Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Archive for octobre 2007

Sur l’environnement, le marché a beaucoup à dire

Posted by alaindumait sur 31/10/2007

Nous avons déjà, dans ces colonnes, largement traité du « Grenelle de l’Environnement ». Comme toujours, en laissant s’exprimer une large diversité de points de vue. Guy Millière en attendait le pire. Et Pierre Lance le meilleur… Bernard de Fabrègues (page 5 de ce numéro) nous rappelle opportunément que si le réchauffement climatique est une réalité indiscutable, la part des activités humaines dans l’explication du phénomène, reste à mesurer scientifiquement. Bernard Trémeau (page 2) replace le débat dans la perspective qu’il mérite, celle de l’histoire de l’humanité.

Ma réflexion prendra comme point de départ sa conclusion : en effet, l’homme est parfaitement capable, avec son intelligence, d’obtenir un développement non polluant. Mais, pour cela, il ne faut pas l’empêcher d’agir, d’inventer, d’entreprendre, avec toutes sortes de lois frileuses.
La croissance économique est-elle possible sur longue période, sans dégradation de l’environnement ? L’histoire moderne, depuis le milieu du XVIIIe siècle, jusqu’à la situation présente de la Chine ou de l’Inde, devenus les ateliers du monde, pourrait nous inciter à répondre par la négative. Pourtant, dans les pays développés, la croissance est de moins en moins destructrice de ressources naturelles. Les services se sont substitués à l’industrie. L’homme numérique est écologique, sans toujours le savoir.

Je pourrais reprendre la longue liste des blessures infligées par le progrès à l’homme ou à la nature, dressée par Pierre Lance, dans son « appel » (<www.les4verites.com>). Elle est pertinente. Mais qui est coupable ? Le capitalisme et l’économie de marché, ou au contraire les adversaires de celle-ci ? J’observe que le subventionnement massif de l’agriculture des pays riches est la principale cause du productivisme et de l’emploi à forte dose de pesticides mortifères. Dévoiement du capitalisme. Et ruine des agricultures de subsistance des pays pauvres, qui représentent encore la moitié de la population du globe. Pauvreté dont la principale raison est tout simplement la folie autoritaire de leurs funestes dirigeants.

Les obstacles à la construction de centrales nucléaires, aux études sur les surgénérateurs ou au financement de celles sur le développement de la filière hydrogène accroissent notre dépendance vis-à-vis des énergies fossiles non renouvelables. Heureusement que le marché est là, avec son merveilleux système de prix. C’est évidemment le pétrole cher, et non pas tous les Nicolas Hulot de la planète, qui constituera le facteur le plus puissant pour développer des alternatives aux hydrocarbures. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ce renchérissement fait si peur à ceux qui sont les premiers à en profiter, les pays producteurs de l’Opep, car eux connaissent les mécanismes de marché, et les effets économiques, à court et à long terme d’un prix élevé.

J’ai remarqué qu’aucun atelier du « Grenelle de l’Environnement » n’avait été consacré aux problèmes des flux migratoires. Pourtant, la dimension écologique de cette question est évidente. Non seulement, dans les pays riches, mais encore plus dans les pays pauvres qui, de ce fait, perdent chaque année une partie importante de leur capital humain. Or, qui ne voit que c’est l’État-providence qui provoque l’essentiel des flux migratoires ?

C’est la peur de la concurrence (complexe du plombier polonais, repoussoir du coolie chinois…) qui explique chez nous toutes ces rentes de situation scandaleuses.

Les produits de la merveilleuse chimie sont appelés à la barre du tribunal écologique. Nul ne peut se plaindre d’y être cité. Mais comment le jury serait-il impartial quand on a tout fait, depuis des décennies, pour infantiliser le consommateur et abrutir le citoyen ? S’ils retrouvaient la responsabilité de leur santé, c’est-à-dire la souveraineté de leur corps et de leur vie, ils seraient plus attentifs à ce qu’ils mangent.
Pierre Lance dénonce les ravages des maladies nosocomiales et iatrogènes. Toute opération, toute piqûre, comporte un risque irréductible. Mais le gigantisme hospitalier, tout comme le système de la sécu, avec la surconsommation de médicaments qui en découle, y ont leur lourde part de responsabilités.

Je suis d’accord pour que l’on fasse payer au kilo et même au gramme toute production de pollution. Mais à la condition que l’argent collecté aille uniquement à la recherche pour éradiquer la chose.

Finalement, j’ai du mal à m’enthousiasmer pour les résultats de ce happening. Le pétrole à 92 dollars le baril me paraît autrement plus important !

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la Suisse offre un modèle au Front National

Posted by alaindumait sur 24/10/2007

Chacun peut avoir son opinion sur les régimes spéciaux de retraites. La mienne est la suivante : « pas un sou d’argent public pour quelque régime que ce soit ! ». À partir de là, les inégalités m’indiffèrent. Et tant mieux si certains peuvent se constituer une meilleure pension, en cotisant davantage ou en obtenant des largesses de leur employeur. 

Que celui-ci soit public ou privé. Il ne devrait pas y avoir de problème de principe pour appliquer une telle règle pour ceux qui entrent aujourd’hui dans la vie active. 

Pour les autres, ils ont certainement le droit de défendre leurs avantages acquis. Admettons qu’un contrat soit un contrat, même quand il n’est pas vraiment synallagmatique… Mais on peut toujours, en effet, discuter, puis délibérer, pour le modifier. C’est exactement ce qui s’est fait dans le passé, pour le régime général des salariés, puis pour celui des fonctionnaires. Et c’est ce qui s’est fait aussi, depuis quinze ans, dans presque tous les pays développés du monde.

Donc, les privilégiés de la SNCF et de la RATP ont, selon moi, raison de défendre leurs avantages éhontés. Simplement le gouvernement, qui est leur employeur de fait, devrait veiller à ce que leurs protestations s’inscrivent dans les limites de la loi, et dans celles des principes qui régissent les libertés publiques. Et si cette loi et ces principes ne sont pas assez clairs pour empêcher la prise en otage de 20 millions d’usagers des transports publics par quelques dizaines de milliers de salariés protégés, il fallait changer ça, sans attendre la fin de l’état de grâce présidentiel !…

Au moment où j’écris ces lignes, j’ai des raisons de penser que la réforme des régimes spéciaux voulue par le président de la République et son Premier ministre entrera bel et bien en vigueur dès l’année prochaine. Mais ce sera très certainement, une fois de plus, une imposture : en échange des quarante années de cotisation imposées à tous, le gouvernement s’apprête en effet à lâcher des avantages faisant mieux financièrement que contrebalancer la concession. Par l’intégration de certaines primes dans le calcul des pensions, par les modalités de calcul de celles-ci, par l’échelonnement de la réforme…

En outre, la journée de grève du 18 octobre, dont les effets n’étaient toujours pas terminés le lundi 21, a démontré que les syndicats, les directions des entreprises publiques, et leur tutelle gouvernementale, se souciaient du service minimum, promesse phare du candidat Sarkozy, comme d’une guigne…

Cinq mois après la proclamation des résultats de l’élection du 6 mai, on peut faire un premier bilan de l’action de cette nouvelle majorité. Les hommes ont changé, un peu. Le discours a changé, sensiblement. Mais la funeste gouvernance de la France est toujours la même. Les querelles orchestrées par les médias sont soit de l’ordre sémantique (« le détail »), soit de l’ordre du symbolique/anecdotique (« les tests ADN »). Les forteresses du statu quo sont toujours en place. Les réformes indispensables telle la réduction des dépenses publiques, ne sont même pas évoquées par la Commission Attali chargée de faire des propositions pour libérer la croissance. La seule « rupture » est de l’ordre de la nauséabonde politique politicienne. Elle n’intéresse que le microcosme.

Bien sûr, les 18 983 138 électeurs de Nicolas Sarkozy du 2e tour n’ont pas lieu de regretter leur choix. Rien ne leur donne à penser que l’alternative Ségolène Royal eût été meilleure. Mais les illusions tombent. En particulier pour ceux et celles qui ont cru que l’appel aux électeurs de droite pouvait être autre chose qu’une posture électorale, simplement destinée à siphonner les voix jusque-là fidèles au Front National.

Ce « coup » de génie, vraie rupture avec la stratégie chère à Jacques Chirac, fut soufflé au candidat, nous l’avons dit (chronique du 28 septembre), par Patrick Buisson, journaliste familier de la droite nationale. Mais il ne fut possible que parce ce que le FN depuis plusieurs années, cherchait désespérément à se dédiaboliser. Ce qui l’amena à faire précisément deux choix catastrophiques : le « ni droite ni gauche », martelé par le parti de Jean-Marie Le Pen depuis 2002 ; et la main publiquement tendue aux populations immigrées, considérées, sans doute à tort, comme des réservoirs d’électeurs.

Les stratégies politiques doivent se juger sur leurs résultats. Au 2e tour des élections législatives le Front National a réuni 4,29 % des suffrages. Autant, mais pas plus que le Parti communiste. Et le 20 octobre 2007, en Suisse, l’Union démocratique du centre (UDC), qui s’est toujours affiché de droite et populiste, a fait 28,8 %, devenant ainsi la première formation politique du pays…

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