Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

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Travail le dimanche : une occasion manquée

Posted by alaindumait sur 17/07/2009

Depuis plus de sept mois, le Parlement débat d’un projet de loi sur l’extension du travail dominical. L’Assemblée vient de voter en première lecture. La parole est au Sénat. On aura peut-être bientôt un texte définitif… Ça fait long, pour un sujet qui, s’il prête aux affrontements farouches, n’est peut-être pas pour autant essentiel…

S’il s’agissait principalement de libéraliser le Code du travail, et de laisser les entreprises un peu plus libres d’organiser avec leurs salariés les conditions et les modalités de leur présence effective, il eût suffi d’élaguer à cette occasion, une législation déjà bien tatillonne.

Après tout, dans un  pays où la durée légale est limitée à 35 heures par semaine, les heures supplémentaires étant strictement limitées, on pourrait très bien laisser les entreprises se débrouiller et faire comme bon leur semble, sous réserve d’accords avec les salariés concernés. On remarquera d’ailleurs qu’il suffit de travailler en famille, sans contrat de salaire, pour échapper à ce terrible Code. Et c’est ainsi qu’en ville l’épicier tunisien du coin de ma rue est ouvert tous les jours jusqu’au milieu de la nuit, à la grande satisfaction du quartier…

La question a évidemment une dimension culturelle forte. Elle renvoie aux préceptes religieux les plus anciens et quasi-unanimement enseignés : le repos hebdomadaire est de l’ordre de la morale universelle. Quand ce n’est pas le dimanche, comme pour les Chrétiens, c’est le vendredi pour les Musulmans, le samedi pour les Juifs.

Mais dans un pays devenu multiculturel (sans qu’on lui ait jamais demandé son avis, d’ailleurs…), le repos hebdomadaire doit-il resté « dominical ». Il devrait plutôt être « à la carte ». Autant que cela est compatible avec la gestion des entreprises concernées. Mais quand je vois la difficulté qu’il y a à obtenir un rendez-vous le mercredi avec un conseiller d’agence bancaire, par ailleurs mère de famille, qui ce jour-là est « en RTT », je me dis qu’il y a souvent des moyens de s’arranger…

Grand amateur des émissions du jour du seigneur sur France 2 le dimanche matin, je trouve un brin comique que les émissions sur l’Islam soient diffusées le même jour que celle du « jour du seigneur »…

En plus des 35 heures, on pouvait donc garder cette idée bien ancrée du repos hebdomadaire obligatoire, comme un hommage de plus de la loi républicaine à la sagesse biblique. Au fait, avez-vous remarqué que le parti communiste athée est en flèche dans la défense du repos dominical ?

Mais continuer à faire dépendre d’un préfet le droit d’ouvrir le dimanche, ou devoir lui soumettre la demande d’un maire, faire dépendre d’un classement, toujours contestable et révisable, le fait pour une commune d’être tenu pour « touristique », me semble parfaitement tatillon et archaïque.

La principale caractéristique du nouveau dispositif sera peut-être de permettre à un plus grand nombre d’entreprises d’être ouvertes le dimanche. Les consommateurs apprécieront, comme ils le font déjà, là où ils le peuvent, dans ces zones commerciales de banlieues où les parkings sont pleins sept jours sur sept. Tant mieux.

Mais une occasion a été manquée d’en profiter pour alléger carrément le code du travail en laissant, pour l’essentiel, les entreprises et leurs salariés faire leur affaire de cette passionnante question.

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Nicolas Sarkozy se prend pour le gérant d’une entreprise nommée « France » …

Posted by alaindumait sur 06/02/2009

Il y a une excellente chose dans l’intervention d’hier soir à la télévision de Nicolas Sarkozy : le renouvellement de sa promesse électorale de supprimer en 2010 la taxe professionnelle.

En effet cet impôt, qui frappe les entreprises françaises au prorata de leurs investissements et de leurs effectifs, est particulièrement anti-économique (si tant est qu’un seul impôt puisse être « pro-économique »…)

Il est simplement dommage qu’il soit prévu de le remplacer par un autre impôt, « la taxe carbone », qui, pour être labellisée écologique, n’en est pas moins un nouveau prélèvement obligatoire. Financer la suppression de la taxe professionnelle par des diminutions de dépenses eut été plus vertueux…

 

Pour ce qui est du reste de ses propos, on est frappé par la conception singulière que se fait de son rôle le président de la République.

On avait depuis longtemps compris que ce président-là était le vrai chef de l’exécutif et commandait directement à l’administration.

Mais on a appris hier que son champ d’action s’étendait, en fait, à l’ensemble des questions qui concerne le pays, dont il a dit qu’il avait en charge « la gestion ».

On comprend mieux, dans ces conditions, l’activisme dont il fait preuve, notamment au plan économique.

Dans ce contexte, il commande en particulier aux banques et aux banquiers. C’est lui qui fixe les montants adéquats des encours de leurs crédits, les plafonds de rémunération des dirigeants, le partage des dividendes. Et, si l’on veut bien considéré que désormais les banques sont mises à l’abri en France de tout dépôt de bilan, tandis que les déposants ne risquent absolument rien pour leur épargne, on conviendra que nous sommes d’ors et déjà dans un système où les banques sont bel et bien nationalisées, mais sans que cela soit dit ouvertement. Elles le sont en fait, mais non en droit…

Au passage on a même appris qu’il avait le pouvoir de créer de la monnaie ex nihilo. A moins que ce ne fut qu’un tour de prestidigitation que ces milliards d’euros prêtés aux banques, qui vont rapportés 1,4 milliards d’euros d’intérêts, d’ailleurs aussitôt dépensés pour un nouvel « effort social »…

Pourtant notre président omniscient ne peut pas ignorer que cet argent prêté aux banques au bord de l’apoplexie a été emprunté quelque part, que des épargnants s’en sont privés, et que la dette publique coûte cher aux contribuables.

Le dernier rapport de la Cour des comptes évalue même à quelque 10 milliards d’euros ce que coûtera à l’Etat l’augmentation de cette dette due à la crise…

On est quand même surpris que le président ait pu dire : « ca ne coûtera pas un centime aux contribuables ! ». Non seulement c’est faux, mais en outre cette augmentation de notre dette publique, notamment pour venir au secours des banquiers, met gravement en danger le crédit de notre pays. Le chef de l’Etat a d’ailleurs reconnu que la signature de la France était aujourd’hui moins bonne que celle de l’Allemagne (une différence – un spread – de 0,49% )…

Mais le plus grave est encore cette explication totalement surréaliste de la crise financière, comme si celle-ci n’était due en rien à la distribution de crédits pourris à des familles insolvables, comme si le retournement du marché hypothécaire n’était pas du au dégonflement d’une bulle monétaire,  provoquée par un laxisme monétaire, que Nicolas Sarkozy trouvait pourtant insuffisant il y a quelques mois encore !

Au lieu de quoi, on accuse les paradis fiscaux, qui ne sont strictement pour rien dans cette crise, ou encore les Hedge Funds, dont aucun, à notre connaissance, à ce jour, n’a demandé un euro ou un dollar d’aide publique…

Quant aux erreurs des banques privées, elles ont été largement provoquées par les politiques publiques, en particulier celles menées par les instituts d’émission, depuis la fin de la convertibilité en or du dollar en 1971. Car les banques, américaines ou françaises, ne font jamais que vendre « au détail » des ressources qu’elles se procurent « en gros » auprès des banques centrales…

Une incroyable pyramide de dettes, en particulier celles des Etats, s’écroule sous nos yeux. La seule façon de refonder un nouveau capitalisme n’est certainement pas de reconstruire la même pyramide. Le capitalisme, pour fonctionner durablement, a tout simplement besoin de capitaux. Et donc d’épargne. Et de beaucoup moins d’Etat et de dépenses publiques…

PS : lecture recommandée : « La grande crise monétaire du XXIème siècle », par Pierre Leconte. Edition : JeanCyrille godefroy (<http://www.editionsjcgodefroy.fr/collection.php?id=14&id_ouvrage=89/&gt;

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Henri Guaino, commissaire Général au Plan de … faillite !

Posted by alaindumait sur 26/01/2009

explosion de la planète dettes...

Explosion de la planète dettes

Le vendredi 23 janvier « le Figaro » donnait la parole à l’ancien Premier Ministre espagnol José Maria Aznar* et le lendemain au conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino.

Nous avons ainsi, apparemment – dans ce journal de droite écrit par des journalistes de gauche – deux points de vue différents sur la crise et son traitement. L’un « libéral » et l’autre « dirigiste ».

Bien sûr, je préfère celui qui dit : « pour sortir de la crise il faut plus de libéralisme », que celui qui dit vouloir « refonder le capitalisme » avec « un Etat qui entreprend, qui investit, qui innove… », tout en continuant à instruire et à protéger.

Si l’Etat « refondé » entreprend, investit et innove aussi bien qu’il instruit et protège, ça va pas être triste !

L’Etat « refondé » sera encore plus gros, plus large, plus gras, et forcément plus prédateur.

Le plan de relance d’Henri Guaino s’inspire du gosplan !

L’Etat-providence est au bord de l’apoplexie, en grave surcharge pondérale, et tout ce que le docteur Guaino trouve pour le soigner, c’est de le gaver ! Cela ressemble à l’entêtement des experts du Gosplan, du temps (béni) de l’ex-URSS, quand chaque année il fallait bien constater que les récoltes étaient toujours plus mauvaises. Mais l’ordonnance était toujours la même : il convenait d’accroître toujours et encore le nombre des tracteurs et la quantité de sacs d’engrais ! Alors qu’il eut suffi de revenir sur la soviétisation, avec ses kolkhozes et ses sovkhozes…

Pourtant, ce qui frappe aussi en lisant ces deux entretiens, c’est que ces deux personnages sont d’accord sur le fait qu’il faut « sauver les banques ». Espérons qu’un jour « le Figaro » donnera la parole à quelqu’un qui pense le contraire !…

Et ne croyez pas que je sois seul dans ce cas ! Beaucoup de bons auteurs, en France comme aux Etats-Unis sont de cet avis **

Cette factice diversité de points de vue s’inscrit donc, en fait, à l’intérieur de la pensée unique, dont on sait qu’elle a toujours tort…

On remarquera d’ailleurs que les marchés financiers –  dont les cours reflètent quand même les opinions et les décisions d’une multitude d’opérateurs – pensent également très fort que les plans de relance sont des munitions tirées pour rien.

L’exemple de la tempête

Certains disent qu’elle ont été tirées trop tard. Et en quantité insuffisante. Je crois exactement le contraire. Est-il bien d’ailleurs prudent de vouloir reconstruire les digues quand le tsunami menace encore de ses répliques ? Même au fin fond du Sud-Ouest de la France  on sait qu’il faut laisser passer la tempête avant de replanter. On sait aussi qu’il faut 30 ans pour faire un pin, une minute pour qu’il soit arraché, et à nouveau 30 ans pour qu’il soit remplacé… D’où le

·     M. Aznar promet de poursuivre en diffamation tous ceux qui relaieront la rumeur de sa paternité de la fille de Rachida Dati…

** voir en particulier  < www.fahayek.org> 

Faut-il sauver les banques ?

(polls)

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Sarkozy : il a osé le Karcher mais a eu peur de la rigueur !

Posted by alaindumait sur 23/04/2008

Un fantastique candidat à l’élection présidentielle, comme Nicolas Sarkozy l’a été, il y a un an, ne devient pas forcément un grand chef d’État. Les exemples abondent.

Le champion de l’UMP à l’élection du 22 avril 2007 l’a emporté grâce à ses qualités exceptionnelles et à un positionnement parfait : à droite, sans complexe, en rupture avec son prédécesseur (et longtemps son mentor…)

Mais ce positionnement semble n’avoir tenu que le temps d’une campagne. Car ni l’ouverture à gauche, ni l’acceptation de la Constitution européenne, version Traité de Lisbonne, n’étaient vraiment dans la ligne de la rupture annoncée. Plutôt à l’inverse.
Quant à la réforme – terme finalement préféré à celui de rupture par le Président –, elle n’était envisagée qu’à la condition d’être acceptée par les personnels concernés eux-mêmes, y compris par les syndicats, hier qualifiés de forces vives et aujourd’hui appelés à devenir plus forts (plus riches aussi, peut-être ?…).

Deux conceptions s’affrontaient au sein de la majorité : les partisans de la réforme nette, franche et rapide, et les ceux de la réforme douce, par consensus. Le Premier ministre et son ministre de l’Économie appartenaient aux premiers. La majorité du groupe UMP aussi. Mais l’Élysée faisait et fait toujours confiance au talent manœuvrier du président et de ses conseillers, en tête desquels l’inusable Raymond Soubie (entré dans son premier cabinet ministériel en 1969, et conseiller social du Premier ministre dès 1974 !), pour convaincre les tenants du statu quo et faire bouger les conservatismes.

Sans doute la réforme douce, consensuelle, ne permet-elle pas les bouleversements, mais elle limite les risques de crise sociale. Tel était le raisonnement officiel. Il pouvait se défendre. À la condition de produire rapidement plus de fruits. Car il est certain qu’une méthode plus énergique, mise en œuvre sans délai, aurait déjà permis d’engager et d’observer le redressement que chacun attendait, et qui risque de ne pas se produire avant longtemps…

La méthode présidentielle a été théorisée la 4 avril dans une allocution prononcée symboliquement à Bercy, devant une assemblée d’élus et de hauts fonctionnaires, après la deuxième réunion du « Conseil de modernisation des politiques publiques ». Le chef de l’État a dit : « Ce ne sont pas les économies qui feront la réforme, c’est la réforme qui permettra les économies ».

Au-delà de la part de jeu de mot d’une telle formule – sans doute soufflée par son conseiller et inspirateur Henri Guaino –, on comprend que deux logiques sont possibles. La première consiste, de l’intérieur, à inciter toute l’administration (de l’État, pour commencer), du niveau central au service voire au bureau décentralisé, à se remettre en question, à se moderniser, pour être plus performant et éventuellement plus économe. 
C’est ainsi qu’au ministère de l’Intérieur, on a fait des propositions pour rationaliser les procédures du permis de conduire et faire des économies sur l’envoi de la propagande électorale… En mettant bout à bout le rendement attendu de plusieurs centaines de mesures de cette nature on arrive à des économies potentielles de quelque sept milliards d’euros. Mais, pendant ce temps-là, le déficit de l’exercice budgétaire en cours est de l’ordre de 50 milliards. La méthode Sarkozy est bonne, mais pas du tout à la hauteur du problème posé.

La seconde méthode aurait consisté à ce que le pouvoir politique fixe un objectif ambitieux de réduction des dépenses, sans doute de l’ordre de 20 % du total des engagements de l’État, demande à un petit groupe d’experts de préciser la nature et la dimension des coupes, et ensuite seulement se concerte avec les intéressés sur les modalités.

C’est ainsi que cela se passe partout, dans toute entreprise contrainte à se redresser, et même aujourd’hui au journal « Le Monde » !
Contrairement à ce que semble croire le Président, toujours, ce sont les économies qui font la réforme ! C’est parce que telle banque doit équilibrer ses comptes qu’elle annonce illico un plan de licenciements, et que le jour même son cours de bourse remonte ! Non pas, comme le prétendent nos journalistes économiques de gauche, pour saluer la casse sociale, mais parce que c’est le gage d’une gestion plus performante et d’une compétitivité retrouvée.

La pédagogie, la vision, la cohérence sont dans les économies elles-mêmes. En leur tournant le dos, Nicolas Sarkozy a non seulement joué petit bras. Il s’est surtout privé d’une méthode simple et éprouvée, qui se nomme la rigueur ! Et qui a marché partout où elle a été mise en œuvre…

(4500 signes)

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Nicolas Sarkozy va devoir se battre le dos au mur.

Posted by alaindumait sur 19/03/2008

Ayant pris connaissance des premières estimations des résultats du deuxième tour des élections municipales dès le dimanche 16 en début d’après-midi, le Président de la République a pris une première décision, celle de reprendre d’une main ferme les rênes de l’UMP pour en faire un parti encore plus présidentiel.

C’est lui qui a dicté au Premier ministre une courte note qui, ensuite, a été transmise à tous les intervenants du parti invités à s’exprimer dans les médias. C’est le message qui a été répété à l’identique par chacun : « Les Français nous ont demandé de poursuivre les réformes, d’en accélérer le rythme, pour obtenir, si possible, des résultats plus rapides ».

Cette unanimité visiblement artificielle dans les commentaires de l’événement avait quelque chose de soviétique. Et il fallait un certain culot pour croire à un tel message, même si, par ailleurs, interrogée par différents instituts de sondages, il est exact que l’opinion publique française n’est certainement pas hostile à l’idée même de la réforme, considérant, à juste titre, qu’il n’y aura pas de changement positif durable dans la situation économique du pays sans réforme.

Mais la première leçon de ce scrutin, évidente comme le nez au milieu de la figure, c’est le véritable raz-de-marée dont la gauche socialiste a bénéficié les 9 et 16 mars. La perte pour la droite de villes réputées aussi ancrées à droite que Metz, Caen ou Reims est emblématique.

Permettez-moi une observation plus personnelle. En 1983, j’étais candidat tête de liste dans le IIe arrondissement de Paris, sous les couleurs de Jacques Chirac. Nous avons fait dès le premier tour près de 60 % des voix et remporté les trois sièges de conseillers de Paris. En 1989, au deuxième tour, nous avons fait plus de 66 % des voix et gardé les trois sièges de conseillers de Paris. Cette fois-ci, au deuxième tour, la gauche affiche plus de 68 % des suffrages et la droite n’a plus un seul conseiller de Paris…

Évidemment, heureusement, dans un certain nombre de villes, l’équation personnelle des maires sortants comme Alain Juppé à Bordeaux, ou Jean-Claude Gaudin à Marseille, leur a permis de résister au courant. Il y a même une dizaine de cas où des villes de plus de 20 000 habitants avec des municipalités sortantes de gauche ont été enlevées, parfois dès le premier tour, par des conquérants de droite. Car, selon certaines études, les considérations d’ordre local, ou portant sur la qualité des candidats, en particulier leur charisme, représentent 80 % des motivations des électeurs, tandis que 20 % ressortissent à des considérations de politique générale. 20 % seulement, qui, dans le cadre d’un raz-de-marée suffisent à expliquer les déplacements constatés qui font qu’aujourd’hui la gauche détient, en France, le quasi-monopole des pouvoirs territoriaux…

Que s’est-il donc passé, disons depuis 1983, année d’une élection municipale marquée par un grand chelem à Paris, une victoire à Lyon, et un raz-de-marée à droite sur l’ensemble du pays ?

Il s’est passé que si la droite, à différentes reprises, a obtenu de beaux succès au niveau national, par exemple, en 1986 puis, à trois reprises, aux élections présidentielles de 1995, de 2002 et de 2007, elle l’a dû à la supériorité intrinsèque de ses candidats, tour à tour Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy.

Mais il s’est aussi passé, dans le même temps, que la droite a sans cesse reculé au plan idéologique. Elle a contribué autant que la gauche, si ce n’est plus, à enfoncer le pays dans toujours plus d’État-providence. Personne n’a oublié que si Nicolas Sarkozy s’est fait élire avec un discours empruntant beaucoup de termes à la droite de conviction, il a cru devoir y ajouter la promesse de mettre en œuvre un fumeux « droit opposable au logement » et aussi ce qui devient aujourd’hui, le RSA, « revenu de solidarité active », nouvelle boîte de pandore des finances publiques, destinée à remplacer, en beaucoup plus coûteux, le triste RMI…

La droite peut se vanter d’avoir gagné au cours de cette période de belles batailles, mais comme elle n’a cessé de reculer au plan idéologique, elle ne peut que perdre la guerre. Ce qui justifie qu’elle soit toujours désignée comme une « fausse droite ».
Dans ces conditions, le Président de la République est dos au mur. Dans un contexte économique mondial qui tourne à la crise générale. Là se trouve, paradoxalement, une nouvelle chance pour le chef de l’État : s’appuyer sur cette situation pour engager la réforme des finances publiques, devant laquelle il avait reculé jusqu’à présent, et qui est la réforme essentielle, celle dont toutes les autres dépendent.

(4500 signes)

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Conseils à Nicolas Sarkozy pour remonter sur son cheval

Posted by alaindumait sur 13/02/2008

Nicolas SarkozyLe président de la République n’aurait plus derrière lui, selon les sondages, une majorité pour le soutenir. En tout cas, ceux qui ont de lui « une bonne opinion » ne seraient que 45 % des Français. Rappelons que le chef de l’État caracolait à 66 % d’opinions favorables, il y a encore quelques semaines. La chute est sévère. À la mesure de l’attente et de la déception. L’état de grâce est terminé.
Comme on ne peut pas considérer que ce retournement est dû, en quoi que ce soit, aux coups de boutoir d’une opposition toujours valétudinaire, le président ne peut s’en prendre qu’à lui-même.

Nous laisserons à d’autres commentateurs le champ de l’explication. En particulier pour apprécier la part des initiatives politiques et celle des remous médiatiques, le poids des réalités et le choc des photos… Nous préférons essayer de scruter l’avenir.

Nicolas Sarkozy n’a pas attendu le 2e tour de l’élection présidentielle de 2007 pour indiquer qu’il souhaitait accomplir deux mandats. Dans le cadre de son projet de rénovation de la vie politique française, il aurait fort bien pu faire le choix de n’en exercer qu’un seul. Ou au moins laisser planer le doute, si ce n’est le suspense. Mais, conformément à son habitude, il a préféré jouer franc-jeu. Bien.

Dans ces conditions, il n’a pas d’autre choix que de mettre en œuvre une politique économique susceptible d’ici quatre ans d’obtenir des résultats tangibles sur les terrains du pouvoir d’achat et de l’emploi. Qu’il aborde l’année 2012 avec une croissance de plus de 3 % par an, avec un chômage ramené de 8 % de la population active à 5,5 % seulement (moyenne actuelle des pays de l’OCDE) et il aura des chances de l’emporter une seconde fois. Sinon…

Quand le candidat Sarkozy annonçait qu’il serait l’homme de la rupture, ses électeurs comprenaient que celle-ci s’appliquerait d’abord et avant tout à la gestion des finances publiques telle qu’elle est conduite depuis 35 ans et qui se caractérise par des déficits budgétaires ininterrompus, et de ce fait, un endettement à la fois excessif et stérile, pour aboutir à une captation par la sphère publique de la totalité des gains de productivité réalisés au sein de la sphère privée, par le labeur des Français.

Cette rupture-là, que la majorité des parlementaires UMP soutenaient et soutiennent toujours, se traduirait, forcément, par une réduction de l’ordre de 10 % de l’ensemble des dépenses publiques, avec concomitamment une réduction immédiate de 5 % des prélèvements obligatoires. Ce qui permettrait de redistribuer quelque 85 milliards d’euros ou bien encore un peu plus de 3 500 euros par salarié. Là est la véritable recette, et d’ailleurs la seule d’une augmentation saine du pouvoir d’achat.

Cette rupture est encore possible. Le deuxième tour des élections municipales aura lieu le 16 mars. Il sera encore temps, dans le cadre de ce que nous appellerons « un plan de rupture », de préparer un budget de l’État pour 2009 en ligne avec cette nouvelle politique, à la fois d’assainissement des finances de la sphère publique, et de relance du pouvoir d’achat des salariés.

À supposer que le Chef de l’État veuille ou accepte un tel plan, la question suivante est : a-t-il encore les moyens d’une telle politique ?
Cela supposerait en premier lieu qu’il renouvelle profondément son entourage, en particulier, ses plus proches collaborateurs qui lui ont fait croire que les réformes, y compris le rééquilibrage des finances publiques, pouvaient être financés par une soi-disant croissance. Il ne conserverait alors, avec lui, conseillers ou ministres, que ceux qui lui ont adressé à différentes reprises des conseils pertinents, en tête desquels Christine Lagarde, qui a tout à fait l’étoffe d’un futur Premier ministre.

Cela supposerait, en second lieu, qu’il puisse s’appuyer sur la même majorité parlementaire pour faire une autre politique. Nous pensons que la majorité des députés UMP est d’ores et déjà acquise à cette rupture. Mais il serait quand même à craindre que quelques personnalités opportunistes en profitent pour quitter un navire secoué par les inévitables vagues d’un changement de cap. En particulier, on voit mal les ralliés de l’ouverture à gauche rester longtemps à bord…

Cela supposerait enfin, et c’est le plus difficile, que le président de la République s’appuie franchement sur le cœur de son électorat, c’est-à-dire le peuple de droite, qui attend de lui non seulement des réformes économiques – du type de celles qui ont réussi presque partout ailleurs – mais aussi une posture générale différente. Qui se manifesterait dans le domaine de l’immigration. Et, pourquoi pas, par une exposition plus décente de sa vie privée

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Nicolas Sarkozy ne sera pas notre Margaret Thatcher !

Posted by alaindumait sur 26/12/2007

Nous sommes nombreux, parmi les électeurs de Nicolas Sarkozy, à avoir espéré qu’il serait à la France ce que Margaret Thatcher a été pour la Grande-Bretagne : l’homme du changement et de la rupture, celui qui remettait notre pays sur les rails d’une croissance plus forte. La seule chose qui compte, en tout cas en période de paix, et qui soit de la responsabilité du politique, pour les citoyens que nous sommes, pour nous, nos enfants et nos petits-enfants, c’est la prospérité économique.Le Président se veut pragmatique. Pourquoi pas ? Il se réserve d’être tantôt libéral et tantôt interventionniste. C’est déjà mieux que d’être 100 % étatiste… (comme ses trois prédécesseurs). Cette disposition d’esprit devrait l’inciter à s’inspirer de ce qui a bien fonctionné ailleurs. Or, les résultats de cette méthode, dite encore « benchmarking », sont fort simples : la productivité des facteurs de production (capital et travail) étant plus forte dans le secteur privé que dans le secteur public, il faut réduire la part de la sphère publique par rapport à celle de la sphère privée. Donc il faut diminuer la part des dépenses publiques dans le produit intérieur brut, qui, chez nous, en s’établissant à 54 %, est l’une des plus élevées du monde !

Une vingtaine de pays industriels occidentaux, sans compter les dragons asiatiques, témoignent qu’une telle réduction de la sphère publique produit des résultats étonnants en termes de croissance, dans un délai rapide, souvent de deux à trois ans.

L’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, plus récemment, ont su mener à bien les réformes nécessaires touchant en particulier au droit du travail. Mais Margaret Thatcher reste le symbole du redressement d’un pays dont l’économie était plombée par son secteur public et ses syndicats plus enclins aux sabotages qu’à la cogestion.

Le site de réflexion politique « Polemia » (http://www.polemia.com/edito.php?id=1566), animé par Jean-Yves Le Gallou, dresse un tableau très instructif de tout ce qui sépare et souvent oppose, à 28 ans d’écart, la « Dame de fer » et notre président hyperactif.

– origines : elle vient d’un milieu modeste ; lui a toujours vécu entre Neuilly, Passy et Monceau… ;

– études : Oxford pour elle, et modeste faculté de droit de Nanterre pour lui… ;

– convictions : elles sont profondes et précises chez elle et approximatives chez lui… ;

– maîtres à penser : les meilleurs auteurs libéraux et même contre-révolutionnaires d’un côté, de vagues références littéraires de l’autre… ;

– influence religieuse : forte et protestante chez l’une, vague et catholique chez l’autre… ;

– détermination : inflexibilité d’un côté, souci constant du compromis de l’autre… ;

– syndicats : hostilité v/convivialité… ;

– médias : domination v/ séduction… ;

– rapport avec le temps : patiente/pressé… ;

– argent : décomplexée et austère/décomplexé et ostentatoire… ;

– changement : « traiter à fond un sujet pour ne pas avoir à y revenir »/mesures cosmétiques… ;

– plume : Sir Keith Joseph (ami d’Hayek et de Popper, éminence grise du thatchérisme)/Henri Guaino (médiocre économiste keynésien, adepte attardé de la planification)…

Point le plus important : le projet politique. Margaret en avait un, très clair. Nicolas en a-t-il un ? On peut parfois en douter… Sauf à vouloir entraîner nos syndicats révolutionnaires sur la voie du réformisme (en échange d’une promesse de financement public massif).

Nicolas Sarkozy laissera-t-il, ou non, la France, dans quatre ans et demi, dans une meilleure position de compétitivité ? Ses réformes vont globalement dans le bon sens. Mais elles sont toujours « à la marge ». Parce qu’il veut avancer avec les syndicats, sans les affronter. Avec la haute fonction publique, en la flattant.

Le monde évolue de plus en plus vite. Nos compétiteurs gagnent du terrain. La France recule, selon tous les classements internationaux. Dans les étroites limites du consensus, et malgré les feuilles de route sans cesse renouvelées, et médiatisées quotidiennement, le changement sera-t-il assez rapide et significatif ? C’est la question principale. La réponse est incertaine. Les électeurs font toujours confiance au Président. La gauche, minée par une ouverture diabolique, n’est pas crédible. Mais qu’une crise économique et financière, d’origine externe, se développe en 2008 et on devine que les vieux démons dirigistes ressortiraient du placard de notre idéologie française ringarde.

(4500 signes)

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Sarkozy, les résultats ne sont pas au rendez-vous

Posted by alaindumait sur 26/09/2007

On ne peut qu’être frappé, et même sidéré, par la fougue permanente de Nicolas Sarkozy (voir page 6 l’article de Pierre Lance). Ce qu’il a encore démontré le jeudi 20 septembre en direct à la télévision.

Pour l’instant, les résultats ne sont pas au rendez-vous. On dira, comme François Fillon : c’est normal, le gouvernement n’est là que depuis trois mois. C’est méconnaître que, si tous les entreprenants de ce pays croyaient à la rupture et au renouveau, ils anticiperaient, ils investiraient et ils embaucheraient. Et c’est ce qu’ils ne font pas.

Le président de la République renouvelle son engagement de réaliser tout ce qu’il a promis. Ce qui exclut, pour commencer, tout ce qui est hors du champ strict de son programme de campagne. Par exemple, il n’a jamais dit qu’il supprimerait l’ISF et encore moins l’impôt sur les plus-values. Il a bel et bien mis en œuvre ce qu’il a appelé lui-même un « bouclier fiscal ». Celui-ci peut avoir un intérêt pour quelques milliers de gros contribuables résidant en France
Il n’empêche pas la reprise de l’émigration fiscale, un moment suspendue dans l’attente des premières décisions du nouveau gouvernement. En même temps que les fortunes, d’ailleurs de plus en plus modestes, fuient l’enfer fiscal français, nos jeunes diplômés, ou en voie de l’être, vont chercher massivement sous d’autres cieux les chemins de leur avenir.

Également hors du champ du programme présidentiel : un véritable contrôle de l’immigration. D’un côté, avec son ministre Brice Hortefeux, le gouvernement s’efforce de montrer une forte détermination. Les préfets, convoqués en grande pompe, sont priés d’afficher de meilleurs résultats quant aux reconduites aux frontières des immigrés clandestins. 
Mais strictement rien n’est fait pour réduire la puissance de la pompe aspirante de notre État-providence, avec ses délices empoisonnés, école publique/couverture santé universelle/droit au logement social pour tous… Et voilà que maintenant, alors que l’on parle d’augmenter dans des proportions considérables l’immigration de travail, on va parallèlement accélérer l’immigration par le regroupement familial, grâce à l’introduction de tests ADN qui vont permettre, n’en doutons pas, à tout homme immigré régulièrement installé en France d’y faire venir rapidement non seulement ses enfants, issus peut-être de plusieurs femmes, mais aussi de nombreux cousins ou cousines, qui satisferont parfaitement aux tests en question.

Certes, le chef de l’État s’engage à réformer les régimes spéciaux.
 Il a promis de le faire en prenant pour modèle la réforme dite Fillon qui a permis d’aligner la durée de cotisations des fonctionnaires sur celle des salariés du privé. Mais ce qu’on ne dit pas suffisamment, c’est que cette réforme a été une belle esbroufe ! En échange d’un allongement de deux ans et demi de la durée de la période travaillée, les intéressés ont obtenu de nouveaux avantages autrement plus coûteux pour le système, en particulier, le calcul de la pension sur la base du salaire des six derniers mois d’activité. Si bien qu’au total, les inégalités, en matière de retraites, entre les salariés du privé et les salariés du public, loin d’être réduites par la réforme Fillon, ont été encore accrues. 

On devine que c’est un coup du même type qui se prépare pour les régimes spéciaux. Il faudra être très attentif aux contreparties qu’obtiendront certainement les intéressés, en échange des fatidiques quarante années de cotisations pour une retraite à taux plein.
« Rupture » répétait le candidat Sarkozy. « Faillite » ose même maintenant déclarer le Premier ministre Fillon. Mais, quelle révolution pour l’État-providence ? Ni hier, la détaxation des heures supplémentaires, ni aujourd’hui la super taxation des retraites anticipées. Comme le notait déjà Henry de Montherlant « C’est quand la chose manque qu’il faut en mettre le mot ». 
….

PS : Le jeudi 20 septembre, alors qu’il intervenait à la télévision à 20 h, Nicolas Sarkozy avait tenu à remettre solennellement, à 18 h, à l’Élysée, les insignes de chevalier de la légion d’honneur à Patrick Buisson. À 58 ans, l’impétrant n’est pas seulement le journaliste, spécialiste des sondages d’opinion, qui anime plusieurs émissions sur LCI, c’est aussi un « conseiller », qui a longtemps travaillé pour Philippe de Villiers. 
Les échos parlant de lui comme le conseiller de l’ombre du candidat de l’UMP, étaient très en deçà de la vérité. C’est lui, tout simplement, qui a élaboré, pour le futur Président, sa stratégie de séduction vis-à-vis des électeurs du Front National. Bien sûr, ni le chef de l’État ni les invités du 20 septembre n’ignoraient le passé parfaitement incorrect de Patrick Buisson : ancien dirigeant de la FNEF en mai 68 à Nanterre, directeur de « Minute » et du « Crapouillot »… Qu’importe, le Président tenait à dire publiquement sa reconnaissance. Il est comme ça…

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Nicolas Sarkozy a beaucoup parlé de rupture

Posted by alaindumait sur 13/06/2007

L’histoire politique récente de la France n’indique pas que celle-ci est mieux gouvernée quand l’exécutif dispose au Parlement d’une majorité pléthorique, avec une opposition réduite à sa plus simple expression, au contraire. Ni la législature 1968-1973, ni celle qui siégea entre 1993 et 1997, n’a brillé par ses résultats. Quant à la majorité absolue qui entra au Palais Bourbon en 1981, elle mit, certes, en œuvre les promesses du candidat François Mitterrand, mais ce fut, largement, pour le malheur de notre pays.

Car s’il faut une majorité à un gouvernement, encore faut-il que celui-ci, avec celle-là, s’engage résolument dans la bonne direction. En 1995, Jacques Chirac et son Premier ministre Alain Juppé disposent d’une majorité confortable. Ils prennent d’emblée les mauvaises décisions, notamment en décidant d’augmenter massivement les impôts (deux points de TVA, « à titre provisoire », que nous payons toujours…) et, deux ans plus tard, le chef de l’État, conseillé par Dominique de Villepin, croit intelligent de procéder à une dissolution…

Nicolas Sarkozy a préféré réduire les prélèvements. Pour un total de l’ordre de 15 milliards d’euros, prix à payer par le Trésor public, pour les trois décisions immédiatement mises en œuvre, à savoir la défiscalisation des heures supplémentaires, la déduction des intérêts d’emprunt pour les prêts immobiliers liés à une résidence principale et la réduction des droits de succession. 
C’est évidemment mieux que ce que fit son prédécesseur, il y a douze ans. Mais c’est aussi une façon de ne pas s’engager dans la seule politique susceptible de redresser rapidement la compétitivité de la France : une réduction forte et immédiate de la dépense publique, seule recette partagée par tous les pays qui ont su retrouver rapidement le chemin de la prospérité depuis dix ans (cf. les exemples de l’Irlande et du Canada).

François Fillon a indiqué que le budget pour 2008 serait rigoureux. Sans doute comportera-t-il des réductions d’effectif dans la fonction publique, conformément à l’engagement du candidat Sarkozy de ne renouveler qu’un poste de fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Mais on est très loin du volontarisme d’un pays comme le Portugal qui vient d’annoncer une réduction de 40 % des effectifs de l’ensemble de sa fonction publique…
Nicolas Sarkozy a beaucoup parlé de rupture. Les politologues sont unanimes à considérer que c’est sur ce thème qu’il a bâti son succès. L’histoire dira, très vite, s’il s’est contenté de dire la chose pour ne pas la faire ou bien s’il la fait vraiment.

Depuis trente ans, notre pays a été gouverné quinze ans par des gouvernements de droite et quinze ans par des gouvernements de gauche. Le funeste héritage résultant de cette période est à mettre à la charge des uns et des autres. C’est si vrai que si je vous dis « taxation des plus-values », « ISF », « CSG », « CRDS », ou bien encore « RMI », « CMU », « AME », « 35 heures »… peu nombreux seront ceux capables d’attribuer soit à la droite soit à la gauche ces redoutables innovations. La rupture consisterait évidemment à rompre avec tout cet héritage qui a fait reculer la France. À noter : il y a évidemment un parallélisme parfait entre le nombre des impôts, le total des prélèvements publics obligatoires d’une part, et les dépenses publiques en particulier celles qui sont liées à un « effort » social, qui tourne à la ruine. Nouveaux impôts, nouveaux droits sociaux, c’est tout un !

L’élargissement de la majorité présidentielle à un certain nombre de technocrates ou de figures parisiennes familières des médias est peut-être un bon coup politique. Il n’est pas sûr qu’il facilite la mise en place d’une nouvelle politique économique allant dans le sens d’un plan de modernisation dont le pays a besoin. Sans doute même au contraire !

Avec François Fillon et Jean-Louis Borloo, le président de la République croit pouvoir relancer la croissance économique et ainsi, à moyen terme, réduire les déficits et la dette, avec une politique néo-keynésienne,
 inspirée peut-être de celle que mit en œuvre au début des années quatre-vingt le Président Reagan. Mais la comparaison ne vaut pas. Les temps ont changé. Les États-Unis étaient et sont toujours maîtres de leur dollar. Et « l’économie de l’offre » s’appuyait sur une population de capitalistes et d’entrepreneurs effectivement prêts à créer immédiatement de nouveaux emplois et de nouvelles richesses.

Nicolas Sarkozy parle de faire de la France un pays de propriétaires fonciers. Il serait mieux inspiré de se faire le chantre de l’entreprise.

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Nicolas Sarkozy : le bon choix pour la France

Posted by alaindumait sur 02/05/2007

On peut supposer que le choix du 6 mai est assez simple pour 57 % des électeurs qui, le 22 avril, se sont prononcés soit pour Nicolas Sarkozy, soit pour Ségolène Royal. Il est encore assez simple pour les électeurs des sept autres candidats, totalisant ensemble 13 % des suffrages qui, dès le dimanche soir ou dans les jours qui ont suivi, se sont clairement prononcés pour l’un ou l’autre des deux champions. Ce sont donc les électeurs de François Bayrou, de Jean-Marie Le Pen et de Frédéric Nihous qui, au total, représentent 30 % des suffrages exprimés, qui vont faire la différence.

Ayant voté, en ce qui me concerne, au premier tour, pour Jean-Marie Le Pen, je comprends fort bien les réticences de ceux qui, ayant fait le même choix, ont du mal à se résoudre à voter pour Nicolas Sarkozy. Son message, malgré son évidente sincérité et son indéniable ardeur, manque encore de clarté, notamment sur deux points essentiels : le recul de l’État-providence et l’immigration.

Son leitmotiv sur la valeur du travail et donc, en creux, sa dénonciation de l’assistanat, de la paresse qu’elle entraîne, serait parfait si, par ailleurs, il ne promettait pas « de grandes politiques de solidarité » (n° 14 de son programme en quinze points). D’ailleurs, ce programme, résumé à l’essentiel dans l’esprit de son auteur, n’évoque ni la dette publique, ni le déficit budgétaire, ni l’excès de la dépense publique.

Il ose parler de l’immigration. Fort bien. Mais cela n’arrive qu’en treizième position de son programme, où il n’est question que d’une vague « maîtrise ». Cela n’est évidemment pas à la mesure de la dimension du problème. Alors que l’ex-ministre de l’Intérieur a évidemment en mains toutes les données qui démontrent d’une part que l’invasion immigrationniste, loin de se réduire ou de se stabiliser, progresse fortement, tandis que les zones de non-droit s’étendent parallèlement.

Il parle de « rupture » car, en homme de terrain, sachant écouter et comprendre, il sait qu’une grande majorité des Français est tout simplement mécontente, voire furieuse de la façon dont elle a été gouvernée depuis trente ans, quinze ans par la gauche, quinze ans par la droite, et donc, de ce fait, en quasi-révolte contre une classe politique qui s’est servie plutôt qu’elle a servi. Mais, dimanche dernier, à Bercy, ce sont les hiérarques de ce système, auxquels s’étaient mêlés quelques spécimens de notre classe parlante qui applaudissaient à cette « rupture ». Ce qui laisse planer un doute sérieux sur la chose, tant on sait bien que souvent, en politique, dire la chose, c’est se dispenser de la faire…

Pour ceux qui renverront dos-à-dos les deux candidats finalistes, ils ont le recours à l’abstention ou au vote blanc. Il est dommage que ce dernier ne soit pas comptabilisé expressément. Le droit de vote inclut celui de ne pas aller voter ou d’y aller pour mettre un bulletin nul ou blanc.

Mais je crois que ce n’est pas le bon choix. Pour insuffisantes, très insuffisantes, que soient les propositions de Nicolas Sarkozy, elles sont nettement supérieures et préférables à celles avancées par Ségolène Royal.

Prenons l’exemple de l’État-providence. La candidate socialiste a en tête de l’étendre encore plus. Les syndicats de salariés, qui ne représentent qu’eux-mêmes, écriront les lois sociales. Les 35 heures seront réaffirmées, tous les minimas sociaux seront augmentés, et pour fêter la victoire, le funeste Smic sera revalorisé de 20 %. Nicolas Sarkozy ne promet certainement pas le démantèlement pourtant inéluctable de l’État-providence (le principal aspirateur de l’immigration, la raison pour laquelle elle vient chez nous plutôt qu’ailleurs). Mais au moins, est-il plus raisonnable.

Il y a en France un lobby immigrationniste. Il rassemble aussi bien des intellectuels droit-de-l’hommistes dévoyés que des travailleurs sociaux stipendiés (puisqu’ils vivent de subventions publiques). Il s’appuie évidemment sur une partie importante de la population d’origine immigrée, en particulier ses éléments les plus décidés à ne jamais s’intégrer à la nation française. Ce lobby a voté en masse pour la candidate du PS qui, lors de ses déplacements en dehors des beaux quartiers, était systématiquement entourée de foules en boubous et en djellabas. Là encore, Nicolas Sarkozy est un candidat plus sérieux.

Il m’est arrivé à plusieurs reprises de le rencontrer et de parler avec lui. Il accepte toujours le débat. Il est direct et convaincu. Il est honnête et passionné. C’est sans hésitation que, dimanche prochain, je vais mettre dans l’urne un bulletin Nicolas Sarkozy.

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