Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Archive for avril 2010

Lu pour vous : «enquête sur l’antisémitisme musulman (des origines à nos jours)»*, un livre de Philippe Simonnot

Posted by alaindumait sur 05/04/2010

Pendant qu’en France, et généralement en Occident, de fins limiers, vivant d’ailleurs d’argent public (MRAP, LICRA, SOS-Racisme, CRAN…), traquent le moindre indice de racisme ou d’antisémitisme, au Moyen-Orient, et dans l’ensemble des pays musulmans, la haine du juif bat son plein chaque jour.

Si vous ne lisez pas très bien l’arabe il suffit pour vous en convaincre d’aller sur le site <memri.org>, de l’Institut de recherches des médias du Moyen-Orient pour avoir une idée, en traduction française, de la violence du martèlement de cette campagne.

C’est ainsi que, le 24 mars dernier, MEMRI mettait en ligne, avec traduction, la video d’un ballet antisémite diffusé deux mois plus tôt par la télévision de l’Autorité palestinienne (financée par l’Union européenne) encourageant le martyre des enfants kamikazes…

L’ouvrage que vient de consacrer l’économiste Philippe Simonnot sur l’antisémitisme musulman commence donc par quelques citations de la presse grand public des pays arabes. Ligne général : «le sionisme est un racisme qui a dépassé le nazisme»… D’ailleurs Hitler était un grand homme !… «En comparant les sionistes aux nazis, on insulte les nazis»…

Il est donc temps de réviser l’idée reçue selon laquelle l’antisémitisme serait seulement ou principalement d’origine chrétienne. D’autant que, dès l’an un de l’Hégire, quand Muhammad quitte La Mecque pour Médine, il est amené à se battre contre trois tribus juives qui vivaient là depuis fort longtemps, en bonne entente jusque là avec les populations polythéistes. Tour à tour vaincues, ces tribus eurent le choix entre l’exil et la conversion à l’islam. Mais ceux que le prophète avait des raisons de considérer comme des «traîtres» furent simplement décapités sur la place du marché de la ville, Muhammad participant lui-même à l’exécution des condamnés.

Tel serait le «secret de Médine», sur lequel les biographies de Mahomet sont toujours très discrètes, et qui éclaire évidemment d’un jour particulier ce qu’allaient être, au cours des siècles suivants, les relations entre les Juifs et les musulmans.

Celles-ci se compliquent avec l’irruption, au XIXème siècle, de l’opinion publique occidentale, et d’une forme nouvelle d’ingérence dans les affaires des pays soumis à l’autorité ottomane. Un «pouvoir juif» émerge en Europe pour venir en aide aux juifs d’Orient. Le sionisme, chrétien puis juif, devient le fourrier de l’antisémitisme musulman.

L’horreur du XXIème siècle

Simonnot consacre l’un des trois derniers volets de son enquête au mufti de Jérusalem, chef des SS musulmans, criminel de guerre sauvé par la France en 1946… Puis à ce qu’il appelle le «nettoyage» de la Palestine, non pas après mais avant la proclamation de l’Etat juif, le 11 décembre 1948. Et enfin à la construction de l’arme nucléaire israélienne, avec l’aide de la France, dès 1956. Fait à la fois certain, mais officiellement nié, ce qui permet à Israël d’échapper à tout contrôle international…

L’auteur laisse le lecteur conclure lui-même cette «enquête». Sans doute a-t-il considéré que cette conclusion, qui découle de ce travail, était trop effrayante pour être dite clairement : les éléments d’une nouvelle confrontation sont bel et bien réunis, avec d’un coté l’antisémitisme musulman, et de l’autre le sionisme occidental. Pour aboutir probablement à l’horreur du XXIème siècle…

*315 pages, 22€, Michalon Editions

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Faire payer les riches. Oui, mais sans les faire trop souffrir !…

Posted by alaindumait sur 03/04/2010

De toutes parts, de droite comme de gauche, des voix s’élèvent pour demander à Nicolas Sarkozy d’adjurer «son» bouclier fiscal.

On oublie souvent que ce dispositif a été introduit par le socialiste Michel Rocard en 1998, réduit par Alain Juppé, relancé par Dominique de Villepin en 2005.

Supposons un instant que le président de la République cède à ces sirènes.

Que se passerait-il ?

Au plan politique ce serait une promesse non tenue de plus. La gauche socialiste triompherait médiatiquement avant de le faire électoralement.

Au plan comptable, à supposer que le bouclier en question disparaisse complètement, le Trésor public économiserait environ 700 millions d’euros de remboursement pour trop-payés qu’il n’aurait plus à envoyer.

Mais il est probable que, parallèlement, toutes sortes de nouvelles demandes s’élèveraient, pour augmenter les minima sociaux, les multiplier et en prolonger le bénéfice dans le temps.

Supprimer le bouclier fiscal à 50% ( en fait, il est à un taux beaucoup plus élevé, car beaucoup d’impôts n’entrent pas dans son calcul) serait évidemment ouvrir les vannes de la dépense, alors que le rendement de ce déplafonnement serait réduit, et même incertain.

En effet, un taux élevé d’imposition n’est en rien une garantie de recette importante. En effet, au delà d’un certain niveau, l’impôt devient confiscation, et les personnes concernées réagissent en s’enfuyant. Comme l’on déjà fait plusieurs millions de nos concitoyens, qui en Belgique, qui en Suisse, qui en Brande Bretagne, qui aux Etats-Unis…

Tous les spécialistes de la fiscalité savent bien que les impôts qui rapportent beaucoup frappent indistinctement tout le monde. Comme la TVA et la CSG. Tandis que les impôts «de classe», comme l’ISF, ne rapportent pas grand chose et sont même sans doute contre-productifs, car ils font disparaître «la matière fiscale».

N’oublions pas que l’ISF porte sur des sommes d’argent qui ont déjà payé l’impôt au moins une fois (IRPP, impôt sur les successions).

C’est le bon sens, vérifié par la sagesse populaire : «quand les gros maigrissent, les maigres meurent» ; «le loup a intérêt à ce que les moutons soient gras et nombreux»…

Ceux qui veulent garder l’Etat providence doivent comprendre qu’il faut le financer. Faire payer les plus riches pour aider les plus pauvres, cela s’appelle de la redistribution. Mais faire fuir les uns et en conséquence ne plus avoir les moyens d’entretenir les autres relève de la politique de gribouille.

Le raisonnement de ceux qui veulent la « suspension »  du bouclier fiscal est d’ailleurs étonnant :

ils affirment qu’une augmentation des impôts directs est nécessaire pour rééquilibrer nos finances publiques et que les contribuables plafonnés ne participeront pas à cette augmentation.  Or nos dépenses publiques dépassent celles de l’Allemagne de 9 % du PIB. L’alignement de nos dépenses publiques sur celles de l’Allemagne suffirait pour supprimer nos déficits publics. Pourquoi donc augmenter des impôts qui sont déjà parmi les plus élevés des pays développés ?

Le vrai courage consiste à lutter vraiment contre les gaspillages de l’argent public. Et non pas à augmenter les impôts. Quels qu’ils soient.

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