Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

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Nicolas Sarkozy : le bon choix pour la France

Posted by alaindumait sur 02/05/2007

On peut supposer que le choix du 6 mai est assez simple pour 57 % des électeurs qui, le 22 avril, se sont prononcés soit pour Nicolas Sarkozy, soit pour Ségolène Royal. Il est encore assez simple pour les électeurs des sept autres candidats, totalisant ensemble 13 % des suffrages qui, dès le dimanche soir ou dans les jours qui ont suivi, se sont clairement prononcés pour l’un ou l’autre des deux champions. Ce sont donc les électeurs de François Bayrou, de Jean-Marie Le Pen et de Frédéric Nihous qui, au total, représentent 30 % des suffrages exprimés, qui vont faire la différence.

Ayant voté, en ce qui me concerne, au premier tour, pour Jean-Marie Le Pen, je comprends fort bien les réticences de ceux qui, ayant fait le même choix, ont du mal à se résoudre à voter pour Nicolas Sarkozy. Son message, malgré son évidente sincérité et son indéniable ardeur, manque encore de clarté, notamment sur deux points essentiels : le recul de l’État-providence et l’immigration.

Son leitmotiv sur la valeur du travail et donc, en creux, sa dénonciation de l’assistanat, de la paresse qu’elle entraîne, serait parfait si, par ailleurs, il ne promettait pas « de grandes politiques de solidarité » (n° 14 de son programme en quinze points). D’ailleurs, ce programme, résumé à l’essentiel dans l’esprit de son auteur, n’évoque ni la dette publique, ni le déficit budgétaire, ni l’excès de la dépense publique.

Il ose parler de l’immigration. Fort bien. Mais cela n’arrive qu’en treizième position de son programme, où il n’est question que d’une vague « maîtrise ». Cela n’est évidemment pas à la mesure de la dimension du problème. Alors que l’ex-ministre de l’Intérieur a évidemment en mains toutes les données qui démontrent d’une part que l’invasion immigrationniste, loin de se réduire ou de se stabiliser, progresse fortement, tandis que les zones de non-droit s’étendent parallèlement.

Il parle de « rupture » car, en homme de terrain, sachant écouter et comprendre, il sait qu’une grande majorité des Français est tout simplement mécontente, voire furieuse de la façon dont elle a été gouvernée depuis trente ans, quinze ans par la gauche, quinze ans par la droite, et donc, de ce fait, en quasi-révolte contre une classe politique qui s’est servie plutôt qu’elle a servi. Mais, dimanche dernier, à Bercy, ce sont les hiérarques de ce système, auxquels s’étaient mêlés quelques spécimens de notre classe parlante qui applaudissaient à cette « rupture ». Ce qui laisse planer un doute sérieux sur la chose, tant on sait bien que souvent, en politique, dire la chose, c’est se dispenser de la faire…

Pour ceux qui renverront dos-à-dos les deux candidats finalistes, ils ont le recours à l’abstention ou au vote blanc. Il est dommage que ce dernier ne soit pas comptabilisé expressément. Le droit de vote inclut celui de ne pas aller voter ou d’y aller pour mettre un bulletin nul ou blanc.

Mais je crois que ce n’est pas le bon choix. Pour insuffisantes, très insuffisantes, que soient les propositions de Nicolas Sarkozy, elles sont nettement supérieures et préférables à celles avancées par Ségolène Royal.

Prenons l’exemple de l’État-providence. La candidate socialiste a en tête de l’étendre encore plus. Les syndicats de salariés, qui ne représentent qu’eux-mêmes, écriront les lois sociales. Les 35 heures seront réaffirmées, tous les minimas sociaux seront augmentés, et pour fêter la victoire, le funeste Smic sera revalorisé de 20 %. Nicolas Sarkozy ne promet certainement pas le démantèlement pourtant inéluctable de l’État-providence (le principal aspirateur de l’immigration, la raison pour laquelle elle vient chez nous plutôt qu’ailleurs). Mais au moins, est-il plus raisonnable.

Il y a en France un lobby immigrationniste. Il rassemble aussi bien des intellectuels droit-de-l’hommistes dévoyés que des travailleurs sociaux stipendiés (puisqu’ils vivent de subventions publiques). Il s’appuie évidemment sur une partie importante de la population d’origine immigrée, en particulier ses éléments les plus décidés à ne jamais s’intégrer à la nation française. Ce lobby a voté en masse pour la candidate du PS qui, lors de ses déplacements en dehors des beaux quartiers, était systématiquement entourée de foules en boubous et en djellabas. Là encore, Nicolas Sarkozy est un candidat plus sérieux.

Il m’est arrivé à plusieurs reprises de le rencontrer et de parler avec lui. Il accepte toujours le débat. Il est direct et convaincu. Il est honnête et passionné. C’est sans hésitation que, dimanche prochain, je vais mettre dans l’urne un bulletin Nicolas Sarkozy.

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Sanctionner au premier tour le bilan des 30 dernières années

Posted by alaindumait sur 28/03/2007

 

Mes chroniques des 26 janvier (« je crois que je vais voter cette fois encore pour Jean-Marie Le Pen, s’il obtient les parrainages dont il a besoin ») et de la semaine dernière (« …Je préfère donner ma voix à Jean-Marie Le Pen »), m’ont évidemment valu un certain regain de correspondances.

Il y a tout d’abord ceux qui voteront pour Sarkozy dès le premier tour, comme Claude H., parce que « il ne faut pas prendre le risque d’éparpiller nos voix » ou comme Jean B., qui précise : « Il est loin d’avoir toutes les qualités et certaines de ses prises de position ne me conviennent pas plus qu’à vous. Il est bien probable qu’avec lui nous sortions bien peu du système actuel. Mais avons-nous un autre choix ? Pendant ce temps, faire encore une fois passer la gauche si, au deuxième tour, vous aurez contribué à nous donner le choix entre Ségolène et Bayrou, nous serons bien avancés ».

Sans être un maniaque des études d’opinion, qui, à mon avis, sont parfaitement incapables de déceler au moment où elles émergent les nouvelles tendances lourdes, je crois néanmoins aux photograahies, plus ou moins précises (selon les conditions techniques de leurs réalisations) que nous livrent les sondages. Or, si, jusqu’à ce jour, certains nous indiquent que Bayrou pourrait être au deuxième tour, tandis que Ségolène n’est pas sûre d’y être, aucun, depuis trois mois, n’indique que le candidat de l’UMP pourrait en être absent. Si une telle indication apparaissait, je reverrais peut-être ma position.

Guy P., fervent partisan de Philippe de Villiers, «me plaint» d’aller voter à contrecœur. Car il subodore que mes idées personnelles sont plus proches de celles du président du MPF que de celui du FN… On ne peut pas méconnaître qu’un seul bulletin supplémentaire pour un candidat, au demeurant plus que courageux, pourrait changer la face du deuxième tour…

Avant la généralisation des sondages, on pouvait, au premier tour, voter pour le candidat de son cœur. L’adage disait : « au premier tour, on choisit. Au deuxième tour, on élimine ». Mais la pratique sondagière a changé les choses. Avec en outre l’expérience douloureuse de 2002, en tout cas pour les électeurs de candidats comme Chevènement ou Taubira, qui ont voté, en fait, pour l’élimination de Lionel Jospin. C’est une leçon pour la gauche, et pour la droite. 

L’élection présidentielle n’est plus le meilleur moment pour émettre des votes de pure conviction.

Anne S. m’écrit : « N’est-ce pas bien regrettable que l’on soit obligé de voter pour les extrêmes lorsqu’on veut, comme vous le dites, condamner ensemble tous les responsables de cette faillite ? 

Ne serait-ce pas mieux de se battre afin que le vote blanc soit reconnu en France et qu’il devienne, de ce fait, un vote protestataire ? ». C’est possible… Si le vote blanc était comptabilisé séparément d’avec les votes « nuls », et si le vote blanc figurait parmi les suffrages exprimés, il permettrait une expression authentique du mécontentement des électeurs. Mais, en attendant, dans le cadre de la loi électorale telle qu’elle est, je maintiens qu’au premier tour le vote Le Pen est la meilleure expression, la bonne sanction politique à l’égard de ceux qui nous ont si mal gouverné depuis trente ans.

Ce choix est parfaitement adapté à notre système électoral. Je rappelle que si nous avons un scrutin à deux tours pour l’élection présidentielle, en application d’une réforme constitutionnelle de 1962, c’est parce que le Général de Gaulle avait opté pour des élections législatives au scrutin majoritaire à deux tours dans la foulée de la Constitution de 1958. Il avait fait ce choix contre l’avis de son Premier ministre, Michel Debré, à la demande de son ministre d’État, Guy Mollet, par ailleurs secrétaire général du Parti socialiste SFIO. Et ce fut une grave erreur, car l’efficacité, argument souvent invoqué par les partisans des nouvelles institutions, plaidait évidemment pour un scrutin uninominal à un seul tour. Comme dans tous les systèmes anglo-saxons.

Ces considérations faites, et comme nous sommes dans une élection à deux tours, avec les sondages comme réducteurs d’incertitude, et aussi comme guides de nos choix, le premier tour n’est pas seulement éliminatoire, il sert aussi à juger le passé. Deux mille milliards d’euros de dette publique ; 10 % de chômeurs ; 25 % d’élèves sortant de l’école sans maîtriser les savoirs élémentaires ; près de 400 000 entrées annuelles d’étrangers venant s’installer chez nous, légalement ou non ; 450 000 actes de violence physique recensés chaque année…, un tel bilan mérite d’être sévèrement sanctionné. 

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Nouvelles perspectives de « l’entente à droite »

Posted by alaindumait sur 26/01/2007

Le cadre institutionnel de ces élections présidentielles de 2007 est, à un poil près, le même qu’en 2002. Les deux seuls changements concernent d’une part la période laissée aux candidats pour récolter les 500 signatures de parrainages qui leur sont nécessaires pour pouvoir être enregistrés par le Conseil constitutionnel, qui passe de trois à quatre semaines, et, d’autre part, l’affichage des dits parrainages, qui ne portera plus désormais sur la totalité de ceux-ci, mais seulement sur 500, tirés au sort. Le premier est favorable à tous les candidats. Le second est neutre, sauf pour le seul candidat ostracisé par les médias, Jean Marie Le Pen, qui avait demandé l’anonymat des parrainages.

L’état de l’opinion, tel qu’il est mesuré par les sondages, est très différent. L’adage longtemps en vigueur selon lequel « au premier tour on choisit et au second tour on élimine » n’a plus cours. Tout se passe comme si, à douze semaines du premier tour, on était déjà dans une campagne de second tour : trois candidats seulement ont des chances sérieuses, en terme d’intentions de vote, d’accéder au second tour, à savoir Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen, et les électeurs en tiennent compte d’ores et déjà.

Au plan pratique, à ce jour seuls quatre candidats – Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Marie-Georges Buffet – sont assurés de recueillir les fameuses signatures de parrainage. Et Jean-Marie Le Pen semble encore assez loin de les obtenir, ce qui n’est rien d’autre qu’un déni de démocratie !

Jusqu’au 14 janvier 2007, et le meeting UMP d’investiture de Nicolas Sarkozy, porte de Versailles à Paris, Ségolène Royal tenait la corde. C’était normal : elle était, et est toujours, la favorite des médias, compte tenu du fait qu’au moins 85 % des journalistes de ce pays votent à gauche, quand ils n’ont pas en poche une carte de parti, de préférence à la gauche de la gauche. Et elle avait, elle a toujours, « une bonne image », n’ayant pas hésité d’ailleurs, pour l’améliorer, à avoir recours l’été dernier à la chirurgie esthétique (afin d’effacer semble-t-il ce que les orthodontistes appellent une rétro-alvéolie). 
Mais si les médias « font » souvent les candidats, ils ne modifient pas pour autant l’opinion publique, qui, dans ses profondeurs – comme nous ne cessons de le dire dans ces colonnes – demeure majoritairement « à droite », dans une proportion qui est, sur le long terme, de l’ordre de 55/45 (55 % pour la droite et 45 % pour la gauche). Du coup les sondages actuels qui donnent Sarkozy gagnant à 52 % contre Royal à 48 % me paraissent tout à fait crédibles. Cependant les jeux sont loin d’être faits.

Sarkozy tire profit de s’être lui-même présenté comme un homme « de droite ». Malgré de nombreuses transgressions idéologiques, comme le sinistre « droit au logement opposable », il demeure, pour le plus grand nombre des électeurs, un homme de droite, tout simplement parce qu’il se dit tel, et aussi parce que ses adversaires croient malin de le dire « ultra-libéral », ce qui est à la fois faux et bête, et excellent pour lui. Du coup, les électeurs qui se déclarent favorables à Le Pen au premier tour seraient cinq fois plus nombreux à voter au deuxième tour pour Sarkozy que pour Royal.

Il n’est pas sûr qu’on revoie le scénario du 21 avril 2002 : tout indique même pour l’instant, que Jean-Marie Le Pen n’est que le troisième homme. Mais tout indique aussi que, loin de régresser, le Front National et ses idées continuent à progresser dans l’opinion car nos concitoyens, en leur fors intérieur, ne font confiance en majorité ni à l’un ni à l’autre des deux candidats de gouvernements.

Pour ma part j’aurai pu voter dès le premier tour pour Nicolas Sarkozy. Le thème de la rupture d’avec les années Chirac qu’il a adopté me convenait. Encore eût-il fallu qu’il soit conséquent dans ses propositions, afin de mettre vraiment un terme au fiscalisme, et aussi dans le choix des hommes qui l’entourent, et qui sont tous issus soit des régiments chiraquiens, soit de la société du spectacle la plus délétère…
Dans ces conditions je crois que je vais voter cette fois encore pour Jean-Marie Le Pen, s’il obtient les parrainages dont il a besoin, et que j’aimerai, si je le pouvais, contribuer à lui apporter.

N’oublions pas qu’après les présidentielles il y aura les législatives. Les cas où le Front National aura un candidat bien placé après le 1er tour seront, je le pense, encore plus nombreux qu’en 1995. Sarkozy ne pourra pas, comme l’avait fait Chirac, appeler à voter pour la gauche au nom d’un « front républicain ». C’est alors qu’une nouvelle « entente à droite » sera à nouveau possible.

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