Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Archive for septembre 2007

Sarkozy, les résultats ne sont pas au rendez-vous

Posted by alaindumait sur 26/09/2007

On ne peut qu’être frappé, et même sidéré, par la fougue permanente de Nicolas Sarkozy (voir page 6 l’article de Pierre Lance). Ce qu’il a encore démontré le jeudi 20 septembre en direct à la télévision.

Pour l’instant, les résultats ne sont pas au rendez-vous. On dira, comme François Fillon : c’est normal, le gouvernement n’est là que depuis trois mois. C’est méconnaître que, si tous les entreprenants de ce pays croyaient à la rupture et au renouveau, ils anticiperaient, ils investiraient et ils embaucheraient. Et c’est ce qu’ils ne font pas.

Le président de la République renouvelle son engagement de réaliser tout ce qu’il a promis. Ce qui exclut, pour commencer, tout ce qui est hors du champ strict de son programme de campagne. Par exemple, il n’a jamais dit qu’il supprimerait l’ISF et encore moins l’impôt sur les plus-values. Il a bel et bien mis en œuvre ce qu’il a appelé lui-même un « bouclier fiscal ». Celui-ci peut avoir un intérêt pour quelques milliers de gros contribuables résidant en France
Il n’empêche pas la reprise de l’émigration fiscale, un moment suspendue dans l’attente des premières décisions du nouveau gouvernement. En même temps que les fortunes, d’ailleurs de plus en plus modestes, fuient l’enfer fiscal français, nos jeunes diplômés, ou en voie de l’être, vont chercher massivement sous d’autres cieux les chemins de leur avenir.

Également hors du champ du programme présidentiel : un véritable contrôle de l’immigration. D’un côté, avec son ministre Brice Hortefeux, le gouvernement s’efforce de montrer une forte détermination. Les préfets, convoqués en grande pompe, sont priés d’afficher de meilleurs résultats quant aux reconduites aux frontières des immigrés clandestins. 
Mais strictement rien n’est fait pour réduire la puissance de la pompe aspirante de notre État-providence, avec ses délices empoisonnés, école publique/couverture santé universelle/droit au logement social pour tous… Et voilà que maintenant, alors que l’on parle d’augmenter dans des proportions considérables l’immigration de travail, on va parallèlement accélérer l’immigration par le regroupement familial, grâce à l’introduction de tests ADN qui vont permettre, n’en doutons pas, à tout homme immigré régulièrement installé en France d’y faire venir rapidement non seulement ses enfants, issus peut-être de plusieurs femmes, mais aussi de nombreux cousins ou cousines, qui satisferont parfaitement aux tests en question.

Certes, le chef de l’État s’engage à réformer les régimes spéciaux.
 Il a promis de le faire en prenant pour modèle la réforme dite Fillon qui a permis d’aligner la durée de cotisations des fonctionnaires sur celle des salariés du privé. Mais ce qu’on ne dit pas suffisamment, c’est que cette réforme a été une belle esbroufe ! En échange d’un allongement de deux ans et demi de la durée de la période travaillée, les intéressés ont obtenu de nouveaux avantages autrement plus coûteux pour le système, en particulier, le calcul de la pension sur la base du salaire des six derniers mois d’activité. Si bien qu’au total, les inégalités, en matière de retraites, entre les salariés du privé et les salariés du public, loin d’être réduites par la réforme Fillon, ont été encore accrues. 

On devine que c’est un coup du même type qui se prépare pour les régimes spéciaux. Il faudra être très attentif aux contreparties qu’obtiendront certainement les intéressés, en échange des fatidiques quarante années de cotisations pour une retraite à taux plein.
« Rupture » répétait le candidat Sarkozy. « Faillite » ose même maintenant déclarer le Premier ministre Fillon. Mais, quelle révolution pour l’État-providence ? Ni hier, la détaxation des heures supplémentaires, ni aujourd’hui la super taxation des retraites anticipées. Comme le notait déjà Henry de Montherlant « C’est quand la chose manque qu’il faut en mettre le mot ». 
….

PS : Le jeudi 20 septembre, alors qu’il intervenait à la télévision à 20 h, Nicolas Sarkozy avait tenu à remettre solennellement, à 18 h, à l’Élysée, les insignes de chevalier de la légion d’honneur à Patrick Buisson. À 58 ans, l’impétrant n’est pas seulement le journaliste, spécialiste des sondages d’opinion, qui anime plusieurs émissions sur LCI, c’est aussi un « conseiller », qui a longtemps travaillé pour Philippe de Villiers. 
Les échos parlant de lui comme le conseiller de l’ombre du candidat de l’UMP, étaient très en deçà de la vérité. C’est lui, tout simplement, qui a élaboré, pour le futur Président, sa stratégie de séduction vis-à-vis des électeurs du Front National. Bien sûr, ni le chef de l’État ni les invités du 20 septembre n’ignoraient le passé parfaitement incorrect de Patrick Buisson : ancien dirigeant de la FNEF en mai 68 à Nanterre, directeur de « Minute » et du « Crapouillot »… Qu’importe, le Président tenait à dire publiquement sa reconnaissance. Il est comme ça…

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Lu pour vous : Théodore Roosevelt, par Bernard Martoïa

Posted by alaindumait sur 12/09/2007

theodore-rooseveltBernard Martoïa, contributeur à notre journal « les 4 Vérités-Hebdo », est par ailleurs fonctionnaire au Quai d’Orsay. Il a été en poste plusieurs années à Washington. C’est un admirateur de la culture et de la civilisation américaine. C’est tout naturellement qu’il a choisi, pour cette première œuvre littéraire, le personnage de Théodore Roosevelt qui, encore aujourd’hui, après Washington, Jefferson, Lincoln et Franklin Roosevelt (qui était son cousin) est, selon une étude d’opinion récente, le cinquième Président préféré des Américains.

Cet ouvrage, qui n’est que le premier tome d’un ensemble qui en comportera trois, concerne la période 1858-1898, de la naissance, à New York, du jeune Théodore (d’une famille d’immigrés hollandais installés à Manhattan depuis 1648, son premier ancêtre s’appelant en fait Van Rosenvelt), à son rôle dans la guerre avec l’Espagne concernant Cuba.

Le sous-titre du livre le résume parfaitement : on assiste, pas à pas, en cette fin du xixe siècle, à l’ascension d’un homme politique courageux. Sur tous les plans : c’est un grand marcheur, souvent solitaire (comme Bernard Martoïa) ; il n’a pas peur des risques ; c’est un aventurier au sens noble du terme : il participe à la fin de l’aventure du Far West.

Au plan politique, au sein du parti républicain, auquel il adhère très jeune, il lutte sans relâche contre la corruption. Et, à New York, il avait du pain sur la planche… Grâce à ses talents d’orateur et à son opiniâtreté, il gravit les échelons. Il est élu d’Albany (État de New York), à la Chambre des représentants. Il est secrétaire adjoint à la marine à l’âge de 40 ans.
Nous lirons bientôt le 2e tome avec autant d’intérêt.

« Le politicien qui réussit le mieux est celui qui dit le plus souvent et de la voix la plus forte ce que tout le monde pense » (Téodore Roosevelt).

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Nicolas Sarkozy : le grand bluff

Posted by alaindumait sur 11/09/2007

Yasmina Reza, qui a suivi le candidat Nicolas Sarkozy pendant près d’un an, montre, notamment, dans son petit livre « L’aube le soir ou la nuit », actuellement en tête des ventes en France (voir ci-contre), ce que fut l’influence de sa plume officielle, un haut fonctionnaire nommé Henri Guaino.

Ce personnage singulier a 40 ans. N’ayant pas fait l’ENA, il a été nommé administrateur civil au tour extérieur. Après Science-Po Paris, il a commencé sa carrière à 25 ans comme économiste au Crédit Lyonnais (c’était sous l’ère Mitterrand…) puis il entre à la direction du Trésor comme chargé de mission (sous le gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac…). Il acquiert une réputation de bon débatteur. Il est réputé être gaulliste de gauche. Charles Pasqua lui trouve une mission dans les Hauts-de-Seine. Il est clairement étatiste. Il garde un souvenir ému de ses fonctions de commissaire au plan (1995-1998) qu’il aurait aimé conserver sous le gouvernement de Lionel Jospin… Il est « national » et « républicain ».

C’est lui qui a soufflé à Nicolas Sarkozy la quasi-totalité de ses discours de campagne. C’est sous son inspiration que le candidat de l’UMP a su parler aux électeurs de l’histoire de France, en faisant plusieurs fois référence à Jaurès, à Blum, à Clémenceau… Et les Français, de droite comme de gauche, ont aimé ce ton, ce rappel des temps heureux.

En vérité, il s’agit de temps lointains. Nous sommes devenus une province de l’Union européenneNotre peuple n’est plus qu’à moitié français et le métissage ethnique et culturel ne fait que progresser.

L’actualité quotidienne le démontre. Les 80 squatters d’Aubervilliers, qui, avec le soutien médiatique d’un ministre de la République d’origine sénégalaise, prétendent, avec ou sans papier, obtenir sans délais un logement social, ou bien continuer à occuper illégalement de tels logements. Ils sont venus d’Afrique pour cela. Car pour eux, la France est un refuge, plus généreux que tout autre pays européen en particulier du point de vue de l’accès à la santé publique gratuite, à l’école, aux aides sociales, au logement du même nom.

Et les chiffres, qu’on essaie de nous cacher, mais qui sortent quand même sans jamais faire la une des journaux, vont évidemment tous dans le même sens. C’est ainsi qu’en octobre dernier, rapportant un projet de loi modifiant les articles du Code civil sur le contrôle de la validité des mariages, le député UMP du Nord Patrick Delnatte, 65 ans, donnait un certain nombre de statistiques concernant les mariages mixtes. 

Sur la période 1994 à 2004, ils ont augmenté de 117 %. Et sur la même période, ils ont augmenté de 487 % pour le Maghreb et de 656 % pour la Turquie ! Le mariage avec un Français de souche, homme ou femme, est devenu, loin devant le regroupement familial, la première source d’immigration légale en France. 50 % des titres de séjour sont délivrés à des ressortissants étrangers conjoints de Français. Parallèlement, la fraude aux actes de l’État civil prend des proportions ahurissantes. Selon le même rapporteur, le taux d’actes faux ou frauduleux, présentés aux consulats français dépasserait 90 % aux Comores, en République démocratique du Congo, en Guinée, au Congo, au Sénégal ou en Côte-d’Ivoire.

Les mesurettes de Brice Hortefeux ne peuvent rien contre ce raz-de-marée. Résultat : pendant que les églises ferment, par milliers, s’érigent des mosquées par centaines…

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