Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Le vote Le Pen, vote sanction

Posted by alaindumait sur 21/03/2007

Il faut être un militant convaincu ou un partisan très déterminé pour aller voter le 22 avril pour un candidat qui n’a aucune chance de figurer au 2e tour du 6 mai. C’est la raison pour laquelle, et malgré ses grandes qualités, je n’envisage pas de déposer un bulletin au nom de Philippe de Villiers.

Ségolène Royal veut faire intervenir l’État (et encore plus les Régions !) dans la vie quotidienne des individus, des familles et des entreprises. On peut résumer son programme en disant que, pour elle, la sphère publique manque cruellement de moyens, alors que, parallèlement, la sphère privée – qui alimente la première, laquelle vit à ses crochets – en aurait encore beaucoup trop. Ses 100 propositions sont riches en promesses, en contrôles, en subventions. Un libéral de droite, dans certaines circonstances, pourrait sans doute voter pour un libéral de gauche, façon Tony Blair. Mais certainement pas pour une méchante harpie sectaire comme celle-ci !

La candidature de François Bayrou, et surtout sa troublante, récente et rapide percée dans les sondages au cours des dernières semaines, transforme le jeu politique et les scénarios possibles. Nous l’avons dit la semaine dernière : un électeur de gauche (tendance libéral réformateur, tel qu’évoqué plus haut) peut être tenté d’apporter son suffrage au Béarnais, car si celui-ci passait devant Ségolène Royal au premier tour, Sarkozy, champion de la droite de gouvernement, pourrait bien être battu. Je suis sensible à plusieurs prises de position du candidat de l’UDF. Je le crois sincère quand il dit qu’il a découvert, certes un peu tard, que le pouvoir politique, en France, était accaparé par une caste, et n’appartenait plus au peuple. Et, en matière de dépenses publiques (bien conseillé par Amédée de Courson) il est certainement moins laxiste que Jacques Chirac. Il serait sans doute plus économe, même s’il n’a strictement aucune culture économique, s’il ne sait pas ce que productivité veut dire. En tout cas, je ne vois pas pourquoi un électeur de droite, au moins au premier tour, irait voter pour lui !

Nicolas Sarkozy est un bon candidat. Il a eu tort de faire plusieurs concessions à la bien-pensance médiatique. Au plan économique et s’agissant des relations sociales, il a pris plusieurs engagements, notamment celui de faire voter dès le mois de juillet un service minimum pour les transports publics, et de réformer, en 2008, dans le sens de plus d’égalité entre le secteur public et le secteur privé, les régimes spéciaux dont bénéficient les salariés des entreprises publiques. Nous serons nombreux à l’attendre au tournant…

Et il y a chez lui un côté «baratineur» qui me gêne. Et qui, en outre, l’amène à faire des analyses trop superficielles de la situation de la société française. Lui qui, à d’autres égards, sait être à l’écoute de l’opinion véritable, a bien du se rendre compte que la France profonde était saturée d’immigration. Et que le thème, qui lui est si cher, de l’immigration choisie, était tout sauf adapté.

J’aurai pu voter pour lui au premier tour. Je préfère donner ma voix à Jean-Marie Le Pen. Oh, certainement pas pour son programme économique ! Il se trompe quand il considère que l’Euro et la mondialisation sont largement responsables de notre situation si morose. C’est si vrai que, avec la même monnaie, l’Allemagne réalise des excédents commerciaux insolents, tandis qu’avec la même mondialisation, la Grande-Bretagne est au plein-emploi…

Depuis 30 ans (1977), la gauche archaïque (communistes aussi bien que socialistes), et la fausse droite, ont dirigé le gouvernement de la France exactement 15 années chacune. Elles se partagent donc à stricte égalité le bilan de cette période, dont l’histoire retiendra que ce fut celle au cours de laquelle notre pays est devenu, de fait, un ensemble multiculturel, multiethnique, laissant entrer chez lui quelque 10 millions d’immigrés. Et cela, sans que le peuple ne soit jamais consulté, même indirectement. Et alors que nos gouvernants savaient fort bien, comme tout un chacun, que cette transformation n’était approuvée que par une infime minorité, d’ailleurs la moins attachée à la défense de notre identité nationale.

Le 2e tour de l’élection présidentielle, le 6 mai, doit permettre de désigner le prochain chef de l’État. Rien n’empêche que le 1er tour soit celui de la sanction, le corps électoral se transformant en la circonstance en une sorte de jury populaire… Voter Le Pen c’est, avec un seul et simple bulletin, condamner ensemble tous les responsables de cette faillite.

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