Le Journal d’Alain Dumait

Un autre regard sur la crise

Archive for février 2009

Ségolène Royal fait une proposition anti-crise sérieuse !

Posted by alaindumait sur 28/02/2009

explosion-ps1Selon Le Figaro du 28 février, Ségolène Royal aurait téléphoné à Laurence Parisot, présidente du Medef, alors qu’elles étaient toutes deux en Guadeloupe.

« Laurence, j’ai une idée », aurait dit l’ancienne candidate socialiste. « Il suffirait d’exempter les entreprises de la CSG et de la CRDS pendant trois ans pour qu’elles puissent augmenter les salariés ».

Décidemment – depuis qu’elle a changé de compagnon, sans doute … – la pasionaria du Poitou-Charentes a de bonnes idées !

Car même quelqu’un qui n’a pas fait l’Ena peut comprendre que si le salaire indirect baisse, il est possible d’augmenter le salaire net direct.

Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Pourquoi ne considérer que la CSG et la CRDS ? Et pourquoi pas l’ensemble des cotisations sociales, y compris l’assurance-chômage et l’assurance maladie ? Et pourquoi pas l’ensemble des prélèvements obligatoires, y compris au titre de la formation professionnelle, du versement transport et la médecine du travail ?

Dans ces conditions ce n’est pas 200€ par personne qui pourraient être distribués, mais, selon certains calculs, une augmentation de 50 % du salaire net, et même 100% dans de nombreux cas.

Bien sûr, il faudrait que les risques concernés soient librement assurés par d’autres organisations, qui s’appellent des compagnies d’assurances… Et dont les tarifs concurrentiels seraient deux à trois fois moins chers…

Et pourquoi ne prendre cette mesure que pour une durée limitée à trois années ? Sans doute parce que les effets sur l’économie seraient si miraculeux que le caractère définitif de cette mesure serait probablement unanimement demandé !

Enfin une proposition politique anti-crise sérieuse !

Que Madame Royal veuille bien confirmer l’information, et l’analyse qui va avec, et la prochaine fois, en 2112, je fais … comme Jean-Marie Le Pen, je vote pour Ségolène !

Citation du jour : « Je ne connais de pire injustice que de donner à ceux qui ne méritent pas » (Ayn Rand).

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Une relance étiopathique

Posted by alaindumait sur 27/02/2009

plan-relanceDepuis longtemps les économistes et les sociologues aiment utiliser des métaphores renvoyant à la médecine et à l’anatomie.

S’agissant de la médecine, la guerre fait rage entre homéopathes, étiopathes et allopathes… Les premiers, dont les soins sont basés sur le principe de similitude, et les seconds, qui disent rechercher les causes afin de traiter les effets, reprochent aux troisièmes de ne prendre en compte que les manifestations du mal, et d’avoir recours à des produits toxiques…

On est tenté de voir là, très exactement, une réplique du débat qui devrait agiter les acteurs et les observateurs de la situation économique mondiale actuelle.

Pour l’instant, les économistes allopathes tiennent le haut du pavé. La consommation fléchit-elle ? Il conviendrait de la relancer en mettant sur la table des centaines de milliers de dollars (Plan Obama). Les banques sont-elles en faillites, avec des actifs nets négatifs, du fait de la dévalorisation de toutes leurs créances ? On les sauve, on les rachète, avec l’argent public ou la planche à billets. L’industrie automobile est-elle en dépôt de bilan ? On la renfloue, ici et ailleurs…

Comme l’alcoolique par rapport à l’alcool, l’homme politique sait très bien qu’on ne peut pas construire du solide sur un océan de dettes (sans doute d’ors et déjà irrécouvrables). L’alcoolique ou le drogué dit qu’il s’en sortira en réduisant les doses dès demain, après les avoir augmentées dès maintenant. L’homme politique dit que la relance va recréer de la croissance qui permettra de rembourser la dette…

Mais les choses ne se sont jamais produites ainsi.

Le New Deal de Roosevelt a retardé la sortie de la crise aux Etats-Unis.

La France s’est redressée à partir de 1958 en se désendettant. Et sa situation n’a cessé de se détériorer depuis qu’elle s’est accoutumée à la dette publique, à partir de 1973…

C’est en traitant la cause du mal (« éthiopathie ») qu’on pourra relancer l’économie.

Au delà de la bulle monétaire et de l’excès des encours de crédit, dont l’origine principale réside dans les soi disants besoins des Etats, nous avons affaire maintenant à une crise de confiance généralisée.

La reconstruction passe par un système d’émission monétaire indiscutable, non inflationniste, et non manipulable, qui a fait ses preuves de longs siècles durant, et qui s’appelle la monnaie « or et « libre ».

C’est la solution intérieure et aussi internationale, l’étalon dollar n’ayant aucune raison d’être plus longtemps utilisé.

Comment ? Il suffit de rendre aux marchés, donc aux hommes, une liberté dont il n’y a aucune raison de les priver plus longtemps. 

Citation du jour : « Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres »(Denis Diderot).

 

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L’or : la monnaie de notre survie

Posted by alaindumait sur 22/02/2009

bl_370128_image2Je fais chaque jour le test suivant autour de moi. Je demande : « si je vous devais 100 000€, préféreriez-vous être payé en dollars, en euros ou en or ? » Et je n’ai encore rencontré personne qui ne me réponde pas, « en or, bien sur ! », ou bien « plutôt en or… »

Pourtant, l’or est au plus haut depuis longtemps. Il était vendredi soir à près de 1000$ l’once (de 31,1034768 grammes). Il a augmenté de 30% depuis le debut de l’année, son prix a été multiplié par 4 depuis 10 ans. Mais il ne valait que 250$ en 2001, après 850 en 1980. C’était 35$ en 1971 et 20 dollars pour une once en 1945…

Quand vous regardez une courbe des cours de l’or sur une longue période, vous êtes frappés par ses variations. Et si vous faites le ratio cours indice Dow Jones/cours de l’or en dollars par once, vous êtes amenés à constater qu’il peut varier de 1 à 40 !

Il faut dire que depuis un siècle, et la fin de l’étalon-or (1914), les gouvernements de tous les pays du monde ont beaucoup fait pour provoquer la  baisse des cours de l’or : en déclarant leurs monnaies inconvertibles, dès le début du 1er conflit mondial, (à l’exception des Etats-Unis), en interdisant la détention du métal jaune (dès 1933, aux Etats-Unis), en supprimant toute référence à l’or en 1971 pour le dollar (la seule monnaie qui lui était encore internationalement raccrochée), en taxant les transactions, les plus values sur celles-ci et en faisant entrer l’or détenu par des particuliers dans les successions et les fortunes taxables. Et en plus, en vendant sur le marché depuis 1975 les trois quarts du stock détenu par les banques centrales

Si bien que l’or, qui était encore une monnaie universelle en 1914, évidemment indépendante de tout institut d’émission, qui avait à son crédit un siècle brillant de fort progrès économique, était devenu un paria, une « relique barbare », selon l’expression de Karl Marx, évidemment approuvé par Keynes, par la quasi totalité des économistes, y compris les libéraux, et même les monétaristes disciples de Milton Friedman.

Entre 1945 et 2003, la quantité de monnaie en circulation dans le monde a été multipliée par 100 (de 300 milliards à 30 000 milliards de $) soit une augmentation annuelle moyenne de 8,26%. Dans le même temps la production d’or ( 160 000 tonnes extraites depuis l’origine des temps) permet une augmentation moyenne du stock de 1,73% par an. La différence, soit 6,5% par an, cumulée sur la période, permet de dire que, malgré tout ce qui a été entrepris contre lui, l’or, à 1000€ l’once, a très exactement permis à ceux qui en détiennent, de maintenir leur pouvoir d’achat. Le pouvoir d’achat de l’or est même à peu près constant depuis l’Empire romain ! Quelle autre monnaie peut en dire autant ? Voila pourquoi, dans l’esprit largement majoritaire de l’opinion, l’or sera toujours et restera la monnaie mondiale par excellence…

A noter : l’augmentation moyenne annuelle du stock d’or, soit 2500 tonnes, apportées par l’exploitation des mines, correspond très exactement, sur longue période, à la croissance démographique de la population mondiale. Si bien qu’un système d’étalon or permettrait sur le long terme une stabilité absolue de la masse ou base monétaire, rapportée à chaque individu.

On dira : « mais un tel système, sans création monétaire par tête, ne permettrait pas le financement d’une économie en croissance ! ». C’est inexact, l’histoire économique du très prospère XIXème siècle est là pour le démontrer. Quand la masse monétaire est stable, est que la production est en croissance, le niveau général des prix est orienté à la baisse, mouvement également entraîné par la diffusion du progrès technique. L’épargne est favorisée. Le crédit n’est utilisé que comme il doit être : temporairement et modérément (et jamais pour plus de sept ans, selon la sagesse de la Bible et du Talmud…)

Dans un tel système, on n’a plus besoin des banques centrales, ni même des monnaies étatiques.

Son seul inconvénient est qu’il prive la Nomenklatura du pouvoir sur la monnaie qu’elle s’est progressivement arrogé. Pouvoir qui lui a permis notamment de financer des aventures qui autrement n’auraient jamais pu l’être.

Ni la guerre en Irak (6 000 milliards de dollars, dont la moitié à la charge des seuls Etats-Unis, selon une évaluation de 2008 du prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz), ni la seconde guerre mondiale (4 000 milliards de dollars, valeur 2007), ni même la première guerre mondiale (400 milliards, valeur 2007, mais rapportés à une richesse mondiale dix fois moindre) n’aurait pu être financées sans l’inflation monétaire orchestrée par les Etats. Au point qu’on peut se demander si ces évènements auraient pu avoir lieu, en tout cas tels qu’ils se sont déroulés, dans un système d’étalon or… On comprend mieux pourquoi, depuis Aristote, les penseurs se sont toujours intéressés à la monnaie.

Quand les politiciens des pays européens déclarent la suspension de la convertibilité des monnaies en or, ils disent que c’est à titre provisoire. A l’exception d’une tentative britannique de retour à l’étalon or dans les années 20, on sait ce qu’il en advint…

A cet égard la crise est une chance : il suffirait que dans un seul pays que le droit de détenir de l’or, et de l’échanger sans taxe (comme pour un billet de banque), soit rendu aux agents économiques, pour qu’un autre système monétaire, celui qui a fait ses preuves pendant 2000 ans, vienne remplacer celui des faux monnayeurs et des politiciens de tous poils. 

Citation du jour : « La force des gouvernements est en raison inverse du poids des impôts » (Émile de Girardin).

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Le France a un problème avec la rue.

Posted by alaindumait sur 20/02/2009

conflit-israelo-palestinienElu président de la République le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy est à la fin du premier tiers de son parcours. Il a dit « je veux être le président de la République qui tiendra ses engagements ». C’est ce qu’on verra en mai 2012…

Un point important de ses engagements consistait en l’établissement d’un service minimum en cas de grève dans les transports publics terrestres. Des accords de prévention ont bien été adoptés et, lors de la grève générale du 29 janvier, on a remarqué qu’à Paris les transports en commun fonctionnait à plus de 50%.

Mais on a aussi noté que la créativité syndicale est parvenu a trouvé des failles dans ce système, avec des grèves perlées, de courte durée, annoncées ou pas, d’ailleurs suivies d’effet ou pas, avec pour seul but de désorganiser une gare ou un dépôt.

On se doute que le même type d’action, soutenu tantôt par SUD tantôt par la CGT, peut fort bien être transposé à la Poste ou dans l’Education nationale.

Il convient donc de renforcer les sanctions pécuniaires et pénales à l’égard des personnes et des organisations, à chaque fois que l’action aboutit soit à remettre en cause de droit de travailler pour les autres, soit le droit à la continuité du service pour les usagers.

Un récent sondage publié par Le Cri du contribuable (http://www.lecri.fr/72-des-Francais-veulent-limiter-le-1335.html) indique que 72% des Français sont favorables à une limitation du droit de grève. Ils attendent très exactement ce que nous venons d’indiquer plus haut.

Mais cela n’est pas suffisant.

Comme à chaque fois que la droite l’emporte (cf 1986, puis 1995. Le cas de 2002 relevant d’une autre catégorie, la droite n’étant peut être pas majoritaire dans les votes Chirac du 5 mai…), il suffit de quelques mois pour que la légitimité des urnes cède la place à celle de la rue. Et l’on a pu dire que les manifestations du 29 janvier 2009 avaient « rapporté » 2,6 milliards d’euros, coût estimé des mesures annoncées le 18 février par le président de la République.

C’est pour obtenir davantage que les mêmes remettent le couvert le 19 mars. Comme entre temps la crise économique s’accentue, et que la grève générale violente en Guadeloupe a été un succès sur toute la ligne, il faut s’attendre au pire à l’occasion de la prochaine allocution présidentielle !…

Attention : une chose est d’être d’accord, ou pas, avec le président de la République. Une autre est d’approuver ou de désapprouver le fait que ce soit la rue qui toujours l’emporte. Pour réformer le CNRS, la Recherche, les Universités, les études secondaires, l’assurance-chômage, les retraites et même la fixation du SMIG ! Tout se passe comme si rien ni personne, en tout cas six mois après l’élection présidentielle, ne pouvait lui résister. Comme si l’esprit de 1793 était toujours présent.

Dans tous les pays du monde de grandes manifestations publiques rythment la vie démocratique. A l’occasion de la dernière élection présidentielle américaine on nous a repassé en boucle, sur nos écrans de télévision, les manifestations historiques de la bataille pour les droits civiques. Elles étaient en effet impressionnantes. Mais, à Washington, elles ne bloquaient pas la circulation, elles n’empêchaient personne de vaquer à son travail ou ses occupations, elle se déroulaient sur le Mall, espace public certes, mais qui n’est pas une voie de communication. !…

Je veux bien qu’à Paris et dans les autres grandes villes de France des lieux soient proposés à ceux qui veulent manifester. Puisque qu’il s’agit de l’exercice d’un droit et d’une liberté. Mais celle-ci n’a pas à aboutir à me priver de ma propre liberté d’aller et de venir.

Or il y a une relation évidente entre ce funeste pouvoir de la rue, spécialité politique française, et le pouvoir de blocage du pays que s’arrogent si facilement les organisations syndicales.

Limiter le droit de grève exige que l’on restreigne aussi le droit de manifester. Dans les strictes limites de la liberté d’autrui. Conformément à la lettre et à l’esprit de la Déclaration de 1789. 

Citation du jour : « Quand le mal est toléré, il pullule » (Saint Vincent de Paul).

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Réformer les banques plutôt que les sauver !

Posted by alaindumait sur 15/02/2009

 

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L’histoire nous enseigne qu’en période de crise économique les pouvoirs publics prennent presque toujours des décisions qui sont exactement à l’inverse de ce qu’il faudrait faire.

Ce qui aboutit (peut-être) à atténuer les effets immédiats, mais (certainement) a en prolonger beaucoup les effets dans le temps… (C’est ce qu’on a d’ailleurs constaté lors de la crise dite de 1929. En France, il a fallu attendre 1956 pour que la production intérieure brute rattrape son niveau de 1938 !).

Prenons l’exemple de l’industrie automobile.

Elle aborde la crise en situation de surproduction généralisée. Des regroupements sont nécessaires. Comme toujours, ce sont les producteurs les plus compétitifs et les plus innovants qui resteront sur le marché mondial, tandis que les autres seront éliminés.

Dans ce contexte, à quoi sert l’argent public distribué (en fait, c’est celui des contribuables) ? A retarder les décisions nécessaires, à reculer les compressions d’emplois, à ajourner les fermetures d’usines. Qui néanmoins auront lieu. Mais plus tard, quand les concurrents se seront déjà réorganisés…

Ce n’est pas en demandant et en obtenant l’engagement des constructeurs de ne plus délocaliser leurs productions que le gouvernement en fera des champions mondiaux. C’est même exactement l’inverse qui se produira !

J’entends dire : « les constructeurs auraient du faire ci ou ça, d’autres moteurs, d’autres gammes… » mais la seule chose de certaine c’est que le nouveau modèle qui sauvera non pas le secteur dans son ensemble, mais telle ou telle entreprise, ne sortira certainement pas du cerveau d’un fonctionnaire du ministère des finances, ou de l’industrie, mais plutôt de celui d’un ingénieur, d’un bureau d’études privé, qui n’ont aucunement besoin de subventions publiques.

Et si le dépôt de bilan menaçait, les procédures collectives prévoient celle du redressement judiciaire, qui protège les entreprises, et les places sous le contrôle d’un tribunal. C’est alors à celui-ci d’examiner la viabilité de la poursuite de l’activité concernée. On ne voit pas pourquoi cette procédure ne s’appliquerait pas aux entreprises automobiles, si elles en sont là. Et on voit bien que leur permettre d’y échapper est un très mauvais exemple pour les autres.

 

Demeure la question essentielle, la seule qui divise les libéraux entre eux : fallait-il faire une exception pour les banques ? Fallait-il, le 15 septembre 2008, sauver Lehman Brothers, comme on a sauvé AIG et Merrill Lynch ? ou bien la laisser déposer le bilan, comme on a laissé d’autres banques le faire avant et depuis lors (dernière en date, le 13 février 2009 : Pinnacle Bank, Oregon, dont une partie des actifs a été reprise par Washington Trust Bank of Spokane) ?

On voit bien la panique qui a suivi la lâchage de Lehman Brothers et on imagine ce qu’aurait été le lâchage généralisé du système bancaire mondial.

Observons en préalable que la garantie des dépôts est tout à fait découplée du sauvetage des banques. La trentaine de banques qui se sont placées aux Etats-Unis sous le régime du « Chapitre 11 » n’ont fait perdre aucun dollar à quelque déposant que ce soit, du fait de la garantie de la FDIC, Federal Deposit Insurance Corporation.

Garantir les dépôts est déjà prendre un risque énorme. Garantir leurs capitaux propres, ou, ce qui revient au même, leur reconstitution avec de l’argent public en cas de dépréciation coûte encore plus cher.

On a déjà mis, au niveau mondial, entre 2000 et 2500 milliards de dollars  pour redorer le bilan des banques. Personne ne sachant la valeur exacte de leurs créances, personne ne sait combien il faudra finalement y mettre pour les « sauver ».

Et on voit bien que cela ne suffit pas pour faire repartir l’activité du crédit. Non pas tant – comme vient de le reconnaître Madame Lagarde – par l’effet d’un « credit crunch », situation où les banques refusent de faire crédit, mais au contraire sous l’effet d’une absence de demande de crédit, contre laquelle les pouvoirs publics paraissent encore plus désarmés.

Les banques – à l’exception de quelques rares établissements privés – sont, de fait, quasiment nationalisées. Leurs dettes doivent s’ajouter à celles des Etats qui les ont prises sous leurs ailes. Cette dette publique consolidée est colossale : 2 à 3 fois celle officielle. Au point qu’elle menace de banqueroute tous les Etats au cas où la crise devrait durer disons plus de deux ans…

Je veux bien qu’on tende une main secourable aux banques qui, en effet, ont vécues dans l’idée qu’elle étaient protégées, à la fois par les Etats et par les instituts d’émission, toujours prêts à baisser les taux pour faire durer la bulle monétaire un instant de plus. Mais à la condition que ce soutien –ne mette pas en péril les agents économiques eux-mêmes. A la condition que le bras et le corps tout entier du sauveteur ne soit pas happé par le noyé, avant que celui-ci ne coule…

Car il ne faut sauver quelqu’un de la noyade qu’à la condition d’avoir une chance raisonnable de se sauver soi-même.

Il vaut mieux sauver l’épargne que les banques. Et il vaudrait mieux réformer celles-ci, en rendant leurs dirigeants personnellement responsables, par un système de commandite, par exemple, que de bricoler des plans de sauvetage successifs et dispendieux.
 

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Plan Geithner. Un grand pas … vers l’abîme !

Posted by alaindumait sur 11/02/2009

7de937cc-1784-11de-81cc-8fcd1d75d8b2L’activité économique est en sommeil. Les investissements son en berne. Le commerce international est “à la cape”. Les cours du fret s’effondrent. Le prix des transports par bateau entre l’Asie et l’Europe, par exemple, ont été divisés par dix !

Tous les agents économiques se serrent la ceinture, soit par nécessité, soit pour se constituer ou se reconstituer une épargne de précaution. Et c’est vertu !

Par exception, les Etats estiment devoir dépenser à tout va. Nos revenus (via les impôts) et notre épargne (via leurs dettes). Au nom de théories économiques funestes et désuètes.

Est-ce judicieux ? Les individus, les épargnants, les contribuables et les citoyens pensent que non. Les économistes stipendiés, les hommes des Etats et de l’establishment, suivis par les médias pensent que oui.

Cherchez l’erreur… Telle est brièvement résumée la situation économique présente.

Hier soir, le nouveau secrétaire d’Etat américain au Trésor, Timothy Geithner, présentait donc son nouveau plan de soutien américain aux banques. Un ensemble de quelque 2000 milliards de dollars. Ce qui peut paraître une somme gigantesque, quasiment l’équivalent au PIB français, mais ce qui ne représente qu’une petite fraction de la destruction de richesses entraînée par la crise. Toujours est-il que les marchés, dont les indices sont la résultante de dizaines de millions d’opérations privées – ont aussitôt réagis par une nouvelle baisse. C’est la traduction en langage simple d’un non au plan Geithner.

Un  des opérateurs de ce marché a même déclaré, sur Fox News : « ce plan équivaut à donner de l’alcool à un alcoolique ! » (Michael Lewitt, Hegemony Capital). En effet, si l’on veut bien convenir que la crise économique résulte d’un excès d’endettement, toute politique aboutissant à l’accroître encore est proprement suicidaire. D’autant que si le crédit est en panne, ce n’est pas tant par défaut de l’offre, mais bien plutôt par disparition de la demande…

On voit bien l’intérêt du sauvetage des banques pour celles-ci elles-mêmes, leurs dirigeants, leurs actionnaires (ou ce qu’il en reste…) et l’establishment, dont les premiers sont tous issus. On aimerait bien, par compassion, leur être agréable, mais pas à n’importe quel prix ! Pas au prix de la faillite des Etats, qui sont nos débiteurs, et qui ne pourraient alors nous rembourser qu’en monnaie dévaluée.

Car tel est le risque que le plan Geithner, et tous les autres, font courir aux Etats.

Partout, les systèmes bancaires sont, de fait, quasiment nationalisés. Leurs dettes doivent être comptabilisés comme des dettes des Etats, à partir du moment où ceux-ci les garantissent. L’accroissement de ces montagnes de dettes a pour limite l’acceptation des dites créances par le marché, représentant de l’épargne. Plusieurs Etats sont déjà en dépôt de bilan. Tous courent ce risque. Y compris l’impériale Amérique.

Bokassa était-il un grand économiste ?

La solution à la crise ne peut pas consister à faire, en plus grand, les mêmes bêtises que précédemment. Sauf à considérer que le meilleur économiste du monde s’appelait Jean-Bedel Bokassa, qui disait, en prenant le pouvoir, le 1er janvier 1966 : « nous étions au bord du gouffre et nous venons de faire un grand pas en avant »…

Sauver les banques (ou l’industrie automobile), qui sont d’abord victimes de leur propre surproduction, en les dispensant des efforts de transformation qu’exige la situation, ce n’est pas les sauver, mais bien plutôt perdre avec eux les épargnants, auxquels on va prendre ces milliards au fond de leurs poches, tout en leur donnant à croire que ça ne coûte rien à personne ! Sauf à croire qu’on a sauvé la sidérurgie française et le crédit Lyonnais. On a bien eu le prix de la chose, mais pas la chose…

Pourtant une autre politique est possible, c’est celle des réformes, avec pour objectif le renforcement de la productivité de l’économie française. Il suffirait de reprendre les huit propositions des Contribuables Associés pour les dernières élections présidentielles. (<http://www.kantikali.com/contribuables/>

On me dira : « il n’est pas question des banques ? » Mais pensez-vous que ce sont elles, avec les mêmes dirigeants qu’hier, qui vont conduire le redressement ?

On me dira : « il n’y a rien sur la monnaie, les banques centrales ? » Et pourquoi la production de la monnaie serait-elle encore longtemps le dernier refuge du dirigisme et de la production monopolistique ?

On me dira : « et le FMI, le G8, le G20, les organisations internationales, n’ont-elles aucun role à jouer ? » Et je répondrai : « le slogan selon lequel à une crise mondiale il faut une réponse mondiale est le plus faux qui soit. Ce n’est pas parce que tout l’océan est déchaîné que la réponse n’appartient pas à chaque marin. La mondialisation n’a pas besoin d’organisations mondialistes, et encore moins d’un état de droit mondial » ((comme Sarkozy le croit). La solution à la crise n’est ni nationale, ni mondialiste, elle est individuelle. Et donc morale… »

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Nicolas Sarkozy se prend pour le gérant d’une entreprise nommée « France » …

Posted by alaindumait sur 06/02/2009

Il y a une excellente chose dans l’intervention d’hier soir à la télévision de Nicolas Sarkozy : le renouvellement de sa promesse électorale de supprimer en 2010 la taxe professionnelle.

En effet cet impôt, qui frappe les entreprises françaises au prorata de leurs investissements et de leurs effectifs, est particulièrement anti-économique (si tant est qu’un seul impôt puisse être « pro-économique »…)

Il est simplement dommage qu’il soit prévu de le remplacer par un autre impôt, « la taxe carbone », qui, pour être labellisée écologique, n’en est pas moins un nouveau prélèvement obligatoire. Financer la suppression de la taxe professionnelle par des diminutions de dépenses eut été plus vertueux…

 

Pour ce qui est du reste de ses propos, on est frappé par la conception singulière que se fait de son rôle le président de la République.

On avait depuis longtemps compris que ce président-là était le vrai chef de l’exécutif et commandait directement à l’administration.

Mais on a appris hier que son champ d’action s’étendait, en fait, à l’ensemble des questions qui concerne le pays, dont il a dit qu’il avait en charge « la gestion ».

On comprend mieux, dans ces conditions, l’activisme dont il fait preuve, notamment au plan économique.

Dans ce contexte, il commande en particulier aux banques et aux banquiers. C’est lui qui fixe les montants adéquats des encours de leurs crédits, les plafonds de rémunération des dirigeants, le partage des dividendes. Et, si l’on veut bien considéré que désormais les banques sont mises à l’abri en France de tout dépôt de bilan, tandis que les déposants ne risquent absolument rien pour leur épargne, on conviendra que nous sommes d’ors et déjà dans un système où les banques sont bel et bien nationalisées, mais sans que cela soit dit ouvertement. Elles le sont en fait, mais non en droit…

Au passage on a même appris qu’il avait le pouvoir de créer de la monnaie ex nihilo. A moins que ce ne fut qu’un tour de prestidigitation que ces milliards d’euros prêtés aux banques, qui vont rapportés 1,4 milliards d’euros d’intérêts, d’ailleurs aussitôt dépensés pour un nouvel « effort social »…

Pourtant notre président omniscient ne peut pas ignorer que cet argent prêté aux banques au bord de l’apoplexie a été emprunté quelque part, que des épargnants s’en sont privés, et que la dette publique coûte cher aux contribuables.

Le dernier rapport de la Cour des comptes évalue même à quelque 10 milliards d’euros ce que coûtera à l’Etat l’augmentation de cette dette due à la crise…

On est quand même surpris que le président ait pu dire : « ca ne coûtera pas un centime aux contribuables ! ». Non seulement c’est faux, mais en outre cette augmentation de notre dette publique, notamment pour venir au secours des banquiers, met gravement en danger le crédit de notre pays. Le chef de l’Etat a d’ailleurs reconnu que la signature de la France était aujourd’hui moins bonne que celle de l’Allemagne (une différence – un spread – de 0,49% )…

Mais le plus grave est encore cette explication totalement surréaliste de la crise financière, comme si celle-ci n’était due en rien à la distribution de crédits pourris à des familles insolvables, comme si le retournement du marché hypothécaire n’était pas du au dégonflement d’une bulle monétaire,  provoquée par un laxisme monétaire, que Nicolas Sarkozy trouvait pourtant insuffisant il y a quelques mois encore !

Au lieu de quoi, on accuse les paradis fiscaux, qui ne sont strictement pour rien dans cette crise, ou encore les Hedge Funds, dont aucun, à notre connaissance, à ce jour, n’a demandé un euro ou un dollar d’aide publique…

Quant aux erreurs des banques privées, elles ont été largement provoquées par les politiques publiques, en particulier celles menées par les instituts d’émission, depuis la fin de la convertibilité en or du dollar en 1971. Car les banques, américaines ou françaises, ne font jamais que vendre « au détail » des ressources qu’elles se procurent « en gros » auprès des banques centrales…

Une incroyable pyramide de dettes, en particulier celles des Etats, s’écroule sous nos yeux. La seule façon de refonder un nouveau capitalisme n’est certainement pas de reconstruire la même pyramide. Le capitalisme, pour fonctionner durablement, a tout simplement besoin de capitaux. Et donc d’épargne. Et de beaucoup moins d’Etat et de dépenses publiques…

PS : lecture recommandée : « La grande crise monétaire du XXIème siècle », par Pierre Leconte. Edition : JeanCyrille godefroy (<http://www.editionsjcgodefroy.fr/collection.php?id=14&id_ouvrage=89/&gt;

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La légitimité est dans les urnes. Pas dans la rue !

Posted by alaindumait sur 03/02/2009

cgt-greveQu’importe qu’il y ait eu un million de manifestants dans les rues le 29 janvier dernier (selon le ministère de l’intérieur), ou bien 2,5, voire 2,6 millions (selon les syndicats). Ne chipotons pas ! Pour une manif, ce fut une belle manif !

Bien sûr qu’il faut écouter ce que dit la rue ! « La crise, c’est pas nous ! » OK . Ce sont toujours les autres… Comme les guerres, la pollution, les tempêtes et les raz-de-marée… Et c’est vrai que l’histoire aura du mal a désigner un responsable unique de cette situation… Et c’est sûr que dans cinquante ans les experts continueront à s’opposer à propos des causes et sur les remèdes… Seuls les faits sont et seront incontestables et incontestés : une destruction massive de richesses, de capital et d’épargne, qui entraîne un appauvrissement généralisé pour les populations de l’ensemble du monde, aussi sûrement que la tempête dévaste tout sur son passage. 

Reconstruire est plus long que détruire

L’exemple de la tempête qui s’est abattue sur le sud-ouest de la France dans la nuit du 23 au 24 janvier nous livre d’ailleurs quelques enseignements, qui s’appliquent pareillement à la crise économique. Quand le vent souffle trop fort, on reste à l’abri ! Et on ne sort que lorsqu’elle est calmé. Quand on replante ou reconstruit ce qui a été détruit, on tient compte des faiblesses révélées par la catastrophe. Et l’on sait bien qu’il faut beaucoup plus de temps pour reconstruire qu’il n’en a fallu pour détruire…

Ce qui veut dire, transposé à la crise : qu’il faut attendre pour agir que les répliques du séisme financier soient passées ; qu’il faudra reconstruire une économie plus solide, avec plus d’épargne et moins de crédit, avec plus de souplesse et moins d’Etat. Et qu’il faut mener cette politique dans la durée.

C’était déjà la politique souhaitée par la majorité présidentielle du 6 mai 2007.

Monsieur le président : écoutez les manifestants du 29 janvier.  Mais n’oubliez jamais les 19 millions du 6 mai !

Citation : « L’État est cette grande fiction sociale à travers laquelle chacun croit pouvoir vivre aux dépens de tous les autres » (Frédéric Bastiat).

 

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La relance par la consommation serait un suicide collectif !

Posted by alaindumait sur 01/02/2009

M. Chérèque, le patron de la CFDT, veut donc une relance par la consommation.

C’est la vieille lune des syndicats : comme ils ont cru comprendre que la consommation stimulait la production, ils font semblant de croire qu’il suffit d’augmenter les salaires, augmenter le nombre des fonctionnaires, accroître la dépense publique et distribuer davantage d’aides et de subventions pour faire repartir la machine économique.

Une telle politique serait littéralement suicidaire. Sauf à fermer les frontières, elle profiterait immédiatement aux importateurs et aux pays à bas salaires.  Plutôt que de favoriser l’emploi elle produirait du chômage. Elle mettrait en cause le crédit de la France et sa place dans la zone euro.

Le problème du gouvernement, pour s’opposer à une telle demande, résulte du caractère parfaitement bâtard de sa politique économique. Puisque qu’au nom de la relance on augmente les aides sociales et on généralise le RSA, on fait pression sur les entreprises pour limiter les licenciements, on en rajoute en matière de logement social … en application de quel principe s’opposer à la demande de M. Chérèque ?

Le gouvernement a lui-même donner le signal de départ de la grande surenchère. Avec son plan à 26 milliards d’euro, il devait s’attendre à ce que le PS propose le double et l’extrême gauche le quadruple …

Nous pensons (<https://alaindumait.wordpress.com/2008/10/28/sauver-la-france-plutot-que-les-banques/>) que la première erreur commise a été de « sauver les banques ». A partir de là, tous les autres secteurs viennent demander de l’aide à l’Etat… Puis ce sont les catégories d’entreprises, les petites, les moyennes, les artisans, les producteurs de ceci ou de cela… Puis ce sont les salariés, par l’intermédiaire de leurs représentants patentés. Nous y sommes. Et ne sont-ils d’ailleurs pas fondés à dire : pourquoi tant d’argent pour les banques, et si peu pour nous ?

Ce n’est donc pas seulement pour des raisons économiques et financières qu’il ne fallait pas « sauver les banques ». On sait maintenant que l’injection d’au moins 110 milliards d’euros dans les banques européennes n’a permis que de faire redémarrer le marché interbancaire en cahotant.

C’est aussi pour des raisons morales et politiques. Il était spécialement mal venu de donner autant d’argent public à des entreprises qui symbolisent  jusqu’à la caricature la face sombre de l’argent.

Le gouvernement n’a pas fini d’en payer les conséquences. 

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