depuis 1985, de 100 % en Suisse et de 200 % en Grande-Bretagne. Mais les services consulaires sont les premiers à savoir que la moitié des Français établis à l’étranger ne vient pas s’inscrire dans les consulats de leur pays d’origine. Outre-manche, le Quai d’Orsay compte 102 470 Français. Mais, là-bas, on parle de 300 000…

C’est si vrai que les Français établis à l’étranger sont devenus un enjeu électoral majeur. Thierry Mariani, en charge de ces questions auprès de Nicolas Sarkozy, indique qu’il n’y avait que 385 615 Français de l’étranger inscrits sur les listes électorales en 2002 ; ils sont près de 850 000 aujourd’hui…

Quelle est la part, dans cette population de 2 à 3 millions de personnes, des exilés fiscaux, ceux pour lesquels la décision de s’installer à l’étranger a été principalement dictée par des considérations bassement fiscales ? J’avance le chiffre de 50 % : moins à Londres et à New York, mais davantage probablement en Suisse ou en Belgique… Ce qui voudrait dire qu’un million de Français, moins ou plus, ont déjà fait le choix de partir. Loin d’être isolé, le cas de Johnny Hallyday est emblématique d’un courant important et croissant.

Tout se passe donc comme si le flux de l’immigration incontrôlée, avec son cortège de problèmes sociaux et financiers, suscitait mécaniquement un flux contraire. Ce qui évidemment a pour conséquence d’accélérer le métissage de la France, explicitement inscrit au programme de la candidate socialiste Ségolène Royal !

Les pouvoirs publics auraient les moyens de mieux appréhender ces phénomènes. Aussi bien pour l’immigration que pour l’émigration.
Dans le premier cas, les statistiques sociales, en particulier celles de l’AME (aide médicale d’État) – qui permet aux personnes étrangères en situation irrégulière de voir leurs prescriptions médicales et frais d’hospitalisation pris en charge à 100 %, et sans avoir à avancer d’argent – ou celles des services sociaux décentralisés, si elles étaient mieux exploitées, livreraient de précieuses informations.
Dans le second cas, les services fiscaux, qui ont toujours connaissance, par définition, des changements de domicile fiscaux, auraient sans doute, eux aussi, beaucoup à dire.

C’est sans doute le fait majeur de ces trente dernières années : non seulement, nous avons importé massivement des immigrés pauvres, voire misérables, après avoir mis en place des réglementations destinées à les décourager de travailler légalement, mais encore, dans le même temps, nous avons poussé à s’établir hors de nos frontières au moins un million de nos concitoyens, parmi les plus riches et les plus talentueux. Un beau gâchi

Posted in France | Leave a Comment »