Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

G20. L’hérésie des plans de relance

Posted by alaindumait sur 31/03/2009

artoff1384-249x250L’idée même d’un plan de relance, pour faire face à la crise économique, est une absurdité.

En effet, quelle que soit l’opinion que l’on a sur les causes du phénomène, chacun convient que les résultats s’analysent comme une fantastique destruction de richesses, constitutives de l’essentiel de l’épargne du monde.

Selon qu’un épargnant à mis son argent chez Madoff, à la bourse, en obligations, en œuvres d’art, dans l’immobilier ou à la caisse d’épargne, il aura perdu entre 0% et 100%. Admettons que la perte moyenne est de l’ordre de 50%.

Tous les économistes, même M. Keynes, nous enseignent qu’il y a toujours une relation entre la consommation et l’épargne. D’une personne à l’autre cette relation, ou propension, peut varier beaucoup. Mais en moyenne elle est assez constante. De l’ordre de 15% en France, soit 2 mois de revenus sur 12. Et la propension marginale est supérieure à la propension moyenne, sans doute le double.

Quand on assiste à une destruction massive d’épargne, pour quelque raison que ce soit, la réaction naturelle et universelle est de moins consommer pour reconstituer tout ou partie de l’épargne perdue. Pour ce faire le taux marginal augmente.

Et c’est très exactement ce qui se passe.

Convient-il de contrarier, par des plans de relance notamment, cette tendance ? Surtout pas ! Car ces plans s’analysent comme des prélèvements sur l’épargne encore disponible, et sont de nature à retarder la sortie de crise, qui ne se produira que lorsqu’une épargne de précaution suffisante aura été reconstituée par les agents.

On objectera que si on laissait faire les choses ainsi, la crise serait  encore plus douloureuse. C’est probable. Mais elle serait aussi beaucoup plus courte. Et, pour les ménages comme pour les entreprises, il est beaucoup plus supportable de se serrer la ceinture pendant trois mois, que de se traîner de langueur pendant 10 ans (durée moyenne de la crise dite « de 29 »)

S’agissant d’un grippe ou d’un rhume de bons médecins disent qu’avec des antibiotiques, ça dure 8 jours, et que sans rien faire ça dure une semaine !

Pour la crise, c’est à la fois pareil et différent. Sans rien faire ça durerait 3 mois (le temps de reconstituer un complément d’épargne). Avec les plans de relance nous en avons pour 10 ans !…

Citation du jour : « L’intérêt particulier, abandonné à lui-même, produira toujours plus sûrement le bien général que les opérations du gouvernement, toujours fautives, et nécessairement dirigées par une théorie vague et incertaine » (Turgot).

 

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