Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Archive for janvier 2009

Les syndicats, responsables de la situation qu’ils dénoncent !

Posted by alaindumait sur 29/01/2009

plan-relanceLa « grande grève » de ce 29 janvier 2009 est placée sous le signe d’un slogan de la CGT : « La crise c’est eux, la solution c’est nous !… ».

Cette journée, en préparation depuis deux mois environ, a fait l’objet de plusieurs communiqués intersyndicaux dont l’un commençait ainsi : «Alors qu’ils n’en sont en rien responsables, les salariés, demandeurs d’emploi et retraités, sont les premières victimes de cette crise. Elle menace l’avenir des jeunes, met à mal la cohésion sociale et les solidarités ; elle accroît les inégalités et les risques de précarité…»

L’objectif des syndicats, en mobilisant leurs troupes « contre la crise », est donc, en premier lieu, de s’exonérer de toute responsabilité dans celle-là. Et, à partir de là, d’en faire porter celle-ci « au grand capital », et à ses « valets », les hommes politiques, de droite ou de gauche…

Est-ce si sur ? Que les salariés, un par un ou globalement considérés, ne soient pas directement responsables directement de la présente crise économique, on peut le prétendre, encore que, si des personnes dénommées portent une certaine responsabilité dans cette situation, il y a fort à parier que certaines d’entre elles ont bel et bien un statut de salarié. Madoff n’était peut être pas salarié, mais Kerviel l’était… Il serait donc hasardeux de prétendre qu’aucun salarié n’est responsable.

Quant aux salariés collectivement considérés, il s’agit d’une catégorie qui, au delà de son statut au regard du droit du travail, n’a à peu près aucune cohérence.

En fait, quand les syndicats disent « les salariés », ou bien « les travailleurs », ou encore « les masses laborieuses », faisant semblant de se référer à un mythe, ils se désignent eux-mêmes.

Ce que les organisations syndicales organisatrices de cette « grande grève du 29 janvier 2009 » veulent surtout dire, en premier attendu, est qu’ils ne sont pas du tout responsables de la situation actuelle. Ils se posent en innocentes victimes. Ils n’ont rien fait. De toute façon on ne les écoute jamais…

Mais rien n’est moins faux ! Car c’est bel et bien l’idéologie véhiculée par les syndicats de salariés qui est avant tout responsable de la crise ! comme ce sont eux, encore, qui sont responsables des mauvaises réponses qui y sont apportées. Les gouvernements – Roosevelt en 1933, comme Sarkozy en 2008, ou Obama en 2009 – n’ayant à peu près aucune idée a priori (ils appellent cela du « pragmatisme »…) et agissant, de façon désordonnée et contradictoire, sous l’influence de l’opinion en général et des syndicats en particulier. (Ce que démontre magistralement le professeur Florin Aftalion dans sa tribune publiée par le Figaro daté du 28 janvier 2009.)

Nous avons déjà développé ici même notre conviction que la crise s’explique essentiellement par une série d’initiatives malheureuses des hommes politiques. Mais ces politiques sont largement inspirées par les syndicats, ou menées pour tenter de les séduire, au moins les calmer… C’est si vrai que cette grève du 29 janvier 2009 a pour but affiché d’influencer la politique du gouvernement, afin que celui-ci augmente les salaires, les pensions de retraites, les subventions de toutes sortes … et en fin de compte les dépenses publiques en général, la dette de l’Etat en particulier. Considérant sans doute qu’une telle orientation loin d’être responsable de la crise en serait une solution…

Les syndicats de la faillite !

Voyons les choses de plus près et demandons-nous – s’agissant par exemple des « subprimes », de la bulle monétaire et de l’excès des crédits qui en résulte, ou du capitalisme cupide… – si les syndicats n’y sont vraiment pour rien.

– Qui peut nier qu’il y a une relation très forte entre la politique dite de logement social et les syndicats, et que les « subprimes » ( ces crédits immobiliers taillés sur mesure pour des clients fauchés) ne sont rien d’autre qu’une mise en musique, commencée il y a plus de 60 ans, d’un air inventé par l’idéologie syndicale ?

– J’entends par bulle monétaire le fait que depuis de nombreuses années la création monétaire a été trop importante. Les banques se procuraient des ressources trop importantes auprès des banques centrales et ensuite faisaient trop de marketing pour les redistribuer sous formes de crédits. La raison profonde de cette funeste gestion est que les autorités monétaires, fussent-elles indépendantes, partagent avec les hommes politiques et les syndicats l’idée fausse selon laquelle le crédit pas cher favorise l’investissement, et donc l’emploi et la prospérité. Ce qui devient faux, à terme, quand l’épargne est détruite, au passage, par cette politique.

– Quand au capitalisme cupide – mais qui n’est pas cupide ?… – J’ai déjà eu l’occasion de remarquer qu’il l’était d’autant plus qu’il s’inscrivait dans des structures aussi peu capitalistes que possible, soit que les capitaux soient publics, soit que le pouvoir appartienne au management, soit encore qu’une savante construction donne à croire qu’on puisse se développer sans capitaux propres.

Et qui a voulu et eu la peau des affreux capitalistes si ce n’est ce que je nomme ici l’idéologie syndicale ? Exactement la même que celle qui pousse jour après jour à la dépense publique, aux déficits et à la mauvaise gestion.

Une fois de plus, les manifestants derrière les banderoles des manifs du 29 janvier se sont laissés abuser et manipuler. Ils ont été les acteurs d’une imposture, les imposteurs étant les chefs syndicaux, stipendiés, qui n’ont de cesse de saper l’économie c’est-à-dire la société.

Lecture recommandée : « Petit manuel éconoclaste pour comprendre et survivre à la crise » http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/tarle-axel-de/petit-manuel-econoclaste-pour-comprendre-et-survivre-a-la-crise,20704871.aspx/

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Henri Guaino, commissaire Général au Plan de … faillite !

Posted by alaindumait sur 26/01/2009

explosion de la planète dettes...

Explosion de la planète dettes

Le vendredi 23 janvier « le Figaro » donnait la parole à l’ancien Premier Ministre espagnol José Maria Aznar* et le lendemain au conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino.

Nous avons ainsi, apparemment – dans ce journal de droite écrit par des journalistes de gauche – deux points de vue différents sur la crise et son traitement. L’un « libéral » et l’autre « dirigiste ».

Bien sûr, je préfère celui qui dit : « pour sortir de la crise il faut plus de libéralisme », que celui qui dit vouloir « refonder le capitalisme » avec « un Etat qui entreprend, qui investit, qui innove… », tout en continuant à instruire et à protéger.

Si l’Etat « refondé » entreprend, investit et innove aussi bien qu’il instruit et protège, ça va pas être triste !

L’Etat « refondé » sera encore plus gros, plus large, plus gras, et forcément plus prédateur.

Le plan de relance d’Henri Guaino s’inspire du gosplan !

L’Etat-providence est au bord de l’apoplexie, en grave surcharge pondérale, et tout ce que le docteur Guaino trouve pour le soigner, c’est de le gaver ! Cela ressemble à l’entêtement des experts du Gosplan, du temps (béni) de l’ex-URSS, quand chaque année il fallait bien constater que les récoltes étaient toujours plus mauvaises. Mais l’ordonnance était toujours la même : il convenait d’accroître toujours et encore le nombre des tracteurs et la quantité de sacs d’engrais ! Alors qu’il eut suffi de revenir sur la soviétisation, avec ses kolkhozes et ses sovkhozes…

Pourtant, ce qui frappe aussi en lisant ces deux entretiens, c’est que ces deux personnages sont d’accord sur le fait qu’il faut « sauver les banques ». Espérons qu’un jour « le Figaro » donnera la parole à quelqu’un qui pense le contraire !…

Et ne croyez pas que je sois seul dans ce cas ! Beaucoup de bons auteurs, en France comme aux Etats-Unis sont de cet avis **

Cette factice diversité de points de vue s’inscrit donc, en fait, à l’intérieur de la pensée unique, dont on sait qu’elle a toujours tort…

On remarquera d’ailleurs que les marchés financiers –  dont les cours reflètent quand même les opinions et les décisions d’une multitude d’opérateurs – pensent également très fort que les plans de relance sont des munitions tirées pour rien.

L’exemple de la tempête

Certains disent qu’elle ont été tirées trop tard. Et en quantité insuffisante. Je crois exactement le contraire. Est-il bien d’ailleurs prudent de vouloir reconstruire les digues quand le tsunami menace encore de ses répliques ? Même au fin fond du Sud-Ouest de la France  on sait qu’il faut laisser passer la tempête avant de replanter. On sait aussi qu’il faut 30 ans pour faire un pin, une minute pour qu’il soit arraché, et à nouveau 30 ans pour qu’il soit remplacé… D’où le

·     M. Aznar promet de poursuivre en diffamation tous ceux qui relaieront la rumeur de sa paternité de la fille de Rachida Dati…

** voir en particulier  < www.fahayek.org> 

Faut-il sauver les banques ?

(polls)

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Keynes ou Washington, la banqueroute ou l’épargne : il faut choisir !

Posted by alaindumait sur 22/01/2009

La fièvre obamaniaque étant un peu retombée, il convient de remarquer qu’elle a laissé de marbre les marchés financiers, qui ont réagi – comme il fallait si attendre – à toutes les promesses mirobolantes du nouveau président : par un nouveau mouvement général de baisse, traduisant la défiance croissante des opérateurs à l’égard des plans de relance des pouvoirs publics, quelles qu’en soient les grandes finesses et les subtiles modalités.

Tout se passe comme s’il y avait d’un côté les hommes de l’Etat, soutenus par des économistes stipendiés (car ils vivent tous de l’argent public) et des médias serviles (des journalistes de gauche, donc keynésiens à 90 %), qui se livrent à une surenchère de promesses et de dépenses (26 milliards d’€ pour Nicolas, 50 pour Martine et 850 milliards de $ pour Barak…), et d’un autre coté, les individus, les épargnants, les ménages, les contribuables, finalement une multitude, représentée par les forces d’en bas, celles du marché, qui y croient de moins en moins et même crient casse-cou !

Considérons par exemple le plan du nouveau président américain. Il constate qu’au niveau des besoins et de la demande il y a beaucoup de chantiers à lancer et à financer, et pas seulement dans le domaine des équipements. Il a dit : « nous allons construire des ponts et des routes, nous allons numériser notre économie, nous allons restaurer la science, la recherche, nous allons mettre l’accent sur la qualité et nous allons exploiter le vent et les richesses agricoles du pays et nos usines, nous allons transformer nos écoles et nos universités, pour faire face aux exigences d’une ère nouvelle… »

Tout cela, ajouté au sauvetage des banques et de l’industrie automobile, fait évidemment beaucoup, et peut être beaucoup trop, même pour l’Amérique…

En tout cas nos voisins irlandais et britanniques commencent à prendre conscience des risques qu’il y a « sauver les banques » : s’il faut remettre le couvert de l’aide publique on passe à l’étape suivante qui est celle de la quasi nationalisation, et alors la dette des banques est consolidée avec celle des Etats, et alors ceux-ci, déja au bord de l’insolvabilité, ne trouvent plus à emprunter sur le marché des capitaux. Le spectre de la banqueroute plane sur le monde…

Pour les pays membres de l’Euro la seule solution est de demander à la BCE d’emprunter à leur place (ou de garantir leurs emprunts) ce qu’elle n’a encore jamais fait et ce qu’elle ne pourrait faire qu’en obligeant les Etats concernés à revenir à plus de rigueur…

Pour les Etats-Unis, qui financent leurs déficits (budget de l’Etat et balance des paiements) en empruntant aux pays (pauvres) qui épargnent, comme la Chine, le problème est un peu différent. Mais un jour pourrait venir où les bons du Trésor US seront moins désirés, surtout si les pays émergents exportent moins…

(C’est là où le marché de l’or jouera un rôle de clignotant et d’avertisseur pour les investisseurs avisés…)

Aider les banques ne veut pas dire les sauver. Mais cela aboutit à faire courir aux Etats des risques tout à fait inconsidérés.

Ce qui est encore plus grave c’est qu’après les banques, tous les secteurs les uns après les autres viennent se présenter au guichet du Trésor public. Après l’automobile les chaînes privées de télévision ! Et pourquoi les bistrots et les chauffeurs de taxi devraient-ils faire exceptions ?…

En vérité, dans cette affaire, il y a d’abord et avant tout un défaut de compréhension.

Comme les hommes de l’Etat ne veulent ni admettre ni reconnaître qu’ils sont les seuls responsables de cette crise, ils proposent d’intervenir davantage encore dans le fonctionnement de l’économie. Comme ils s’imaginent que l’argent public, dépensé ou emprunté, ne provient pas de nos poches, ils veulent accroître la dette toujours plus…

Et comme ils ne comprennent rien au fonctionnement de l’économie ils veulent nous faire croire que les décisions catastrophiques qu’ils prennent sont pour notre plus grand bien. Tels des médecins fous…

Barak Obama a eu raison d’appeler à son secours les mannes de George Washington et des pères fondateurs de la démocratie américaine. Ceux-ci en effet en savaient davantage sur les lois qui président à la prospérité des nations que tous les conseillers qui viennent d’investir la Maison Blanche. Ils étaient tous fermement opposés aux interventions économiques de l’Etat.

Pour des raisons que nous avons déjà essayé d’expliquer précédemment (voir archives), un  raz-de-marée s’est produit. Les répliques de ce tsunami –sont sans doute encore à l’œuvre. A-t-on jamais vu quelqu’un reconstruire sa maison avant même que la tempête soit terminée ?

Les dégâts, dont l’appréciation n’est que provisoire, s’analysent comme une énorme destruction de valeur et principalement d’épargne. Or il y a une relation presque intangible et en tout cas structurelle entre la consommation et l’épargne (cours de première année de sciences économiques…). Quand cette dernière est détruite il faut la reconstituer, préalablement à tout programme d’investissement, la reprise de la consommation venant encore après. C’est pourquoi nous avions dès l’automne proposé un programme de détaxation de l’épargne…

Cet ordre des choses est imparable. Et vouloir le bousculer – par des politiques publiques – ne peut être qu’inadéquat, et contre-performant.

Cet ordre des choses, qui relève des lois naturelles de l’économie, celle relation entre épargne et consommation, est tout simplement juste et bon. Si l’Etat voulait bien s’en inspirer il considérerait que désormais rien n’est plus urgent que de sauvegarder son crédit, et donc d’arrêter de faire encore et encore de la dette.

(5700 signes)

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Après la crise financière et la crise économique : demain la crise monétaire ?

Posted by alaindumait sur 16/01/2009

la Crise, quelle crise ?

la Crise, quelle crise ?

La seule façon « d’aider » les entreprises à passer le cap de la crise, ou « d’inciter » les ménages à consommer davantage, est de baisser les impôts et les taxes, ce qui redonne immédiatement du pouvoir d’achat aux uns et des marges de manœuvre aux autres. Alors que les aides « ciblées » sont par définition inégales et injustes.

Une telle baisse des prélèvements publics peut être d’autant plus importante que la situation financière de l’Etat considéré est solide, à savoir qu’il est le moins endetté possible. Au contraire, si un tel Etat aborde la crise avec une situation d’endettement à la limite de ses possibilités, il ne pourra pas faire grand chose, sauf à transformer ses déficits en gouffres. Et c’est exactement la situation où se trouve l’Etat français : il n’a pas voulu assainir son bilan depuis plus de trente ans (comme le réclament les Contribuables Associés depuis plus de quinze ans !… ) ; il a préféré accumuler les déficits sans autre raison que l’entretien d’une sphère publique hypertrophiée ; il s’est comporté comme la cigale de la fable ; et maintenant il ne peut plus faire ce qui serait devenu opportun de faire, à savoir du déficit public, par la baisse des impôts !

Le gouvernement – celui-ci comme ses prédécesseurs – s’étant, par imprévoyance, laxisme ou démagogie, privé de la disposition de cette arme anti-crise (la relance par la baisse des impôts), il ne lui reste que deux solutions : ne rien faire, ou en faire trop, par rapport à des marges de manœuvre insignifiantes, et prendre le risque de mettre en cause le crédit de la signature de l’Etat français.

Ne rien faire serait peut-être dans la nature de certains ministres, voire du Premier, et ce serait sagesse… Mais ce n’est pas exactement l’image que le président Sarkozy veut donner de lui. Il y a donc aujourd’hui un risque plus important encore que la crise financière et économique, c’est celui de la banqueroute de l’Etat français.

Déjà, à travers le monde, une vingtaine de pays se sont déclarés incapables de rembourser leurs dettes en faisant face à leurs échéances. Au sein de la zone euro elle-même, des pays comme la Grèce, l’Espagne et l’Italie ne trouvent à emprunter qu’en promettant une prime, qui donne à penser que la monnaie européenne n’est pas si solide que ça, et que les fantaisies budgétaires de certains Etats (dont la France), ajoutées aux déficits structurels des balances commerciales (comme celui de la France) pourraient avoir bientôt raison de cette construction artificielle et 100% technocratique qui s’appelle l’Euro.

(2500 signes)


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Plans de relance. Les voleurs s’en occupent !

Posted by alaindumait sur 09/01/2009

1) La crise a été provoquée par la mauvaise gestion des hommes de l’Etat. Cf nos éditos précédents. (Mais y-a-t-il, dans l’histoire contemporaine au moins, des exemples convaincants de bonne gestion de ces hommes-là ?). Ils en sont entièrement responsables, soit comme acteurs (de la politique monétaire, du logement social…), soit comme contrôleurs (du système financiers, des organismes faisant appel à l’épargne publique…). Y compris pour les scandales Kerdrel ou Madoff…

2) Les pertes consécutives à cette catastrophe sont réelles et non pas virtuelles. Demandez donc aux actionnaires de Fortis et de toutes les sociétés cotées en bourse ! Elles s’analysent comme une destruction d’actifs, qui se répercute à l’ensemble des épargnants, ou presque, puis à l’ensemble de la production, puis à l’ensemble de l’économie…

3) La réaction normale, et saine, quand l’épargne est lessivée par un tel raz de marée, et de reconstituer la dite épargne, et donc de restreindre sa consommation. C’est ce que font spontanément l’ensemble des agents économiques, ménages et entreprises.

4) Mais l’Etat prétend faire exactement le contraire, et soutient que c’est vertu, en s’appuyant sur des théories économiques fumeuses et funestes, même si elles ont eu leur heure de gloire et même si elles sont encore enseignées à l’ENA. M. Keynes était un bon spéculateur, mais pas un grand économiste…  Il a contribué à mettre, nos économies sur le chemin de la servitude, selon l’expression d’Hayek…

Mais pour financer ce qu’ils appellent « la relance », il ne font rien d’autre que nous dépouiller, nous et nos enfants !

Car l’argent qu’ils dépensent vient soit de nos impôts soit de notre épargne. 

(2050 signes)

 

 

 

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Plans de relance. Nouveau consensus de la pensée unique.

Posted by alaindumait sur 07/01/2009

pucrsCette semaine, comme l’Allemagne vient d’annoncer un nouveau « plan de relance », comme le Président élu Obama met la dernière main au sien, la classe parlante française, en tête de laquelle les prétendus journalistes « économiques », se demande s’il ne conviendrait pas d’augmenter les doses du plan français… Même Nicolas Sarkozy en rajoute une couche, pour les banques.

Le constat est facile à faire : à ce jour aucun plan de relance ne semble avoir convaincu ni les marchés ni les opinions publiques que la croissance allait revenir, sous l’effet de ces remèdes.

Ces observateurs, inspirés par la pensée unique (socialiste, dirigiste et réglementariste) ne doutent pas un seul instant ni de l’analyse ni de l’ordonnance. Ils proposent de jouer sur les quantités…

Mais ils sont dans le rêve. La destruction de richesses due à la crise est une réalité, et non pas virtuelle. Un tel sinistre a des conséquences qu’il est impossible d’effacer. Moins d’actifs immobiliers, financiers, bancaires, industriels, cela veut dire moins de production, moins d’emplois, moi de revenus.

La confiance est partie au galop. La destruction d’actifs a suivi. La confiance ne reviendra qu’au pas. Et la reprise économique aussi.

Il y a un point commun entre la situation précédente et celle de 1973, résultant du quintuplement du prix du pétrole brut : dans les deux cas les politiciens ont essayé de faire croire aux Français qu’ils disposaient de moyens secrets et de techniques magiques pour permettre de passer ce mauvais moment. Georges Pompidou, avant de mourir, conseillait à son gouvernement de « ne pas inquiéter les Français ».

De là à les endormir, à leur mentir, il n’y a qu’un pas, vite et souvent franchi. Cela évite à beaucoup de regarder la vérité en face…

La vérité est que le gouvernement n’a à sa disposition que les moyens qu’il va puiser dans les poches des contribuables, ceux d’aujourd’hui ou ceux de demain, sous la forme d’augmentations des impôts ou de la dette, qui n’est jamais que des impôts que paieront nos enfants.

Et le gouvernement n’a aucun autre moyen à sa disposition. On nous parle de concours par « caution », mais une caution est un engagement, hypothétique certes, mais qui peut coûter fort cher, qu’il soit ou non au bilan de celui qui la donne.

On nous parle de crédits engagés « par avance ». Tant mieux pour les bénéficiaires, qui sont en général des entreprises qui ont des créance sur l’Eat-mauvais-payeur. Mais pour financer en trésorerie ces pseudo avances, l’Etat impécunieux doit emprunter, en France ou à l’étranger, ce qui augmente la dette, et assèche en outre l’épargne disponible.

Toute la question est donc de savoir si les ressources mobilisées sous forme de nouvelles dépenses engagées par le gouvernement au titre de ses plans de relance seront mieux allouées, du point de vue de la reprise, qu’elles ne l’auraient été par ceux qui se sont vus prendre ces ressources. Comme toujours il y a « ce qu’on voit » (ce sur quoi le gouvernement communique), et « ce qui ne se voit pas » (qui manquera à celui que Frédéric Bastiat appelait Jacques Bonhomme).

Non pas que les banques, l’automobile, le bâtiment ne doivent pas faire l’objet de plans de réformes et de développement, avec appel éventuellement à de nouveaux capitaux propres, issus de l’épargne générale, d’une façon ou d’une autre. Mais, dans une économie libre, cela doit se faire pas appel direct à l’épargne. On dira que, dans ces conditions, l’épargne ne s’engagerait peut-être pas. Ce serait alors un moment de vérité.

Sans une telle épreuve, on est fondé à soupçonner que l’argent public est engagé dans des entreprises hasardeuses.

Or il ne faut jamais s’obstiner à vouloir combler les trous sans fonds. L’argent qu’on y met manquera cruellement, quand le temps de la reconstruction sera venu.

Je crains que le relance ne fasse qu’ajouter du temps à la crise…

(3900 signes)

 

 

 

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Le mot en question : la relance, oui, mais laquelle ?

Posted by alaindumait sur 05/01/2009

Quand la croissance économique est en berne, et, de ce fait, les perspectives de chômage en forte hausse, au point de faire craindre des émeutes sociales, comme c’est le cas en ce mois de janvier 2009, que peuvent donc faire les pouvoirs publics ?

Nous ne sommes plus dans les années 30. Les Etats étaient beaucoup moins endettés que maintenant. Ils avaient la maîtrise directe de leurs monnaies. La mondialisation des marchés –et leurs interconnexions – n’était pas ce qu’elle est devenue… Et si, en 2008, tout a commencé comme en 1929, par une crise bancaire, générée par une bulle des encours des crédits, c’était dans un contexte de surproduction industrielle généralisée, alors que nous serions plutôt, en 2009, dans une situation de surconsommation. Bref, s’il faut apprendre du passé, attention à ne pas bégayer…

Puisque le système bancaire est en panne, qu’il ne cherche plus à placer ses crédits à n’importe qui (ce dont il faut se réjouir), il est normal, et sain, que les agents économiques reconstituent leur épargne, pour investir à nouveau ensuite. L’Etat serait bien inspiré d’en faire autant : en réduisant ses dépenses plutôt qu’en les augmentant.

On me dira : « mais ça va faire baisser la consommation ! ». C’est vrai. Mais soutenir la consommation par de nouvelles dépenses publiques n’est pas une bonne solution. Ce sont des ressources largement gaspillées. Et il vaut mieux une chute de courte durée de la consommation, et donc du PIB, qu’une langueur économique qui s’éterniserait (comme dans les années 30).

Dans une telle période, ce qui marche, c’est la baisse des prix ! (cf les soldes). S’il veut aller dans ce sens, le gouvernement peut faire beaucoup : en baissant les impôts et les taxes ! Cette politique semble d’ailleurs être celle de la nouvelle équipe Obama !…

 (1800 signes)

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La question du jour : le capitalisme est-il cruel ?

Posted by alaindumait sur 04/01/2009

Les libéraux désapprouvent toute aide publique – sous forme de participation, de subvention ou de prêts bonifiés – à quelque entreprise que ce soit. Ils ont désapprouvé le sauvetage des banques aux Etats-Unis , puis en Europe. Ils ont refusé, au Congrès américain, de voter le plan Paulson, première et deuxième version, ils ne sont pas d’accord avec les prêts qui commencent à arroser l’industrie automobile.

En France, ce point de vue paraît radical, et même incongru. Mais aux Etats-Unis, dans l’opinion, il fait jeu égal avec le point de vue opposé et dirigiste (cf http://www.cato-at-liberty.org/).

Il peut paraître cruel : si l’on ne fait rien pour sauver ici l’ex-Régie Renault, le groupe privé Peugeot, là-bas GM, Ford et Chrysler, comme hier les banques (y compris les plus grandes, les plus anciennes, celles qui se disaient les plus solides…), ne va-t-on pas détruire de la richesse, casser des actifs, mettre des dizaines de milliers de salariés au chômage et des milliers de fournisseurs et sous-traitants en grande difficulté ? Ne serait-ce pas un affreux gâchis ?

C’est certain. Encore faut-il relativiser. Une trentaine de banques ont déposé le bilan aux Etats-Unis sans que les déposants aient perdu un dollar : avec la garantie du Trésor américain, d’autres établissements se sont immédiatement substitués à leurs collègues défaillants. Et ce n’est pas parce qu’on se déclare en cessation des paiements qu’on est forcément liquidé. Une reprise est toujours possible. Elle est même souvent souhaitable, avec de nouveaux actionnaires, de nouveaux capitaux et de nouveaux projets. Quant aux salariés, au-delà de l’assurance chômage qui les couvre, et pour laquelle ils ont chèrement payé, ce qui compte c’est de retrouver du boulot rapidement et non pas dix ans plus tard. Car tout un chacun préférera une crise peut être violente mais brève, à une crise qui durerait de longues années (comme celle dite de 1929) . C’est d’ailleurs sans doute le propre de toutes ces interventions publiques intempestives de prolonger la durée de la crise, sous prétexte de l’adoucir…

Sur le long terme les régimes les plus cruels sont toujours les moins libéraux : cf URSS vs. pays capitalistes.

Cette destruction de richesses est énorme, et évidemment fort triste. Mais c’est un fait. Elle s’élève d’ors et déjà à des milliers de milliards de dollars et nul politicien n’est en mesure, avec une baguette magique, de les faire réapparaître.

La relance par l’intervention publique est un mythe. Elle revient toujours à capter des ressources, pour en faire un certain usage, toujours moins efficace quand la puissance publique est opératrice, que lorsque ce sont des individus-entrepreneurs qui le sont.

La seule relance efficace possible est celle qui consiste à baisser les impôts et les taxes, y compris la dette publique, mais c’est le chemin exactement inverse qui est suivi…

Il n’est pas contestable que le système capitaliste est d’autant plus efficace qu’il respecte les lois du libéralisme. Les Etats-Unis ne sont pas toujours un modèle de libéralisme, mais comme, en moyenne, ils le sont un peu plus que les autres, sur le long terme, leur croissance économique est supérieure à celle de tout autre pays industrialisé (cf. statistiques de l’OCDE, période 1820-1992). Et, à l’inverse, les pays dirigistes, hier communistes, aujourd’hui socialistes, interventionnistes et réglementaristes, sont tous à la traîne dans ces statistiques incontestables.

Face à la crise, deux solutions sont donc possibles : réduire la voilure de la sphère publique, mais ce n’est pas la voie que s’apprêtent à prendre la plupart des pays touchés. A l’exception notable du Canada, et, partiellement, de la Grande Bretagne et de l’Allemagne… Ou bien ne rien faire, et attendre que passe l’orage, ce qui ne serait pas brillant, mais fort sage !…

Il y a un autre argument pour ne pas « sauver » les entreprises en difficulté. Il est d’ordre moral. Car toutes les entreprises, petites ou grandes, doivent être logées à la même enseigne. Il n’est pas juste de « sauver » certaines et pas d’autres, celles qui appartiennent à l’establishment et pas les autres…

C’est l’argument le plus fort. Car l’efficacité du capitalisme est corrélée à la stabilité et à la moralité des règles de droit. Faire des exceptions pour les banques, pour l’automobile…affaiblit le capitalisme tout entier.

Les pays qui, au nom du soi-disant pragmatisme, feront des « exceptions » s’en sortiront moins bien que les autres.

(4500 signes)

 

 

 

 

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Sauver les entreprises. Sans l’argent des contribuables !

Posted by alaindumait sur 03/01/2009

Nous serions, ce jour (samedi 3 janvier au matin) quelques 6 750 830 175 habitants sur notre pauvre petite planète (source : <wwww.populationmondiale.com>). C’est beaucoup. Et tous, ou presque, sommes concernés par cette crise économique, sans doute la plus forte jamais enregistrée sur l’échelle de Richter des économistes, depuis que ceux-ci observent les taux de croissance et les produits intérieurs bruts.

Nombreux sont ceux que l’angoisse étreint, pour eux ou leurs enfants, parce qu’ils devinent qu’au cours des prochaines semaines le chômage va faire des ravages, les dépôts de bilan se multiplier, avec leurs inévitables cortèges de détresses…

Après la crise financière et économique, la crise sociale est aux aguets, avec ses risques de violences…

Les politiciens aussi ont peur. Que peuvent-ils faire ? Que doivent-ils faire (ou ne pas faire) ?

On est tout d’abord en droit d’attendre d’eux un peu de lucidité et d’honnêteté dans l’analyse de la situation. Ce qui les conduirait à reconnaître leur part de responsabilités, qui, selon nous, est immense.

Ne l’oublions pas : les « subprime » (ces crédits pourris, « fourgués » à des impécunieux, qui n’auraient pu rembourser leurs prêts qu’à la condition que la bulle immobilière enfle indéfiniment), ce sont eux ! Les sautes d’humeur des taux d’intérêt et des politiques monétaires, ce sont eux ! Les monopoles des instituts d’émission, ce sont eux ! la bulle du crédit, ce sont eux ! La réglementation des banques et leurs contrôles (évidemment défaillants), ce sont eux ! Le capitalisme où le crédit a remplacé les capitaux propres, ce sont eux ! le capitalisme sans capitalistes, remplacés par des managers technocrates et souvent autoproclamés, ce sont eux !

Non pas que le capitalisme et les capitalistes aient toutes les vertus, loin s’en faut. Mais même les dérives si souvent décriées, en particulier ces derniers temps, comme ces « parachutes dorés », ou les dépenses somptuaires d’entreprises dans l’antichambre de la faillite, ne sont que des perversions rendues possibles le plus souvent par l’existence de ce faux capitalisme managérial, qui est l’inverse du vrai capitalisme.

Quant aux deux scandales emblématiques de l’année 2008, les affaires Kerviel en France et Madoff à New York, les questions qu’ils posent concernent moins les escrocs en question que l’inefficacité des contrôles. Comme l’a fort bien dit Dominique Strauss Kahn – c’est d’ailleurs la seule parole intelligente de ce personnage… – « il y aura toujours des voleurs, mais que fait la police ? »

Une grande banque française, dirigée par un ex-haut fonctionnaire suffisant, laissait un jeune homme spéculer dans son coin avec l’argent des actionnaires, dans des opérations que personne ne comprenait à l’étage de la direction générale. Est-ce du capitalisme pur et  dur, ou du capitalisme dévoyé par l’environnement politique ?

Un gérant de fonds promettait des performances déraisonnables. Ceux qui lui ont apporté leur argent spontanément sont des gogos. Et les banquiers qui lui ont confié l’argent d’épargnants sont des salauds. Il serait temps d’enseigner, dès l’enfance, qu’avoir du bien constitue une lourde responsabilité.

De toutes ces observations une politique diamétralement opposée à celle mise en place découle logiquement.

L’épargne, transformée  en fonds propres pour les entreprises, peut seule remplacer le crédit excessif d’avant la crise. Les pouvoirs publics peuvent réduire les taxes sur l’épargne et encourager le financement direct des entreprises par une partie des épargnants : ceux qui sont prêts à le faire. Le plus tôt sera le mieux. C’est par l’épargne que l’économie repartira, y compris les pauvres banques, avec leurs bilans en charpie…

On a parlé – à juste titre – de la bulle Internet, puis de la celle de l’immobilier, celle du crédit, celle des pétrodollars… Mais la bulle la plus néfaste est de loin celle de la sphère publique, qui stérilise, ou presque, plus de la moitié de la richesse d’un pays comme la France. La crise en découle, par le biais de dérèglements, presque tous issus de cette funeste emprise.

Les pouvoirs publics ne doivent surtout pas ajouter des impôts aux impôts, de la dette publique à la dette publique, mais au contraire réduire son budget et son inepte déficit.

Dans ces conditions faut-il « aider » les entreprises en difficulté, hier les banques, aujourd’hui l’automobile et demain toutes les autres ? Bien sûr que non !

Cela peut paraître cruel. Mais prendre au peuple ou à nos enfants l’est davantage encore. Montesquieu le disait déjà, «  Il ne faut point prendre au peuple sur ses besoins réels pour des besoins imaginaires de l’État  ». Car on sait très bien que ni General Motors ni Renault ne seront sauvés par les milliards qui leur seront prêtés en pure perte, mais qu’ils ne peuvent l’être que par de nouveaux entrepreneurs, de nouveaux capitalistes, avec de l’argent qui ne peut venir que des endroits où il se trouve, c’est à dire c’est à dire des pays qui ont eu la sagesse d’épargner, pendant que nous vivions à crédit.

Et que ceux qui veulent sauver les entreprises le fasse, volontairement ! Je propose le lancement d’un grand emprunt. Mais SGDG, sans garantie du gouvernement !

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