Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Après la crise financière et la crise économique : demain la crise monétaire ?

Posted by alaindumait sur 16/01/2009

la Crise, quelle crise ?

la Crise, quelle crise ?

La seule façon « d’aider » les entreprises à passer le cap de la crise, ou « d’inciter » les ménages à consommer davantage, est de baisser les impôts et les taxes, ce qui redonne immédiatement du pouvoir d’achat aux uns et des marges de manœuvre aux autres. Alors que les aides « ciblées » sont par définition inégales et injustes.

Une telle baisse des prélèvements publics peut être d’autant plus importante que la situation financière de l’Etat considéré est solide, à savoir qu’il est le moins endetté possible. Au contraire, si un tel Etat aborde la crise avec une situation d’endettement à la limite de ses possibilités, il ne pourra pas faire grand chose, sauf à transformer ses déficits en gouffres. Et c’est exactement la situation où se trouve l’Etat français : il n’a pas voulu assainir son bilan depuis plus de trente ans (comme le réclament les Contribuables Associés depuis plus de quinze ans !… ) ; il a préféré accumuler les déficits sans autre raison que l’entretien d’une sphère publique hypertrophiée ; il s’est comporté comme la cigale de la fable ; et maintenant il ne peut plus faire ce qui serait devenu opportun de faire, à savoir du déficit public, par la baisse des impôts !

Le gouvernement – celui-ci comme ses prédécesseurs – s’étant, par imprévoyance, laxisme ou démagogie, privé de la disposition de cette arme anti-crise (la relance par la baisse des impôts), il ne lui reste que deux solutions : ne rien faire, ou en faire trop, par rapport à des marges de manœuvre insignifiantes, et prendre le risque de mettre en cause le crédit de la signature de l’Etat français.

Ne rien faire serait peut-être dans la nature de certains ministres, voire du Premier, et ce serait sagesse… Mais ce n’est pas exactement l’image que le président Sarkozy veut donner de lui. Il y a donc aujourd’hui un risque plus important encore que la crise financière et économique, c’est celui de la banqueroute de l’Etat français.

Déjà, à travers le monde, une vingtaine de pays se sont déclarés incapables de rembourser leurs dettes en faisant face à leurs échéances. Au sein de la zone euro elle-même, des pays comme la Grèce, l’Espagne et l’Italie ne trouvent à emprunter qu’en promettant une prime, qui donne à penser que la monnaie européenne n’est pas si solide que ça, et que les fantaisies budgétaires de certains Etats (dont la France), ajoutées aux déficits structurels des balances commerciales (comme celui de la France) pourraient avoir bientôt raison de cette construction artificielle et 100% technocratique qui s’appelle l’Euro.

(2500 signes)


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5 Réponses to “Après la crise financière et la crise économique : demain la crise monétaire ?”

  1. Dominique M said

    Bravo! Je partage votre analyse et vos recommandations. Bonjour!
    « Je ne vous trahirai pas »,  » Je ne vous décevrai pas ».
    C’était la promesse du candidat Sarkozy.
    Depuis le 6 juin 2007, qu’y a t’il de concret? Pas grand-chose.
    Les discours et gesticulations n’ont rien changé aux faits.
    Une minorité continue de bloquer les réformes pour préserver ses avantages corporatistes et personne n’ose leur demander simplement de respecter la démocratie.
    Le Parlement discute des jours et des jours, vote des textes dont la plupart n’est pas appliquée.
    La suppression de la publicité dans les médias de service public est discutée au Parlement alors qu’une simple décision du conseil d’administration l’a déjà appliquée…
    Et est-ce que l’ouverture politique se fera jusqu’à la LCR avant qu’elle ne se fasse aux Réformateurs?
    Les déficits augmentent et les prélèvements aussi.
    Quant à la capacité de l’État à réguler le capitalisme financier, on voit mal comment il peut y tendre, incapable de se réformer lui-même, incapable de maîtriser ses dépenses, de se faire obéir des administrations et de tenir ses engagements!
    Le moment est venu pour tous les citoyens contribuables et consommateurs de se décider à agir. En commençant par manifester leur ras le bol et en refusant de se voir dicter un comportement qui ne conduit qu’à faire perdurer une situation qui porte préjudice à la majorité. Exigeons tous ensemble:
    1. L’arrêt immédiat des subventions publiques aux associations, aux syndicats et organisations corporatistes,
    2. La réforme RÉELLE de la dépense publique, en commençant par la baisse des prélèvements obligatoires,
    3. L’ouverture à la concurrence de toutes les entreprises commerciales ayant mission de service public.
    Et consommons responsables car nos choix sont autant de votes!
    Cordialement,
    DM

  2. JP Lucas said

    Vous devriez oublier Keynes. Nous savons maintenant parfaitement que la relance par la consommation est la fausse bonne solution et qui plus est coûteuse. Contrairement à ce que l’on peut entendre ou lire dans tous les médias la relance passe par l’épargne, l’investissement et une baisse significative des dépenses de l’Etat puis des prélèvements fiscaux. Il convient notamment de faire la chasse aux subventions indues de toute nature et particulièrement celles visant à relancer la consommation qui n’auront aucun effet réel et aucune contre partie si ce n’est celui d’augmenter notre dette…
    Je suis consterné de constater que vous commencez votre article avec cette même rangaine Keynesienne chère aux hommes de gauche et à la bien pensance. Il y a encore des progrès à faire…!
    Désolé
    JPL

  3. Philippe B. said

    Pourquoi faut-il toujours qu’au sein d’une analyse intelligente, il y ait des remarques bêtes et infondées comme « cette construction artificielle et 100% technocratique qui s’appelle l’Euro ».

    L’euro a plein d’avantages, des inconvénients, mais adopter un point de vue manichéen comme cela c’est simplement idiot.

  4. raynal guy said

    J’ai vu il y a quelques jours sur FR3 l’interview d’un élu d’une ville du sud-est qui se lamentait sur le fait qu’une entreprise qui devait s’installer avait préféré les cieux moins coûteux de l’Italie, et qui pleurait sur les millions de taxes professionnelles que sa commune ne toucherait pas.
    N’en déplaise à tous nos élus, qu’ils soient nationaux ou locaux, mais si un entrepreneur décide de prendre le risque de créer une entreprise et d’embaucher des salariés c’est d’abord pour gagner de l’argent pour lui, pas pour engraisser les caisses sans fond de l’Etat.
    Le jour où nos élus comprendront cela, je pense qu’un grand pas sera fait.
    En attendant, je crie haut et fort : HALTE A LA DICTATURE DE BERCY.

  5. Jacques Peter said

    D’accord avec vous.
    Mais entre « ne rien faire » et « en faire trop », il y a je crois une troisième réaction possible qui est de réduire enfin la dépense publique. C’est le moment où jamais d’expliquer qu’il faut couper dans les dépenses, réduire l’Etat drastiquement, pour pouvoir baisser les imôts et ainsi redonner de la compétitivité aux entreprises. Ce serait la manière vertueuse et efficace de réagir à cette crise.

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