Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

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Christine Boutin : un ministre dramatique !

Posted by alaindumait sur 12/03/2009

bilan-sarkozy2On paye aujourd’hui les erreurs faites hier.

On cède à Munich, et on a la Seconde guerre mondiale.

On laisse s’emballer les subprime, et on a la crise économique actuelle ! (sur le sujet, lire le remarquable article d’Henri Lepage, dans la dernière livraison de « Politique Internationale », http://www.politiqueinternationale.com/revue/article.php?id_revue=122&id=779&content=synopsis)

Quelles seront les conséquences sur le long terme de la décision annoncée ce matin par le ministre Christine Boutin, à savoir « plus d’expulsions sans solution de remplacement » ? Nous ne le saurons que plus tard, mais elles seront forcément catastrophiques.

On me fera observé que les expulsions étaient déjà très réglementées et fort difficiles à mener à leur fin. Sur les 10 000 jugements prononcés chaque année, combien sont effectivement exécutés ? Mais justement : cette protection de fait était le principal obstacle au développement d’un marché locatif privé, animé par des bailleurs privés. L’interdiction absolue d’expulser sans reloger va accentuer une situation déjà mauvaise, non seulement pour les propriétaires, mais aussi pour les locataires, qui, du coup, ne trouvent pas à se loger.

On favorise les rentes. Ceux qui ont un bail vont s’y accrocher et même essayer de le transmettre (avec dessous de table…)

C’est un peu comme l’interdiction de licencier : la seule façon de s’en protéger est de ne pas embaucher…

La nouvelle disposition s’appliquera bien sûr aux squatters, qui d’ors et déjà bénéficient d’une immunité de fait. On va donc assister, immanquablement, à l’explosion des squats…

La mesure est aussi très incitative pour l’immigration clandestine.

Jusqu’à présent les immigrés clandestins avaient droit – tout hors-la-loi qu’ils sont – à la meilleure couverture sociale du monde, y compris l’accouchement à Paris dans un super-hopital comme Robert Debré, à l’éducation gratuite de leurs enfants (+ cantine gratuite à l’école), à une assistance sociale permanente… Maintenant ils savent qu’ils ne courent plus le risque de devoir quitter un logement, qu’ils payent ou non, sans être préalablement relogés.

C’est dramatique !

C’est pourtant une des leçons de la crise qui, au départ, est celle des subprime : quand on fait n’importe quoi, au nom d’une soi disante politique sociale (en fait anti-sociale, cf sur le sujet l’ouvrage d’Alain Mathieu < http://www.contribuables.org/la-vie-de-ca/ca-en-action/le-modele-anti-social-francais-2/>) on sème le vent. On récoltera la tempête !

Et la citation du jour : « À la base de toutes les doctrines totalitaires se trouve la croyance que les gouvernants sont plus sages et d’un esprit plus élevé que leurs sujets, qu’ils savent mieux qu’eux ce qui leur est profitable » (Ludwig Von Mises ».

 « Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo alaindumait ».

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Le faux droit au logement nous conduit au vrai goulag

Posted by alaindumait sur 04/01/2007

C’est un fait indiscutable : beaucoup de nos concitoyens sont mal logés ou même n’arrivent pas à se loger du tout. Quelque 100 000, peut-être même 200 000 personnes, dorment chaque soir soit dans les rues, soit dans des foyers d’accueil à caractère précaire.

Il s’agit-là, bel et bien, d’un scandale national ! Encore qu’il faille distinguer : les mal logés sont victimes d’une mauvaise politique publique, tandis que les sans domicile fixes, pour une part au moins, sont avant tout victimes d’une forme ou une autre de déchéance individuelle. C’est si vrai qu’il y a encore quelques dizaines d’années, c’était dans les hôpitaux, et non pas dans quelque forme de foyer que ce soit, qu’on envoyait les mendiants ramassés par la police sur la voie publique…

Focalisons-nous donc sur la question du logement social. D’une façon ou d’une autre, cette politique est mise en œuvre depuis plus d’un siècle : c’est en 1894 qu’une loi institue les premières « habitations à bon marché » (HBM), précurseur de nos fameuses HLM. D’emblée, l’idée est de faire échapper le logement à la logique du marché capitaliste : les logements pour les ouvriers ne seront pas construits en vue d’une rentabilité mais sur des critères extra-économiques. Rapidement, une partie de l’épargne nationale est détournée au profit du logement social via le livret A des caisses d’épargne et l’activité de la Caisse des dépôts. Depuis lors, la ségrégation entre un secteur dit social et un secteur soi-disant libre n’a fait que s’accentuer.

Il est passionnant de suivre pas à pas l’évolution de la collectivisation de ce secteur de l’économie. Dans le cadre de cette courte chronique, je me contenterai de renvoyer ceux qui veulent approfondir la question à l’ouvrage toujours d’actualité publié (aux PUF) en 1992 par Georges Mesmin, alors député UDF de Paris, mais aussi ancien conseiller technique au cabinet de Pierre Sudreau, fameux ministre de la construction.

Une action publique doit se juger à ses fruits. Ceux de la politique dite de logement social sont lamentables, un échec sur toute la ligne ! Plusieurs millions de Français, en particulier ceux qui sont logés dans ce parc dit social, peuvent en témoigner, et d’ailleurs en témoignent quotidiennement, de différentes façons, y compris en brûlant quelque 40 000 véhicules en 2006 (faits concentrés, comme par hasard, dans les cités de logements « sociaux »…).

La cause de cet échec réside tout entière dans une erreur économique. Contrairement à ce qui est ressassé, le logement n’est pas un bien différent des autres. Il est simplement particulier, comme tout bien économique. Et pour le produire en quantité, au meilleur prix possible, il faut non pas entraver mais favoriser les règles concurrentielles de marché. Il faut en particulier non pas empêcher de construire mais le permettre. Or, la réalité, tout particulièrement depuis quinze ans, c’est qu’on empêche les Français de construire. Comment dire les choses autrement quand le prix des terrains à bâtir, à 50 km de Paris, ont été multipliés par un facteur de cinq ou six, sous le seul effet de réglementations malthusiennes ?

En France, 50 % des familles sont propriétaires de leur logement. Mais c’est 80 %, voire 85 % dans beaucoup d’autres pays européens. Car, contrairement à ce que nous enseigne la mythologie marxiste, la propriété immobilière est particulièrement adaptée aux catégories sociales modestes. Si on pouvait construire, à 50 km de Paris, sur des terrains à bâtir valant 15 000 ou 20 000 euros et non pas 100 000, quelle famille pourrait soutenir qu’elle n’a pas, même en région parisienne, une solution de marché à portée de sa main ?
En outre, comme toujours quand on enfreint les lois du marché, toutes sortes de dérives se développent, qui commencent par le clientélisme et aboutissent finalement à des injustices de plus en plus criantes.

Sans s’en laisser compter par les médias aux ordres de l’extrême gauche, un homme s’affichant de droite comme Nicolas Sarkozy devrait partir d’un bilan honnête d’un siècle de politique du logement social, fournir une explication à cet échec, aussi monumental que celui de l’agriculture soviétique, et avancer des solutions résolument novatrices, c’est-à-dire non malthusiennes.

Au lieu de quoi, il nous emmène sur le terrain d’un « droit au logement opposable ». Ce qui revient à présenter comme un progrès un pas fait… vers l’abîme. Décidément, les technocrates ont ceci en commun avec les socialistes que la seule solution qu’ils trouvent pour remédier aux maux qu’ils ont eux-mêmes suscités est de renforcer encore et encore les mêmes politiques néfastes…

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