Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Archive for mai 2009

7 juin2009 : voter est un droit,

Posted by alaindumait sur 28/05/2009

elections-europeennes-2009Nous sommes appelés à voter le 7 juin pour désigner nos représentants au Parlement européen. Pour l’UMP, Rachida Dati prendra la place de Jacques Toubon, tandis qu’au PS son éminence Harlem Désir poursuivra son œuvre inoubliable… 

72 personnes, sur 3221 candidats, auront ainsi, pour cinq ans, une situation matériellement enviable, en tout cas très enviée.

Mais pour quoi faire ?

Le renouvellement du mandat du président de la Commission, M. Manuel Barroso, semble assuré, quoi qu’il arrive, aucune autre personnalité n’étant parvenue à résoudre l’équation politique difficile nécessaire.

Quant à la philosophie qui inspirera ce Parlement, on sait seulement que les majorités s’y forment au gré des circonstances, selon les sujets et les textes… Avec, en socle, un consensus de fait entre le centre droit du PPE (dont l’UMP fait partie) et le centre gauche des socialistes et des sociaux démocrates.

Pour simplifier : pas d’enjeu précis, pas d’alternative claire.

Pour l’Europe, l’important est ailleurs. Le Traité constitutionnel dit de Lisbonne a peu de chances, sauf coup de force, de pouvoir jamais être mis en œuvre. La gouvernance de ce machin est si compliquée qu’à peu près personne ne s’y retrouve. Mais une dérive inquiétante est néanmoins à l’œuvre : vers toujours davantage de protection, dans tous les domaines, et, a contrario, moins de concurrence (désormais stigmatisée « ultra-libérale »…)

Avec la crise financière mondiale, la vérité apparaît crûment : onze pays ont une monnaie commune, sans politique économique coordonnée. Combien de temps, l’Euro, dans ces conditions, peut-il sutvivre ? Vingt-sept pays ont des frontières commerciales communes, mais rien en matière de défense ou de contrôle de l’immigration.

Participer à la désignation des représentants de l’ex-ethnie française au Parlement européen (qui siège à Strasbourg, mais travaille à Bruxelles…) est un droit. Mais aller voter le 7 juin, dans le contexte présent, avec les choix qui nous sont présentés, ne constitue certainement pas une obligation !

 

voir aussi : http://www.nevotezpas.net/

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Pour être respecté, il faut commencer par être honnéte

Posted by alaindumait sur 23/05/2009

 

ladies' blouse bought by Phil Woolas at a cost of £15

ladies' blouse bought by Phil Woolas at a cost of £15

Il est important que les dirigeants soient considérés et respectés. C’est vrai dans une entreprise, comme dans la vie publique, dans toutes les institutions.

 

Ce respect peut être obtenu par la peur, ou par la force.

Par le mérite et la vertu, c’est mieux !

Il est difficile de se faire respecter quand on est malhonnête. Dans ce cas-là, la corruption s’étend de proche en proche à toute la société.

Les dirigeants doivent donner l’exemple. Et le bon. Sinon le désordre s’étend.

Lao-Tseu disait : « quand les dirigeants sont honnêtes, le peuple est honnête… ». Il voulait dire : « quand les dirigeants sont malhonnêtes… »

Les parlementaires britanniques, selon les informations du « Daily Telegraph » http://www.telegraph.co.uk/news/newstopics/mps-expenses/

en étaient arrivés à se faire rembourser qui un tube de rouge à lèvres, qui la location de cassettes pornographiques…

À ce point de sans gêne, et d’impudeur, même si tous ne sont pas concernés (?), s’en ait fini pour longtemps de la considération qu’ils pensaient pouvoir inspirer.

Cela se passe de l’autre coté de la Manche. Mais il est légitime de se demander ce qu’il en est de ce coté-ci…

On sait que le système n’est pas exactement le même. Dans un sens, il est encore plus généreux, car sans justificatif. Les indemnités sont forfaitaires. Largement exonérées d’impôt. La retraite par capitalisation est payée pour moitié par les contribuables. Et le régime de sécurité social est très avantageux…

Les hommes politiques, partout, disent vouloir « servir ». Ils sont tous soupçonnés de vouloir « se servir ». Jusqu’au dernier candidat de la 161e liste pour les élections européennes du 7 juin.

Comme cette situation de soupçon permanent n’est bonne pour personne, il est urgent de rétablir l’honorabilité de la classe politique.

Il convient tout d’abord de distinguer les personnes en charge d’exécutifs et celles qui, siégeant dans des assemblées, ne font que délibérer et contrôler.

Pour celles-ci, le bénévolat devrait être la règle.

Dans un pays qui compte des millions de bénévoles, dans les associations, l’action sociale et même la justice (magistrats consulaires, par exemple), le bénévolat appliqué aux fonctions politiques délibératives ne devrait poser aucun problème.

Pour les fonctions exécutives, il conviendrait qu’un agent du Trésor public soit désigné en position de contrôleur permanent auprès de chaque organe concerné. Cet agent serait responsable à titre personnel de tout engagement de dépenses. Et devrait faire un rapport annuel sur l’ensemble de celles-ci, qui serait voté, pour quitus, par l’assemblée délibérante compétente. 

La citation du jour : « La compétitivité de notre économie dans son ensemble est atteinte par les privilèges de quelques-uns » (Florin Aftalion).

 

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Durée de la crise : comptez entre 6 et 10 ans…

Posted by alaindumait sur 22/05/2009

moton225-237x300La question cruciale, au plan pratique, me paraît être : « quelle va donc être la durée de la crise ».
En effet, chacun a toujours des dispositions à prendre, pour lui même, ses enfants, ses petits enfants ou ses proches. Et, selon que la crise durera 6 mois, 6 ans ou 10 ans, ces dispositions ne seront pas du tout les mêmes.
Supposez que vous ayez un bien immobilier à vendre, ou à acheter : si le marasme doit bientôt prendre fin, il est judicieux peut être d’attendre. Mais s’il doit durer…
Or, sur cette question, les avis sont très différents. (voir Le Cri du 4 avril 2009 http://www.lecri.fr/IMG/motoff225.jpg).
Evidemment, si l’analyse du phénomène est mauvaise, les réponses seront mauvaises, et le rétablissement se fera attendre longtemps. Ce qui est le cas, selon nous…
Les hommes politiques ne sont pas payés pour diffuser de l’inquiétude. C’est pourquoi ils voient toujours avant les autres la lumère au bout du tunnel… Même prudent, François Fillion pense que fin 2010, ce sera meilleur…
Cette semaine c’est le très respectable « Bureau du Plan » de Belgique, qui propose son scénario http://www.plan.be/admin/uploaded/200905191211460.proj2009_fr.pdf
En résumé : la recession se poursuivrait jusque fin 2010, avec un petite reprise en 2011, le niveau de production de 2009 n’étant retrouvé qu’en 2015. Soit un trou de six ans !
Ce scénario me paraît à la fois possible et raisonnablement optimiste.
Six ans, voire dix ans de creux, avant de retrouver le niveau antérieur de production : tel est le pronostic raisonnable sur lequel il convient de s’appuyer pour batir des projets. Car c’est le temps qu’il faut pour reconstituer une épargne mondiale détruite par le séisme de 2008, et absorber le choc de l’effondrement du système fiancier qui en est résulté.
On nous raconte assez d’histoires pour ne pas nous en raconter à nous-mêmes…

Citation du jour : « Les masses restent entraînées dans une ronde infernale d’imbécillité et d’abrutissement » (Albert Einstein).

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Discours sur l’Euro, par Philippe Simonnot

Posted by alaindumait sur 19/05/2009

Ecoutez le discours de Philippe Simonnot sur l’Euro :

http://www.box.net/shared/mm8vk7ohp3

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Attention : les taux d’intérêt ne supportent pas longtemps qu’on les manipule !

Posted by alaindumait sur 18/05/2009

 

La une du n°71 du "Cri du Contribuable"

La une du n°71 du "Cri du Contribuable"

Une des conséquences de la crise financière actuelle est évidemment de réduire encore la crédibilité des hommes politiques, des fonctionnaires qui les servent et des économistes qui les guident.

 

Car rien ne va comme ils disent le vouloir.

L’économie – qui n’est rien d’       autre que l’agrégation de tous les producteurs, les consommateurs, les épargnants et les investisseurs – n’en fait qu’à sa tête.

Tenant seuls les manettes de la monnaie et du contrôle des banques, ils sont seuls responsables de cette catastrophe. Mais ils en accusent leurs ennemis habituels, boucs émissaires faciles, qui n’y sont pourtant pour rien : les paradis fiscaux, les hedge funds et les stocks options…

Le château de cartes qu’ils avaient construit s’est écroulé, emportant avec lui la moitié de l’épargne mondiale.

La récession était inévitable. Et même souhaitable, comme une purge. Pour identifier les produits d’épargne toxiques ; pour reconstruire des bonnes banques ; pour restaurer l’épargne publique, au lieu et place du crédit à tout va.

Mais ils n’en démordent pas : ils veulent reconstruire le modèle ancien. Avec quelques variantes un peu plus dirigistes…

C’est ainsi qu’un consensus universel s’est établi sur l’avantage d’une baisse généralisée et concertée des taux d’intérêt.

Et en effet les taux d’intérêt bas favorisent la consommation et l’investissement, donc la production et l’emploi. Et ils contrarient la tendance à la récession, qui résulte de la propension des agents économiques à reconstituer leurs encaisses, largement emportées par la crise financière.

L’ennui est que cette politique, parfaitement artificielle, porte en elle non seulement ses limites mais aussi ses contradictions.

1)   Cette politique est artificielle.

On ignore ce que seraient des taux d’intérêt naturels, dans une économie libre, mais on peut parier que ces taux seraient plus élevés que ceux qui sont par exemple demandés aux banques qui se présentent à leurs guichets par la Fed ou par la BCE, c’est-à-dire 0% ou 1% actuellement…

2)   Elle porte en elle ses limites, car on a jamais vu appliquer des taux faciaux négatifs,  et l’on ne sache pas que cette politique laxiste porte automatiquement ses fruits. On a même vu le contraire depuis 15 ans au Japon…

3)   Elle est surtout porteuse d’une contradiction fondamentale.

Soit que cette politique s’avère inopérante, les agents économiques préférant reconstituer leurs encaisses avant toute autre chose. Soit qu’elle fonctionne, et alors, rapidement, par un renversement des anticipations, que les bons économistes connaissent bien, mais que les hommes politiques ignorent – c’est pourtant fondamental, les anticipations, dans la vraie vie économique – les agents économiques se précipitent pour acheter ce qu’ils boudaient jusque-là, et l’inflation repart en même temps que la production. Les liquidités brûlent les doigts de ceux qui en ont. L’hyper inflation est alors alimentée par l’inévitable changement de pieds des dirigeants des banques centrales, qui sont bien obligés d’essayer d’éteindre l’incendie.

Tel est le scénario horrible, non pas certain mais possible, par lequel nous passerions bientôt de la récession/déflation à la reprise/hyper inflation.

Ce scénario est conforme à l’enseignement des meilleurs économistes, que ce soit Von Mises, Friedrich Hayek, Murray Rothbard ou Jacques Rueff. Tous nous ont mis en garde contre les manipulations monétaires. Nous nous y vautrons comme jamais… Tous nous ont conseillé d’établir une politique monétaire et financière stable, l’adossement à l’or étant le meilleur moyen d’y parvenir…

Une question légitime doit alors être posée : que faut-il faire de son épargne pour la protéger, et si possible la transmettre ?

–     Certainement acheter de l’or. Comme les Chinois, dont le stock officiel vient de dépasser les 1 000 tonnes (l’équivalant de la production mondiale de huit à neuf mois…). Et à l’inverse du FMI et  de la plupart des banques centrales, qui ont vendu du métal jaune depuis 30 ans, sans empêcher que les cours de celui-ci, sur la période, soient multipliés par quatre !… Mauvaise gestion !

–     Certainement ne pas acheter d’obligations à long terme, quels que soient les émetteurs, car si les taux remontent, les valeurs vénales baisseront…

–     Conserver et même oser acheter de l’immobilier bien placé. Depuis six mois, à Paris, la décote est de 20%. Elle peut s’accentuer. Mais on trouve à emprunter à taux fixe à 4% sur 15 ans et à 5% sur 30 ans. Si l’inflation revient, et si l’immobilier reste un refuge relatif, ceux qui auront emprunté à ces conditions auront fait une bonne affaire. Et ceux qui auront conservé leurs biens aussi… À condition de pouvoir attendre la fin de la crise

Une des conséquences de la crise financière actuelle est évidemment de réduire encore la crédibilité des hommes politiques, des fonctionnaires qui les servent et des économistes qui les guident.

Car rien ne va comme ils disent le vouloir.

L’économie – qui n’est rien d’       autre que l’agrégation de tous les producteurs, les consommateurs, les épargnants et les investisseurs – n’en fait qu’à sa tête.

Tenant seuls les manettes de la monnaie et du contrôle des banques, ils sont seuls responsables de cette catastrophe. Mais ils en accusent leurs ennemis habituels, boucs émissaires faciles, qui n’y sont pourtant pour rien : les paradis fiscaux, les hedge funds et les stocks options…

Le château de cartes qu’ils avaient construit s’est écroulé, emportant avec lui la moitié de l’épargne mondiale.

La récession était inévitable. Et même souhaitable, comme une purge. Pour identifier les produits d’épargne toxiques ; pour reconstruire des bonnes banques ; pour restaurer l’épargne publique, au lieu et place du crédit à tout va.

Mais ils n’en démordent pas : ils veulent reconstruire le modèle ancien. Avec quelques variantes un peu plus dirigistes…

C’est ainsi qu’un consensus universel s’est établi sur l’avantage d’une baisse généralisée et concertée des taux d’intérêt.

Et en effet les taux d’intérêt bas favorisent la consommation et l’investissement, donc la production et l’emploi. Et ils contrarient la tendance à la récession, qui résulte de la propension des agents économiques à reconstituer leurs encaisses, largement emportées par la crise financière.

L’ennui est que cette politique, parfaitement artificielle, porte en elle non seulement ses limites mais aussi ses contradictions.

1)   Cette politique est artificielle.

On ignore ce que seraient des taux d’intérêt naturels, dans une économie libre, mais on peut parier que ces taux seraient plus élevés que ceux qui sont par exemple demandés aux banques qui se présentent à leurs guichets par la Fed ou par la BCE, c’est-à-dire 0% ou 1% actuellement…

2)   Elle porte en elle ses limites, car on a jamais vu appliquer des taux faciaux négatifs,  et l’on ne sache pas que cette politique laxiste porte automatiquement ses fruits. On a même vu le contraire depuis 15 ans au Japon…

3)   Elle est surtout porteuse d’une contradiction fondamentale.

Soit que cette politique s’avère inopérante, les agents économiques préférant reconstituer leurs encaisses avant toute autre chose. Soit qu’elle fonctionne, et alors, rapidement, par un renversement des anticipations, que les bons économistes connaissent bien, mais que les hommes politiques ignorent – c’est pourtant fondamental, les anticipations, dans la vraie vie économique – les agents économiques se précipitent pour acheter ce qu’ils boudaient jusque-là, et l’inflation repart en même temps que la production. Les liquidités brûlent les doigts de ceux qui en ont. L’hyper inflation est alors alimentée par l’inévitable changement de pieds des dirigeants des banques centrales, qui sont bien obligés d’essayer d’éteindre l’incendie.

Tel est le scénario horrible, non pas certain mais possible, par lequel nous passerions bientôt de la récession/déflation à la reprise/hyper inflation.

Ce scénario est conforme à l’enseignement des meilleurs économistes, que ce soit Von Mises, Friedrich Hayek, Murray Rothbard ou Jacques Rueff. Tous nous ont mis en garde contre les manipulations monétaires. Nous nous y vautrons comme jamais… Tous nous ont conseillé d’établir une politique monétaire et financière stable, l’adossement à l’or étant le meilleur moyen d’y parvenir…

Une question légitime doit alors être posée : que faut-il faire de son épargne pour la protéger, et si possible la transmettre ?

–     Certainement acheter de l’or. Comme les Chinois, dont le stock officiel vient de dépasser les 1 000 tonnes (l’équivalant de la production mondiale de huit à neuf mois…). Et à l’inverse du FMI et  de la plupart des banques centrales, qui ont vendu du métal jaune depuis 30 ans, sans empêcher que les cours de celui-ci, sur la période, soient multipliés par quatre !… Mauvaise gestion !

–     Certainement ne pas acheter d’obligations à long terme, quels que soient les émetteurs, car si les taux remontent, les valeurs vénales baisseront…

–     Conserver et même oser acheter de l’immobilier bien placé. Depuis six mois, à Paris, la décote est de 20%. Elle peut s’accentuer. Mais on trouve à emprunter à taux fixe à 4% sur 15 ans et à 5% sur 30 ans. Si l’inflation revient, et si l’immobilier reste un refuge relatif, ceux qui auront emprunté à ces conditions auront fait une bonne affaire. Et ceux qui auront conservé leurs biens aussi… À condition de pouvoir attendre la fin de la crise…

La citation du jour : « La concurrence entre les producteurs est bonne pour le consommateur et le monopole contraire à ses intérêts » (Adam Smith).

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À crise globale, réponse globale, ou pas ?

Posted by alaindumait sur 17/05/2009

 

460 pages, 29€

460 pages, 29€

C’est un autre sophisme du moment : « comme la crise est globale, la réponse à la crise ne peut être que globale… » Quel homme politique, quel journaliste n’a-il pas au moins une fois prononcé cette formule ?

Mais à y regarder de plus près, a t-elle un sens ?

La première partie de la formule est sans doute à peu près juste. Le commerce des biens et des services est mondial. Y compris et surtout celui des services financiers. Les banques sont multinationales. Les marchés sont interconnectés. Les changes sont libres, au moins pour les monnaies dites « convertibles »…

C’est ainsi que les produits toxiques, issus de la titrisation de prêts hypothécaires américains, se sont retrouvés dans les bilans de toutes sortes de banques et de portefeuilles, partout à travers le monde.

Mais il y a beaucoup d’exceptions… En France, 400 banques sur 430 (les plus modestes…) sont sans doute indemnes de produits toxiques. Même si elles souffrent elles aussi de la dégradation des conditions de marché…

Et les pays ne sont pas tous touchés aussi violemment. Le Canada, voisin des Etats-Unis, est presque épargné par la crise, avec des banques qui ont toujours été plus raisonnables dans la distribution de crédits…

La seconde partie de la formule est parfaitement contestable.

Admettons un instant que la crise soit d’origine « naturelle » ou « divine »… Un peu comme une tempête ou un raz-de-marée… C’est d’abord individuellement qu’on sauve sa peau. Si l’on veut construire une digue, elle ne constituera un abri que pour quelques-uns. Quant à supprimer, pour l’avenir, les tempêtes et les raz-de-marée, cela suppose qu’on se trouve face à une situation non plus « naturelle » ou « divine », mais « humaine ». Si la crise a pour origine telle ou telle erreur de politique publique, tel ou tel élément de construction économique et sociale, il faut et il suffit que ces erreurs ou fautes soient identifiées et les systèmes réformés.

Si les fameux subprime ont été le facteur déclenchant, il est indispensable de les supprimer. Ce qui, à notre connaissance, soit dit en passant, n’a pas été fait, Fanny Mae et Freddie Mac continuant à pérorer comme si de rien n’était…

Si l’inflation des crédits bancaires, et une politique monétaire beaucoup trop laxiste de la part des instituts d’émission, ont constitué le facteur sous-jacent, il faut revoir les fondements du système.

Mais comment ?

Deux méthodes sont possibles. Celle des sophistes (« à crise globale, réponse globale »). Ils se retrouvent au G20, veulent transformer le FMI en un gouvernement mondial financier, sans renoncer aux privilèges qui résultent pour eux du « cours légal » du dollar, de l’Euro ou des autres monnaies, si peu souveraines et de moins en moins populaires.

C’est celle qui est suivie depuis 1914 et l’abolition de l’étalon or.

L’autre méthode n’est pas exactement symétrique de la première, car il n’y a à peu près aucune chance que notre embryon de gouvernement mondial procède, collectivement, au rétablissement de l’étalon or.

La solution, à la fois raisonnable et possible, a été décrite par Friedrich A. Hayek dès 1975, à l’occasion d’une conférence prononcée à Lausanne le 25 septembre, et dont on trouve la traduction française dans un ouvrage paru il y a quelques semaines, aux Editions Les Belles Lettres, collection « bibliothèque classique de la liberté » (dirigée par Alain Laurent) et intitulé « Nouveaux essais de philosophie, de science politique, d’économie et d’histoire des idées » (pages 319 à 337)

Hayek propose de laisser en place les instituts d’émission qui se sont tant développés depuis 1914. Et de revenir seulement sur leur prétention au monopole, aussi bien quant à

l’usage des monnaies que quant aux références monétaires des contrats.

Cette mise en concurrence des banques centrales, et de leurs monnaies, y compris avec l’or, suffirait en effet, sans doute, à calmer les tentations permanentes de manipulations, dont l’histoire monétaire est riche, depuis John Law, jusqu’à Alan Greenspan, en passant par John Maynard Keynes…

Certes, ces manipulations ne sont pas toujours de simples escroqueries. Il est exact que des taux d’intérêt artificiellement bas peuvent favoriser l’emploi et l’activité. Mais cela ne peut être que temporairement, tout en introduisant les germes de la crise financière suivante.

Car, à court terme ou à moyen et long terme, des taux d’intérêt naturels existent. Le problème résulte du fait qu’en situation de monopole des banques centrales, qui fixent les taux courts, le taux d’intérêt naturel reste caché. Un peu comme le prix des choses en système de contrôle des prix. Mais les vrais prix existent toujours. Quand ils sont cachés ils de vengent en générant des déformations aux systèmes, qui obligent ceux-ci à se réformer. ou à mourir.

Nous y sommes. 

La citation du jour : « Ce qui fait de l’État un enfer, c’est que l’homme essaie d’en faire un paradis » (Friedrich Hölderlin).

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La France est « épargnée » par la crise… Comme elle l’était du nuage de Tchernobyl, ou comme l’URSS était à l’abri du chômage !…

Posted by alaindumait sur 16/05/2009

2C’est le nouveau crincrin franchouillard : la France, bien que « touchée » par la crise, en serait pourtant largement « épargnée ». Pour preuve, au 1er trimestre, un recul de l’activité mesurée à – 1,2%, alors que c’est beaucoup plus chez nos principaux voisins, Allemands et Italiens en particulier.

Les chiffres avancés sont sans doute exacts. Et l’explication par les « amortisseurs » de la protection sociale, par le poids de la sphère publique, par les garanties et les sécurités publiques paraît pertinente ?

Mais faut-il s’en réjouir ? Ce ne serait que la contrepartie positive du fait que, quand la croissance battait son plein au niveau mondial, notre pays avait du retard dans la compétition. En somme : nous souffrons moins parce que nous avons moins profité…

Il suffit de pousser le raisonnement jusqu’à l’absurde pour en voir les limites. Si la protection sociale et la sphère publique nous protègent partiellement des conséquences de la crise, et si c’est cela que nos dirigeants cherchent, alors la solution serait d’aller vers encore plus d’Etat et de protection. Car on se souvient que l’URSS pouvait se vanter d’être « épargnée » par le chômage. Mais c’était aux dépens de toute productivité…

Sur le long terme, moins de croissance en général et plus de protection en période de récession n’est pas un bon choix : il est globalement perdant.

Surtout, il s’agit d’une fausse alternative. D’un raisonnement macro-économique, qui n’a rien à voir avec la vraie vie, qui est dans la micro économie.

La moindre récession observée par l’Insee dont il est question est une moyenne entre des situations très contrastées : des salariés protéges dans la sphère publique, dont les salaires continuent d’augmenter, et qui osent sans pudeur manifestée dans la rue pour qu’ils soient encore revalorisés, et d’autres, dans le secteur privé exposé, qui perdent  leur emploi ou qui  sont au chômage partiel. La crise n’est pas plus douce en France qu’ailleurs. Certains y échappent, statutairement, pour l’instant…

Les crises économiques ne se mesurent pas seulement à l’intensité de la récession et du chômage. Elles s’apprécient encore et principalement par leur durée. Observons simplement que la France  des années trente, qui était déjà en état de « protection sociale avancée » par rapport à ses concurrents, a mis 20 ans pour retrouver un niveau de production d’avant crise, quand d’autres pays s’en sortaient beaucoup plus rapidement.

En vérité la protection sociale pourrait faire beaucoup pour soutenir l’activité et la croissance économique. Cela supposerait qu’on revienne à une vraie et solide protection, qui ne peut s’appuyer que sur l’épargne. Et qu’on tourne le dos à la fausse protection à la française, financée par la dette.

C’est d’ailleurs sans doute l’origine profonde de cette crise : l’excès général des crédits et des dettes, au lieu et place de l’épargne, seul vrai moteur d’un capitalisme solide.

La citation du jour : « Là où les citoyens comptent trop sur les autorités, ils finissent par ne pas assez compter sur eux-mêmes, et la cause la plus efficace du progrès en est neutralisée » (Frédéric Bastiat).

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Budget 2010 : le minimum serait de bloquer en volume les dépenses publiques

Posted by alaindumait sur 10/05/2009

20090514-fillonCette année, la totalité de l’impôt sur le revenu ne servira qu’à payer les frais du remboursement de la dette publique ! Comme celle-ci explose, c’est une véritable bombe à retardement que nous préparons pour les générations futures. Dès que les taux d’intérêt remonteront – et ils ne peuvent pas baisser encore beaucoup quand ils sont à 1% pour les banques au guichet de la BCE… – la charge de ces remboursements deviendra insupportable.

Portant, à juste titre, le président de la République a réaffirmé qu’il n’était pas question d’augmenter les impôts. Il n’y a donc qu’une seule solution : réduire la dépense publique globale.

À l’occasion d’un colloque qui s’est tenu le lundi 4 mai, organisé par l’association pour la fondation internationale des finances publiques le premier président de la Cour des comptes, M. Philippe Seguin a rappelé que la dette publique française s’élevait à 68% du PIB. 52 000€ par Français actif. C’était 40% à la veille de la récession de 1993. Celle-ci avait fait bondir celle-là à 60%. On peut donc craindre qu’on ne soit à 100% du PIB en 2011…

Il faut donc réagir. Comment ? En diminuant les dépenses publiques. Comme c’est très difficile, il faut fixer des règles simples et incontournables. Celle avancée par Mme Carine Bouthevillain, de la Banque de France, est la plus raisonnable : bloquer les dépenses en volume pendant 15 ans. Non pas pour rembourser toute la dette, mais pour la stabiliser, puis la ramener à 80% puis 70% du PIB, ou moins encore, si la croissance revient.

Gilles Carrez, rapporteur général du budget à l’Assemblée Nationale, prévient : il faudra s’attaquer au budget social.

Car, comme le dit si bien Mme Lagarde : « les dettes doivent toujours être remboursées »…

La citation du jour : « Hélas ! on voit que tout le temps les petits ont pâti des sottises des grands » (Jean de La Fontaine).

 .

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Sarkozy : du centre droit au centre gauche.

Posted by alaindumait sur 09/05/2009

ec11a31b75a6ceb385636b275c1a08e1Nicolas Sarkozy a raison de dire qu’il a été élu pour cinq ans et qu’il ne sera jugé qu’en 2012. Mais il a tort de croire qu’il fera davantage dans les trois ans qui lui restent que dans les deux années qui viennent de s’écouler.

En effet, dans notre système politique et social, la légitimité démocratique, passés les cent premiers jours, est rapidement contestée par les défenseurs du statu quo et des avantages acquis. Le président peut bien disposer d’une large majorité absolue à l’Assemblée Nationale, il ne peut agir qu’avec l’aval des potentats qui campent sur leurs positions stratégiques et qui menacent d’en appeler au blocage et à la rue, avec les menaces de désordres qui en découlent, à la moindre réforme.

Bref – et on le voit bien avec la réforme en cours très contestée des universités – la marge de manœuvre du pouvoir politique est des plus réduites, à partir du moment où elle doit s’inscrire à l’intérieur de ce qui est tenu pour acceptable, par des adversaires politiques résolus.

Là se trouve d’ailleurs, à mes yeux, l’erreur majeure du chef de l’Etat : il a pensé qu’il saurait « baratiner » nos grands chefs syndicalistes et même qu’il n’en ferait qu’une bouchée… En vérité, ils ont accepté la familiarité, le tutoiement, et les invitations à déjeuner, mais ils sont restés scrupuleusement dans leur rôle. Alors que Nicolas Sarkozy ne s’estimait lié à rien ni personne. On a vite compris qu’il ne serait pas notre Margaret Thatcher !… Or, il faudra bien, un jour, affronter de front les forces du blocage social, autoproclamées « populaires » et « de progrès ». Que les appareils syndicaux puissent bloquer les transports publics, rationner l’énergie, paralyser l’éducation et installer le désordre dans la rue, pour s’opposer à un gouvernement disposant d’une majorité légitime sera toujours un scandale institutionnel.

On ne peut pas reprocher au président de la République d’être allé, pour l’emporter, pêcher les voix du Front National. Mais la logique aurait voulu qu’il s’appuie sur cette majorité de droite pour faire une politique de droite. En faisant l’inverse, avec son ouverture à gauche, il a pris un grand risque. Sauf à pouvoir se prévaloir de résultats tangibles incontestables.

Les quelques bonnes réformes mises en œuvre, pour intéressantes qu’elles soient, ne sont pas de nature à rompre avec le fiscalisme à la française. Le paquet fiscal avec un plafond à 50% (ou presque) pour la fiscalité des personnes assujetties à l’ISF, la possibilité d’investir dans des PME en réduction de l’ISF, la possibilité donnée aux employeurs de négocier le départ de leurs collaborateurs, ou encore le statut de l’auto-entrepreneur sont quatre réformes sans doute positives. Mais noyées dans une diarrhée, évaluée à quelque 1181 chantiers par l’Institut Thomas More !

Et puis il y a eu la crise économique mondiale. En septembre 2008, quand le Trésor américain lâche Lehman Brothers, Nicolas Sarkozy est aussi le président de l’Union Européenne. Il est de ceux qui prennent la décision de sauver toutes les banques, en commençant par Dexia et Fortis, en continuant pas BNP-Paribas et la Société Générale. Ses conseillers – en tête desquels, semble-t-il, Michel Pébereau – le convainquent que seule une politique keynésienne est possible : on fera baisser les taux d’intérêt, et on laissera filer les déficits, pour limiter la chute de la production et l’affaiblissement de la consommation. Et l’on remboursera les dettes avec la croissance à venir. Et tant pis si, pour contrecarrer la déflation, on fait ensuite un peu d’inflation…

Pour classique que soit cette politique, elle n’en est pas moins risquée, car elle suppose un retour à la croissance. Pourtant, au mieux, en 2010, les conjoncturistes ne voient qu’une stabilisation… Et, à tout moment, dans un contexte de défiance monétaire, la moindre inflation peut se transformer en hyper-inflation, non-maitrisable, le facteur déclanchant étant le retournement de la politique de baisse des taux des banques centrales.Or, quand les taux sont à Zéro (1% pour la BCE), il n’est pas besoin d’être un grand économiste pour deviner qu’un jour ou l’autre ils remonteront….

Comme Madame Lagarde le serine aux consommateurs, « un crédit doit être remboursé ». S’agissant de la dette de l’Etat, si ce n’est ni la croissance, ni l’inflation qui s’en charge, il faudra bien augmenter massivement les impôts.

Le Président de la République a dit et répété qu’il s’interdisait de le faire au titre du budget 2010. Espérons pour lui, et pour la droite, qu’il ne soit pas contraint de le faire un an plus tard, année précédant la fin de son actuel mandat… La perspective d’une victoire d’un candidat de la gauche, quel qu’il soit, constituant un repoussoir absolu !…

La citation du jour : « Il y a deux vérités qu’il ne faut jamais séparer en ce monde : que la souveraineté réside dans le peuple ; que le peuple ne doit jamais l’exercer » Antoine de Rivarol).

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Témoignages sur la loi HADOPI

Posted by alaindumait sur 06/05/2009

En complément de mon article du 1er mai 2009,

voir :

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