Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

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La relance par la consommation serait un suicide collectif !

Posted by alaindumait sur 01/02/2009

M. Chérèque, le patron de la CFDT, veut donc une relance par la consommation.

C’est la vieille lune des syndicats : comme ils ont cru comprendre que la consommation stimulait la production, ils font semblant de croire qu’il suffit d’augmenter les salaires, augmenter le nombre des fonctionnaires, accroître la dépense publique et distribuer davantage d’aides et de subventions pour faire repartir la machine économique.

Une telle politique serait littéralement suicidaire. Sauf à fermer les frontières, elle profiterait immédiatement aux importateurs et aux pays à bas salaires.  Plutôt que de favoriser l’emploi elle produirait du chômage. Elle mettrait en cause le crédit de la France et sa place dans la zone euro.

Le problème du gouvernement, pour s’opposer à une telle demande, résulte du caractère parfaitement bâtard de sa politique économique. Puisque qu’au nom de la relance on augmente les aides sociales et on généralise le RSA, on fait pression sur les entreprises pour limiter les licenciements, on en rajoute en matière de logement social … en application de quel principe s’opposer à la demande de M. Chérèque ?

Le gouvernement a lui-même donner le signal de départ de la grande surenchère. Avec son plan à 26 milliards d’euro, il devait s’attendre à ce que le PS propose le double et l’extrême gauche le quadruple …

Nous pensons (<https://alaindumait.wordpress.com/2008/10/28/sauver-la-france-plutot-que-les-banques/>) que la première erreur commise a été de « sauver les banques ». A partir de là, tous les autres secteurs viennent demander de l’aide à l’Etat… Puis ce sont les catégories d’entreprises, les petites, les moyennes, les artisans, les producteurs de ceci ou de cela… Puis ce sont les salariés, par l’intermédiaire de leurs représentants patentés. Nous y sommes. Et ne sont-ils d’ailleurs pas fondés à dire : pourquoi tant d’argent pour les banques, et si peu pour nous ?

Ce n’est donc pas seulement pour des raisons économiques et financières qu’il ne fallait pas « sauver les banques ». On sait maintenant que l’injection d’au moins 110 milliards d’euros dans les banques européennes n’a permis que de faire redémarrer le marché interbancaire en cahotant.

C’est aussi pour des raisons morales et politiques. Il était spécialement mal venu de donner autant d’argent public à des entreprises qui symbolisent  jusqu’à la caricature la face sombre de l’argent.

Le gouvernement n’a pas fini d’en payer les conséquences. 

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