Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

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Mais qui va « sauver » les contribuables ?

Posted by alaindumait sur 21/11/2008

La crise économique, loin de s’éloigner, semble s’accentuer chaque jour. Comme si les pouvoirs publics, non seulement se démenaient en vain, mais encore, obtenaient l’inverse de l’effet recherché. Ils voudraient que les consommateurs consomment, comme avant, et que les entreprises produisent, nonobstant la diminution de la demande, mais, comme s’ils étaient décidément de mauvais citoyens, les uns et les autres préfèrent constituer des réserves, pour passer l’hiver…

Qu’à cela ne tienne : Big Brother sait  toujours mieux que personne ce qu’il convient de faire. Puisque les agents (économiques) que nous sommes ne veulent plus dépenser autant, lui, pour compenser, va dépenser encore plus ! Et ce n’est pas les programmes qui  lui manquent : après avoir « sauvé » les banques, ne convient-il pas de « sauver » aussi l’automobile, et demain le bâtiment, et tous les autres secteurs de nos économies ? Car ce qu’il a fait pour certains, pourquoi ne le ferait-il pas pour les autres ?

Le Hic est évidemment que l’Etat – de ce coté-ci de l’Atlantique ou de l’autre – n’a que les moyens qu’il va chercher dans les poches des contribuables. Vivants ou à naitre (grace à la dette)

C’est comme ça qu’il pense faire. Et c’est ainsi qu’il ne pourra pas faire, car l’entreprise dépasse ses moyens , c’est à dire les notres !…

Il faut arrêter de se focaliser sur la consommation, laquelle n’a jamais été un moteur de la croissance ou du progrès. Il faut faire son deuil du crédit trop facile. Il faut réhabiliter l’épargne (dans tous les pays développés) et lui permettre de financer le plus vite possible de nouvelles innovations. Car seuls de nouveaux produits, une nouvelle offre, sauront relancer la machine.

(1765 signes)

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Pensée économique unique = danger !

Posted by alaindumait sur 06/11/2008

Les loisirs précèdent la crise....

Les loisirs précèdent la crise....

L’occident vivait à crédit. L’encours des crédits, dans l’ensemble constitué par les Etats-Unis, l’Europe et le Japon, représentait 125% d’une année de production de cette même zone. . Ce n’était pas longtemps supportable !

Globalement, L’Amérique n’épargnait plus. Elle investissait avec l’argent des Chinois. Ce n’était pas durablement raisonnable.

La crise financière a été provoquée, on le sait, par les désormais fameux crédits « subprime » à l’immobilier social aux Etats-Unis. Mais le château de cartes du crédit excessif devait un jour ou l’autre s’écrouler, aussi sûrement que l’empire soviétique devait un jour ou l’autre sombrer.

L’attrition générale du crédit, est le phénomène majeur en cours. C’est elle qui provoque la crise économique, la plus grave que nous ayons connu depuis un siècle. Tout simplement parce que moins de crédits signifie évidemment moins d’activité, aussi longtemps que l’épargne durable n’aura pas pris le relais.

Cette analyse – du niveau d’un étudiant de première année en sciences économiques – dicte ce qui devrait être la bonne politique publique : favoriser l’épargne, en commençant par cesser de la décourager par l’impôt.

On dira que ce serait un coup porté à la consommation. C’est possible. Mais le vrai choix est entre une crise longue et une crise courte. Quand on change de paradigme, il vaut mieux le faire clairement.

Les pouvoirs publics, le gouvernement français en particulier, ont fait pour l’instant le choix inverse. Leur ambition est de forcer les banques à faire autant de crédits qu’avant la crise (nonobstant les raisons profondes de celle-ci…), tout en soutenant l’activité, par l’accroissement du déficit public (en prenant le risque de mettre en péril le crédit de l’Etat, dont la banqueroute serait immédiatement supportée par les contribuables…).

la pensée économique unique, c’est vingt éditorialistes parisiens !

C’est une politique totalement irresponsable. Le fait qu’elle soit soutenue par la pensée économique unique, véhiculée chez nous par une vingtaine d’éditorialistes n’ayant jamais eu la moindre réflexion économique personnelle, est de nature à le confirmer plutôt qu’à l’infirmer. Quand j’entends l’un d’eux répéter pour la énième fois depuis un mois « tout le monde est d’accord pour accroître les déficits publics », Je suis renforcé dans l’idée que c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire !

 (2350 signes)

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Crise financière mondiale : une chance pour l’économie ! Petite leçon d’économie politique.

Posted by alaindumait sur 03/11/2008

Depuis toujours, le crédit repose sur la confiance. Plus un agent économique est endetté, moins il inspire confiance. C’est pourquoi il y a toujours une limite à l’endettement. Mais personne ne connaît exactement le niveau exact de cette limite.

Ce qui vient de se passer au plan financier mondial a ceci de commun avec la chute du Mur de Berlin et l’écroulement du communisme : tous les esprits lucides le prévoyaient, toutes les personnes raisonnables s’y attendaient, mais personne n’était en mesure d’en annoncer la date exacte.

Il en a été de même avec l’effondrement du système bancaire auquel nous venons d’assister.

La masse monétaire – qui a pour contrepartie l’ensemble des crédits à l’économie – de l’ensemble du monde occidental (Etats-Unis + Union européenne et japon) augmentait depuis dix ans deux fois plus vite que la production. Elle représentait au total, fin octobre 2008, 120% de la production brute. Ce n’était pas longtemps supportable !

Tous les agents économiques étaient comme drogués au crédit facile (et pas cher), aussi bien les ménages que les entreprises et les collectivités publiques. Il était d’ailleurs difficile de déterminer quel allait être le maillon le plus faible : on a vu que ce furent les crédits à l’immobilier aux Etats-Unis, les désormais fameux « subprime », littéralement des crédits « sous-excellents », c’est à dire « pourris », dès l’origine…

Le ver était dans le fruit depuis près de trente ans. Le gouvernement fédéral s’était mis en tête de favoriser l’accès au crédit des Américains les plus pauvres, appartenant en particulier aux minorités ethniques, noires et hispaniques. Ces prêts, à taux progressif, étaient soit disant garantis par des caisses hypothécaires portant les jolis noms de « Fanny Mae » et « Freddy Mac ». Quand le marché immobilier s’est retourné, début 2007, ces caisses ont été immédiatement sollicitées en garantie, et rapidement elles ne purent suivre. Elles durent se déclarer en faillite. In extremis, le gouvernement les racheta, le 7 septembre 2008.

C’est alors qu’on découvrit les turpitudes des banques, non seulement américaines mais du monde entier. Ces « subprime » avaient fait l’objet d’opérations complexes de titrisation et d’émissions de produits dérivés, pour des montants dix fois supérieurs aux crédits sous-jacents. D’où une crise de confiance généralisée à l’égard du système tout entier. D’où l’effondrement des cours de bourse, et la panique au siège de tous les établissements financiers.

Les pouvoirs publics auraient pu laisser les banques les plus exposées déposer leur bilan, comme de vulgaires sociétés commerciales. Ils ont choisi la politique inverse consistant à leur porter secours en garantissant tous leurs engagements, avec l’argent des contribuables. L’histoire dira si c’était le bon choix, ce dont il est permis de douter  En sauvant les banques on a pris le risque d’exposer le crédit des Etats eux-mêmes, et l’on sait que celui-ci n’est plus ce qu’il était…

Comme en matière militaire, les stratèges économiques sont souvent en retard d’une guerre. Ils ont en mémoire la crise dite « de 29 ». Ils considèrent qu’à l’époque les pouvoirs ont eu tort de laisser tomber les banques, de laisser les banques centrales augmenter les taux et provoquer une réduction de la masse monétaire. C’est possible. Mais aujourd’hui le contexte est très différent. Les états sont endettés plus qu’ils ne l’ont jamais été. Leur marge de manœuvre financière est quasi nulle. Et les risques sont décuplés par ces produits dérivés aux signes abscons (les CDS, les CDO, les ABS, les ABX, les CLN, les SPV et autres acronymes anglo-saxons, ainsi que leurs variantes, désignant toutes sortes de produits financiers qui, apparemment, plombent toujours le bilan des banques et des compagnies d’assurances).

Les pouvoirs publics ont donc choisi la thérapeutique interventionniste. Dont acte.

En théorie, les banques sont sauvées. Mais alors, qu’est-ce qui explique que la récession soit là et que les perspectives d’activité s’assombrissent tous les jours ? La raison fort simple : que les pouvoirs publics le veuillent ou non, et quels que soient le niveau des taux d’intérêt, la demande de nouveaux crédits de la part des ménages et des entreprises va diminuer, d’autant que les banques, instruites par cette douloureuse expérience, vont faire un peu plus attention à la qualité des risques. Déjà, aux Etats-Unis, les familles réduisent leur consommation pour se remettre à épargner.

Demain la nouvelle économie s’appuiera sur moins de crédits et un peu plus d’épargne. C’est le bon sens. On revient aux règles élémentaires de l’économie : ne pas vivre trop au-dessus de ses moyens. C’est plutôt une bonne nouvelle. Mais il va falloir supporter la transition. Et la payer en termes de revenus et d’emplois. Telle est la raison profonde de cette « crise ». Un terme qui, en chinois, signifie aussi « opportunité »

(5000 signes)

 

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