Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

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Interview pour le mensuel « Le Cri du Contribuable »

Posted by alaindumait sur 27/10/2009

emprunt-deficitIl est souvent question de « bons » déficits publics et de « mauvais » déficits publics. Pensez-vous qu’un déficit public puisse être bon pour la croissance ?

1- En général

Le déficit permanent des finances publiques, pratiqué par l’Etat français depuis 35 ans, ne figure pas parmi les facteurs reconnus et répertoriés comme tels de la croissance économique. C’est même un facteur de stagnation. Tout simplement parce que  le gonflement de la sphère publique, que le déficit permet, réduit d’autant la sphère de l’économie privée, qui concentre – personne ne le conteste – l’essentiel du progrès technique, et garantit une concurrence, qui est le meilleur aiguillon de la productivité.

Sans déficit public, on peut en effet penser que les dépenses inscrites au budget de l’Etat seraient moindres. Car augmenter  les impôts et taxes à due concurrence de ce déficit serait autrement plus douloureux, que de les faire payer plus tard, à nos enfants, par l’endettement !

L’idée d’un « bon déficit » relève du mythe. Comme si, dans une économie libre, où l’épargne n’est pas découragée, il pouvait exister des gisements d’investissements très rentables – suffisamment au moins pour rembourser les sommes empruntées – qui puissent échapper aux investisseurs privés et aux entrepreneurs !

La vérité historique est que, au nom d’un bon déficit imaginaire, on accumule les mauvais déficits bien réels ! Les 1 500 milliards de dettes de la France n’ont rien financé d’autre que des déficits de fonctionnements.

Un autre point est rarement souligné : le déficit est à la fois un prélèvement sur les revenus à venir des générations suivantes, mais aussi, dans l’immédiat, un prélèvement sur l’épargne disponible. L’argent qui finance le déficit n’est évidemment pas disponible pour autre chose. Il fait aussi monter les taux d’intérêt. De ce fait, et pour toutes ces raisons, le déficit est un puissant réducteur de croissance.

2- Dans la situation actuelle de la France

Le déficit du budget de l’Etat, mauvais pour la croissance en général, sans pouvoir être « bon » par exception dans la situation présente, pourrait être en effet supportable, voire inévitable, si, un peu comme une drogue ou un verre d’alcool administré à un blessé avant une opération, le malade en question n’était pas déjà complètement dépendant à cet euphorisant !

Qu’on ne puisse pas faire autrement, présentement, pour des raisons politiques, touchant à l’ordre public, et donc à la sécurité des citoyens, est une autre affaire, tout à fait hors du champ de l’économiste…

« La finance est l’art de faire passer l’argent de mains en mains jusqu’à ce qu’il ait disparu » (Robert W. Sarnoff).

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Les déficits sont des impots ! Et les plus honteux…

Posted by alaindumait sur 10/09/2009

Aussi bien le Président de la République que son Premier Ministre, depuis le premier jour de leur entrée en fonction, répètent, inlassablement, qu’ils n’augmenteront pas les impots ! Que les prélévements obligatoires n’augmenteront pas !

Dans la droite ligne de cette promesse, le Président de la République a annoncé aujourd’hui les modalités de la mise en place de la « taxe carbone », et sa compensation intégrale en diminutions de recettes de diverses sortes.

Nous, Contribuables Associés, ne pourrions que nous réjouir de cette promesse, … si celle-ci n’était pas outrageusement mensongère !…

Pour l’année en cours, les prélévements obligatoires, mesurés par les impots, taxes et cotisations éffectivement payés par les Français, vont même probablement diminuer, du fait de la crise et des moindres rentrèes fiscales quand celles-ci sont liées à l’activité économique.

Mais, dans le même temps, le déficit budgétaire explose. Il a plus que doublé sur les sept premiers mois de 2009 ! Et cela parce que, loin de réduire ses dépenses, l’Etat les augmentent, nonobstant la baisse de ses recettes. 40% de ses dépenses ne sont plus financées !

C’est la raison pour laquelle, quand nous déterminons « le jour de la libération fiscale », nous le faisons sur la base des dépenses publiques et non pas des prélévements. En reprenant, ni plus ni moins, les chiffres de l’OCDE.

La différence entre prélévements et dépenses publiques, ce sont les déficits. Accumulés, c’est la dette. C’est ce que nous léguons, méchamment, aux générations futures.

Non seulement les déficits sont bel et bien des impots, mais ce sont les pires : des impots à la charge de nos enfants et de nos petits enfants.

Nous devrions avoir honte…

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