Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Archive for the ‘Monde’ Category

Article relatif aux conséquences de la crise internationnale

De la crise grecque à la crise systémique globale

Posted by alaindumait sur 21/03/2010

Sans l’euro, la monnaie de l’Allemagne vaudrait plus cher, la balance des paiement de ce pays se rééquilibrerait et les Allemands seraient encore plus riches.

A l’inverse, sans l’euro, la monnaie de la Grèce aurait du être dévaluée, et les Grecs en eussent été appauvris.

D’ors et déjà, via l’euro, les Allemands payent pour la Grèce. Et aussi pour tous les pays en déficits, France comprise.

Les Allemands souhaitent bien sûr payer le moins possible pour l’euro. Tandis que les Grecs prétendent en profiter le plus possible.

Veux-ci disent, par la bouche de leur Premier ministre : «nous ne vous demandons pas d’argent, mais seulement de garantir nos emprunts sur le marché international des capitaux afin que nous ayons accès à des prêts assortis de taux d’intérêt qui ne soient pas supérieurs à 5%»

Mais une telle garantie (ou aval) a un prix, qui est la contrepartie du risque qu’elle couvre. Si l’Allemagne, ou l’Europe, donne sa garantie aux emprunts grecs, sa signature sera moins bonne et son crédit en souffrira. Idem pour la signature de la France. Le taux des emprunts en euros auront tendance à augmenter. Cela coûtera aux épargnants allemands et européens.

Les Grecs disent : «nous avons une autre solution, celle du FMI». Et c’est vrai que le FMI, qui a un certain pouvoir de création monétaire, peut parfaitement prêter 20 ou 30 milliards d’euros à la Grèce à 3 ou 4% d’intérêt.

Mais la Grèce doit savoir que les fonctionnaires du FMI ne plaisantent pas avec les plans de redressement des finances publiques qu’ils imposent. Leur tutelle est en général autrement plus vigilante que celle des technocrates de Bruxelles…

Que le soutien financier à la Grèce soit européen ou onusien, ce pays doit d’urgence rétablir l’équilibre de ses comptes publics.

Au-delà, ce sont tous les pays de la zone euro qui doivent impérativement redevenir vertueux.

Certes, les plans de rigueur nécessaires ne peuvent plaire à tous ceux qui vivent des déficits de l’Etat providence. Aujourd’hui les assistés sont dans la rue à Athènes. Demain ce sera à Paris. S’ils obtenaient que leurs dirigeants renoncent aux incontournables mesures de redressement, la crise financière s’accentuerait encore.

Le jour où l’épargne, qu’elle soit nationale ou mondiale, ne voudra plus financer ce trou sans fin, les Etats n’auront d’autre solution que de dévaluer leurs  monnaies. De laisser filer l’inflation. de rembourser avec de la monnaie de singe. Toute l’épargne investie en dettes souveraines serait spoliée. Ce serait l’heure de vérité.

Au delà de la survie de l’euro, se profile donc une autre interrogation, autrement plus angoissante : combien de temps les déficits de la sphère publique peuvent-ils encore durer ?  Et, quand ils seront devenus insupportables – c’est à dire impossibles à financer – quelles seront les conséquences pratiques pour les individus ?

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Réflexions sur la «crise économique de 2008».

Posted by alaindumait sur 06/03/2010

De même que la «crise de 29» est réputée avoir commencé le jeudi 24 octobre («jeudi noir»), de même, on dira sans doute, dans les livres d’histoire, que la présente crise a commencé le lundi 15 septembre 2008, avec la déconfiture de la banque d’investissement internationale, basée à New York, Lehman Brothers.

Sur les causes de cette crise, comme sur celles de la précédente, les économistes débattront à n’en plus finir. Comme ils se disputeront sur les remèdes qu’il fallait ou ne fallait pas mettre en oeuvre pour la vaincre.

Mais cela ne veut pas dire que certains n’auront pas raison, et d’autres tort. Tout comme certains intellectuels avaient raison, au siècle dernier, d’annoncer l’inéluctable effondrement du communisme…

Le 15 septembre 2008, donc, la banque Lehman Brothers, faute de trouver de l’argent à emprunter à d’autres banques (sur le marché dit «interbancaire») pour faire face à ses échéances, doit se déclarer en faillite. Elle est victime de la remontée des taux d’intérêt et de sa propre ingénierie, aboutissant à incorporer dans des fonds d’épargne des produits aujourd’hui dits «toxiques», issus de créances à taux variables, souscrites par des accédants à la propriété insolvables…

Aussitôt, la défiance devient générale. Les banques ne se prêtent plus d’argent entre elles. Toute créance est soupçonnée d’être douteuse. Tous les actifs financiers se trouvent dévalorisés. La valeur du stock mondial d’épargne financière est divisé par deux ! La destruction de valeur est de l’ordre de 30 000 milliards de dollars à l’échelle planétaire !

Les ménages réduisent brutalement leurs dépenses. Ils consomment moins. Les anticipations de tous les agents économiques deviennent négatives. C’est la «crise».

Pour essayer de la contrecarrer, les hommes politiques obtiennent tout d’abord des banques centrales – responsables de la politique monétaire, et donc, par le biais des taux d’intérêt, de la quantité de monnaie en circulation – qu’elles abaissent le loyer de l’argent emprunté par les banques à zéro, ou presque. Les banques peuvent donc emprunter autant de monnaie qu’elles le désirent aux guichets des banques centrales. Et le re-prêter à bon marché, tout en faisant une bonne marge. Sans être redevenue solides pour autant, elles engrangent à nouveau de gros profits.

Ensuite les Etats, dont les recettes fiscales sont en chute libre, décident de maintenir le niveau des dépenses publiques, voire de l’augmenter, et de les financer par les déficits et donc par l’emprunt.

Le troisième volet de ces politiques publiques destinées à «lutter contre la crise» consiste à étendre encore les limites de l’Etat-providence, en élargissant la distribution de toutes sortes de minima sociaux, afin d’offrir au plus grand nombre possible de personnes des revenus de substitution.

A l’oeuvre depuis 18 mois, cette politique ne produit que des résultats médiocres, sauf pour les banques, dont les profits ont quelque chose d’insultant. Le taux de chômage est à 10% de part et d’autre de l’Atlantique (le sous-emploi est à 20%). La production stagne (si l’on fait abstraction de la variation des stocks). Et la capacité des Etats à financer leurs dépenses en s’endettant touche à une limite, dictée par la réticence des marchés financiers à accepter les titres de leurs dettes.

Que la présente situation se prolonge d’un an ou deux et il faudra bien parler d’échec de cette politique publique, prétendant remédier à une situation économique avec des outils issus du système qui est lui même responsable de la crise !

Car, nonobstant le consensus politiquement correct, l’action des gouvernements est en tous points contestable.

Sur la gestion monétaire. L’idée selon laquelle l’abondance monétaire serait favorable à la croissance est une idée fausse. A l’instant «t», la quantité de monnaie disponible détermine seulement le niveau moyen des prix. Le même kilogramme de viande vaudra un ou dix, selon que la quantité de monnaie disponible sera égale à Q ou 10xQ. Ce qui ne changera strictement rien à la quantité de viande produite. Ce qui est vrai, par contre, c’est qu’une brusque variation de la masse monétaire en circulation modifie les prix relatifs, favorise certains agents et en pénalise d’autres. Depuis le 15 septembre 2008 l’augmentation de la masse monétaire «banque centrale» a, par exemple, favorisé les banques et pénalisé les épargnants (cf baisse du rendement des produits d’épargne), ainsi que les travailleurs actifs (augmentation des prélèvements). En quoi est-ce bon pour la croissance ?

Sur les déficits publics. Maintenir le niveau des dépenses publiques, et même les augmenter, en les finançant à crédit, revient à priver les contribuables, ceux d’aujourd’hui et ceux de demain, d’une partie plus importante de leurs ressources. Est-ce judicieux ?

Sur l’Etat-providence. Le financement de droits et de minima sociaux de plus en pus généreux, et sans plafond, accessibles à tous y compris aux immigrés de fraîche date, en situation régulière ou non, était à la limite du supportable avant la crise. Avec elle, nous sommes au  bord de l’explosion…

Résumons-nous. Les hommes de l’Etat – modèles Obama, Bernanke, Trichet ou Sarkozy –   s’imaginaient savoir gérer la monnaie et réguler les banques. On a vu le résultat… Ils nous font croire qu’ils vont savoir réparer. Mais la vérité est qu’ils n’ont même plus d’oxygène pour faire respirer artificiellement le malade.

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Grèce : un avertissement pour la France !

Posted by alaindumait sur 11/02/2010

Le plan de sauvetage des finances publiques de la Grèce passe par une forte diminution de ses dépenses publiques, et, sans doute, par une augmentation des impôts supportée par les Grecs. A commencer par la TVA.

Les comptes présentés par les autorités d’Athènes s’étant révélés truqués, ils seront désormais vérifiés par Bruxelles, mois après mois.

Bien sûr, comme les bénéficiaires de ces déficits non financés sont bien décidés à ne rien perdre de leurs faux droits, une crise sociale est à craindre. La rue va chercher à faire front contre le mur des réalités…

Les marchés financiers, lucides, demandent à voir l’éxécution de ce plan d’austérité.

Le soutien, pour l’instant verbal, des autres pays de la zone euro, est regardé avec scepticisme. Car les contribuables allemands, pour ne parler que d’eux, ne sont pas prêts, pour « sauver la Grèce » à consentir les mêmes efforts que ce qu’ils ont fait pour sauver « leurs banques »…

L’issue de cette crise demeure donc incertaine.

La force de la tempête a un peu faibli, mais le vent peut reprendre. Et souffler alors sur l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, l’Italie, puis la France…

C’est le triomphe des principes de l’économie ménagère : aucun Etat ne peut vivre longtemps avec des déficits abyssaux, en empruntant pour payer ses fonctionnaires, en disant que les générations futures paieront.

L’euro est une question, mais, en l’occurrence, n’est pas le problème.

Il n’y a nul besoin de gouvernement économique européen, si la sphère publique s’oblige à équilibrer ses comptes. Comme tout un chacun.

Bien sûr, souhaitons que la Grèce revienne dans les clous. Que tous les pays de la zone euro en fassent autant. Y compris la France.

Mais si ceux qui s’imaginaient qu’avec l’euro on pouvait raser gratis ne comprennent pas la leçon, l’euro implosera, et ce ne sera que justice (économique).

La parole, en réponse, est aujourd’hui aux profiteurs et aux prébendiers de l’Etat providence, cette fiction au nom de laquelle certains s’imaginent pouvoir vivre durablement aux crochets d’autrui. Comme si l’euro, ou tout autre utopie constructiviste, pouvait permettre de ne jamais payer son déjeuner !

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Reconstruire Haïti. Le bon exemple … irakien…

Posted by alaindumait sur 20/01/2010

Il n’y aura plus d’autres rescapés de la catastrophe qui a frappé Haïti le mardi 12 janvier 2010 à 16 h 53  (22 h 53 à Paris). Et il faudra encore plusieurs semaines pour que le nombre des victimes, des blessés et des sans-abri puisse être donné avec une certaine précision.

En tout cas, ce pays très pauvre de 8,5 millions d’habitants ne pourra pas se reconstruire sans une aide internationale importante. On parle d’une somme nécessaire comprise entre 10 et 15 milliards de dollars (soit 1000 euros par habitant…).

Un tel effort est certainement possible et à la portée de la communauté internationale.

Mais, comme ce pays est aussi l’un des plus corrompus du monde, son sous-développement n’étant que l’autre face de l’absence de tout état de droit, il est certain que toute aide internationale sera pour l’essentiel détourné et n’atteindra ni les populations visées, ni les objectifs déterminés. Et l’on ne sache pas qu’un tremblement de terre aurait la vertu miraculeuse de faire naître, comme par miracle, un état de droit digne de ce nom.

Sans doute, cette absente de règles sociales efficaces, seul fondement du développement économique, renvoie à l’histoire de ce pays, dont les habitants, tous issus du système colonial – d’ailleurs prospère, à cet endroit – ont toujours associé, depuis la fin du XVIIIe siècle, la liberté et la violence.

(Imaginons ce que serait notre culture si l’histoire de France avait commencé avec notre sanglante Révolution française, sans les 2000 années précédentes…)

Ce qui ne veut pas dire que l’homme haïtien ne puisse pas se sortir de ce cercle infernal. Et en vérité il le fait et il le prouve, tous les jours, en particulier au sein des communautés qui se sont constitué hors de l’île, à New York, Montréal ou Paris.

Par ailleurs, la diversité des cultures des pays qui ont fait le choix du développement économique et du progrès matériel (Japon, Chine, Inde, Chili…) démontre, s’il en était besoin, que les recettes de celui-ci sont librement à la disposition de tous les peuples. Elles peuvent être copiées ou adaptées. Aucun pays au monde n’est voué, par le destin, à la pauvreté.

Comment donc instaurer un état de droit constitutionnel et réel à Haïti ? C’est-à-dire, concrètement, établir des institutions permettant d’assurer la sécurité des biens, des personnes et des contrats ; la liberté d’entreprendre ; et le respect des droits de propriété.

Il ne faut surtout pas confier cette mission à l’ONU, qui a démontré qu’elle n’était en rien concernée, où que ce soit, par l’établissement de tels fondements éthiques.

Cette tache relève plutôt d’une coopération d’un genre nouveau.

Le bénéficiaire doit être le peuple haïtien. Et non pas les corps intermédiaires parasites.

L’opérateur coopérant ne peut être qu’une coalition de pays, emmenée par les Etats-Unis. Avec un mandat – comportant, ça serait mieux, l’aval de l’ONU – de longue durée (au moins dix ans).

Le financement ne peut-être que volontaire et international.

On dira qu’un tel dispositif ressemble un peu/beaucoup à la « troisième guerre d’Irak », engagée depuis le 20 mars 2003.

Mais justement : qui ne doute que sans Al Qaïda, l’Irak serait déjà reconstruit ? Qui peut nier que, malgré tout, l’Irak est un peu plus démocratique aujourd’hui et un peu moins belliciste ?

Quand on a pu dépenser 1 000 milliards de dollars en Irak, Ne peut-on pas en consacrer cinquante ou 100 fois moins pour une mission de paix ?

Profitons donc du fait qu’Al Qaïda n’est pas encore installé à Haïti. Avec les 10 000 hommes déjà déployés sur place (des Américains pour 95%), faisons la chasse aux chefs de bande locaux. Envoyons des juristes et des juges. Faisons de cette île un paradis fiscal sur et stable. Et Haïti retrouvera la prospérité qui fut longtemps la sienne. Qui, haïtien ou pas, voudra s’y opposer ?

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Taxation des bonus et des transactions financières : les chefs d’Etat feraient mieux de laisser faire le marché !

Posted by alaindumait sur 11/12/2009

Le Premier ministre britannique et le Président de la République française sont d’accord pour taxer à 50%, à titre exceptionnel, les gros bonus que les banquiers vont recevoir début 2010 au titre de leurs performances en 2009.

L’Allemagne approuve cette décision, mais estime que sa loi fiscale ne lui permet pas de mettre en œuvre une telle politique, revenant à discriminer une profession (et les bonus des footballeurs ?) et un type de revenu.

L’idée générale de tous les chefs  d’Etat semble être de faire payer aux banques les soutiens qui leur ont été apportés depuis 16 mois. Un consensus se dessine pour demander au FMI d’étudier la mise en place d’une taxation universelle sur les transactions financières, longtemps dénommée « taxe Tobin ».

Comme le reconnaissent les partisans de ces nouvelles taxations, elles ne peuvent être efficaces que si tous les pays du monde les adoptent. Sinon, les pays qui ne les appliqueraient pas deviendront de nouveaux paradis. Mais on voit mal la Suisse, pour ne parler que d’elle, se plier à ces lubies…

Mais admettons, pour les besoins du raisonnement, que de telles novations fiscales soient mises en place. Faudrait-il s’en réjouir ?

Certes, ces propositions ont l’apparence du bon sens. Les banques ont été sauvées par l’argent des contribuables. Elles vont mieux. Il paraît normal qu’elles soient taxées, et en particulier leurs dirigeants et leurs salariés-vedettes que sont les fameux traders. Ce ne serait que juste récupération…

Cependant, on ne peut s’empêcher de penser qu’il eût été plus simple de ne pas sauver les banques, et avant cela de ne pas les inciter à faire de mauvais crédits, et, encore en amont, ne pas manipuler les taux d’intérêt à court terme.

Car la prospérité d’une banque, au-delà de son organisation propre, repose sur le prix de sa matière première qui est la monnaie, émise par les banques centrales, qui, pour pseudo indépendantes qu’elles soient, n’en appartiennent pas moins à la sphère publique, au nom qu’une soit disante souveraineté.

Les banques centrales fixent le prix de la monnaie qu’elles vendent aux banques selon des critères qui s’avèrent après coup plus ou moins pertinents.

L’actuel laxisme monétaire – qui fait la fortune des banques et de leurs traders – se révélera-t-il pertinent et judicieux dans quelques années ? On ne le saura que plus tard…

En tout cas, sans le sauvetage des banques par les Etats, sans le laxisme des banques centrales, dans une situation où les taux d’intérêt seraient « naturels », parce que les monnaies seraient librement en concurrence entre elles (certaines garanties sur l’or, et d’autres non…), si le commerce de banque était plus concurrentiel… la taxation des bonus serait une question qui ne se poserait pas.

Quant à la taxation des transactions, c’est l’idée intrinsèquement la plus anti-économique qui soit…

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Note de lecture. « Le père de famille, le trader et l’expert », par Marc de Scitivaux.

Posted by alaindumait sur 22/11/2009

Marc de Scitivaux, qui doit avoir 65 ans, est un économiste complet, à savoir : formation universitaire, la banque, la bourse, les services financiers, les études, la création d’entreprises et l’investissement direct dans celles-ci, le conseil stratégique, les interventions médiatiques. Et, en juin dernier, un petit livre très roboratif : « Le père de famille, le trader et l’expert ».

Il s’agit, en 120 pages (qui se lisent en deux heures) d’un exposé complet sur les origines de la présente crise économique. Mais ce n’est pas pour autant un réquisitoire, pour la bonne raison que, selon l’auteur, tout le monde est au moins un peu coupable ! Non seulement les traders et plus généralement les banquiers, y compris les dirigeants des banques centrales, mais aussi les experts presque toujours stipendiés (sauf Marc…), Et même les pères de famille, les plus modestes épargnants, qui, influencés par des discours fallacieux, se sont imaginé qu’on pouvait sans prendre de risque obtenir des rendements faramineux sur de l’épargne familiale.

Et c’est vrai que face à une telle situation, tout le monde a quelque chose à se reprocher, certains pour avoir menti, d’autres pour y avoir cru, certains experts pour ne rien avoir vu venir, et d’autres, plus lucides (comme Marc…) Pour ne pas avoir su se faire mieux entendre….

A la fin de son petit livre, Marc de Scitivaux revient sur l’un des principaux fondements du capitalisme, c’est-à-dire la relation entre le risque et le profit. Or, à l’occasion de ces événements, on a vu des grandes banques, qui avaient pris des risques inconsidérés, être sauvées par les modestes contribuables, mais continuer sans vergogne à se faire attribuer bonus et  stock-options. Si les dirigeants des banques étaient responsables sur leurs biens propres, prendraient-ils les mêmes risques ? Non, bien sûr ! Donc, le statut de sociétés en commandite serait mieux adapté pour elles que celui de société anonyme.

Évidemment, imposer un tel statut à une catégorie particulière d’entreprises ne serait pas simple. À commencer par des problèmes de délimitations.

Personnellement je pense qu’il serait plus simple, plus honnête et surtout plus moral de n’accorder la garantie des contribuables à personne. Et de prévenir solennellement les banques qu’elles ne feront pas exception.

D’ailleurs, d’ors et déjà, il y a banque et banque. Celle où l’on va déposer son épargne, pour que cet argent soit placé, en toute sécurité, et celle où l’on va emprunter, pour financer un achat immobilier ou un LBO. Et ce ne sont pas du tout les mêmes établissements !

Ceux du premier type sont symbolisés par les banques suisses privées qui géreraient aujourd’hui le quart de l’épargne mondiale ! Ceux du deuxième type s’appellent Goldman Sachs ou s’appelaient Lehman Brothers. On y trouve beaucoup plus de matière grise mais beaucoup moins de moralité ! Qu’elles soient simplement privées du filet de sécurité des états et la raison leur reviendra…

On notera également que Marc de Scitivaux, étonnamment, fait l’éloge des banques centrales et des plans de relance. Il écrit : « tout (ou presque) de ce qui devait être fait a été fait ». Il pense que l’urgence était de restaurer les bilans des banques, et de lutter, par tous les moyenne, contre la déflation, conséquence naturelle de la destruction, en quelques semaines, de la moitié des actifs financiers mondiaux (une ardoise de quelque 60 000 milliards de dollars…)

Sur ce point, il sait que beaucoup de ses propres amis sont en profond désaccord.

Que ce soit au plan économique. Ou au plan moral, qui, pour la défense du capitalisme, est évidemment le plus important.

Larrousse/ « à vrai dire », collection dirigée par Jacques Marseille. 128 pages. 9,90€

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Notre « Mur de Berlin », c’est la Sécu !

Posted by alaindumait sur 09/11/2009

L’unathe-berlin-wall.1257371725nimité avec laquelle a été célébrée ce jour la chute du « Mur de Berlin », il y a 20 ans, peut paraître très hypocrite, puisque qu’on y retrouve toutes sortes de personnages, dont une bonne partie était radicalement hostile à ce changement (aux Etats-Unis, en France, en Grande-Bretagne…), Et même n’y croyaient pas quelques jours auparavant (en Allemagne de l’ouest…). Même M. Gorbatchev peut bien dire aujourd’hui qu’il n’a jamais imaginé un seul instant utiliser la force pour empêcher les débordements populaires, il y a heureusement des témoins pour nous rappeler qu’en vérité, il hésitait entre deux possibilités…

L’histoire devrait sur ce point donner raison aux anti-communistes les plus résolus. Mais comme ils sont réputés être « de droite », voire « d’extrême droite », on profite de l’événement pour les mêler à une prétendue défaite de tous les régimes autoritaires.

On dira : « la victoire vole vers la victoire ! ». Ou bien « les vainqueurs ont toujours raison ! ». « L’histoire a tranché ! »…

Tous les événements de l’histoire sont constitués d’un grand nombre d’éléments qu’il est difficile de peser. Il semble néanmoins que l’Allemagne de l’Est avait plutôt un problème économique que politique.

Chaque année la RDA augmentait son retard de production par rapport à la RFA. Pendant dix ans l’URSS, qui n’allait pourtant pas si bien que ça, à fait ses fins de mois. D’un côté du Mur, il y avait une insolente prospérité capitaliste, et de l’autre une effrayante misère socialiste. Ce qui n’empêchait pas la RDA d’avoir fait croire le contraire, presque jusqu’à la fin, à grands renforts de publi-reportages…

Karl Marx, bon économiste, avait raison de dire que l’économie est au coeur de l’histoire. Celle de l’Allemagne de l’Est était pourrie. Elle s’est abattue comme un chêne. Parce qu’elle était pourrie.

Protégée par son mur, l’Allemagne de l’Est aurait pu durer 1000 ans. Mais il aurait fallu pour cela que son économie soit prospère. Ce qui est strictement impossible dans un système collectiviste, sans liberté d’entreprendre, sans concurrence, sans appropriation des profits par des individus…

Comme le « Mur de Berlin », tous les systèmes économiquement foireux ont vocation à s’écouler.

Ainsi le système monétaire international basé sur l’émission de fausse monnaie, fournie gratuitement aux banques.

Ainsi notre sécurité sociale, qui présentement bat de l’aile et qui demain devra se déclarer en faillite. Car, au train où vont les choses, le déficit des comptes sociaux sera bientôt plus important que celui du budget de l’Etat, ce qui n’est pas peu dire !…

Nos dirigeants, telle la nomenclature est-allemande, continuent à défendre « le modèle français », « que tout le monde nous envie ». (En vérité, surtout les Afghans et les Tchétchènes, demandeurs d’un « droit d’asile »…). Mais il nous mène à la ruine. Et toute personne sensée et informée le sait.

Bien sûr, on ignore la date de la chute de la Sécu, comme on ignorait celle du Mur.

Elle est pourtant tout aussi inéluctable

« L’effarante idée que le pouvoir politique devrait déterminer la position matérielle de chaque individu… » (Friederich A. Hayek).

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Note de lecture. Paul Claudel : « La Crise. Amérique 1927-1932. Correspondance diplomatique »

Posted by alaindumait sur 26/10/2009

44Les Editions Métailié ont eu la bonne idée d’éditer une partie de la correspondance diplomatique de notre ambassadeur aux Etats-Unis de 1927 à 1933, son excellence Paul Claudel.

On  y découvre tout d’abord que le poète était un observateur hors pair, attentif à la vie des affaires, à la situation économique et financière du pays où il est en poste, déjà le plus puissant du monde. Les analyses qu’il envoie régulièrement à son ministre des affaires étrangères forment un ensemble à la fois clair, lucide et concret. On ignore s’il existe, en langue française, un journal de la crise économique mondiale de cette qualité.

En 1927, il voit venir l’éclatement de la bulle. En novembre 1929 il confesse que la catastrophe a dépassé par son étendue ce qu’aucun expert – profession comparée à celle des astrologues…- n’avait prévu. 3000 banques sont au tapis. La bourse plonge. Mais elle se reprend. Pour dévisser à nouveau avant l’élection de Roosevelt. À noter : notre ambassadeur a une piètre opinion de ce démocrate. Mais son prédécesseur républicain n’est pas plus estimé… Pas davantage que les institutions américaines d’un pays « ou la banqueroute a été élevée à la valeur d’un principe constitutionnel » !

Le lecteur attentif relèvera les ressemblances et les différences entre les situations respectives résultant des cracks de 1929 et de 2008. On sera frappé par les atermoiements des gouvernements, ne sachant pas s’il convient d’augmenter les dépenses ou de les réduire. Les hésitations des banques centrales sur les politiques à suivre. Mais une leçon et une seule a été retenue d’une fois sur l’autre : globalement, et contrairement à la fois précédente, on a sauvé les banques. Mais était-ce ce qu’il y avait de plus judicieux ? Notre poète qui était aussi un moraliste ne nous dit rien sur ce que nous appelons aujourd’hui l’alea moral…

« Il n’y a de société vivante que celle qui est animée par l’inégalité et l’injustice» (Paul Claudel).
[ Paul Claudel ]

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Sarkozy en clair : «vous pouvez compter sur moi pour faire exploser la dette ! »

Posted by alaindumait sur 17/10/2009

Charlie_Hebdo_08022006_SarkozyDans une longue interview publiée par Le Figaro daté du vendredi 16 octobre, le président de la République déclare notamment : «Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts et je ne les augmenterai donc pas»

Ca semble clair et net…

On pourrait néanmoins chipoter. Quand il accepte la remise en cause de certaines niches fiscales, il s’agit d’une augmentation des recettes, même si les fonctionnaires de Bercy parlent, dans leur jargon, d’une «diminution de la dépense fiscale»…

Mais donnons acte, globalement, au chef de l’Etat de sa volonté et de son engagement.

Comme il se dit une nouvelle fois partisan de continuer de «soutenir» l’activité avec des déficits élevés, cela veut dire que la France va s’enfoncer dans l’endettement, qui sera remboursé plus tard, par nous ou par nos enfants, soit par  l’augmentation des impots, taxes ou cotisations, soit par l’inflation, cet impôt sournois sur l’épargne.

Au compteur, la dette de l’Etat vient de franchir en octobre 2009 le cap des 1500 milliards €. Au rythme de 60 milliards de plus par trimestre, bientôt 80 puis 100, nous serons à plus de 2000 milliards en 2011, et bien au delà du taux fatidique de 100% du PIB. Voilà une pollution autrement plus grave que le CO2 que nous laissons aux générations futures !…

Nicolas Sarkozy dit : les autres en font autant, ou pire.

Non seulement, en vérité, beaucoup font mieux, mais encore la plupart  commencent à prendre des mesures sérieuses pour rétablir leur équilibre budgétaire. Chez plusieurs de nos voisins les salaires des fonctionnaires sont soit plafonnés soit réduits de 7,5%, comme  en Irlande ! Les coupes sombres   sont partout à l’ordre du jour…

Il dit, «on aura réduit le nombre de fonctionnaires de 100 000». Il s’agit d’une hypothèse à fin 2010. Et, à cette  vitesse, il faudra 150 ans pour revenir au niveau d’il y a 20 ans, sans parler du contrepoids exercé dans l’autre  sens par les collectivités locales !…

Il dit surtout : «il faut continuer à soutenir la croissance».

C’est le point crucial.

Que les économistes qui soutiennent que le déficit est bon pour la croissance lèvent la main !…

En fait ce n’est vrai ni en principe, ni par exception dans les circonstances actuelles.

Le bon sens l’indique.

L’histoire le démontre : aux Etats-Unis,  dans les années 30, le New Deal a eu pour effet de prolonger la crise, et donc de faire durer le chômage.

Et la théorie économique l’explique.

Une crise comme celle-ci, ou celle de 1929, s’analyse d’abord comme une destruction d’épargne privée. Quand les marchés financiers plongent, les épargnants trinquent. On a avancé le chiffre de 30 000 milliards de $ de valeur détruite…

La bonne réponse économique à un tel séisme consiste à favoriser le plus rapidement possible la reconstitution de cette épargne, et pas seulement les fonds propres de banques qui vivent sous assurance et sous perfusion publiques !

Si l’Etat capte l’épargne disponible, avec ses titres de dettes disposant d’un avantage exorbitant – contrepartie de son pouvoir de prélever l’impôt –  il empêche l’investissement privé et l’activité de repartir. Il crée littéralement le chômage.

Loin de favoriser la reprise, le déficit prolonge la crise.

Même le FMI étudie, parait-il, des «stratégies de sortie de crise». En tout cas le G20 lui a demandé, pour rassurer les marchés, de bâtir un scénario au terme duquel la course folle de tout les Etats vers toujours plus de dette serait ralentie puis stoppée. C’est la tache essentielle – et sans doute impossible… – qui a été confiée par les chefs d’Etat et de gouvernement, lors de leur dernier sommet  à Pittsburgh, à Dominique Stauss-Kahn.

Tous les chefs d’Etat s’efforcent de donner à croire qu’ils ont dans l’idée de maîtriser les déficits et la dette. Tous sauf un : le notre !

Nicolas Sarkozy, sans doute, veut attendre 2012. Il est vrai qu’il est meilleur politicien qu’économiste.

Mais attention : les échéances économiques et financières, qui sont mondiales, n’ont aucune raison de se plier pas au calendrier électoral français.

Ce qui ne veut pas dire que la bonne réponse à une crise mondiale ne peut pas être nationale.

L’Allemagne, qui aura bientôt rétabli à la fois ses finances publique et sa compétitivité internationale, même avec un euro à 1,50$, nous le démontre cruellement.

Une fois de plus, le gouvernement de notre pays, aux ordres d’une idéologie pourtant morte, attend, sans courage, son salut de l’extérieur.

Espérons pour lui qu’une nouvelle dépression – due par exemple à une remontée des taux d’intérêt à long terme, dans six mois – ne vienne pas emporter ses illusions…

« Les mots ne payent pas les dettes » (William Shakespeare).

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BNP Paribas : les contribuables n’avaient rien à faire dans cette galère !

Posted by alaindumait sur 30/09/2009

Le 1er mars, l’Etat, c’est-à-dire Nicolas Sarkozy (sans consulter personne…), décide d’engager l’argent des contribuables français à hauteur de 5,3 milliards d’euros, pour aider la première banque française, BNP Paribas. Cette somme représente un peu moins de 2% des dépenses de l’Etat, ou encore deux fois les dépenses du ministère de la culture, ou bien presque autant, à 20% près, que l’ensemble des crédits du ministère de la justice…

Aujourd’hui la banque rembourse et l’Etat, donc les contribuables, va encaisser 226 millions d’euros d’intérêt sur ce prêt.

On ne peut que s’en réjouir !

Tout en faisant remarquer que l’Etat n’est pas toujours aussi heureux dans toutes ses opérations de sauvetage… Dexia ou Natexis ne seront pas d’aussi bons placements…

D’une façon générale, quand les hauts fonctionnaires de l’Etat (avec notre argent) jouent au Meccano industriel, ils perdent neuf fois sur dix. Pour une bonne affaire Alstom, combien de trous sans fond, comme la SNCF ?…

Mais, quand on est l’Etat, qu’on engage l’argent des contribuables, il n’y a pas que le plan financier. Il y a aussi celui de la morale.

On ne paye pas des impôts pour aller sauver telle ou telle banque, mais plutôt pour que l’Etat remplisse correctement ses fonctions régaliennes !

En volant au secours d’une banque ou d’un industriel, il fausse les règles de la concurrence, et institue un clivage immoral entre les entreprises qui sont protégées (les plus grandes) et celles qui ne le sont pas (les plus modestes).

On objectera que les premières font courir au pays tout entier « un risque systémique », et pas les autres.

Ce risque est sans doute très exagéré. Et il disparaîtrait complètement dès lors que l’Etat préviendrait solennellement les responsables des plus grands groupes qu’ils ne peuvent en aucun cas compter sur les contribuables.

Beaucoup de ceux qui appartiennent à la super-classe mondiale vont répétant que c’est la faillite de Lehman Brothers qui nous a plongé dans la crise financière. La vérité est plutôt que c’est le sauvetage de Baer Steaks, six mois plus tôt, qui a pu faire croire aux apprentis sorciers que la bulle monétaire avait encore de beaux jours devant elle…

La grande difficulté du métier de banquier est de réduire ses risques au minimum. Et l’on est autrement prudent quand on a pas de filet de sécurité !

De toute façon, si le sauvetage de BNP Paribas a « rapporté » de l’argent, il n’y a aucune chance pour que celui de l’ensemble des banques, en France comme ailleurs, ne soit pas globalement très perdant !

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