Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Présidentielles : les électeurs expatriés feront la différence.

Posted by alaindumait sur 07/02/2007

Comme le péché, le mensonge, surtout en politique, peut prendre bien des formes.

Depuis cinq ans, et a fortiori depuis douze (les années Chirac), la situation de notre pays s’est dégradée. Nous sommes, pour notre compétitivité économique, à la 35e place dans le classement IMD International. Nous sommes l’un des mauvais élèves européens. Notre commerce extérieur est redevenu structurellement déficitaire. Et les responsables du budget de l’État en ont été réduits à appeler avant le 31 décembre 2006 l’impôt sur les sociétés payables en 2007 afin de réduire un peu le déficit du Trésor public au regard des critères du Traité de Maastricht.

La situation démographique est toujours la résultante ultime de l’évolution économique. On ne sera pas surpris que ce soit sur ce terrain que l’on mente le plus effrontément aux Français.

La population vivant en France, y compris les départements, régions et collectivités d’outre-mer, était estimée par l’INED à quelque 64,1 millions de personnes au 1er janvier 2007. En fait, c’est certainement davantage, à cause de la sous-évaluation constante de l’immigration clandestine. Le même Institut avance le chiffre de 210 000 nouveaux immigrés en 2004. C’est quand même le double qu’en 1996… Mais la réalité est sans doute de l’ordre de 400 000 par an. Dans le seul département de la Seine-Saint-Denis, le préfet lui-même évalue le nombre des immigrés clandestins à quelque 150 000 personnes…

On nous ment par omission sur les vrais chiffres de l’immigration. Mais, dans le même temps, on passe quasiment sous silence le phénomène majeur de l’émigration.

Combien sont-ils ces Français qui sont allés s’installer ailleurs pour échapper au fiscalisme hexagonal ?

Si l’on en croit les statistiques officielles, le nombre de Français installés en Belgique aurait augmenté de 50 % depuis 1985, de 100 % en Suisse et de 200 % en Grande-Bretagne. Mais les services consulaires sont les premiers à savoir que la moitié des Français établis à l’étranger ne vient pas s’inscrire dans les consulats de leur pays d’origine. Outre-manche, le Quai d’Orsay compte 102 470 Français. Mais, là-bas, on parle de 300 000…

C’est si vrai que les Français établis à l’étranger sont devenus un enjeu électoral majeur. Thierry Mariani, en charge de ces questions auprès de Nicolas Sarkozy, indique qu’il n’y avait que 385 615 Français de l’étranger inscrits sur les listes électorales en 2002 ; ils sont près de 850 000 aujourd’hui…

Quelle est la part, dans cette population de 2 à 3 millions de personnes, des exilés fiscaux, ceux pour lesquels la décision de s’installer à l’étranger a été principalement dictée par des considérations bassement fiscales ? J’avance le chiffre de 50 % : moins à Londres et à New York, mais davantage probablement en Suisse ou en Belgique… Ce qui voudrait dire qu’un million de Français, moins ou plus, ont déjà fait le choix de partir. Loin d’être isolé, le cas de Johnny Hallyday est emblématique d’un courant important et croissant.

Tout se passe donc comme si le flux de l’immigration incontrôlée, avec son cortège de problèmes sociaux et financiers, suscitait mécaniquement un flux contraire. Ce qui évidemment a pour conséquence d’accélérer le métissage de la France, explicitement inscrit au programme de la candidate socialiste Ségolène Royal !

Les pouvoirs publics auraient les moyens de mieux appréhender ces phénomènes. Aussi bien pour l’immigration que pour l’émigration.
Dans le premier cas, les statistiques sociales, en particulier celles de l’AME (aide médicale d’État) – qui permet aux personnes étrangères en situation irrégulière de voir leurs prescriptions médicales et frais d’hospitalisation pris en charge à 100 %, et sans avoir à avancer d’argent – ou celles des services sociaux décentralisés, si elles étaient mieux exploitées, livreraient de précieuses informations.
Dans le second cas, les services fiscaux, qui ont toujours connaissance, par définition, des changements de domicile fiscaux, auraient sans doute, eux aussi, beaucoup à dire.

C’est sans doute le fait majeur de ces trente dernières années : non seulement, nous avons importé massivement des immigrés pauvres, voire misérables, après avoir mis en place des réglementations destinées à les décourager de travailler légalement, mais encore, dans le même temps, nous avons poussé à s’établir hors de nos frontières au moins un million de nos concitoyens, parmi les plus riches et les plus talentueux. Un beau gâchi

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