Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Plan Geithner. Un grand pas … vers l’abîme !

Posted by alaindumait sur 11/02/2009

7de937cc-1784-11de-81cc-8fcd1d75d8b2L’activité économique est en sommeil. Les investissements son en berne. Le commerce international est “à la cape”. Les cours du fret s’effondrent. Le prix des transports par bateau entre l’Asie et l’Europe, par exemple, ont été divisés par dix !

Tous les agents économiques se serrent la ceinture, soit par nécessité, soit pour se constituer ou se reconstituer une épargne de précaution. Et c’est vertu !

Par exception, les Etats estiment devoir dépenser à tout va. Nos revenus (via les impôts) et notre épargne (via leurs dettes). Au nom de théories économiques funestes et désuètes.

Est-ce judicieux ? Les individus, les épargnants, les contribuables et les citoyens pensent que non. Les économistes stipendiés, les hommes des Etats et de l’establishment, suivis par les médias pensent que oui.

Cherchez l’erreur… Telle est brièvement résumée la situation économique présente.

Hier soir, le nouveau secrétaire d’Etat américain au Trésor, Timothy Geithner, présentait donc son nouveau plan de soutien américain aux banques. Un ensemble de quelque 2000 milliards de dollars. Ce qui peut paraître une somme gigantesque, quasiment l’équivalent au PIB français, mais ce qui ne représente qu’une petite fraction de la destruction de richesses entraînée par la crise. Toujours est-il que les marchés, dont les indices sont la résultante de dizaines de millions d’opérations privées – ont aussitôt réagis par une nouvelle baisse. C’est la traduction en langage simple d’un non au plan Geithner.

Un  des opérateurs de ce marché a même déclaré, sur Fox News : « ce plan équivaut à donner de l’alcool à un alcoolique ! » (Michael Lewitt, Hegemony Capital). En effet, si l’on veut bien convenir que la crise économique résulte d’un excès d’endettement, toute politique aboutissant à l’accroître encore est proprement suicidaire. D’autant que si le crédit est en panne, ce n’est pas tant par défaut de l’offre, mais bien plutôt par disparition de la demande…

On voit bien l’intérêt du sauvetage des banques pour celles-ci elles-mêmes, leurs dirigeants, leurs actionnaires (ou ce qu’il en reste…) et l’establishment, dont les premiers sont tous issus. On aimerait bien, par compassion, leur être agréable, mais pas à n’importe quel prix ! Pas au prix de la faillite des Etats, qui sont nos débiteurs, et qui ne pourraient alors nous rembourser qu’en monnaie dévaluée.

Car tel est le risque que le plan Geithner, et tous les autres, font courir aux Etats.

Partout, les systèmes bancaires sont, de fait, quasiment nationalisés. Leurs dettes doivent être comptabilisés comme des dettes des Etats, à partir du moment où ceux-ci les garantissent. L’accroissement de ces montagnes de dettes a pour limite l’acceptation des dites créances par le marché, représentant de l’épargne. Plusieurs Etats sont déjà en dépôt de bilan. Tous courent ce risque. Y compris l’impériale Amérique.

Bokassa était-il un grand économiste ?

La solution à la crise ne peut pas consister à faire, en plus grand, les mêmes bêtises que précédemment. Sauf à considérer que le meilleur économiste du monde s’appelait Jean-Bedel Bokassa, qui disait, en prenant le pouvoir, le 1er janvier 1966 : « nous étions au bord du gouffre et nous venons de faire un grand pas en avant »…

Sauver les banques (ou l’industrie automobile), qui sont d’abord victimes de leur propre surproduction, en les dispensant des efforts de transformation qu’exige la situation, ce n’est pas les sauver, mais bien plutôt perdre avec eux les épargnants, auxquels on va prendre ces milliards au fond de leurs poches, tout en leur donnant à croire que ça ne coûte rien à personne ! Sauf à croire qu’on a sauvé la sidérurgie française et le crédit Lyonnais. On a bien eu le prix de la chose, mais pas la chose…

Pourtant une autre politique est possible, c’est celle des réformes, avec pour objectif le renforcement de la productivité de l’économie française. Il suffirait de reprendre les huit propositions des Contribuables Associés pour les dernières élections présidentielles. (<http://www.kantikali.com/contribuables/>

On me dira : « il n’est pas question des banques ? » Mais pensez-vous que ce sont elles, avec les mêmes dirigeants qu’hier, qui vont conduire le redressement ?

On me dira : « il n’y a rien sur la monnaie, les banques centrales ? » Et pourquoi la production de la monnaie serait-elle encore longtemps le dernier refuge du dirigisme et de la production monopolistique ?

On me dira : « et le FMI, le G8, le G20, les organisations internationales, n’ont-elles aucun role à jouer ? » Et je répondrai : « le slogan selon lequel à une crise mondiale il faut une réponse mondiale est le plus faux qui soit. Ce n’est pas parce que tout l’océan est déchaîné que la réponse n’appartient pas à chaque marin. La mondialisation n’a pas besoin d’organisations mondialistes, et encore moins d’un état de droit mondial » ((comme Sarkozy le croit). La solution à la crise n’est ni nationale, ni mondialiste, elle est individuelle. Et donc morale… »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :