Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Archive for novembre 2009

Hommage à François Laarman (1939-2009)

Posted by alaindumait sur 25/11/2009

Avec beaucoup de tristesse, nous avons appris, par sa famille, hier mardi 24 novembre 2009, le décès de François Laarman. Il venait d’avoir 70 ans. Une maladie douloureuse l’a emporté.

Pour nous, François était avant tout le fondateur de Contribuables Associés. C’est lui, et lui seul, qui en avait eu l’idée, sur le modèle d’une organisation américaine qu’il avait rencontrée à Washington au début des années 80 (National Taxpayers Union). C’est lui qui l’a mené jusqu’à son accomplissement.

Entre 1985 et 1990 (nos statuts ont été déposés à la Préfecture de police de Paris le 7 février 1990), François élabora en détail le projet de notre association et s’efforça de rassembler autour de lui quelques amis qui constituèrent avec lui le premier « bureau ».

Il y avait Bernard Legrand, compagnon de route à l’Institut La Boétie de François (qui y était chargé de mission, et à ce titre, auteur de nombreuses brochures sur l’urbanisme) ; Bernard Zimmern, fondateur de l’iFRAP¨en 1985 ; la collaboratrice de ce dernier, Carole Néaumet, et Xavier de Mazenod, également à l’iFRAP.

Pour ma part, éditeur de presse et par ailleurs maire du 2e arrondissement de Paris, enthousiaste à l’idée de participer à ce combat contre les gaspillages publics, j’acceptais d’être le premier président de Contribuables Associés.

Il ne fallut que quelques mois à François pour mettre notre association sur orbite, en utilisant, pour la première fois en France, au titre d’une association civique, l’outil du marketing direct.

La suite est bien connue de nos adhérents. Nous sommes aujourd’hui forts de quelque 146 000 adhérents. Et, de loin, la première organisation civique française. Chaque année, la célébration du « jour de la libération fiscale » constitue un rendez-vous incontournable avec l’opinion publique. Notre journal « Le Cri » est dans les kiosques. Notre site d’informations en continu <lecri.fr> s’affirme comme l’un des tous premiers dans sa catégorie. Nos rendez-vous parlementaires, à l’Assemblée Nationale, sont suivis par plus d’une centaine de députés.

Certes, François s’était rapidement tourné vers d’autres combats. Pour aider au lancement de «Droit de naître», « Sauvegarde Retraites », « SOS Education » et « L’Institut pour la Justice ». Mais le succès et la pérennité de Contribuables Associés resteront  l’une de ses plus belles réussites.

Au départ, François était un artiste. Elève de l’école des Beaux Arts à Paris il était ensuite devenu architecte. Qui ne l’a pas vu dessiner, sur son petit calepin, ne pouvait pas mesurer la finesse de son trait, qui était aussi celle de son esprit.

Il était né à Leyde aux Pays-Bas, d’une famille catholique. Il était donc naturellement européen et citoyen du monde. Il parlait plusieurs langues, dont l’Anglais, parfaitement. Car il avait travaillé à New York comme architecte urbaniste, avant de faire ce métier au sein du groupe français SERETE, en poste notamment en Arabie saoudite.

C’est d’ailleurs au cours de ces expériences qu’il fut personnellement confronté au problème de la corruption de certains élus et qu’il y puisa, sans doute, la motivation du combat que nous symbolisons aujourd’hui…

Intellectuel, homme d’action, montagnard et grand marcheur (ses parents s’étaient installés à Embrun dans les Hautes-Alpes en 1949), artiste, homme de culture, il était capable de réciter par cœur, et pendant des heures, Rousseau, Lamartine, Chateaubriand ou Shakespeare…

Sans doute serait-il surpris que j’ajoute qu’il a aussi joué un rôle politique important. Mais le paysage français serait-il le même en 2009 si Contribuables Associés n’existait pas ? Sans parler des autres groupes de pression, cités plus haut, aujourd’hui très solides, qu’il a contribué à construire… L’ultra-gauche ne s’y est d’ailleurs pas trompée qui, dès la fin des années 90, en fit l’une de ses cibles…

Citation du jour (retenue par F. Laarman en 1990 pour la première carte de membre de Contribuables Associés) : « Il ne faut point prendre au peuple sur ses besoins réels pour des besoins de l’Etat imaginaires » (Montesquieu).

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Secteurs d’avenir : idées reçues et souvent fausses ! …

Posted by alaindumait sur 24/11/2009

Le grand emprunt, réduit à 22 milliards d’euros empruntés sur les marchés financiers en deux fois, va donc servir à financer des « secteurs d’avenir ».

1) On est d’emblée sur le terrain de la tautologie ! Les adversaires de cette politique risquent fort d’être présentés comme des partisans des « secteurs du passé ». Qui est donc hostile au renforcement des « secteurs d’avenir » ?

Fallait-il réunir une nouvelle Commission pour identifier les bio-technologies comme des « secteurs d’avenir » ?… Ou l’éducation et la recherche comme des facteurs essentiels du développement ?… On ne voit pas que la Commission Juppé-Rocard ait identifié quoi que ce soit de nouveau qui n’ait pas déjà identifié comme tel depuis au moins trente ans…

2) Soyons juste : il s’agit cette fois de « mettre le paquet » sur ces secteurs. Attention : l’histoire économique contemporaine est pleine d’exemples d’investissements massifs sur des « secteurs d’avenir » qui se sont révélé être des fiascos ! Le « Plan calcul », le « Plan informatique pour tous », le « Plan câble »…

Feue l’URSS, avec ses plans quinquennaux, prétendait aussi « mettre le paquet » sur la modernisation de l’agriculture. Avec le résultat que l’on sait… Car le facteur déterminant est finalement moins les secteurs choisis, les moyens mobilisés pour ces investissements, que les entrepreneurs capables, ou non, de transformer des facteurs de production toujours rares en entreprises performantes !

3) Les « secteurs d’avenir » ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Si le secteur des machines-outils est dix fois plus développé en Allemagne que chez nous, et constitue le fer de lance des exportations de ce pays, ce n’est pas parce qu’un Commission en a fait un « secteur d’avenir », mais parce que toute la politique économique de notre voisin tend à favoriser la création d’entreprises et à permettre aux petites entreprises de devenir moyennes, à celles-ci de devenir grandes.

4) Le vrai « secteur d’avenir » est donc celui de la création d’entreprises, celles qui créent des vrais emplois marchands. Pour le favoriser il faut et il suffit de réduire les charges qui pèsent sur elles, plus élevées en France que partout ailleurs. Ou presque. (cf le rapport de la Banque Mondiale sur les pays de l’OCDE : http://francais.doingbusiness.org/economyrankings/?regionid=5)

C’est le choix fait par l’Allemagne : diminuer encore les charges qui pèsent sur ses entreprises. Un plan de relance de l’économie exactement inverse du plan français…

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Grand emprunt : petite opération d’ingénierie politico financière…

Posted by alaindumait sur 22/11/2009

Nicolas Sarkozy, préparant son allocution devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles le 22 juin dernier, se vit souffler l’idée d’un grand emprunt national par son très écouté conseiller spécial Henri Guaino. Pour financer des « priorités nationales », qui devaient être définies « par concertation ».

Cette annonce et cet engagement ont donc abouti au rapport de la Commission Rocard-Juppé, disponible sur Internet depuis le 19 novembre. http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/094000547/0000.pdf

Écrit dans le plus pur style technocratique, sorte de novlangue consensuel, ce document, facile à résumer (par son seul titre « Investir pour l’avenir »), n’est pas facile à critiquer car, au-delà d’un constat d’une grande banalité (« Le monde doit faire face à des risques et des défis majeurs », « L’économie est globalisée, la compétition aussi », « Un modèle de développement plus durable est à construire », « Un effort exceptionnel d’investissement s’impose »…), ses propositions d’« axes » de développement sont également de nature à recueillir l’adhésion du plus grand nombre :

–   Soutenir l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation ;

–   Favoriser le développement des PME innovantes ;

–   Accélérer le développement des sciences du vivant ;

–   Développer les énergies décarbonées et l’efficacité dans la gestion

des ressources ;

Faire émerger la ville de demain ;

Inventer la mobilité du futur ;

Investir dans la société numérique.

Mais quel est donc le pays quel est donc l’expert qui aujourd’hui pourrait dire le contraire ?

La question n’est donc pas là.

La question est plutôt : faut-il faire confiance à la sphère publique plutôt qu’à la sphère privée pour atteindre ces résultats ? Et, en conséquence, faut-il encore accroître la dette publique pour ce faire ?

Sur le premier point, nous sommes suffisamment instruits par l’expérience des 35 dernières années.

Déjà, en 1975, après le triplement des prix du pétrole brut, on vit fleurir les plans sectoriels et les aides aux « filières ». Sans que la France soit plus performante. Car on a jamais vu l’Etat dépenser l’argent des contribuables avec plus de jugement que ceux-ci. Les entreprises privées le font parfaitement quand elles n’ont pas été sorties du marché par ces interventions intempestives.

En matière économique, les belles phrases et les beaux rapports sont une chose, le développement concret en est une autre.

Sur le deuxième point, remarquons que la proposition de nos deux anciens Premiers ministres, pouvait difficilement être plus modeste : 35 milliards d’euros, dont 13 proviendront des remboursements des banques, le reste émis en deux fois sur le marché financier.

S’agissant de la dotation en capital des universités devenues autonomes, pour 10 milliards d’euros, sans doute est-ce la conséquence incontournable de leur nouveau statut d’autonomie.

Là, comme pour les autres « actions », le mini « grand emprunt » se substituera au budget de l’Etat. Le déficit public apparent ne sera pas aggravé, même si le niveau de l’endettement le sera. Car, comme on l’aura remarqué, notre Président de la République dit vouloir « lutter contre les déficits publics », tout en augmentant « les investissements publics », donc la dette…

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Note de lecture. « Le père de famille, le trader et l’expert », par Marc de Scitivaux.

Posted by alaindumait sur 22/11/2009

Marc de Scitivaux, qui doit avoir 65 ans, est un économiste complet, à savoir : formation universitaire, la banque, la bourse, les services financiers, les études, la création d’entreprises et l’investissement direct dans celles-ci, le conseil stratégique, les interventions médiatiques. Et, en juin dernier, un petit livre très roboratif : « Le père de famille, le trader et l’expert ».

Il s’agit, en 120 pages (qui se lisent en deux heures) d’un exposé complet sur les origines de la présente crise économique. Mais ce n’est pas pour autant un réquisitoire, pour la bonne raison que, selon l’auteur, tout le monde est au moins un peu coupable ! Non seulement les traders et plus généralement les banquiers, y compris les dirigeants des banques centrales, mais aussi les experts presque toujours stipendiés (sauf Marc…), Et même les pères de famille, les plus modestes épargnants, qui, influencés par des discours fallacieux, se sont imaginé qu’on pouvait sans prendre de risque obtenir des rendements faramineux sur de l’épargne familiale.

Et c’est vrai que face à une telle situation, tout le monde a quelque chose à se reprocher, certains pour avoir menti, d’autres pour y avoir cru, certains experts pour ne rien avoir vu venir, et d’autres, plus lucides (comme Marc…) Pour ne pas avoir su se faire mieux entendre….

A la fin de son petit livre, Marc de Scitivaux revient sur l’un des principaux fondements du capitalisme, c’est-à-dire la relation entre le risque et le profit. Or, à l’occasion de ces événements, on a vu des grandes banques, qui avaient pris des risques inconsidérés, être sauvées par les modestes contribuables, mais continuer sans vergogne à se faire attribuer bonus et  stock-options. Si les dirigeants des banques étaient responsables sur leurs biens propres, prendraient-ils les mêmes risques ? Non, bien sûr ! Donc, le statut de sociétés en commandite serait mieux adapté pour elles que celui de société anonyme.

Évidemment, imposer un tel statut à une catégorie particulière d’entreprises ne serait pas simple. À commencer par des problèmes de délimitations.

Personnellement je pense qu’il serait plus simple, plus honnête et surtout plus moral de n’accorder la garantie des contribuables à personne. Et de prévenir solennellement les banques qu’elles ne feront pas exception.

D’ailleurs, d’ors et déjà, il y a banque et banque. Celle où l’on va déposer son épargne, pour que cet argent soit placé, en toute sécurité, et celle où l’on va emprunter, pour financer un achat immobilier ou un LBO. Et ce ne sont pas du tout les mêmes établissements !

Ceux du premier type sont symbolisés par les banques suisses privées qui géreraient aujourd’hui le quart de l’épargne mondiale ! Ceux du deuxième type s’appellent Goldman Sachs ou s’appelaient Lehman Brothers. On y trouve beaucoup plus de matière grise mais beaucoup moins de moralité ! Qu’elles soient simplement privées du filet de sécurité des états et la raison leur reviendra…

On notera également que Marc de Scitivaux, étonnamment, fait l’éloge des banques centrales et des plans de relance. Il écrit : « tout (ou presque) de ce qui devait être fait a été fait ». Il pense que l’urgence était de restaurer les bilans des banques, et de lutter, par tous les moyenne, contre la déflation, conséquence naturelle de la destruction, en quelques semaines, de la moitié des actifs financiers mondiaux (une ardoise de quelque 60 000 milliards de dollars…)

Sur ce point, il sait que beaucoup de ses propres amis sont en profond désaccord.

Que ce soit au plan économique. Ou au plan moral, qui, pour la défense du capitalisme, est évidemment le plus important.

Larrousse/ « à vrai dire », collection dirigée par Jacques Marseille. 128 pages. 9,90€

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Notre Etat-providence ne pourra pas survivre à la crise !

Posted by alaindumait sur 16/11/2009

L’obtention d’un titre de séjour par un seul étranger entraînerait une dépense indirecte de 100.000 € pour la collectivité, liée à sa présence sur le territoire national (accès aux soins via la CMU et à la couverture sociale en général, usage des services publics, construction de logements sociaux…).

Or, bon an mal an, quelque 80 /90 000 titres de séjour sont délivrés à des étrangers, au seul titre du regroupement familial, sans compter les motifs d’ordre professionnel ou relevant du droit d’asile.

Cela représente, à ce seul titre, un engagement de dépenses nouvelles de l’ordre de 10 milliards d’euros par an !

Par comparaison, la mobilisation engagée par Nicolas Sarkozy après son élection en 2007 dans le cadre de la « modernisation de l’Etat », sous la forme d’une « révision générale des politiques publiques », procédure qui, pendant deux ans a mobilisé quelque 150 hauts fonctionnaires, sous l’autorité du secrétaire général de l’Elysée M.Claude Guéant, n’a réussi à identifier « que » sept milliards d’euros d’économies budgétaires.

Conclusion : si l’on se refuse à mettre en cause au moins tel ou tel aspect de notre Etat-providence, il sera difficile de réduire fortement nos dépenses publiques dans les années qui viennent…

Or, non seulement les économies de bonne gestion, socialement et syndicalement supportables, ont une limite vite atteinte, mais encore il est évident que, sous l’effet de la crise, la poussée de la misère du monde pour accéder gratuitement à notre Etat-providence va se faire de plus en plus forte, en particulier venant d’Afrique noire.

Deux solutions sont possibles : rendre notre politique d’accueil moins généreuse, ou bien réduire la voilure de l’Etat-providence.

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Notre « Mur de Berlin », c’est la Sécu !

Posted by alaindumait sur 09/11/2009

L’unathe-berlin-wall.1257371725nimité avec laquelle a été célébrée ce jour la chute du « Mur de Berlin », il y a 20 ans, peut paraître très hypocrite, puisque qu’on y retrouve toutes sortes de personnages, dont une bonne partie était radicalement hostile à ce changement (aux Etats-Unis, en France, en Grande-Bretagne…), Et même n’y croyaient pas quelques jours auparavant (en Allemagne de l’ouest…). Même M. Gorbatchev peut bien dire aujourd’hui qu’il n’a jamais imaginé un seul instant utiliser la force pour empêcher les débordements populaires, il y a heureusement des témoins pour nous rappeler qu’en vérité, il hésitait entre deux possibilités…

L’histoire devrait sur ce point donner raison aux anti-communistes les plus résolus. Mais comme ils sont réputés être « de droite », voire « d’extrême droite », on profite de l’événement pour les mêler à une prétendue défaite de tous les régimes autoritaires.

On dira : « la victoire vole vers la victoire ! ». Ou bien « les vainqueurs ont toujours raison ! ». « L’histoire a tranché ! »…

Tous les événements de l’histoire sont constitués d’un grand nombre d’éléments qu’il est difficile de peser. Il semble néanmoins que l’Allemagne de l’Est avait plutôt un problème économique que politique.

Chaque année la RDA augmentait son retard de production par rapport à la RFA. Pendant dix ans l’URSS, qui n’allait pourtant pas si bien que ça, à fait ses fins de mois. D’un côté du Mur, il y avait une insolente prospérité capitaliste, et de l’autre une effrayante misère socialiste. Ce qui n’empêchait pas la RDA d’avoir fait croire le contraire, presque jusqu’à la fin, à grands renforts de publi-reportages…

Karl Marx, bon économiste, avait raison de dire que l’économie est au coeur de l’histoire. Celle de l’Allemagne de l’Est était pourrie. Elle s’est abattue comme un chêne. Parce qu’elle était pourrie.

Protégée par son mur, l’Allemagne de l’Est aurait pu durer 1000 ans. Mais il aurait fallu pour cela que son économie soit prospère. Ce qui est strictement impossible dans un système collectiviste, sans liberté d’entreprendre, sans concurrence, sans appropriation des profits par des individus…

Comme le « Mur de Berlin », tous les systèmes économiquement foireux ont vocation à s’écouler.

Ainsi le système monétaire international basé sur l’émission de fausse monnaie, fournie gratuitement aux banques.

Ainsi notre sécurité sociale, qui présentement bat de l’aile et qui demain devra se déclarer en faillite. Car, au train où vont les choses, le déficit des comptes sociaux sera bientôt plus important que celui du budget de l’Etat, ce qui n’est pas peu dire !…

Nos dirigeants, telle la nomenclature est-allemande, continuent à défendre « le modèle français », « que tout le monde nous envie ». (En vérité, surtout les Afghans et les Tchétchènes, demandeurs d’un « droit d’asile »…). Mais il nous mène à la ruine. Et toute personne sensée et informée le sait.

Bien sûr, on ignore la date de la chute de la Sécu, comme on ignorait celle du Mur.

Elle est pourtant tout aussi inéluctable

« L’effarante idée que le pouvoir politique devrait déterminer la position matérielle de chaque individu… » (Friederich A. Hayek).

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« Grand emprunt » : le temps des « nanars » !

Posted by alaindumait sur 08/11/2009

commission_jupp_rocardLe débat sur le « grand emprunt » voulu par Nicolas Sarkozy a quelque chose de surréaliste.

Chacun convient que le principal problème de la France, du côté de ses finances publiques, est celui du déficit de ses comptes et de la dette qui en résulte. C’est aussi devenu la principale préoccupation des Français, à égalité avec le chômage. Ils souhaitent que l’Etat, les collectivités locales et les organismes de sécurité sociale réduisent leurs dépenses, équilibrent leurs comptes et commencent, au moins, à rembourser leurs dettes.

On aurait pu croire que, dans une démocratie d’opinion, le gouvernement en tiendrait compte. Que nenni ! Les déficits ne cessent d’augmenter et aussi la dette, de ce fait…

C’est dans ce contexte que, le 22 juin 2009, devant le Congrès, réuni pour la première fois à Versailles pour écouter une déclaration solennelle du président de la République, celui-ci a lancé l’idée d’un « grand emprunt ». Puis il a installé une commission, coprésidée par MM Alain Juppé et Michel Rocard, dont on attend le rapport d’un jour à l’autre.

Comme l’opinion y est majoritairement hostile (82% des Français disent même ne pas avoir l’intention d’y souscrire !), cette affaire ne serait défendable qu’à la condition que des arguments d’ordre technique viennent l’étayer. On n’en voit aucun…

Pour mériter son nom, le « grand emprunt » doit en effet être souscrit par les particuliers. S’il était réservé aux acteurs professionnels du marché du financement de la dette, ce ne serait qu’une opération de plus, parmi d’autres. Comme la dernière en date, le 5 novembre 2009, quand l’Etat, via son Agence France Trésor, a levé 7,7 milliards d’euros, au taux moyen de 3,25%, en émettant des OAT (obligations assimilables du Trésor) à échéances des 25 avril 2016, 25 avril 2017 et 25 octobre 2019.

Or, le taux moyen des obligations privées à cinq ans et plus, étant de l’ordre de 5%, il n’est pas certain que ce « grand emprunt » soit si facilement souscrit par les particuliers si le rendement proposé est du même ordre que celui qu’accepte les professionnels (moins de 3% sur 5/7 ans). Et si le taux offert est plus élevé, ce sera alors une mauvaise affaire pour l’Etat, et donc pour les contribuables…

Au plan économique, l’emprunt peut, en théorie, se justifier de deux façons.

La première renvoie au comportement familial.

Emprunter permet d’anticiper sur des rentrées futures. Dans le cas de l’Etat Français, cela voudrait dire que le « grand emprunt » ne serait rien d’autre qu’une anticipation des futures augmentations d’impôts. Après 2012 ?…

La seconde renvoie au comportement des entreprises : elles empruntent pour financer des projets dont la rentabilité attendue est supérieure au taux d’intérêt du moment. Si la rentabilité attendue est par exemple de 10%, il n’est pas idiot d’emprunter à 5%. C’est ce qu’on appelle l’effet de levier.

Mais l’Etat est-il crédible quand il prétend, avec son « grand emprunt », financer des investissements d’avenir à forte valeur ajoutée ?

Le passé ne plaide pas pour sa future bonne conduite… Les 1 520 milliards d’euros de dettes publiques accumulées depuis 35 ans n’ont jamais financé que des trous et des fins de mois.

Alain Juppé déclarait, il y a quelques jours que l’argent du « grand emprunt » irait principalement à la recherche et à l’innovation. C’est évidemment mieux que de dire qu’il servira à combler une petite partie du déficit de la sécu. Mais, pour qu’on en soit certain, encore faudrait-il que l’équilibre de la sécu soit assuré, alors qu’il recule de jour en jour.Dans ces conditions une opération de compensation, sorte de tour de passe-passe, est à craindre.

Quand bien même l’argent irait-il effectivement à la recherche et l’innovation, encore faudrait-il que ce soit en faveur d’une recherche qui trouve et d’une innovation qui paye. Rien n’indique que nos structures publiques soient pour cela les plus qualifiées.

Rien n’indique d’ailleurs non plus qu’un seul projet rentable soit actuellement en souffrance faute de financement.

C’est même l’inverse qui est à craindre : quand les taux d’intérêt sont bas – très bas, artificiellement bas, comme c’est le cas actuellement – des projets qui n’auraient pas pu êtres financés au taux d’intérêt naturel, dont on peut simplement dire qu’il serait plus élevé, peuvent l’être. Mais ces projets-là, souvent des « nanars », qui en fait n’auraient pas dû être financés, ne résisteront pas à la remontée des taux d’intérêt qui s’annonce. Ils ne sont constitutifs que d’une nouvelle bulle…

« Toutes les turpitudes de notre régime, j’en ai toujours trouvé la source dans des interventions de l’État. Les systèmes malthusiens donnent à leurs auteurs toutes les apparences de l’action généreuse, alors qu’ils organisent la misère et la ruine »(Jacques Rueff).

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Grand débat sur l’identité nationale.

Posted by alaindumait sur 03/11/2009

chaque_anneeJe viens d’apporter ma contribution au « grand débat sur l’identité nationale » lancé depuis le 2 novembre 2009 par le ministre Eric Besson. <http://www.debatidentitenationale.fr/&gt;

Il s’agit de répondre à la question « Pour vous, qu’est-ce qu’être Français »

Voici ma contribution en question :

« Pour moi être Français c’est pouvoir mettre mes enfants ou mes petits-enfants dans une école publique qui ne soit pas fréquentée à 95% par des enfants d’origine étrangère dont la moitié de non-francophones »

Les contributions faisant l’objet d’une « modération », et n’étant pas sûr que la mienne était très correcte, j’ai préféré l’indiquer directement aux lecteurs de ce blog…

« Ce qui constitue une nation ce n’est pas de parler la même langue, ou d’appartenir à un groupe ethnographique commun, c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses de dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir » (Ernest Renan).

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Taxe professionnelle : pas de réforme fiscale sans baisse des dépenses.

Posted by alaindumait sur 03/11/2009

COLLECTIVITES-SENAT-FISCALITE-PARTIS-UMP-CENTRISTES-RAFFARINLa réforme de la taxe professionnelle, qui pèse actuellement sur les entreprises qui investissent et qui emploient, est une nécessité si l’on veut favoriser (un peu) la compétitivité des entreprises françaises. Le gouvernement a donc raison  d ‘engager cette réforme et de s’y tenir.

Mais, en période de déficit  budgétaire abyssal, il est difficile de ne pas compenser cette recette importante des collectivités locales. Soit par de nouvelles charges, sur le dos des ménages ; soit par d’autres impôts sur les entreprises ; soit par un mélange des deux.

C’est ce que propose le gouvernement : la « taxe carbone », payée par les ménages et les entreprises + une taxe additionnelle sur la TVA.

L’administration fait valoir que ce sera neutre pour les ménages et favorable aux entreprises.

Comme il manque au bout quelque chose pour faire le compte, il faudrait, pour équilibrer les conséquences de la réforme, que celle-ci s’accompagne d’une réduction des dépenses publiques, aussi bien celles de l’Etat que celles des collectivités territoriales.

La taxe professionnelle étant un impôt local, dont l’assiette est fixée par l’Etat, mais dont le taux est fixé par les communes et les départements, il aurait fallu le remplacer par un impôt librement voté par les collectivités locales pour que celles-ci n’y perdent pas en termes de pouvoirs.

Un tel exercice n’aurait été possible que concomitamment avec une vigoureuse réduction des dépenses publiques, d’abord au niveau de l’Etat, puis à celui des autres collectivités.

En faisant le choix de la réforme fiscale (partielle) sans faire celui de la réduction des dépenses, le gouvernement a pris le risque de l’augmentation du déficit. Et aussi celui de la fronde des parlementaires de sa majorité…

« Nous vivons actuellement la fin de l’exception française » (Denis Kessler).

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Les dépenses nouvelles doivent être financées à 100% par redéploiement des crédits budgétaires !

Posted by alaindumait sur 02/11/2009

budget_~WDWO19Tandis que les collectivités locales continuent à dépenser sans compter (quintuplement des dépenses entre 1980 et 2006, selon la Cour des comptes ! l’Etat ne faisant « que » tripler les siennes sur la même période…) , le chef de l’Etat annonce chaque semaine de nouvelles dépenses : 2 milliards d’euros le 27 octobre pour l’agriculture, 750 millions d’euros aujourd’hui pour la lutte contre le cancer.

L’utilité, voire la nécessité de ces nouvelles dépenses n’est pas en cause. Mais, sur un total de 290 milliards d’euros de dépenses de l’Etat pour l’an prochain, ne serait-il pas possible de financer ces besoins nouveaux par un redéploiement ? Serait-ce trop demander que de suggérer qu’en cette période de crise économique aucune dépense nouvelle ne soit annoncée sans l’indication précise de son financement à 100% par redéploiement budgétaire ? Tout autre comportement est une offense faite aux contribuables dont les budgets sont au régime minceur !

« Un millionnaire  est un milliardaire qui vient de payer ses impôts » (Jean Rigaux).

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