Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Les débats de l’entente à droite

Posted by alaindumait sur 04/04/2007

Si j’en juge par vos lettres, chers amis abonnés à notre journal, vous êtes très nombreux à faire le même choix de vote que le mien : au premier tour de l’élection présidentielle le 22 avril, ce sera Jean-Marie Le Pen !

Je veux m’adresser aujourd’hui tout particulièrement à ceux qui nous dé-sapprouvent.

– Et tout d’abord aux partisans de Philippe de Villiers, que je respecte évidemment. Considérer que le leader du MPF a peu de chances sérieuses de figurer au 2e tour continue à heurter ceux qui de toute façon vont voter pour lui, au nom d’un vote de conviction très honorable.
On peut regretter que nous soyons dans un système à deux tours (ma chronique de la semaine dernière) ; qu’il n’y ait pas de primaires « à l’américaine » ; et que la droite, au sens large, soit divisée au point de s’affronter jusqu’au 2e tour des législatives, alors que nous défendons toujours « l’entente à droite », dont le concept, même brisé en mille morceaux, par 20 années de combats électoraux et médiatiques fratricides, continue néanmoins à vivre, d’une façon ou d’une autre, dans le cœur du plus grand nombre des électeurs se disant eux-mêmes « de droite », c’est-à-dire, selon moi, dans le cœur de la majorité des électeurs français ! 

Mais, dans ce contexte, c’est forcément avant le lancement de la campagne que les personnalités ayant des chances sérieuses de figurer au 2e tour apparaissent, sélectionnées qu’elles sont par l’opinion. Quelqu’un qui ne recueille que 2 à 3 % des intentions de vote six mois avant le premier tour n’a aucune chance de figurer dans la sélection du 22 avril. Dans l’intérêt même de ses idées, Philippe de Villiers aurait mieux fait de rejoindre soit Nicolas Sarkozy, soit Jean-Marie Le Pen, qui avait lancé l’idée de l’Union patriotique en pensant d’abord à lui…

– Plusieurs autres correspondants, bien que sans enthousiasme pour le programme du candidat de l’UMP, préfère voter pour lui dès le premier tour, refusant l’idée que le premier tour puisse être le bon moment pour exprimer un vote de condamnation et de sanction à l’égard de ceux qui ont si mal administré le pays depuis trente ans. Selon eux, le vote de plus de 4 804 713 électeurs pour Jean-Marie Le Pen au premier tour de l’élection de 2002 n’aurait servi à rien.

C’est justement ce que je ne pense pas ! qui peut nier que la vie politique a été profondément marquée par le vote du 21 avril 2002 ? Et même les conditions de l’élection de Jacques Chirac au 2e tour, tout en lui donnant le pouvoir, le lui contestaient comme jamais cela n’avait été vrai, en tout cas dans les urnes. D’où les résultats des élections suivantes (régionales, européennes, référendum sur la constitution européenne) qui ont toutes été des échecs pour le gouvernement. Les électeurs qui ont voté pour Le Pen en 2002 n’ont sans doute pas empêché le maintien à l’Élysée de son précédent locataire, mais ils ont contribué profondément à modifier le paysage politique français. Donc le vote sanction a du sens.

– Le Front National fait campagne contre le libéralisme et fustige la mondialisation, ce qui heurte profondément le libéral que je suis. Un correspondant me dit : « vous allez donc voter contre vos convictions ! ».

Certainement pas ! même si on peut faire en effet plus libéral que le président du Front National…

Prenons, par exemple, le problème de l’immigration. Fidèle à mes maîtres, tel Milton Friedman, je suis partisan d’une immigration libre. Qui peut nier que, tout au long du XIXe siècle, et même jusqu’au milieu du XXe, les États-Unis, où l’immigration était importante sans pour autant être complètement libre, ont grandement bénéficié de ces apports étrangers ? Les parents de Milton Friedman étaient nés dans une région aujourd’hui située en Ukraine. Et la liste des prix Nobel américains témoigne, s’il en était besoin, de l’apport très positif de l’immigration. 

Mais l’État providence, que nous avons développé en France plus que partout ailleurs, est strictement antinomique de la libre immigration car, dans un tel système, celle-ci devient un simple envahissement, tout avantage social devenant, pour les plus pauvres des miséreux du monde, une aubaine, ou un miroir aux alouettes.

En conséquence de quoi, aussi longtemps que nous serons dans ce funeste État providence, il sera nécessaire d’empêcher tout nouvel afflux d’immigré, tout en concentrant des moyens considérables pour intégrer ceux qui resteront chez nous.
Je remarque d’ailleurs que Jean-Marie Le Pen est le seul candidat à dire vouloir réduire l’emprise tentaculaire de l’État providence.

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