Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Archive for juin 2009

Il n’y a pas de bon déficit !

Posted by alaindumait sur 23/06/2009

arton1606-95b62Le président Nicolas Sarkozy, dans son discours au Congrès de Versailles du 22 juin, a clairement annoncé aux Français qu’il avait choisi d’augmenter les déficits publics. Et de les financer, pour une part, par un grand emprunt, les épargnants étant appelés à la rescousse des contribuables. Ce qui revient à ajouter un prélèvement facultatif à des prélèvements obligatoires, qui sont déjà les plus élevés du monde !

Car, au-delà des innovations sémantiques, l’conduisant à distinguer les déficits, selon qu’ils assurent les fins de mois de l’Etat providence, qu’ils sont liés à la crise ou qu’ils financent « l’avenir », et à les qualifier de « mauvais » ou de « bon », c’est globalement à un regain d’interventionnisme public que le chef de l’Etat a engagé le prochain gouvernement. Au nom du mythe de l’investissement public.

Il dit vouloir ramener à zéro le déficit « structurel ». Comme celui-ci représente 40% des recettes de l’Etat, il serait préférable de dire concrètement comment on fait… D’autant que, dans la foulée, le Président justifie les déficits sociaux – 30 milliards d’euros pour la sécu « que tout le monde nous envie » – en les rebaptisant « amortisseurs »…

Quant aux «dépenses d’avenir », correspondant à des « priorités », qui seront identifiées après une concertation nationale de trois mois, on a hâte d’en découvrir la nature exacte, qui, jusqu’à présent, quoique profitables, auraient échappé au flair du marché et des entrepreneurs. Va-t-on nous refaire le coup du « plan calcul », de « l’informatique pour tous », da la « filière graphite gaz », ou d’autres « pyramides à la française » ?

Il semble que le président ait plutôt en tête le financement de nouvelles prestations sociales : un salaire d’un an pour les licenciés économiques, et une prise en charge des jeunes sans emploi ni formation suffisante de 18 à 24 ans, sont deux nouvelles réformes qui ont été clairement énoncées.

Ce ne sont-là des « dépenses d’avenir » que pour les seuls zélateurs de l’Etat-providence. Craignons plus prosaïquement qu’elles nous mènent à la faillite…

« Les paroles vraies ne sont pas agréables. Les paroles agréables ne sont pas vraies » (Lao-Tseu).

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Port de la burqa : la contradiction des immigrationnistes

Posted by alaindumait sur 20/06/2009

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Il y a eu l’affaire du voile islamique à l’école (loi du 15 mars 2004 interdisant les signes religieux ostensibles dans les établissements scolaires publics). Voici l’affaire du port de la burqa dans les lieux publics.

J’écris ce texte avant l’intervention annoncée sur ce sujet du président de la République à l’occasion de son message au Congrès.

Franchement, je ne vois pas pour quelle raison une personne n’aurait pas le droit de s’habiller comme elle l’entend.

On prétend – et c’est  sans doute vrai dans un grand nombre de cas – que ce vêtement est porté sous la contrainte du mari ou de la famille. Mais même si cela était prouvé, ira-t-on demander à d’autres personnes, portant d’autres vêtements singuliers, s’ils le font de leur plein gré ? Évidemment non !…

Je vois bien que l’extension en France du port de cette robe-prison, qu’on l’interdise ou non, pose et posera toutes sortes de problèmes pratiques.

Surtout, cela démontre, s’il en était besoin, que le fossé loin de se combler se creuse entre ce qu’on peut appeler une modernité occidentale, et la morale islamiste. Et ce fossé se creuse à l’intérieur même de notre pays, du fait d’une population plus ou moins musulmane de quelque six millions de personnes.

Il y a évidemment une relation très forte entre d’une part la représentation des personnes, la relation du vêtement et du corps, et, pour les femmes, leur place dans la société, leur liberté, et d’autre part la culture et même la civilisation à laquelle les uns et les autres appartiennent.

9782283023716Selon le journaliste Denis Bachelot – qui vient de faire paraître chez Buchet-Chastel un essai très documenté intitulé « L’islam, le sexe et nous » (200 pages, 17 €) – le conflit entre l’Occident et l’Islam, n’est pas tant religieux que « sexuel », dans la mesure où il porte sur la représentation de la femme dans tous les aspects de la vie sociale et culturelle et même du point de vue individuel de sa personne. L’occident accepte parfaitement toutes sortes de religions et de sectes. Mais il ne supporte pas la burqa. L’islam supporte lui aussi toutes sortes de mécréants. Mais ne tolère pas que leurs femmes viennent les provoquer en portant des vêtements ridiculement mini…

À cet égard, la généralisation du port de la burqa, non seulement en Afghanistan et en Iran, mais aussi dans les pays du Golfe, au Moyen-Orient, au Maghreb et même en France est symptomatique moins d’un radicalisme religieux que d’un repli identitaire, dont la représentation féminine est la vraie pierre angulaire.

Or, dans le même temps, la représentation de la femme dans la modernité occidentale est de plus en plus dépravée, provocante et à la limite de la pornographie. C’est d’ailleurs sans doute en réaction à cette exhibition qu’un nombre de plus en plus grand de musulmans, en France et ailleurs, font le choix du rigorisme, au prix de l’enfermement des femmes !

Une soixantaine de parlementaires français de tous bords demandent une Commission d’enquête sur le port de la burqa. Pourquoi pas ? Les témoignages des uns, des unes et des autres peuvent être fort intéressants. Mais pourquoi pas, parallèlement, une autre commission d’enquête sur l’exhibition sexuelle post-moderne ?

En effet, essayons d’être logique.

Le politiquement correct est immigrationniste. Et, j’espère, favorable à la paix civile. Il vaudrait mieux, de son point de vue, j’imagine, qu’il y ait convergence plutôt que divergence entre l’occident et l’islam, sur ce terrain de la modernité. En somme, si l’on veut décourager la burqa, peut être faudrait-il rhabiller quelque peu les mannequins qui posent quasiment nues sur les affiches et les journaux pour promouvoir voitures et crèmes glacées…

Le problème est que ce sont à peu près les mêmes qui défendent cette pseudo modernité, dont la femme libérée est le symbole, qui de ce fait favorise le désir de burqa, et qui veulent l’interdire !…

« La difficulté avec la tolérance, vient de ce qu’elle parait tout à la fois nécessaire et impossible… » (Bernard Williams)

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Vers un recul important du jour de la libération fiscale des Français

Posted by alaindumait sur 17/06/2009

moton234-8c3e0Cette année, la date du jour de la libération fiscale des Français a été fixée au 15 juillet. Avant, contraints et forcés, nous travaillons pour la collectivité. A partir de ce jour-là nous commençons à travailler pour nous mêmes. En moyenne …
Les données qui servent à déterminer le jour exact de la libération fiscale des Français ont été établies par « Contribuables Associés » en 1999. Depuis, chaque année, ce sont les mêmes bases qui servent à fixer cette date, tant attendue par nos concitoyens et tous les médias.
Ces données sont incontestables, et d’ailleurs incontestées. Elles sont extraites d’un tableau publié chaque année, au mois de décembre, par le très officiel OCDE, qui permet de suivre, pour tous les pays du monde, la proportion des dépenses publiques par rapport au PIB, produit intérieur brut.
Les dépenses publiques, en numérateur, regroupent toutes les dépenses publiques du pays, celles des collectivités locales et des organismes de sécurité sociale comprises. Le PIB, agrégat qui mesure la production cumulée de tous les agents économiques de ce pays, en dénominateur, inclut les services rendus par les administrations.
Évidemment, dans un pays où l’Etat, dès le mois d’octobre, paye ses fonctionnaires avec de l’argent emprunté, les dépenses sont largement supérieures aux impôts. La différence s’appelle « déficit public ». Ce sont des impôts reportés sur la tête de nos enfants et de nos petits-enfants
Ce ratio, dépenses publiques/PIB, soit 53,2% cette année, est ensuite facilement converti en journées de calendrier, en le multipliant par le nombre de jours de l’année, 365, ou 366 les années bissextiles (comme 2008)
Cette année, la date de la libération fiscale a reculé de trois jours. Nous sommes passés du 13 juillet au 15 juillet, ce qui fait bien 3 jours, en tenant compte du fait que 2008 était bissextile…

Beaucoup, sans doute, s’attendaient à pire, compte tenu des plans de relance lancés par le gouvernement pour faire face à la crise (dit-il) !
Pour l’essentiel, ces nouvelles dépenses publiques s’inscrivent dans le budget pour 2009. Or les données de l’OCDE, que nous reprenons, sont établies en décembre 2008.
L’élargissement du déficit des finances publiques de la France sera principalement sensible l’année prochaine, quand nous serons appelés à fixer la date du jour de libération fiscale 2010.
Idem pour le recul du PIB, attendu à 3,2%.
Le cumul de dépenses, publiques en augmentation (non seulement au niveau de l’Etat, mais plus encore au niveau des collectivités territoriales et des organismes de sécurité sociale) et d’un PIB en diminution risque fort d’être catastrophique. Mais attendons la suite…

Pour « Contribuables Associés », la célébration de cette journée est une façon de communiquer à la fois sur ce « mal français » et sur ce « grand mensonge ».
L’excès de la dépense publique est un « mal français », dans la mesure où il nous touche plus fortement que tout autre pays.
Et c’est un « grand mensonge » pour la raison que le gouvernement essaye de nous faire croire que la dépense publique serait un « + », qui viendrait s’ajouter à la dépense privée.
Or, loin de s’y ajouter, la dépense publique vient l’amputer. L’argent qui va aux impôts et aux taxes n’est plus disponible pour ceux qui l’ont gagné, souvent à la sueur de leurs fronts. Et celui qui sert à financer la dette publique, qui explose, manquera aux ménages et aux entreprises, pour financer leurs projets immobiliers ou leurs investissements.
Quand tout va bien, il faut être économe des deniers publics. Et quand c’est la crise, il faut l’être encore plus !

« Le ciel se rit des prières qu’on lui fait pour détourner de soi des maux dont on persiste à vouloir les causes »(Bossuet).

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Le Président doit se méfier des réchauffistes !

Posted by alaindumait sur 09/06/2009

arton1638-2771aLes Verts, emmenés par Daniel Cohn Bendit – ce héros de mai 68, dont le président de la République a si bien dit, le temps d’une campagne, tout le mal qu’il en pensait … – ont donc remporté une indiscutable victoire à l’occasion du scrutin du 7 juin pour l’élection de nos 72 représentants au Parlement européen. L’UMP tire son épingle du jeu, mais le PS doit absolument, pour relever la tête, refaire le coup de « l’Union de la gauche »…

Les médias avaient deux chouchous : François Bayrou et Cohn Bendit. Le premier était le meilleur véhicule de leur anti-sarkozisme primaire. Mais le second était – est, depuis longtemps – celui de leur cœur. On a donc assisté à un déchaînement environnementaliste dans les derniers jours de la campagne, avec, en point culminant, la diffusion mondiale le 5 juin  du film de propagande de Yann Arthus-Bertrand, qui ne cache pas, tout comme Nicolas Hulot, son tropisme écolo.

Le gouvernement, depuis « le Grenelle de l’environnement », est à la remorque de ce lobby. Or toute initiative dictée par lui profite évidemment, non pas au gouvernement mais plutôt à ses adversaires…

Quand un maire de droite porte à 50% du parc immobilier de sa ville la part du logement social, il peut se préparer à laisser son écharpe à son opposition de gauche. Quand la France sera couverte d’éoliennes, et que son budget fonctionnera à la taxe carbone, Martine Aubry sera présidente de la République et Cohn Bendit son Premier Ministre !

Or, n’en déplaise aux réchauffistes, la catastrophe climatique est toute à fait incertaine. Et, si un danger est avéré un jour, ce serait dans des proportions modestes, n’ayant rien, à voir, par exemple, avec le climat qui régnait sur terre quand le Groenland était vert…

Monsieur le Président, vous n’êtes pas obligé de prendre parti dans cette querelle. Mais vous avez l’obligation de tenir votre principale promesse, qui est de ne pas augmenter les impôts, même au nom d’une très hypothétique dégradation climatique.

« Il est très facile d’empoisonner l’esprit des hommes avec une idée » (Honoré de Balzac).

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La droite française prise en otage par les Verts

Posted by alaindumait sur 08/06/2009

encouleurLes résultats des élections du 7 juin obligent à tirer plusieurs conclusions.

1) Au plan national, la gauche n’a jamais été à la fois aussi divisée, et, en même temps, aussi forte. Symétriquement, l’UMP n’a jamais été aussi dominant, et aussi minoritaire…

L’extrême gauche est à 13%, les Verts à 16 et les socialistes à 17. Total : 46%. L’union de cet ensemble, pour difficile qu’il soit, n’est  pas impossible, puisqu’il a eu lieu dans le passé récent (de fait, entre 1981 et 1995).

L’UMP est à 28%. Avec les divers droite – notamment Philippe de Villiers – on monte à 35%. Mais personne ne peut raisonnablement pensé que le Front national et autres mouvements dits d’extrême droite, qui assemblés ont obtenu 7% des voix, puissent se réunir avec le parti du Président. Et le Modem de François Bayrou, réduit à 8,50%, penche beaucoup plus à gauche qu’à droite.

C’est le premier et double paradoxe. Nicolas Sarkozy peut y trouver de nouvelles justifications de sa stratégie d’ouverture à gauche. D’autres – dont nous sommes – lui conseilleraient plutôt de cesser de faire la promotion de la culture de la gauche…

2) L’émergence des Verts est aussi impressionnante qu’inquiétante. Globalement, le parti de Cohn Bendit fait presque jeu égal avec le PS. Mais, à Paris, où la sociologie de l’électorat, plus bobo que partout ailleurs, grossit les phénomènes nationaux et souvent les anticipent, les Verts font près du double que le PS !

Or Dany-le-rouge est depuis longtemps partisan d’un compromis très simple avec ses vieux complices/ennemis sociaux-démocrates, qui peut ainsi se résumer : « à eux les places, à nous le programme ». Je crains que, sur une telle base, l’accord se fasse assez facilement et assez rapidement.

Les verts, en renonçant d’emblée au leadership, conforteraient leur influence réelle, qui est d’ors et déjà dominante dans les médias.

Si 85% des journalistes disent eux-mêmes voter plutôt à gauche, plus de la moitié de cette large majorité sont de sensibilité « écolo ».

C’est ce qu’on a encore vérifié avec la diffusion mondiale du film « Home » de Yann Artus-Bertrand, le 5 juin, ultime coup de pouce aux Verts. La politique dite de l’environnement est bonne pour les verts, comme la politique dite du logement social, ou de l’aide  sociale est bonne pour la gauche. En ce sens, les hommes politiques de droite, depuis trente ans, auront beaucoup fait pour apporter des électeurs à leurs principaux adversaires…

3) À ce point de mon raisonnement, certains me feront remarquer que je me situe au plan de la politique politicienne. Mais il s’agit aussi d’un choix de société, le plus grave jamais posé… Si les catastrophistes de l’environnement et les réchauffistes du climat ont raison, si notre planète est en péril, à l’horizon des vingt prochaines années, alors il faut en effet fermer nos usines, en commençant par les mines et les centrales électriques, obliger le tiers-monde à en faire autant, et revoir complètement nos modes de vie et de consommation.

Car, au nom du réchauffement climatique, c’est ni plus ni moins à la croissance et au progrès, en commençant par notre liberté, que la terreur verte nous demande de renoncer.

Or, ce réchauffement climatique, proclamé par la pensée unique, n’est pas du tout certain ; au pire, il serait assez faible ; et probablement moins « industriel » que « naturel » (le CO2 est plutôt le fait des vaches que des usines !…). De toute façon les forces du marché sont plus efficaces pour s’y adapter que les réglementations étatiques.

Au nom d’un réchauffement climatique hypothétique, voulons-nous, oui ou non, renoncer à notre liberté ? Tel est l’enjeu de ce nouveau totalitarisme, dont les Verts de Daniel Cohn Bendit constituent l’avant-garde.

(Sur ce sujet lire impérativement, de Vaclav Klaus : « Planète bleue en péril vert »)

4) On vérifie une fois de plus que les élections à la proportionnelle sont à la fois plus justes, mais aussi qu’elles ouvrent la voie à toutes sortes de manipulations.

Le 7 juin au soir, en moyenne, dans toute l’Union Européenne, la droite et les conservateurs l’emportent. Et le 8 juin au matin, les écolos proposent une entente aux sociaux-démocrates pour essayer de barrer la route au président sortant de la Commission, Manuel Barroso, réputé de droite, en profitant de la dispersion des autres groupes.

On pense à certaines périodes de la Quatrième République, quand la victoire électorale d’un camp aboutissait à la désignation d’un Président du Conseil de l’autre camp…

« Les hommes ont de grandes prétentions et de petits projets » (Vauvenargues).

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Je ne suis pas allé voter

Posted by alaindumait sur 07/06/2009

social-democratiePour la première fois depuis très longtemps, je ne suis pas allé voter. Non pas pour faire autre chose, ni par paresse, mais simplement pour refuser le faux choix présenté à l’occasion de ces élections au Parlement Européen.

Tout d’abord, le droit de ne pas aller voter est un droit aussi fondamental que celui de pouvoir le faire. Le vote obligatoire est une forme de totalitarisme.

Si l’élection n’a d’autre intérêt que de désigner 72 personnalités à la recherche d’une sinécure, je préfère qu’on les tire au sort, comme les jurés de nos cours d’assises !

On nous dit que le Parlement de Strasbourg-Bruxelles-Luxembourg prend des décisions importantes.

Les témoignages des parlementaires eux-mêmes amènent parfois à en douter.

Dans un entretien au journal « Le Monde » publié le mercredi 3 juin, le député sortant UMP Jacques Toubon déclare : « un des textes les plus importants que nous ayons voté en 2008 portait sur la sécurité des jouets ». On se demande sur quels sujets portaient les textes moins importants…

En vérité, l’exemple de Jacques Toubon avait pour but de montrer que le clivage droite gauche n’était pas toujours le plus pertinent, et qu’il fallait surtout, au-delà des étiquettes, des parlementaires sérieux et compétents. On se souvient que l’homme, ancien énarque, a été formaté pour être un bon technocrate…

S’il s’agit, en effet, d’examiner des projets de directives sur la sécurité des jouets, on ne voit pas ce que viennent faire les formations politiques, si ce n’est pas pour contrôler la Commission, entériner  les décisions du Conseil des ministres et surveiller la Banque centrale européenne.

Il se trouve que j’ai une idée assez précise de ce que je veux pour l’Europe.

D’abord une Europe qui me protège en assurant ma défense, en en fixant les règles d’une immigration maîtrisée. Une Europe qui stimule la recherche de haut niveau et les échanges universitaires. Qui fasse la chasse aux gaspillages, à la corruption et aux subventions. Qui applique le principe de subsidiarité et laisse donc aux autres collectivités l’essentiel du champ de l’espace public.

Je n’avais pas le sentiment qu’en votant pour une liste ou pour une autre je serais mieux représenté, en tout cas dans le sens de ces idées-là…

Je suis donc resté chez moi.

La citation du jour : « Les despotes eux -mêmes ne nient pas que la liberté ne soit excellente ; seulement ils ne la veulent que pour eux-mêmes, et ils soutiennent que tous les autres en sont indignes tout à fait » (Alexis de Tocqueville).


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À quoi sert de sauver la General Motors ?

Posted by alaindumait sur 06/06/2009

1028904226-qui-veut-de-general-motors15 septembre 2008 : dépôt de bilan et liquidation de Lehman Brothers

1er juin 2009 : dépôt de bilan de General motors, ex-première entreprise mondiale et numéro un de l’automobile pendant 77 ans.

Le premier a été « sec » : pas de recherche de repreneurs, au-delà des quelques établissements qui sont aussi ses concurrents et qui n’ont d’autre intérêt, semble-t-il, que de faire disparaître un acteur trop entreprenant, et malheureux dans ses choix risqués.

Le second a été « ordonné », avec le concours des pouvoirs publics (c’est-à-dire des contribuables, pour 50 milliards de dollars), moyennant un plan de restructuration présenté comme drastique. Mais toujours sans appel à des repreneurs éventuels non indigènes (sauf pour la division Hummer…)

 

1 ère remarque : la : procédure du dépôt de bilan permet de séparer rapidement le bon grain de l’ivraie. C’est la procédure « normale ».

2e remarque : pour les actifs rentables, il y a toujours des repreneurs possibles. L’intérêt des créanciers est que le maximum d’enchérisseurs puisse concourir à une reprise. Mais cela passe certainement par un démantèlement…

3e remarque : l’intérêt général est qu’une telle procédure soit engagée dès que les dettes probables sont plus élevées que les actifs certains. General Motors aurait dû déposer son bilan il y a plusieurs mois…

4e remarque : l’argent des contribuables n’a aucune raison d’être risqué dans un tel sauvetage.

 

Bien sûr que l’automobile n’est pas morte. Son besoin, et donc sa demande, ont encore de beaux jours devant eux. Mais il faut inventer de nouveaux produits et de nouveaux moyens de les fabriquer.

Les anciens dirigeants de GM sont-ils les mieux placés pour le faire ? Telle est la question majeure. Je crains que la réponse ne soit plutôt négative…

Quand une entreprise a échoué, il faut commencer par virer les dirigeants. Même s’ils peuvent encore être de bon conseil…

Donner 50 milliards de $ à une entreprise en dépôt de bilan est une double faute. Non seulement par rapport aux contribuables, mais aussi pour l’économie en général.

Ce sont de nouveaux constructeurs qui redresseront le secteur automobile, plutôt que les anciens. Cela passe par la suppression de capacités de production excédentaires et souvent obsolètes. Subventionner celles-ci ne fait que retarder le renouvellement. C’est bon pour l’emploi, mais pas pour la reprise !

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Planète bleue en péril vert

Posted by alaindumait sur 05/06/2009

IMG_0150Mardi dernier, 2 juin, le président en exercice de l’Union Européenne était venu à Paris présenter la traduction française de son livre : « Planète bleue en péril vert »

Je laisse le préfacier Jacques Garello résumer l’ouvrage.

– « le président Klaus pose le problème en termes de science de l’homme et non pas de sciences physiques. Au fond, il faut relativiser le réchauffement. C’est peu de choses, c’est un petit accident. Il y en a déjà eu dans le passé et un degré en un siècle, ce n’est rien du tout. Il y a déjà eu des plus fortes variations, cela n’a rien à voir avec l’actualité humaine et avec le CO2. Il ne s’agit donc pas d’un débat technique sur les sciences physiques. C’est plutôt un débat sur la liberté. C’est cette prétention d’une minorité de gens d’apeurer la totalité de la population et ces gens-là n’admettent pas la contradiction.

Pour le président Klaus, cela évoque cette espèce de pensée unique, de carcan intellectuel comme au temps du communisme. Et comme il le dit, ce qui est en danger, ce n’est pas la planète, c’est la liberté. »

 

Pour se procurer l’ouvrage : http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/BOOK/vaclav-klaus/planete-bleue-en-peril-vert-qu-est-ce-qui-est-en-danger-aujourd-hui-le-climat-ou,23986599.aspxplanete_bleue_en_peril_vert

 

Voir aussi sur YouTube :

La grande fraude du réchauffement climatique : http://www.youtube.com/watch?v=GH9GoTX1DDk

et

Réchauffement climatique = Mensonge ! :

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Ce n’est pas la consommation mais l’investissement qui sonnera l’heure de la reprise

Posted by alaindumait sur 01/06/2009

moton230-238x300Les nouvelles du front de la crise sont contrastées : les bourses reprennent du poil de la bête ; La remontée du prix du pétrole brut au-dessus de 65 $ le baril signifie que l’activité générale reste plutôt soutenue ; Ce que confirme les indicateurs de confiance et aussi ceux qui concernent l’activité pour le mois d’avril.

Voilà pour ce qui porte à l’optimiste.

Remarquons que l’inflation en mai serait à 0% dans la zone euro, alors que la masse monétaire disponible a augmenté de près de 5% depuis un an. Ce qui veut dire que les consommateurs continuent à se retenir d’acheter, préférant reconstituer leurs encaisses. Cette inflation à 0% recouvre un double phénomène : une baisse des prix dans le secteur marchand et une hausse dans le secteur administré.

Les spécialistes de ces questions s’attendent à une baisse du niveau général des prix au cours des prochains mois. Et à des risques sérieux d’inflation – voire d’hyper inflation – quand la reprise commencera à montrer le bout de son nez.

C’est à ce moment-là qu’on attend les apprentis sorciers des banques centrales au tournant !

Voulez-vous savoir ce qu’ils mijotent ? Allez voir sur le site de M. jacques Attali : http://www.slate.fr/story/2843/plaidoyer-pour-linflation. Je résume : il convient de continuer à ouvrir les vannes de la création monétaire, mais, dès que la reprise sera là, il faudra immédiatement mettre en œuvre un sévère plan de rigueur pour empêcher l’hyper inflation…

Le seul problème est que si les banques centrales ont les outils pour ouvrir les robinets et les fermer, ils n’ont pas les serpillières voulues pour assécher, sur commande, les liquidités auparavant créées par excès…

L’argent créé par les banques centrales atterrit toujours dans les poches de certains agents économiques. Et les comportements de ceux-ci, avec cet argent-là, peuvent être imprévus…

Dès que l’inflation dépasse un certain niveau, des comportements de panique sont à craindre.

Dans ces conditions, le moment précis de la reprise est crucial. Il faudra savoir le déterminer avec une grande précision.

Et celle-ci ne se lira pas tant dans les statistiques que dans les actes : on pourra parler de reprise quand l’investissement industriel repartira. C’est-à-dire, concrètement, quand les armateurs reprendront leurs achats de nouveaux navires, quand les transporteurs se mettront à acheter de nouveaux camions, des remorques neuves et des wagons étincelants.

De la même manière, on pourra dire que l’industrie automobile aura passé le mauvais cap où elle se trouve quand de nouvelles chaînes de production sortiront de terre. Ce n’est pas demain la veille !

Quant au moment où elle pourra rembourser ses dettes, qui se hasarderait à fixer une date possible ?

Après y avoir déjà mis 20 milliards de $ de l’argent des contribuables, le gouvernement Obama s’apprête à remettre 30 milliards de dollars dans les caisses de General motors. Le total représente deux fois et demie la capitalisation d’il y a cinq ans de l’entreprise…

L’argent des contribuables américains mis (sans mandat) dans ce gouffre n’a à peu près aucune chance d’être remboursé. Pas plus que l’argent des contribuables français mis dans la sidérurgie en France dans les années quatre-vingt…

À noter : le sauvetage des vieilles chaînes va retarder d’autant la construction des nouvelles. C’est comme ça que l’intervention publique fait se prolonger la crise…

La citation du jour : « L’homme est toujours le même et ce que disait Platon est encore vrai aujourd’hui » (Florin Aftalion ).

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