Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

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RSA : une nouvelle dépense anti-sociale !

Posted by alaindumait sur 03/09/2008

Les belles âmes parisiennes, en particulier de gauche, ont toujours eu des idées tordues à propos du chômage et de l’emploi. En ne considérant que les trente dernières années elles nous ont successivement soutenu :

– que le travail étant devenu limité (?), il fallait désormais le partager : d’où les 39 heures en 1981 et les 35 heures en 1997 ;
– que l’indemnisation généreuse du chômage n’entamait en rien le désir et la volonté d’un individu de retrouver du travail : d’où l’instauration en 1974 d’un système d’assurance financièrement insupportable ;
– que le salaire minimum devait augmenter plus vite que la moyenne des salaires ;
– qu’un impôt négatif (la PPE, prime pour l’emploi) était susceptible d’inciter les personnes assistées à revenir sur le marché du travail…

Et comme toutes ces politiques dites de l’emploi ont échoué, comme cela était parfaitement prévisible, les mêmes belles âmes reviennent à la charge en nous expliquant, tels des médecins fous, qu’il faut et qu’il suffit d’augmenter les doses de ces poisons économiques.
Certains soutiennent mordicus qu’il faut passer aux 32 heures. D’autres défendent un revenu minimum universel. Martin Hirsch, avec son RSA, revenu de solidarité active, est dans cette école de pensée.

Commençons par reconnaître ses mérites. Au départ de sa réflexion, il admet que la multiplication des minima sociaux et des avantages annexes réservés à leurs titulaires les incitent à ne pas reprendre un travail moins rémunérateur. Les pauvres Rmistes auraient donc eux aussi un comportement rationnel : leur envie irrépressible de travailler dur pour nourrir leur famille n’allant pas jusqu’à accepter, par dignité, un boulot à la fois pénible et moins rémunérateur que le non-emploi ? Dont acte !

Comme il n’est pas question, dans ce pays, de remettre en cause les funestes avantages acquis, on y ajoute une bonne couche de nouveaux avantages : les chômeurs qui reprendront un travail conserveront intégralement, et à vie, tous leurs avantages ; et le système leur garantira une augmentation de leurs revenus au mois égale à 62 % de leur nouveau salaire (c’est même 65 %, voire 70 % dans les 34 départements où le RSA est expérimenté). Dans ces conditions, le titulaire du RSA pourrait se retrouver avec des revenus supérieurs à celui d’un smicard qui n’aurait pas eu la chance de tomber dans le RMI. Ne vous inquiétez pas ! Martin Hirsch, qui a fait l’ENA, a tout prévu : le RSA sera étendu à tous les smicards, ex Rmistes ou pas !

Un certain nombre de modalités restent à préciser : le RSA sera-t-il imposable, comme un autre revenu ? va-t-on parallèlement réduire des allocations devenues redondantes, telles la PPE ou la prime de retour à l’emploi ? Il faudra attendre la discussion budgétaire pour le savoir, les socialistes, prêts à voter cette réforme, faisant tout, évidemment, pour charger la barque au maximum.

On ne sait donc pas ce que cela va coûter. Les estimations vont actuellement de 7 à 10 milliards d’euros, essentiellement financés, dans un premier temps, par le redéploiement des dépenses de l’ex-RMI et une nouvelle taxe sur les revenus de l’épargne.

Avant même d’entrer en vigueur dans toute la France, sans doute le 1er juillet 2009, le RSA recueille beaucoup d’approbations, les critiques le plus souvent exprimées concernant soit les risques de fraude, soit le mode de financement.

S’agissant de la fraude, elle sera en effet facilitée par le fait que le RSA est financé par l’État et les départements, attribué par les départements, et géré par les caisses d’allocations familiales, dépourvues de moyens de contrôles. S’agissant du financement, on ne peut que constater, une fois de plus, que ce gouvernement, refusant de s’engager dans une politique de réductions des dépenses publiques ne sait que rajouter des taxes aux impôts. Taxer un peu plus les revenus de l’épargne n’est pas une bonne idée. Mais quel nouvel impôt est une bonne idée ?

Comme Alain Mathieu, président des Contribuables Associés, le démontrait déjà dans son ouvrage « le modèle anti-social français », le RSA est une dépense nuisible et anti-sociale. Il prétend favoriser le retour à l’emploi de quelques milliers de nos concitoyens. Combien : 100 000, 200 000 ? Ce résultat est parfaitement incertain. Mais dans le même temps ce qui est certain c’est qu’il contribue à alourdir encore un peu plus le fardeau fiscal des Français, qui est précisément le principal obstacle au plein-emploi !

Il y a un point commun entre faire des enfants et créer des emplois : les moyens naturels restent les plus efficaces !

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