Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

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Plans de relance. Nouveau consensus de la pensée unique.

Posted by alaindumait sur 07/01/2009

pucrsCette semaine, comme l’Allemagne vient d’annoncer un nouveau « plan de relance », comme le Président élu Obama met la dernière main au sien, la classe parlante française, en tête de laquelle les prétendus journalistes « économiques », se demande s’il ne conviendrait pas d’augmenter les doses du plan français… Même Nicolas Sarkozy en rajoute une couche, pour les banques.

Le constat est facile à faire : à ce jour aucun plan de relance ne semble avoir convaincu ni les marchés ni les opinions publiques que la croissance allait revenir, sous l’effet de ces remèdes.

Ces observateurs, inspirés par la pensée unique (socialiste, dirigiste et réglementariste) ne doutent pas un seul instant ni de l’analyse ni de l’ordonnance. Ils proposent de jouer sur les quantités…

Mais ils sont dans le rêve. La destruction de richesses due à la crise est une réalité, et non pas virtuelle. Un tel sinistre a des conséquences qu’il est impossible d’effacer. Moins d’actifs immobiliers, financiers, bancaires, industriels, cela veut dire moins de production, moins d’emplois, moi de revenus.

La confiance est partie au galop. La destruction d’actifs a suivi. La confiance ne reviendra qu’au pas. Et la reprise économique aussi.

Il y a un point commun entre la situation précédente et celle de 1973, résultant du quintuplement du prix du pétrole brut : dans les deux cas les politiciens ont essayé de faire croire aux Français qu’ils disposaient de moyens secrets et de techniques magiques pour permettre de passer ce mauvais moment. Georges Pompidou, avant de mourir, conseillait à son gouvernement de « ne pas inquiéter les Français ».

De là à les endormir, à leur mentir, il n’y a qu’un pas, vite et souvent franchi. Cela évite à beaucoup de regarder la vérité en face…

La vérité est que le gouvernement n’a à sa disposition que les moyens qu’il va puiser dans les poches des contribuables, ceux d’aujourd’hui ou ceux de demain, sous la forme d’augmentations des impôts ou de la dette, qui n’est jamais que des impôts que paieront nos enfants.

Et le gouvernement n’a aucun autre moyen à sa disposition. On nous parle de concours par « caution », mais une caution est un engagement, hypothétique certes, mais qui peut coûter fort cher, qu’il soit ou non au bilan de celui qui la donne.

On nous parle de crédits engagés « par avance ». Tant mieux pour les bénéficiaires, qui sont en général des entreprises qui ont des créance sur l’Eat-mauvais-payeur. Mais pour financer en trésorerie ces pseudo avances, l’Etat impécunieux doit emprunter, en France ou à l’étranger, ce qui augmente la dette, et assèche en outre l’épargne disponible.

Toute la question est donc de savoir si les ressources mobilisées sous forme de nouvelles dépenses engagées par le gouvernement au titre de ses plans de relance seront mieux allouées, du point de vue de la reprise, qu’elles ne l’auraient été par ceux qui se sont vus prendre ces ressources. Comme toujours il y a « ce qu’on voit » (ce sur quoi le gouvernement communique), et « ce qui ne se voit pas » (qui manquera à celui que Frédéric Bastiat appelait Jacques Bonhomme).

Non pas que les banques, l’automobile, le bâtiment ne doivent pas faire l’objet de plans de réformes et de développement, avec appel éventuellement à de nouveaux capitaux propres, issus de l’épargne générale, d’une façon ou d’une autre. Mais, dans une économie libre, cela doit se faire pas appel direct à l’épargne. On dira que, dans ces conditions, l’épargne ne s’engagerait peut-être pas. Ce serait alors un moment de vérité.

Sans une telle épreuve, on est fondé à soupçonner que l’argent public est engagé dans des entreprises hasardeuses.

Or il ne faut jamais s’obstiner à vouloir combler les trous sans fonds. L’argent qu’on y met manquera cruellement, quand le temps de la reconstruction sera venu.

Je crains que le relance ne fasse qu’ajouter du temps à la crise…

(3900 signes)

 

 

 

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Le mot en question : la relance, oui, mais laquelle ?

Posted by alaindumait sur 05/01/2009

Quand la croissance économique est en berne, et, de ce fait, les perspectives de chômage en forte hausse, au point de faire craindre des émeutes sociales, comme c’est le cas en ce mois de janvier 2009, que peuvent donc faire les pouvoirs publics ?

Nous ne sommes plus dans les années 30. Les Etats étaient beaucoup moins endettés que maintenant. Ils avaient la maîtrise directe de leurs monnaies. La mondialisation des marchés –et leurs interconnexions – n’était pas ce qu’elle est devenue… Et si, en 2008, tout a commencé comme en 1929, par une crise bancaire, générée par une bulle des encours des crédits, c’était dans un contexte de surproduction industrielle généralisée, alors que nous serions plutôt, en 2009, dans une situation de surconsommation. Bref, s’il faut apprendre du passé, attention à ne pas bégayer…

Puisque le système bancaire est en panne, qu’il ne cherche plus à placer ses crédits à n’importe qui (ce dont il faut se réjouir), il est normal, et sain, que les agents économiques reconstituent leur épargne, pour investir à nouveau ensuite. L’Etat serait bien inspiré d’en faire autant : en réduisant ses dépenses plutôt qu’en les augmentant.

On me dira : « mais ça va faire baisser la consommation ! ». C’est vrai. Mais soutenir la consommation par de nouvelles dépenses publiques n’est pas une bonne solution. Ce sont des ressources largement gaspillées. Et il vaut mieux une chute de courte durée de la consommation, et donc du PIB, qu’une langueur économique qui s’éterniserait (comme dans les années 30).

Dans une telle période, ce qui marche, c’est la baisse des prix ! (cf les soldes). S’il veut aller dans ce sens, le gouvernement peut faire beaucoup : en baissant les impôts et les taxes ! Cette politique semble d’ailleurs être celle de la nouvelle équipe Obama !…

 (1800 signes)

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Les milliards de la relance

Posted by alaindumait sur 22/12/2008

En économie, le mot « relance » fait partie du vocabulaire magique. « Qui est contre la relance ? » Personne… ! « Qui est pour ? » Tout le monde… ! Encore faut-il que ça marche, et que les dépenses publiques inscrites sous cette appellation produisent plus d’activité qu’elles n’en détruisent. Car on voit bien toujours ce que l’Etat dépense, on voit souvent moins bien ce qu’il prélève et, de ce fait, empêche de dépenser.

Globalement, les dépenses publiques sont moins efficaces que les dépenses privées. C’est à dire qu’un euro dépensé directement par un individu lui procure davantage de biens ou de services que le même euro dépensé pour son compte par une collectivité publique. Ceux qui en doutent n’ont qu’à retourner vivre en URSS !…

La bonne réponse à la crise, à partir de là, est évidente : il faut rendre du pouvoir d’achat aux ménages, en réduisant les prélèvements publics. Faire l’inverse, en accroissant les déficits publics, est proprement suicidaire.

Le Plan de relance annoncé par Nicolas Sarkozy le 4 décembre, et détaillé en conseil des ministres le 19 décembre, n’est pas de nature à « créer les conditions d’une relance rapide et durable ».

Sur 26 milliards d’euros annoncés, 11,6 serviront à payer un peu mieux les dettes de l’Etat à l’égard des entreprises. C’est la confirmation que l’Etat était mauvais payeur…. 10,5 milliards iront à des projets qui, à ce jour, n’étaient pas prêts, ou en discussion quant à leur rentabilité. Avec la crise il vaudrait mieux être plus sélectif que moins… Quant aux deux milliards destinés au logement et à l’automobile, il s’agit pour les secteurs concernés d’un simple pansement ; tandis que les deux autres milliards, au titre du soutien à l’emploi et aux revenus modestes, sont hors du champs de l’économie.

Il serait tout à fait excessif de dénoncer ce pseudo plan de relance. Il va creuser le déficit public. Sans relancer quoi que ce soit. Le courage eut été de ne pas rajouter du déficit à du déficit, lui, même à l’origine de la crise…

Qui ne voit que ceux qui s’en sortiront le mieux seront ceux qui seront demain désendettés ?

(2140 signes)

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