Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Archive for avril 2009

Le New Deal : un bon exemple … à ne pas suivre !

Posted by alaindumait sur 29/04/2009

Le professeur Florin Aftalion a étudié la période dite du New Deal aux Etats-Unis. Sa conclusion : loin de guérir l’Amérique, elle a prolongé la crise…

in Institut Turgot

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Les contribuables n’ont pas à payer l’addition !

Posted by alaindumait sur 27/04/2009

boutonOn sait que le respect d’un état de droit est finalement le facteur essentiel de la prospérité d’un pays.

Les lois et les règles qui constituent cet état peuvent bien être différentes d’un pays à l’autre, elles doivent toujours respecter certains principes, de justice, de responsablitié, de transparence et de stabilité.

C’est cet état qui favorise l’entreprise et l’innovation, et donc les investissements, humains en premier lieu, d’où un certain niveau de vie découle.

Toute initiative qui déroge à cet état de droit, qui l’entache ou le contourne, se retourne toujours contre le système économique général.

En ce sens, la présente crise économique est avant tout une crise morale. Nous payons toutes sortes d’errements dont les plus graves et les plus anciens sont d’ordre monétaire, au sens large, y compris le laxisme des crédits bancaires.

Les crises régulières (« cycliques ») ne sont rien d’autre que l’éclatement de bulles, alimentées par le crédit trop facile, crises à chaque fois de plus en plus graves, dont on sort avec les taux de croissance de plus en plus faibles…

Contrairement à la bulle dite «Internet », ou de la précédente dite « immobilière », la note de celle-ci, dite des « subprimes », est pour l’instant payée principalement par les contribuables,  qui n’ont en rien, en tant que tels, participé à la fête. On leur fait payer la note d’une « party » à laquelle ils n’ont jamais été invités…

Et cela est scandaleux !

Dans un état de droit, les règles doivent s’appliquer. Une entreprise qui ne peut plus faire ses échéances va se déclarer en cessation des paiements au greffe du Tribunal de commerce dont elle dépend. L’en dispenser est une faute contre l’état de droit.

Les dirigeants des entreprises défaillantes, quelles qu’elles soient et qui que ce soit, doivent être virés et remplacés. Même si c’est individuellement injuste. Depuis quand hisse-t-on sur le pavois les généraux défaits ? 

La citation du jour : « Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. » (Denis Diderot). 

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Etes-vous plutôt « déflationniste » ou bien « hyper inflationniste » ?

Posted by alaindumait sur 24/04/2009

 

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Un débat fait rage au sein des cercles libéraux : va-t-on plutôt vers une longue période de déflation, ou bien va-t-on voir venir bientôt une période d’hyper-inflation ?

Rappelons tout d’abord le sens commun de ces termes.

La déflation se caractérise par une baisse de l’indice des prix, constatée sur une période longue.

Le mot fait peur, peut-être davantage que celui d’inflation. Car il est associé à la crise de 1929 et plus près de nous, à la situation du Japon depuis 15 ans.

Pourtant, au cours de la période de 1873 à 1896, l’ensemble des pays développés a connu à la fois un taux de croissance élevé et une situation de déflation.

Pour une accusation de la déflation, reportez-vous … à votre journal habituel… Pour une défense de la déflation , lire l’article de Vincent Bénard sur le site de l’Institut Turgot et aussi, sur le blog de Bernard Martoïa

On remarquera que la période de déflation positive de la fin du XIXe siècle s’expliquait par une explosion du progrès techniques et des gains de productivité, favorisés, déjà, par une remarquable mondialisation. En régime d’étalon or, les monnaies n’étaient pas manipulées. La masse monétaire était stable. L’épargne était respectée et encouragée. C’était l’age d’or du capitalisme…

Les déflations négatives du XXe siècle sont tout autre chose. Dans ces périodes-là, les prix baissent car la consommation se retire, les ménages préférant épargner par précaution, plutôt que de prendre le risque de se retrouver démunis.

Actuellement, on peut parler de déflation sous-jacente. L’indice général des prix serait déjà clairement orienté à la baisse, si la part des prix administrés et des services publics dans l’indice des prix ne faisait pas contrepoids à la part des prix libres, qui sont en baisse. En somme, si nous ne sommes pas en déflation, nous le devons à ce cher Etat-providence, qui, décidément, ne sera jamais assez remercié pour tous ses bienfaits.

J’en profite pour m’excuser, puisque c’est la mode, pour tout le mal qu’il m’est arrivé d’en dire. J’en demande pardon.

Mais à qui vais-je demandé pardon ? Au chef de l’Etat ? Je viserai bien plus haut, mais le bon dieu n’y est pour rien…

Dans le même temps, l’ensemble des gouvernements – disons le G20, pour faire court, à moins que vous ne préfériez « le gouvernement mondial »… – fait tout ce qu’il peut pour remettre en route la machine à fabriquer de la fausse monnaie, car il a peur de la mauvaise déflation.

Pour l’instant, ses efforts sont sans grande portée pratique. Malgré des taux d’intérêt très bas, les banques, qui ont perdu leurs fonds propres, ne se bousculent pas aux guichets des banques centrales. Quant aux crédits bancaires, qui s’appuient sur des réserves « fractionnelles » – c’est-à-dire sur très peu de fonds propres – ils sont en berne, non pas que les banques les restreignent, mais plutôt parce que les clients ne viennent plus en demander. L’ensemble des banques et établissements financiers, avant la crise prêtaient jusqu’à 50 fois leurs fonds propres. Ceux-ci ont fondu comme neige au soleil. Ils voudraient bien continuer, ou recommencer, mais la demande n’est plus là…

Pendant la déflation, le spectre de l’hyper-inflation hante néanmoins beaucoup d’esprits. Pourquoi ?

Parce qu’on ne peut pas exclure que les politiques de volontarisme monétaire aboutissent à une certaine reprise. On en parle… Que les banques reviennent aux guichets des banques centrales et se remettent à prêter à tout va. Compte tenu des politiques anti-cycliques brutales mises en œuvre, l’inflation peut repartir. Le risque des taux d’intérêt très bas, c’est qu’ils soient un jour efficaces, et que les banques commerciales viennent se gaver de monnaie à bon marché.

Comment les banques centrales réagiront-elles à cette nouvelle exubérance ? en augmentant leurs taux, qu’elles ont si fortement baissés jusqu’à présent ?…

Et quelle sera la conséquence de cette inévitable remontée des taux à court terme administrés par les banques centrales – qui ne peuvent pas toujours être à zéro ? Une perte de valeur du principal instrument des placements internationaux que sont les bons du trésor américains. Car quand les taux baissent, la valeur de ces bons/obligations monte. Mais quand ils baissent, leur valeur de marché baisse. Et comme nous sommes sur une montagne de ces bons/obligations, le retournement en question fera éclater la bulle en formation des emprunts d’Etat, partout dans le monde. L’épargne – à commencer par celle des Chinois – essaiera de sauver les meubles. Une panique s’ensuivra sans doute. Et l’on passera d’un risque d’inflation à un risque d’hyper-inflation, dont le facteur déclenchant sera le retournement inévitable des taux d’intérêt à court terme, administrés par les banques centrales.

Les partisans de la thèse de l’hyper-inflation, disent, me semble-t-il :

– Nous ne sortirons de la déflation (si nous en sortons) que par une certaine inflation. La maîtrise de celle-ci passe par une remontée des taux d’intérêt sur les concours des banques centrales. Ce changement de pied sera ravageur pour les investisseurs en emprunts d’Etat. Il en résultera une nouvelle panique, et ce sera l’hyper-inflation, comme dans l’Allemagne de Weimar, ou le Zimbabwe de Mugabe, l’hyper inflation n’étant jamais qu’une inflation transformée en tempête par la panique des épargnants…

Je ne méconnais pas que les partisans de cette thèse y voient l’avantage d’une mise au tapis, peut-être définitive, de l’économie mixte et de sa composante publique.

Mais je crois que cette thèse, sans être certaine, doit être prise en considération : la seule façon de l’infirmer serait de reconnaître l’origine monétaire et réglementaire de la présente crise. Et de reconstruire le financement de l’économie sur autre chose qu’une montagne de dettes.

Comme je constate tous les jours que l ’objectif du G20 est de rétablir le système ex-ante, avec des systèmes de Ponzi de type Madoff, je pense que l’hypothèse des hyper inflationnistes devient chaque jour plus probable…

(Pour une version complète et bien argumentée de la thèse « hyper inflationniste : le dernier ouvrage de Pierre Leconte <http://www.amazon.fr/crise-financière-vers-lhyper-inflation-protéger/dp/2865532127/ref=pd_sim_b_1/279-6314103-1341255>)

 

La citation du jour : « Qu’est-ce que la richesse ? Elle provient du travail, de l’épargne et de la prévoyance. Ce sont ces qualités qu’il faut maintenant exalter pour mettre les gens en face de leurs responsabilités » (Frédéric Bastiat).

 

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« Politique économique », « politique sociale » : autant d’illusions…

Posted by alaindumait sur 23/04/2009

salon-livrePar les temps qui courent, les humoristes sont plus souvent pertinents que les experts. Il est vrai que les prévisions sont d’autant plus difficiles qu’elles concernent l’avenir…

Vous aurez remarqué que les économistes officiels, suivis par les commentateurs stipendiés, essaient de nous persuader que la crise serait « stabilisée », que le système bancaire serait « en voie d’un retour à la normale ( ?) » et que la reprise serait pour l’an prochain…

Encore faudrait-il qu’il y ait des signes concrets de l’efficacité des mesures décidées depuis septembre dernier. Et qu’on n’aille pas de découverte en découverte, de turpitude en turpitude.

Je vous invite à lire (en français) le résumé du dernier rapport du FMI (http://www.imf.org/external/french/pubs/ft/gfsr/2009/01/pdf/sumf.pdf)

Vous remarquerez tout d’abord son caractère extrêmement confus. On pense à l’aphorisme célèbre d’Alan Greenspan : « si vous m’avez compris, c’est que je me suis mal exprimé… »

Mais il y a au moins un point sur lequel il convient d’accorder une certaine crédibilité au FMI, c’est quand il s’agit de collecter des statistiques. Or, d’après le FMI, réputé prudent, la dépréciation des actifs figurant au bilan des banques s’est encore détérioré au 1er trimestre 2009, pour passer, pour les seules banques américaines, de 2200 milliards à 2700 milliards.

Le FMI en tire la conclusion qu’il faut aller plus loin : s’agissant des banques, dans le sens de la purge, la restructuration et les recapitalisations ; et, s’agissant de la consommation, dans le sens de la dépense publique.

Pourtant, le FMI ne méconnaît pas le risque d’une telle politique, puisqu’il invite les gouvernements à mettre en place dès maintenant des stratégies pour réduire leur endettement, au moment de la sortie de crise…

L’image de l’héroïnomane recevant sa dose avant d’entrer en cure de sevrage s’impose plus que jamais…

Une autre information qui me semble encore plus importante et significative est passée presque inaperçue. Elle a pourtant été diffusée lundi dernier par la chaîne de télévision CNN : près d’un tiers des maisons saisies aux Etats Unis à la suite des procédures dites de « foreclosure »sont invendables en raison des dégradations qu’elles ont subies…

On sait que toute l’affaire des subprime a abouti à vendre des propriétés à des familles insolvables. Les démocrates, grands propagandistes de ce système, pensaient s’attirer ainsi et fidéliser à leur avantage le vote noir américain ( trop souvent abstentionniste, à leur goût…). L’avocat Barack Obama était un activiste de cette politique. Et Nicolas Sarkozy était l’un de ses derniers adeptes convertis, c’est pourquoi le développement du crédit hypothécaire pur figurait en bonne place dans le programme du candidat de l’UMP…

Mais on sait moins que ces crédits, toxiques par nature, étaient d’autant plus faciles à placer (avant d’être titrisés, et refilés, tel un mistigri, à d’autres agents économiques) que la même réglementation qui autorise un préteur à se saisir d’un bien dont le crédit n’est pas remboursé, au moindre défaut de paiement (C’est le « foreclosure ») pose le principe de la non poursuite personnelle du débiteur, en échange de la remise de son bien au créancier. Si bien qu’en même temps qu’un emprunteur défaillant remet les clés de sa maison à sa banque, dans la proportion d’un sur trois, il organise, avec ses potes, le saccage du même bien, ne serait-ce que pour voler les tuyaux de cuivre !

Une preuve de plus, s’il en fallait une, du caractère toujours pervers de toute réglementation dite sociale…

Conclusion : la situation est plus grave qu’on ne le dit et qu’on ne le croit, non seulement parce que les turpitudes liées à la bulle monétaire sont plus graves, plus nombreuses et plus répandues qu’on ne le sait, mais encore parce que leurs conséquences morales sont encore plus importantes !…

La citation du jour : « Vous pouvez beaucoup apprendre sur la société en vous intéressant aux individus, mais vous ne pouvez rien apprendre sur les individus en étudiant la société » (Ayn Rand).

 

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Un nouveau monstre à l’horizon : un grand emprunt européen

Posted by alaindumait sur 22/04/2009

6a00d83451b56c69e20112794ee2b928a4-320wiLe FMI reproche à l’Europe de ne pas faire assez de relance. Les économistes patentés (ou stipendiés ? ) annoncent de nouvelles initiatives, allemandes et françaises pour le mois de septembre. La plupart des candidats aux élections européennes du 7 juin voudraient un grand emprunt européen, sous l’égide de la BEI, pour financer des projets européens.

Il n’est question que d’augmenter les dettes, et en particulier celles qui sont souscrites par les Etats.

Pourtant, comme le dit si bien Mme Lagarde, « le crédit, ça engage, et il faut le rembourser ! »

Supposons que nous ayons une reprise au cours du 2e semestre 2010. Elle ne peut-être que lente et faible. Il n’y a aucune chance pour que la croissance permette de rembourser la dette publique. Nicolas Sarkozy, qui, pour le budget de 2010, ne veut pas en entendre parler, sera obligé d’accepter une augmentation des impôts et taxes dès 2011, année préélectorale…

L’autre hypothèse est celle d’un retour de l’inflation, consécutif à une simple stabilisation de l’activité, du fait des liquidités injectées dans les circuits économiques, via les banques, par les banques centrales. Une inflation d’origine monétaire, qui peut rapidement dégénérer en hyperinflation et ruiner l’épargne.

Mais n’est-ce pas l’objectif recherché secrètement par ceux qui nous gouvernent ? Plumer l’épargne, pour mieux « diriger » l’économie…

Le bon sens voudrait qu’au contraire on profite des périodes de difficultés pour assainir les structures. Ce qui, peut-être, à court terme, rajouterait de la crise à la crise. Mais écourterait le temps des douleurs.

Les plus âgés d’entre nous se souviennent du plan de réformes et d’assainissement qui, sous l’autorité du général De Gaulle, piloté par Antoine Pinay, accompagna, en décembre 1958, la mise en œuvre du traité de Rome et la création d’un nouveau franc, après dévaluation de l’ancien. Tout était centré sur le retour à la compétitivité et au désendettement.

Dans un contexte de mondialisation qui n’a plus rien à voir, avec l’Euro, il nous faut encore une fois réformer et assainir. Qui ne voit que ce sont les pays les plus compétitifs qui reprendront le large le plus rapidement ?

La dette publique n’est pas la solution. Une dette européenne ne ferait qu’ajouter de la dette à la dette. N’en déplaise à tous les économistes manipulateurs, formés aux vieilles lunes de M. Keynes !

La citation du jour : « Les masses restent entraînées dans une ronde infernale d’imbécillité et d’abrutissement » Albert Einstein).

 

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Attention : le capitalisme peut faire le lit du communisme !

Posted by alaindumait sur 18/04/2009

artoff1451-194x250À la fin de ce siècle, et sans doute au-delà, on débâtera encore sur l’origine, les raisons et les responsables de la présente crise économique mondiale. De même qu’on continue à le faire concernant celle dite de 1929, il y a déjà 80 ans…

 Pour ma part, il me semble que les facteurs monétaires « au sens large » – comme on dit à la BCE, c’est dire incluant la monnaie proprement dite et l’ensemble des moyens de paiement, en particuliers tous les encours bancaires – sont très souvent négligés et presque toujours sous-estimés.

Car il n’y aurait certainement pas eu de bulle immobilière, comme avant celle dite de l’Internet, sans un laxisme monétaire généralisé, se traduisant par une croissance de l’émission de monnaie par les banques centrales deux à trois fois supérieure à celle de l’économie réelle, alimentant une distribution de crédits représentant une part de plus en plus importante du PNB, et un multiple de plus en plus élevé des fonds propres des établissements financiers.

Toutes les déviances aujourd’hui dénoncées en découlent : rôle des agences de notations, titrisation, salaires des dirigeants…

 Pour autant, désigner du doigt Alan Greenspan ou Jean-claude Trichet, et dénoncer leurs malfaisances, souvent après leur avoir trouvé du génie, voire même des talents de « magicien », est une façon de voir les choses par le petit bout de la lorgnette.

La vérité est qu’une bonne politique monétaire est tout simplement impossible. Il s’agit en fait d’une alliance de mots, ou oxymore, comme « une bonne planification », une « politique agricole » une « politique des revenus », un bon « dirigisme », un bon « interventionnisme ». Comme le reconnaissait, il y a quelques jours, à l’occasion d’un débat public de haut niveau, un universitaire fameux, « ce qu’il aurait fallu faire, ce qu’il faut faire, ce qu’il faudrait faire, mais personne n’en sait rien !… ».

C’est la raison principale pour laquelle la politique monétaire doit relever d’une règle fixe et contraignante, échappant à l’influence des politiciens, qui ne peut être que celle de l’étalon-or.

Certaines belles âmes pouvaient jusqu’hier s’imaginer que la Banque centrale européenne, avec son objectif statutaire d’une hausse des prix limitée à 2%, avait trouvé la panacée. Mais aujourd’hui, quand nous sommes en déflation, avec à moyen terme des risques d’hyper-inflation, cette sagesse apparaît pour ce qu’elle est : parfaitement surannée et irréelle. Tout autant que le mythe, aujourd’hui en éclats, de son indépendance…

Loin d’être un progrès, la démonétisation de l’or, arrivée à son terme en 1971, avec la fin du Gold Exchange standard, et la non convertibilité du dollar, ont été en vérité des éléments importants, précurseurs de cette crise.

On a déjà observé, ici même, que ce sont les Etats, et donc les hommes politiques, qui ont été les premiers bénéficiaires de ce nouveau système monétaire. C’est grâce à lui qu’ils peuvent d’endetter, et payer à crédit – – c’est-à-dire sur le compte de nos enfants et petits-enfants – leurs dépenses presque toujours démagogiques.

On est surpris que cette « nouvelle politique monétaire », que nous voyons échouer sous nos yeux, comme nous avons d’ailleurs vu échouer toutes les politiques publiques, dans tous les domaines sans exception, n’ait pas fait l’objet plus souvent et plus fortement de critiques de différentes sortes.

Je pense que la raison de cette bienveillance, ou au moins cette tolérance, à l’égard d’une « politique monétaire » funeste, inepte et mortifère, tient au fait suivant : cette politique s’inscrit parfaitement dans un contexte de déresponsabilisation des individus, de mutualisation des risques, du développement de ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler « l’alea moral », expression en passe d’accéder à la notoriété mondiale…

Il s’agit de la traduction de l’expression anglaise « moral hazard »

J’ai trouvé la définition simple suivante de la chose : « l’aléa moral est la possibilité qu’un assuré augmente sa prise de risque, par rapport à la situation où il supporterait entièrement les conséquences d’un sinistre. L’assuré détermine son niveau d’effort pour éviter le risque, en tenant compte du fait qu’il est assuré, et ce niveau d’effort dépend du niveau d’indemnisation. Par exemple un armateur assuré peut choisir un navire en plus mauvais état, un agriculteur indemnisé si sa récolte est faible peut négliger ses cultures, un assuré social peut augmenter ses pratiques à risques (assurance santé) ou réduire ses efforts pour trouver du travail (assurance-chômage)…Plus généralement et par extension, on appelle aussi aléa moral toute modification du comportement d’un co-contractant contraire aux intérêts des autres parties au contrat, par rapport à la situation qui prévalait avant la conclusion du contrat (exemple dégradation du travail d’un employé après la fin d’une période d’essai, modification du, comportement d’un époux après le mariage… » (http://cathedrale16.over-blog.com/article-24199532-6.html)

Les applications de ce concept aux origines de la crise sont faciles à établir : les banquiers auraient été plus prudents s’ils avaient engagé leurs fonds propres, les traders auraient pris moins de risques s’ils avaient partagé les pertes, les agences de notation auraient été plus scrupuleuses si elles avaient pu être appelées en garantie…

Mais il faut bien voir que cette tendance à l’irresponsabilité individuelle généralisée est une vague de fonds dont les prémisses, fort anciennes, sont à l’œuvre, à grande échelle, depuis le début du XIXe siècle. Déjà, dans les années 1830, Frédéric Bastiat, voyant apparaître les premières sociétés de secours mutuel, avertissait : « Le jour où les citoyens diraient : nous nous cotisons pour venir en aide à ceux qui ne peuvent travailler ou ne trouvent pas d’ouvrage, il serait à craindre… que bientôt les laborieux ne fussent réduits à être les dupes des paresseux ». On aimerait bien savoir ce qu’il penserait aujourd’hui de notre mutualisation à outrance…. Il y verrait, n’en doutons pas, la cause principale de la crise économique actuelle….

On prétend souvent que la solidarité, la redistribution, la réduction des inégalités constituent non seulement des valeurs républicaines (?) mais seraient aussi des facteurs de progrès. Bastiat pensait exactement le contraire : « Si chacun jouissait du libre exercice de ses facultés et de la libre disposition de leurs produits, le progrès social serait incessant, ininterrompu, infaillible… .Là où les citoyens comptent trop sur les autorités, ils finissent par ne pas assez compter sur eux-mêmes, et la cause la plus efficace du progrès en est neutralisée ».

Résumons-nous : La crise actuelle résulte principalement d’une bulle financière, issue d’une politique monétaire dont la bonne gouvernance est strictement impossible… Elle s’inscrit dans un processus séculaire où le comportement des individus, de la base au sommet de toutes les hiérarchies, a été modifié dans le sens de l’irresponsabilité, du fait de la modification de l’aléa moral résultant d’un mouvement constant de socialisation.

Si cette analyse est exacte, on remarquera pour finir que quand les pouvoirs publics, pour maintenir le système en vie, décident de sauver les banques, de sauver les Etats impécunieux, et demain les autres, ils ne font rien d’autre que de pervertir un peu plus cet aléa moral. Il ajoute de l’irresponsabilité à l’irresponsabilité !

On me dira qu’ils le font pour sauver le capitalisme. Mais celui-ci, dans la forme pervertie et immorale où il est arrivé, ne doit certainement pas l’être ! Ce qui doit l’être, c’est la dignité et la souveraineté des individus. La liberté d’entreprendre qui en résulte. Le marché autorégulé qui en découle…

Qui ne voit pas la nouvelle et frappante convergence entre le capitalisme d’Etat qui s’installe en Occident et le communisme capitaliste qui prospère en Orient ?

Tous ceux qui approuvent, dans leurs grandes lignes, les plans de relance (sic !) à la sauce Obama-Sarkozy auront bien mérité de ce capitalisme, inéluctable antichambre du communisme, selon Karl Marx…

La citation du jour : « L’Afrique est le continent de l’avenir ! » (Rama Yade)

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Rémission ne veut pas dire guérison !

Posted by alaindumait sur 15/04/2009

moton225-237x300Aux Etats-Unis, le président Obama prépare son opinion publique à une crise économique de longue durée. Il va essayer de gérer en douceur la faillite de son industrie automobile, en limitant la casse. Mais, de toute façon, des millions d’emplois sont concernés.

Dans le même temps, les banques poursuivent l’inventaire de leurs actifs toxiques. Elles sont très loin d’avoir terminé ce travail d’audit, sans doute le plus important jamais accompli de tous les temps, puisqu’on parle maintenant de quelque 60 000 milliards d’actifs toxiques, avec un risque de pertes nettes de 10 000 milliards. Le faramineux plan Paulsson d’octobre 2008, avec ses 800 milliards de dollars, apparaît maintenant comme une simple petite rustine… 

Puisque de telles montagnes d’argent ne peuvent pas être empruntées sur le marché des capitaux, il faudra faire marcher la planche à billets de la Fed, ce qui a déjà commencé. On notera que le président de la Federal Reserve, M. Bernanke, se montre de plus en plus souvent aux cotés du président Obama, une façon de dire aux marchés que l’institut d’émission soutiendra les initiatives du gouvernement, quel qu’en soit le prix. En tout cas, le mythe de l’indépendance de la Fed, comme de tous les 186 autres instituts d’émission à travers le monde, a vécu. Reste celui de leur légitimité…

Dans ces conditions, le moindre frémissement de redémarrage de la consommation se traduira forcément par une forte inflation, voire une hyper-inflation, qui achèvera de ruiner ce qui restait d’épargne… Ce sera, au niveau mondial, ce qu’on a déjà vu au niveau de l’ex-URSS, après 1989…

On s’aperçoit que les banques connaissent infiniment mieux leurs bons actifs, que leurs actifs pourris, pour ne rien dire de leurs engagements hors bilan. C’est la raison pour laquelle il fallait sortir les bons actifs de leurs bilans et non pas leurs mauvais. Avec ces bons actifs il fallait recréer de bonnes banques – plus petites et plus nombreuses, pas des monstres – et avec les mauvais actifs laisser les mauvais banquiers à leurs justes responsabilités. Ainsi la confiance pouvait revenir vite.

Comme on a voulu sauver tout le système, tout en faisant quelques exemples (30 banques US ont quand même été déclarées en faillite depuis la chute de Lehman Brothers le 17 septembre 2008), le résultat est qu’il faudra encore des mois, et même des années, pour qu’un inventaire fiable soit publié. Souvenez-vous qu’il a fallu plus de dix ans pour sortir de la structure de defeasance du Crédit Lyonnais. Et le problème des banque américaines doit être de l’ordre de 10 000 fois plus important !… En attendant la confiance ne peut pas revenir.

Et la confiance en quoi, d’ailleurs ? Dans un système identique à l’ancien, avec des banques faisant des crédits à tout va, pour un montant égal à 50 fois leurs fonds propres, avec des banques centrales pratiquant des taux d’intérêt à court terme de braderie, alimentant toutes les bulles ?

Ou dans un système sérieux, sans minipulations des politiciens, avec une monnaie stable, et des investissements financés par une part importante d’épargne ?

Dans une économie du premier type, la prospérité est fonction des doses de morphine (ou de monnaie) injectées dans les circuits, drogue qui se retrouve sous forme de déficits, de dettes, et d’actifs pourris. Le malade connaît de joyeuses rémissions, mais n’est jamais guéri.

Dans une économie du second type, la prospérité est fonction du travail, de l’épargne accumulée. L’Etat assure des fonctions réduites, mais laisse à l’étalon-or le soin d’assurer la nécessaire discipline, au plan interne et mondial. Comme tout le monde, il doit équilibrer ses comptes.

Comme la monnaie est stable, que l’horizon est prévisible, ménages et entreprises font des projets à long terme. On retrouve une conception sérieuse de l’économie. L’optimisme revient vite, car le propre de l’homo economicus est d’anticiper, les bonnes comme les mauvaises nouvelles.

Le seul inconvénient de ce scénario du deuxième type c’est que les hommes politiques n’y jouent qu’un rôle d’hommes vertueux. Un rôle évidemment difficile pour eux …

NB Pour une compréhension claire et complète de la notion d’actifs toxiques, cf. http://www.globalix.fr/content/Cesactifsquel’ondittoxiques

La citation du jour : « La politique de liberté individuelle, seule politique vraiment progressive, reste aussi valable aujourd’hui qu’au XIXème siècle » (Friederich A. Hayek).

 

 

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Nicolas Lecaussin défend le capitalisme contre l’étatisme immoral.

Posted by alaindumait sur 09/04/2009

 

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Les ouvrages qui défendent le capitalisme ne sont pas si fréquents. C’est une première bonne raison de saluer l’ouvrage que Nicolas Lecaussin publie cette semaine chez First Editions, sous le titre « Au secours, ils veulent la peau du capitalisme (Petites leçons sur l’économie de marché à l’usage de ses détracteurs) » (*).

L’histoire du capitalisme coïncide avec celle du développement économique, tant il est vrai que, depuis toujours, un couple de forces antagonistes est à l’œuvre, d’une part la liberté féconde, qui permet le progrès ; et d’autre part le despotisme cruel, qui renvoie l’homme aux ténèbres. Aucun autre système n’a le moindre succès à son actif, aucun, et en particulier aucune forme de socialisme…

La crise économique actuelle ne doit donc pas nous faire oublier ce que nous devons au capitalisme : tout. Et ce que l’étatisme nous doit : 50% de la richesse que nous produisons et qu’il nous confisque.

Aucune des critiques adressées au capitalisme n’est pertinente. Pas plus celles qui portent sur les inégalités (beaucoup plus fortes dans les pays non-capitalistes), que celles qui concernent la soi- disant dérégulation (qui est en fait une mauvaise et inefficace et excessive réglementation). Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait pas toutes sortes de problèmes graves en système capitaliste, notamment par rapport à l’environnement. Ou du point de vue de la corruption. Personne n’a jamais prétendu que le capitalisme était parfait !… Mais ces problèmes réels sont plutôt accrus qu’améliorés par l’intervention de l’Etat, Ne serait-ce qu’en déresponsabilisant les citoyens .

Finalement ce qui marche le moins bien dans le capitalisme, c’est la part où celui-ci partage la décision avec l’Etat, voire même lui abandonne le pouvoir.

Lecaussin prend à juste titre l’exemple de l’agriculture, secteur qui en France est privé, mais « administré » à 99%.

Il parle aussi fort bien de la monnaie, et il rappelle que des économistes comme Milton Friedman et Friedrich Hayek considéraient qu’elle ne devrait pas être dans le champ politique.

Sur ce point, il nous semble que l’auteur est encore bien trop indulgent : c’est parce que la monnaie est progressivement et complètement sortie du champ du capitalisme, pour relever de celui du dirigisme monopoleur, qu’une bulle a pu se former, dont l’éclatement n’est en rien de la responsabilité des entrepreneurs.

(*) 220 pages, 15,90€

Citation du jour : « Qu’est-ce que la richesse ? Elle provient du travail, de l’épargne et de la prévoyance. Ce sont ces qualités qu’il faut maintenant exalter pour mettre les gens en face de leurs responsabilités » (Frédéric Bastiat).

 

 

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Gestion étatique de la monnaie : Karl Marx nous avait bien prévenu !

Posted by alaindumait sur 07/04/2009

39655_une-argentSi l’on veut bien considérer que là où l’Etat décide nous ne sommes pas dans le capitalisme pur et dur, mais plutôt dans une forme ou une autre de socialisme ou de dirigisme – c’est tout comme – on conviendra que nous ne sommes pas, et n’avons jamais été dans un système 100% capitaliste, mais dans un système mixte, partiellement capitaliste et partiellement dirigiste.

Deux sphères sont imbriquées : l’une privée, au fonctionnement libéral, c’est-à-dire par le marché ; l’autre publique, au fonctionnement autoritaire, par la bureaucratie.

La monnaie est un bien économique qui, depuis un siècle, a progressivement migré de la sphère privée à la sphère publique.

La présente crise est l’aboutissement – provisoire ou final, on verra, mais c’est toute la question … – de cette funeste mutation.

Que les banques centrales appartiennent à la sphère publique ne sera, je pense, contestée par personne. Ce qui n’empêche pas que certaines puissent être « indépendantes », et même « honnêtes », comme peuvent l’être d’autres institutions, néanmoins 100% publiques.

Or le développement des banques centrales a été l’un des phénomènes majeurs du XXe siècle. Quand il commence, elles sont 18 ; quand il se termine, on en compte 173 ! Et sur la période, elles se sont transformées de banques-des-Etats qu’elles étaient en banques-des-banques qu’elles sont aujourd’hui.

Comme ce sont elles qui prêtent de l’argent aux banques, qui leur fournissent l’essentiel de leurs ressources (qui s’ajoutent aux dépôts et aux capitaux propres, autrefois ressources principales, aujourd’hui accessoires), ce sont elles, et non pas les banques, qui sont responsables de la bulle financière.

Les banques distribuent et détaillent l’argent qu’elles viennent acheter « en gros » aux guichets des banques centrales. Elles le transforment en crédits/créances, qui deviennent autant de contreparties de l’émission monétaire. Mais elles ne fabriquent en rien la monnaie.

Les banques sont comme les sous-traitants des banques centrales. Elles sont certes privées, pour la plupart d’entre elles, mais leur fournisseur est 100% public. Et si les Etats, comme un seul homme, se sont portés au secours des banques, c’est tout simplement qu’elles n’étaient pas si privées que cela, et tout à fait dans la mouvance de la sphère publique.

On me dira que le gouvernement américain vient aussi en aide à AIG et à General Motors.

Je répondrai 1) Qu’il a sans doute tort… 2) Que quand AIG est au service des banques, il se croit au service de l’Etat… 3) Que GM est la victime seconde du désastre premier, et qu’il ne fait que réclamer l’application de la jurisprudence, oh combien perverse ! « too big to fail » (trop gros pour disparaître) …

Tous les excès que l’on reproche aux banques, doivent en fait l’être aux banques centrales. Y compris les bonus, les stocks options, les parachutes dorés et autres avantages des dirigeants de ces établissements, qui n’auraient jamais été, si leur développement cancérigène n’avait pas été rendu possible par une émission monétaire littéralement échevelée.

Et pourquoi les banques centrales ont-elles eu ce comportement irresponsable ? Pour « financer » l’économie disent-elles. C’est vrai. Mais plus exactement pour le faire à la place des capitalistes, du plus modeste au plus riche des épargnants, progressivement éliminés par les acrobates du crédit.

Depuis 40 ans, la masse des crédits bancaires à travers le monde est passée de 28% de la production mondiale à près de 50% en 2008. Voilà la vraie bulle ! Et la vraie cause de la crise…

On a dit plus haut que le XXe siècle a été marqué par le développement des banques centrales. Ce même mouvement a été accompagné de l’augmentation des prélèvements publics obligatoires, des dettes et des déficits publics, du rabotage de l’épargne.

Les politiciens de la sphère publique ont cru avoir inventé le capitalisme sans capitaux (et avec beaucoup de crédits…). Les banquiers stipendiés, issus de la même intelligentsia, y ont prêté la main, avec leur haute technologie financière.

Ensemble ils ont réalisé la prédiction de Karl Marx « pour détruire l’occident, il suffira de pervertir sa monnaie ».

Merci quand même !

L’info du jour : Après de savants calculs, la revue « Forbes » publie un comparatif de la pression fiscale dans 50 pays du monde. Et, à ce jeu-là, la France est considérée comme le pays ayant le régime fiscal le moins accueillant de tous… Et ceci pour une raison très simple : dans l’Hexagone, l’impôt sur les sociétés atteint 34,4 %, l’impôt sur le revenu 52,1 %, les charges patronales 45 %, les charges salariales 14 % et la TVA 19,6 %, détaille l’enquête.

On comprend pourquoi le n° 1 de l’enfer fiscal part en guerre contre les paradis fiscaux. Le bon dieu a besoin du diable…

L’indignation du jour : un projet de loi proposé au Sénat US pourrait attribuer au président des Etats-Unis des pouvoirs sans précédent sur le contrôle d’Internet.

La citation du jour : « La supériorité des Occidentaux tient en dernière analyse au capitalisme, c’est à dire à la longue accumulation de l’épargne. C’est l’absence de capitaux qui rend les peuples sujets » (Jacques Bainville) .

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Réflexions après G20

Posted by alaindumait sur 04/04/2009

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Le communiqué final du G20 (voir infra) commence par des considérations qui, pour être générales, n’en sont pas moins très discutables.

À la fin du 2e paragraphe : « Une crise mondiale exige une solution mondiale ».

Que la crise soit mondiale, c’est un fait. Mais qu’elle exige une solution mondiale, c’est moins sûr… Son déclenchement a bien été unilatéral. Pourquoi sa solution ne le serait pas ? Cette dissymétrie, qui essaye de nous vendre l’utopie d’un gouvernement mondial, nous éloigne de la solution plutôt qu’elle nous en rapproche…

Si l’on veut bien considérer qu’il y a eu l’affaire des subprime, qui elle-même n’a été possible que sous l’effet d’une politique monétaire américaine à la fois chaotique et globalement laxiste, on peut affirmer qu’une réforme de cette politique, créant moins de monnaie, encourageant moins le crédit, réduisant les déficits plutôt que de les accroître, encourageant l’épargne pour financer les investissements plutôt que les prêts, serait de nature à redresser durablement la situation, d’abord aux Etats-Unis, puis dans l’ensemble du monde.

Mais ne chipotons pas tout de suite…

Les choses sérieuses commencent au paragraphe 4, alinéa 2 : « restaurer le système financier afin de rétablir les activités de prêt »

Ce qui veut dire que l’objectif n° 1 du G20 est de restaurer le système financier. C’était pourtant un château de cartes, non pas du fait d’une insuffisance de régulation mais du fait de l’excès des crédits accordés, et donc des dettes des différents agents, des Etats tout spécialement. L’objectif est donc de reconstruire le château  de cartes, pour rétablir les activités de prêt.

C’est de la part du G20 une erreur d’analyse majeure.

Depuis 40 ans, la masse des crédits bancaires à travers le monde est passée de 28% de la production mondiale à près de 50% en 2008. Voilà la vraie bulle ! Et la vraie cause de la crise…

Les crédits bancaires, dans le même temps, n’ont jamais cessé, malgré les ratios de fonds propres conseillés, d’être dans une relation de plus en plus inquiétante par rapport à ces derniers. Il y a un siècle les banques prêtaient en gros 2 fois leurs fonds propres. Aujourd’hui, en moyenne, c’est près de 20 fois ! Voilà l’erreur majeure  !

Car loin d’être un progrès, cette financiarisation, qui a prétendue se substituer à l’épargne, a été une régression, que nous allons payer très très cher ! L’histoire se venge toujours de ce qu’on fait contre elle…

Et pourquoi et comment a-t-on assisté à cette dérive, depuis plusieurs décennies ? Parce que les Etats, tous les Etats, tous les politiciens qui les dirigent, sans aucune exception ou presque, ont eu pour objectif de détruire l’épargne pour financer à la fois les budgets sociaux et les guerres.

Ils ont cru, ils nous ont fait croire qu’il était possible de produire toujours plus avec toujours moins de capitaux. Et c’est cette économie-là qu’ils veulent reconstruire… Mais elle ne marche pas et elle ne marchera pas !

Car l’épargne est le vrai moteur historique du progrès économique, depuis 3000 ans ! Le crédit n’est qu’une technique, d’ailleurs fort utile. Et la consommation n’est qu’une conséquence, d’ailleurs la plus agréable !

Mais revenons au communiqué du G20.

– « Resserrer la réglementation ». Pourquoi pas ? Mais est-ce là l’origine véritable et profonde de la crise ? Oui  et non …

Les parlementaires américains ont été empêchés par les amis de M. Obama, en 2004, de mettre leur nez dans le système des subprime. Et AIG n’avait rien à craindre, car il était « trop gros pour tomber », « too big to fail ». Qu’en pense le G20 ? Motus…

– Augmenter les ressources du FMI. À condition qu’il soit pour toujours posé le principe que les Etats n’ont pas à s’endetter !…

– 5000 milliards de nouvelles dépenses publiques. Si les déficits étaient créateurs de richesses, cela se saurait…

– Le nouveau laxisme des banques centrales. Il est annonciateur de la prochaine crise, qui sera celle de l’hyperinflation…

– Une décision apparemment mineure retient pour finir l’attention. Le FMI est invité à vendre sur le marché une partie de son stock d’or. Tout le monde a compris le message : l’or reste et demeure cette relique barbare si abhorrée de Karl Marx et John Maynard Keynes. Pas question de lui faire rejouer le rôle qu’il jouait dans le système monétaire avant 1914.

On remarquera que depuis 35 ans, les banques centrales n’ont jamais cessé de vendre l’or de leurs réserves Et que dans le même temps, les prix du métal jaune a été multiplié par 30 ! . Elles détenaient encore 75% du stock mondial en 1971 ? C’est 20% aujourd’hui.

Le combat engagé au XIXe siècle entre l’or et la fausse monnaie, entre l’épargne et le financement par la dette, entre l’économie libre et le dirigisme anti-économique continue.

Le G20 marquera une étape dans ce long combat.

Ses dirigeants ont pour eux le pouvoir de leurs lois, les moyens de communication de tous les médias dominants et l’argent qu’ils prennent dans la poche des contribuables. Mais ils se heurteront un jour inévitablement au mur des réalités. Le même qui a fait s’effondrer le communisme et mis le monde dans la crise actuelle.

 

NB. À ce jour, samedi 4 avril 2009, 13 :00, le texte du communiqué du G20 (sans ses annexes) http://www.lesechos.fr/medias/2009/0402//300340565.pdf n’est toujours pas disponible en français, sauf sur le site du Premier Ministre…canadien ! http://www.pm.gc.ca/fra/media.asp?id=2508

L’indignation du jour : ce matin, sur France 2, entre 8 :15 et 10 :05, Marie Drucker commente en studio les cérémonies du 60e anniversaire de l’OTAN. À ses cotés, en position d’expert, Nicole Bacharan (http://www.droledeplanete.com/).Laquelle se croît autorisée à dire que George Bush était « raciste », et que M. Berlusconi n’est pas notre ami, parce qu’il pactise avec les « fascistes » ! C’est à ça que sert la redevance télé…

L’info du jour : tout contribuable ayant recours à des produits défiscalisés, y compris FCPI et logements locatifs type « Robien », doit savoir que cela lui vaudra un contrôle fiscal ! (dixit un avocat fiscaliste, sur BFM Radio, « Argent comptant », vers 11 :40)

La citation du jour : « On ne peut pas être une grande nation et avoir des déficits » (Jacques Chirac).

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