Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Etes-vous plutôt « déflationniste » ou bien « hyper inflationniste » ?

Posted by alaindumait sur 24/04/2009

 

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Un débat fait rage au sein des cercles libéraux : va-t-on plutôt vers une longue période de déflation, ou bien va-t-on voir venir bientôt une période d’hyper-inflation ?

Rappelons tout d’abord le sens commun de ces termes.

La déflation se caractérise par une baisse de l’indice des prix, constatée sur une période longue.

Le mot fait peur, peut-être davantage que celui d’inflation. Car il est associé à la crise de 1929 et plus près de nous, à la situation du Japon depuis 15 ans.

Pourtant, au cours de la période de 1873 à 1896, l’ensemble des pays développés a connu à la fois un taux de croissance élevé et une situation de déflation.

Pour une accusation de la déflation, reportez-vous … à votre journal habituel… Pour une défense de la déflation , lire l’article de Vincent Bénard sur le site de l’Institut Turgot et aussi, sur le blog de Bernard Martoïa

On remarquera que la période de déflation positive de la fin du XIXe siècle s’expliquait par une explosion du progrès techniques et des gains de productivité, favorisés, déjà, par une remarquable mondialisation. En régime d’étalon or, les monnaies n’étaient pas manipulées. La masse monétaire était stable. L’épargne était respectée et encouragée. C’était l’age d’or du capitalisme…

Les déflations négatives du XXe siècle sont tout autre chose. Dans ces périodes-là, les prix baissent car la consommation se retire, les ménages préférant épargner par précaution, plutôt que de prendre le risque de se retrouver démunis.

Actuellement, on peut parler de déflation sous-jacente. L’indice général des prix serait déjà clairement orienté à la baisse, si la part des prix administrés et des services publics dans l’indice des prix ne faisait pas contrepoids à la part des prix libres, qui sont en baisse. En somme, si nous ne sommes pas en déflation, nous le devons à ce cher Etat-providence, qui, décidément, ne sera jamais assez remercié pour tous ses bienfaits.

J’en profite pour m’excuser, puisque c’est la mode, pour tout le mal qu’il m’est arrivé d’en dire. J’en demande pardon.

Mais à qui vais-je demandé pardon ? Au chef de l’Etat ? Je viserai bien plus haut, mais le bon dieu n’y est pour rien…

Dans le même temps, l’ensemble des gouvernements – disons le G20, pour faire court, à moins que vous ne préfériez « le gouvernement mondial »… – fait tout ce qu’il peut pour remettre en route la machine à fabriquer de la fausse monnaie, car il a peur de la mauvaise déflation.

Pour l’instant, ses efforts sont sans grande portée pratique. Malgré des taux d’intérêt très bas, les banques, qui ont perdu leurs fonds propres, ne se bousculent pas aux guichets des banques centrales. Quant aux crédits bancaires, qui s’appuient sur des réserves « fractionnelles » – c’est-à-dire sur très peu de fonds propres – ils sont en berne, non pas que les banques les restreignent, mais plutôt parce que les clients ne viennent plus en demander. L’ensemble des banques et établissements financiers, avant la crise prêtaient jusqu’à 50 fois leurs fonds propres. Ceux-ci ont fondu comme neige au soleil. Ils voudraient bien continuer, ou recommencer, mais la demande n’est plus là…

Pendant la déflation, le spectre de l’hyper-inflation hante néanmoins beaucoup d’esprits. Pourquoi ?

Parce qu’on ne peut pas exclure que les politiques de volontarisme monétaire aboutissent à une certaine reprise. On en parle… Que les banques reviennent aux guichets des banques centrales et se remettent à prêter à tout va. Compte tenu des politiques anti-cycliques brutales mises en œuvre, l’inflation peut repartir. Le risque des taux d’intérêt très bas, c’est qu’ils soient un jour efficaces, et que les banques commerciales viennent se gaver de monnaie à bon marché.

Comment les banques centrales réagiront-elles à cette nouvelle exubérance ? en augmentant leurs taux, qu’elles ont si fortement baissés jusqu’à présent ?…

Et quelle sera la conséquence de cette inévitable remontée des taux à court terme administrés par les banques centrales – qui ne peuvent pas toujours être à zéro ? Une perte de valeur du principal instrument des placements internationaux que sont les bons du trésor américains. Car quand les taux baissent, la valeur de ces bons/obligations monte. Mais quand ils baissent, leur valeur de marché baisse. Et comme nous sommes sur une montagne de ces bons/obligations, le retournement en question fera éclater la bulle en formation des emprunts d’Etat, partout dans le monde. L’épargne – à commencer par celle des Chinois – essaiera de sauver les meubles. Une panique s’ensuivra sans doute. Et l’on passera d’un risque d’inflation à un risque d’hyper-inflation, dont le facteur déclenchant sera le retournement inévitable des taux d’intérêt à court terme, administrés par les banques centrales.

Les partisans de la thèse de l’hyper-inflation, disent, me semble-t-il :

– Nous ne sortirons de la déflation (si nous en sortons) que par une certaine inflation. La maîtrise de celle-ci passe par une remontée des taux d’intérêt sur les concours des banques centrales. Ce changement de pied sera ravageur pour les investisseurs en emprunts d’Etat. Il en résultera une nouvelle panique, et ce sera l’hyper-inflation, comme dans l’Allemagne de Weimar, ou le Zimbabwe de Mugabe, l’hyper inflation n’étant jamais qu’une inflation transformée en tempête par la panique des épargnants…

Je ne méconnais pas que les partisans de cette thèse y voient l’avantage d’une mise au tapis, peut-être définitive, de l’économie mixte et de sa composante publique.

Mais je crois que cette thèse, sans être certaine, doit être prise en considération : la seule façon de l’infirmer serait de reconnaître l’origine monétaire et réglementaire de la présente crise. Et de reconstruire le financement de l’économie sur autre chose qu’une montagne de dettes.

Comme je constate tous les jours que l ’objectif du G20 est de rétablir le système ex-ante, avec des systèmes de Ponzi de type Madoff, je pense que l’hypothèse des hyper inflationnistes devient chaque jour plus probable…

(Pour une version complète et bien argumentée de la thèse « hyper inflationniste : le dernier ouvrage de Pierre Leconte <http://www.amazon.fr/crise-financière-vers-lhyper-inflation-protéger/dp/2865532127/ref=pd_sim_b_1/279-6314103-1341255>)

 

La citation du jour : « Qu’est-ce que la richesse ? Elle provient du travail, de l’épargne et de la prévoyance. Ce sont ces qualités qu’il faut maintenant exalter pour mettre les gens en face de leurs responsabilités » (Frédéric Bastiat).

 

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Une Réponse to “Etes-vous plutôt « déflationniste » ou bien « hyper inflationniste » ?”

  1. jacques said

    Le plus probable: exactement la situation que le Japon a connu car les USA réagissent de la même manière que le Japon avait réagi.
    Et ce serait un bon scenario car quoi qu’on en dise, il faisait très bon vivre au Japon pendant la soi-disant « décennie » perdue. Le PIB n’est pas à mon avis une bonne mesure de la santé économique réelle (telle que vécue par les citoyens = niveau de bonheur et liberté de décision).
    On peut chauffer à bloc une économie avec une montagne de crédit avec comme résultat des citoyens épuisés, des enfants qui ne voient jamais leur parents, une consommation presque devenu sans contentement car souvent inadapté aux desirs et besoins réels et ainsi connaître un PIB plus élevé!

    Je préfère que les citoyens décident par eux-même de la croissance qu’ils désirent par leur décision personnelle de consommation ou non-consommation de tous les jours.

    Mais il semble que les gouvernements ont décidé autrement, et je pense que c’est là où vous voulez en venir.

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