Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

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Keynes ou Washington, la banqueroute ou l’épargne : il faut choisir !

Posted by alaindumait sur 22/01/2009

La fièvre obamaniaque étant un peu retombée, il convient de remarquer qu’elle a laissé de marbre les marchés financiers, qui ont réagi – comme il fallait si attendre – à toutes les promesses mirobolantes du nouveau président : par un nouveau mouvement général de baisse, traduisant la défiance croissante des opérateurs à l’égard des plans de relance des pouvoirs publics, quelles qu’en soient les grandes finesses et les subtiles modalités.

Tout se passe comme s’il y avait d’un côté les hommes de l’Etat, soutenus par des économistes stipendiés (car ils vivent tous de l’argent public) et des médias serviles (des journalistes de gauche, donc keynésiens à 90 %), qui se livrent à une surenchère de promesses et de dépenses (26 milliards d’€ pour Nicolas, 50 pour Martine et 850 milliards de $ pour Barak…), et d’un autre coté, les individus, les épargnants, les ménages, les contribuables, finalement une multitude, représentée par les forces d’en bas, celles du marché, qui y croient de moins en moins et même crient casse-cou !

Considérons par exemple le plan du nouveau président américain. Il constate qu’au niveau des besoins et de la demande il y a beaucoup de chantiers à lancer et à financer, et pas seulement dans le domaine des équipements. Il a dit : « nous allons construire des ponts et des routes, nous allons numériser notre économie, nous allons restaurer la science, la recherche, nous allons mettre l’accent sur la qualité et nous allons exploiter le vent et les richesses agricoles du pays et nos usines, nous allons transformer nos écoles et nos universités, pour faire face aux exigences d’une ère nouvelle… »

Tout cela, ajouté au sauvetage des banques et de l’industrie automobile, fait évidemment beaucoup, et peut être beaucoup trop, même pour l’Amérique…

En tout cas nos voisins irlandais et britanniques commencent à prendre conscience des risques qu’il y a « sauver les banques » : s’il faut remettre le couvert de l’aide publique on passe à l’étape suivante qui est celle de la quasi nationalisation, et alors la dette des banques est consolidée avec celle des Etats, et alors ceux-ci, déja au bord de l’insolvabilité, ne trouvent plus à emprunter sur le marché des capitaux. Le spectre de la banqueroute plane sur le monde…

Pour les pays membres de l’Euro la seule solution est de demander à la BCE d’emprunter à leur place (ou de garantir leurs emprunts) ce qu’elle n’a encore jamais fait et ce qu’elle ne pourrait faire qu’en obligeant les Etats concernés à revenir à plus de rigueur…

Pour les Etats-Unis, qui financent leurs déficits (budget de l’Etat et balance des paiements) en empruntant aux pays (pauvres) qui épargnent, comme la Chine, le problème est un peu différent. Mais un jour pourrait venir où les bons du Trésor US seront moins désirés, surtout si les pays émergents exportent moins…

(C’est là où le marché de l’or jouera un rôle de clignotant et d’avertisseur pour les investisseurs avisés…)

Aider les banques ne veut pas dire les sauver. Mais cela aboutit à faire courir aux Etats des risques tout à fait inconsidérés.

Ce qui est encore plus grave c’est qu’après les banques, tous les secteurs les uns après les autres viennent se présenter au guichet du Trésor public. Après l’automobile les chaînes privées de télévision ! Et pourquoi les bistrots et les chauffeurs de taxi devraient-ils faire exceptions ?…

En vérité, dans cette affaire, il y a d’abord et avant tout un défaut de compréhension.

Comme les hommes de l’Etat ne veulent ni admettre ni reconnaître qu’ils sont les seuls responsables de cette crise, ils proposent d’intervenir davantage encore dans le fonctionnement de l’économie. Comme ils s’imaginent que l’argent public, dépensé ou emprunté, ne provient pas de nos poches, ils veulent accroître la dette toujours plus…

Et comme ils ne comprennent rien au fonctionnement de l’économie ils veulent nous faire croire que les décisions catastrophiques qu’ils prennent sont pour notre plus grand bien. Tels des médecins fous…

Barak Obama a eu raison d’appeler à son secours les mannes de George Washington et des pères fondateurs de la démocratie américaine. Ceux-ci en effet en savaient davantage sur les lois qui président à la prospérité des nations que tous les conseillers qui viennent d’investir la Maison Blanche. Ils étaient tous fermement opposés aux interventions économiques de l’Etat.

Pour des raisons que nous avons déjà essayé d’expliquer précédemment (voir archives), un  raz-de-marée s’est produit. Les répliques de ce tsunami –sont sans doute encore à l’œuvre. A-t-on jamais vu quelqu’un reconstruire sa maison avant même que la tempête soit terminée ?

Les dégâts, dont l’appréciation n’est que provisoire, s’analysent comme une énorme destruction de valeur et principalement d’épargne. Or il y a une relation presque intangible et en tout cas structurelle entre la consommation et l’épargne (cours de première année de sciences économiques…). Quand cette dernière est détruite il faut la reconstituer, préalablement à tout programme d’investissement, la reprise de la consommation venant encore après. C’est pourquoi nous avions dès l’automne proposé un programme de détaxation de l’épargne…

Cet ordre des choses est imparable. Et vouloir le bousculer – par des politiques publiques – ne peut être qu’inadéquat, et contre-performant.

Cet ordre des choses, qui relève des lois naturelles de l’économie, celle relation entre épargne et consommation, est tout simplement juste et bon. Si l’Etat voulait bien s’en inspirer il considérerait que désormais rien n’est plus urgent que de sauvegarder son crédit, et donc d’arrêter de faire encore et encore de la dette.

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