Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Posts Tagged ‘déficit’

Les milliards de la relance

Posted by alaindumait sur 22/12/2008

En économie, le mot « relance » fait partie du vocabulaire magique. « Qui est contre la relance ? » Personne… ! « Qui est pour ? » Tout le monde… ! Encore faut-il que ça marche, et que les dépenses publiques inscrites sous cette appellation produisent plus d’activité qu’elles n’en détruisent. Car on voit bien toujours ce que l’Etat dépense, on voit souvent moins bien ce qu’il prélève et, de ce fait, empêche de dépenser.

Globalement, les dépenses publiques sont moins efficaces que les dépenses privées. C’est à dire qu’un euro dépensé directement par un individu lui procure davantage de biens ou de services que le même euro dépensé pour son compte par une collectivité publique. Ceux qui en doutent n’ont qu’à retourner vivre en URSS !…

La bonne réponse à la crise, à partir de là, est évidente : il faut rendre du pouvoir d’achat aux ménages, en réduisant les prélèvements publics. Faire l’inverse, en accroissant les déficits publics, est proprement suicidaire.

Le Plan de relance annoncé par Nicolas Sarkozy le 4 décembre, et détaillé en conseil des ministres le 19 décembre, n’est pas de nature à « créer les conditions d’une relance rapide et durable ».

Sur 26 milliards d’euros annoncés, 11,6 serviront à payer un peu mieux les dettes de l’Etat à l’égard des entreprises. C’est la confirmation que l’Etat était mauvais payeur…. 10,5 milliards iront à des projets qui, à ce jour, n’étaient pas prêts, ou en discussion quant à leur rentabilité. Avec la crise il vaudrait mieux être plus sélectif que moins… Quant aux deux milliards destinés au logement et à l’automobile, il s’agit pour les secteurs concernés d’un simple pansement ; tandis que les deux autres milliards, au titre du soutien à l’emploi et aux revenus modestes, sont hors du champs de l’économie.

Il serait tout à fait excessif de dénoncer ce pseudo plan de relance. Il va creuser le déficit public. Sans relancer quoi que ce soit. Le courage eut été de ne pas rajouter du déficit à du déficit, lui, même à l’origine de la crise…

Qui ne voit que ceux qui s’en sortiront le mieux seront ceux qui seront demain désendettés ?

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Pensée économique unique = danger !

Posted by alaindumait sur 06/11/2008

Les loisirs précèdent la crise....

Les loisirs précèdent la crise....

L’occident vivait à crédit. L’encours des crédits, dans l’ensemble constitué par les Etats-Unis, l’Europe et le Japon, représentait 125% d’une année de production de cette même zone. . Ce n’était pas longtemps supportable !

Globalement, L’Amérique n’épargnait plus. Elle investissait avec l’argent des Chinois. Ce n’était pas durablement raisonnable.

La crise financière a été provoquée, on le sait, par les désormais fameux crédits « subprime » à l’immobilier social aux Etats-Unis. Mais le château de cartes du crédit excessif devait un jour ou l’autre s’écrouler, aussi sûrement que l’empire soviétique devait un jour ou l’autre sombrer.

L’attrition générale du crédit, est le phénomène majeur en cours. C’est elle qui provoque la crise économique, la plus grave que nous ayons connu depuis un siècle. Tout simplement parce que moins de crédits signifie évidemment moins d’activité, aussi longtemps que l’épargne durable n’aura pas pris le relais.

Cette analyse – du niveau d’un étudiant de première année en sciences économiques – dicte ce qui devrait être la bonne politique publique : favoriser l’épargne, en commençant par cesser de la décourager par l’impôt.

On dira que ce serait un coup porté à la consommation. C’est possible. Mais le vrai choix est entre une crise longue et une crise courte. Quand on change de paradigme, il vaut mieux le faire clairement.

Les pouvoirs publics, le gouvernement français en particulier, ont fait pour l’instant le choix inverse. Leur ambition est de forcer les banques à faire autant de crédits qu’avant la crise (nonobstant les raisons profondes de celle-ci…), tout en soutenant l’activité, par l’accroissement du déficit public (en prenant le risque de mettre en péril le crédit de l’Etat, dont la banqueroute serait immédiatement supportée par les contribuables…).

la pensée économique unique, c’est vingt éditorialistes parisiens !

C’est une politique totalement irresponsable. Le fait qu’elle soit soutenue par la pensée économique unique, véhiculée chez nous par une vingtaine d’éditorialistes n’ayant jamais eu la moindre réflexion économique personnelle, est de nature à le confirmer plutôt qu’à l’infirmer. Quand j’entends l’un d’eux répéter pour la énième fois depuis un mois « tout le monde est d’accord pour accroître les déficits publics », Je suis renforcé dans l’idée que c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire !

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